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    Le roi de Laval capitule

    Gilles Vaillancourt tourne définitivement le dos à la vie politique

    10 novembre 2012 | Brian Myles | Villes et régions
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	Gilles Vaillancourt est la cible d’une enquête sans précédent de l'UPAC. Ci-dessus, le maire démissionnaire de Laval pose en compagnie de Gérald Tremblay et Jean Charest, le 16 septembre 2009.</div>
    Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
    Gilles Vaillancourt est la cible d’une enquête sans précédent de l'UPAC. Ci-dessus, le maire démissionnaire de Laval pose en compagnie de Gérald Tremblay et Jean Charest, le 16 septembre 2009.
    Miné par une enquête majeure de l’UPAC et la multiplication des révélations sur son rôle névralgique dans la corruption et la collusion à Laval, Gilles Vaillancourt tourne définitivement le dos à la vie politique.

    M. Vaillancourt était en parfait contrôle de ses émotions au moment de dire adieu à ses concitoyens. « Aujourd’hui, je m’adresse à vous pour la dernière fois comme maire de Laval, a-t-il dit. J’ai en effet décidé de quitter mon poste et de me retirer définitivement de la vie politique. »


    Il avait le ton et l’assurance de la bête politique qu’il fut pendant 40 ans. Il a commencé son discours en déclarant qu’il s’était présenté devant les médias contre les recommandations de son médecin, une remarque qui donnait de la vraisemblance à son absence de plus de deux semaines pour un congé de maladie.

    Ce congé a débuté le 24 octobre dernier, quelques heures après que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) eut saisi le contenu de ses coffrets de sûreté dans des institutions bancaires. Cette troisième perquisition en moins d’un mois a eu raison de la ténacité du maire en téflon, sur lequel le scandale ne collait jamais.
     
    Le maire démissionnaire a passé l’essentiel de son discours à vanter les mérites et l’évolution de sa ville, qu’il a façonnée et qu’il aime au plus profond de son cœur. « Je n’avais qu’une seule passion, celle de réussir Laval », a-t-il dit.
     
    Il a très peu commenté les allégations et les enquêtes dont il est la cible, assurant qu’il a toujours agi dans l’intérêt des Lavallois.
     
    M. Vaillancourt s’est dit « profondément blessé », tout comme l’est d’ailleurs Gérald Tremblay, qui a démissionné de la mairie de Montréal lundi.
     
    En moins d’une semaine, les allégations de corruption et de collusion ont fait tomber les maires de la première et de la troisième ville du Québec, un précédent dans les annales politiques.
     
    Moments pénibles

    À l’image du maire déchu de Montréal, Gérald Tremblay, M. Vaillancourt a lu une courte déclaration en français et en anglais avant de disparaître à tout jamais de la vie publique, sous le regard approbateur de vieux ennemis politiques qui avaient réussi à entrer dans la salle du conseil.
     
    Robert Bordeleau, chef du Parti au service du citoyen (PSC), demandait la démission de M. Vaillancourt depuis 2006. « C’est une consécration pour nous. On se réjouit », a-t-il dit.

    L’atmosphère était tendue à l’hôtel de ville, où les policiers montaient la garde à l’intérieur et à l’extérieur de l’édifice, craignant que des citoyens ne viennent manifester leur mécontentement. Il n’y a cependant eu aucun incident.

    M. Vaillancourt s’est plaint du climat inquisitoire qui refroidit les élus depuis le début des travaux de la commission Charbonneau. Il se range dans la catégorie des personnalités publiques marquées au fer rouge par des allégations contre lesquelles il est incapable de se défendre.
     
    « Comme société, nous vivons actuellement des moments très difficiles, voire pénibles, alors que tous les élus, à quelque niveau que ce soit, sont accusés de tous les maux, a-t-il dit. Nous entendons toutes sortes de choses, nous faisons face à des allégations, qui sans être prouvées, altèrent de façon irrémédiable la réputation des gens en qui vous aviez placé votre confiance. »
     
    Âgé de 71 ans, M. Vaillancourt est la cible d’une enquête sans précédent de UPAC, qui a mené des perquisitions dans ses bureaux de l’hôtel de ville, à ses deux résidences et dans des institutions financières où il détenait une demi-douzaine de coffrets de sûreté.
     
    L’UPAC enquête sur la corruption et la collusion dans l’octroi des contrats publics à Laval. Des entreprises de construction choyées par l’administration Vaillancourt, de même que des firmes de génie-conseil, ont aussi reçu la visite des enquêteurs dans les dernières semaines.
     
    Si l’on se fie au témoignage de Lino Zambito à la commission Charbonneau, M. Vaillancourt empochait une ristourne de 2,5 % sur la valeur des contrats. Un homme d’affaires a déclaré au Devoir cette semaine qu’il remettait 15 000 $ par année au maire. « Si tu ne paies pas, tu n’as pas de contrats », a résumé cet homme. Le cabinet du maire a nié les deux révélations, mais M. Vaillancourt lui-même ne l’a jamais fait.

    Il conserve un droit précieux dans sa retraite : le droit au silence.
     
    Et la suite?

    Les partis d’opposition, non représentés à l’Hôtel de Ville, savouraient leur triomphe tout en se demandant ce qui adviendra de Laval. Depuis le début du congé de maladie de M. Vaillancourt, le président du comité exécutif, Basile Angelopoulos, assurait l’intérim.

    Avec 21 conseillers sur 21, le PRO n’aura aucun mal à trouver un remplaçant à M. Vaillancourt.
     
    Selon Lydia Aboulian, candidate à la mairie pour le Mouvement lavallois, les membres du comité exécutif devront être surveillés de près. « La seule chose qu’on peut faire, c’est de foncer avec nos questions. On veut savoir qui est impliqué, et depuis quand il y a de la corruption », a-t-elle dit.

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    Avec la collaboration de Jessica Nadeau
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	Gilles Vaillancourt est la cible d’une enquête sans précédent de l'UPAC. Ci-dessus, le maire démissionnaire de Laval pose en compagnie de Gérald Tremblay et Jean Charest, le 16 septembre 2009.</div>
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	À l’image du maire déchu de Montréal, Gérald Tremblay, M. Vaillancourt a lu une courte déclaration en français et en anglais avant de disparaître à tout jamais de la vie publique.</div>
     
     
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