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    L’année vue par… Jean-Paul L’Allier - Un automne municipal pas comme les autres

    30 décembre 2012 08h37 | Jeanne Corriveau | Villes et régions
    «Le rôle d’un maire, c’est de surveiller l’administration, pas au sens d’un policier ou d’un gardien de cour de récréation, mais d’avoir une vue globale de ce qui se passe chez lui», dit l’ancien maire de Québec, Jean-Paul L'Allier.
    Photo : Pedro Ruiz – Le Devoir «Le rôle d’un maire, c’est de surveiller l’administration, pas au sens d’un policier ou d’un gardien de cour de récréation, mais d’avoir une vue globale de ce qui se passe chez lui», dit l’ancien maire de Québec, Jean-Paul L'Allier.
    Ce fut un automne chaud pour plusieurs maires au Québec. Éclaboussé par la commission Charbonneau, Gérald Tremblay a abdiqué le 5 novembre. Quatre jours plus tard, c’était au tour du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, de capituler. Plus récemment, soit le 30 novembre, Richard Marcotte, de Mascouche, a imité ses homologues. Jean-Paul L’Allier a hésité avant d’accorder une entrevue au Devoir sur le sujet. L’ancien maire de Québec ne voulait pas jouer les gérants d’estrade ou avoir l’air de celui qui fait la leçon aux autres. Regard sur un automne municipal pas comme les autres.

    Quel effet a la démission des maires sur la démocratie municipale?

    C’est sain. C’est sain qu’ils soient partis. Le maire qui démissionne, quelle que soit la pression qui l’a amené à le faire, porte un jugement, soit sur lui-même, soit sur le degré d’écoeurement que la fonction lui commande. La situation du maire de Montréal est tout à fait différente de celle du maire de Laval. J’ai travaillé avec le maire de Montréal et c’est quelqu’un qui est correct, qui n’a pas fait de mauvais coups. Il n’a peut-être pas eu les paupières assez levées à un moment donné, mais je ne suis pas là pour porter des jugements.


    Le rôle d’un maire, c’est de surveiller l’administration, pas au sens d’un policier ou d’un gardien de cour de récréation, mais d’avoir une vue globale de ce qui se passe chez lui. C’est pour ça, en grande partie, que les maires sont élus au suffrage universel de la ville. Ils ne se doivent à aucun quartier.

    Que vous inspire la commission Charbonneau?

    On aurait dû la créer avant. Il faut aussi regarder le mandat de la commission Charbonneau. Son mandat n’est pas de chasser les coupables ; ça, c’est la responsabilité de l’UPAC, qui doit s’occuper des gens qui ont commis des gestes illégaux, donc criminels. La commission n’est là que pour essayer de voir à travers le brouillard qui s’éclaircit s’il y a des situations érigées en système de collusion et de complicité. […] Mais je ne suis pas à l’aise avec le poivrage que font les médias électroniques. Les victimes, ce sont les réputations. […] La très grande majorité des élus sont des gens honnêtes, mais on arrose tout le monde et on se tire dans le pied comme société.


    Ce qu’on y apprend vous étonne?


    Il faut toujours remettre ça dans le contexte. Où qu’on soit sur la planète, chaque fois qu’il y a du pouvoir, de l’argent ou qu’il y a une possibilité de tricher, il y en a qui vont en profiter. Ce n’est pas propre au Québec. Si on faisait la même enquête en Ontario, on trouverait la même chose. On a mis les projecteurs sur Montréal. Si on passe au crible le monde de la santé, le monde scolaire, gouvernemental, on va trouver que là où il y a des hommes, il y a de l’hommerie.


    Pensez-vous qu’on va réussir à se débarrasser de la collusion et de la corruption?


    Si on n’a pas réussi à s’en débarrasser en 1909 [NDLR : la commission d’enquête présidée par Lawrence John Cannon en 1909 avait levé le voile sur un système de corruption dans l’administration du maire de Montréal Louis Payette], j’imagine qu’il va y en avoir encore en 2040. Mais il va y avoir des vagues d’accalmie.


    Le gouvernement a fait adopter une Loi sur l’intégrité en matière de contrats publics. Selon vous, ça peut être efficace?


    Ça ne donnera pas un résultat magique. Ça va mettre tout le monde sur la touche et les gens vont tous faire attention. Ceux qui font bien les choses vont continuer de les faire correctement, et ceux qui ont mis le doigt dans le petit pot vont faire attention de ne pas se le mettre dans la bouche après. Des valeurs, des principes, l’éthique, ça ne se réglemente pas. […] Mais on vit dans un système d’une grande hypocrisie, d’une certaine façon. Quand un élu dit : «Je ne peux pas accepter un repas au restaurant au temps des Fêtes», s’il dit ça, c’est qu’il se sent très faible devant la bouteille. […] Il ne faut pas vivre dans un système basé sur une délation et une méfiance permanentes.


    Est-ce que les partis ont leur raison d’être en politique municipale?


    Il y a deux sortes de partis. Il y a ceux dits «traditionnels», comme celui de Jean Drapeau, un parti qui n’avait pas de membres. C’était une organisation qui servait à amasser des fonds pour l’élection. Les partis avec des membres qui se réunissent pour bâtir des programmes sont nés avec Jean Doré. […] Je suis tout à fait pour les partis politiques, surtout dans le contexte de la renaissance des villes qui devra se produire après qu’on aura fini de passer la balayeuse.


     
     
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