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    Laval - Un maire à part

    6 octobre 2012 | Josée Boileau | Villes et régions
    Ah, Laval et son maire ! On s’y intéresse tellement peu souvent, obsédés que nous sommes par des maires plus typés, ceux de Montréal, Québec, Saguenay… Ce qui ne manque pas d’injustice. Après tout, Gilles Vaillancourt est un cas en soi. Peut-être même à part.

    En matière de corruption municipale, les médias n’en ont que pour Gérald Tremblay, dont la candeur à répétition garantit de belles manchettes. Avantage pour les journalistes : l’homme ne se cache pas, va même à leur rencontre. De toute manière, la forte opposition qui siège à Montréal ne lui laisse aucune chance de s’échapper.
     
    Laval, c’est plus reposant. « Une île, une ville, un Gilles », comme le dit l’adage qui circule en coulisse. Pas d’opposition élue, des conseillers qui se tiennent, des médias nationaux de l’autre côté du pont (autant dire la brousse dans la géographie journalistique). Et un maire pas candide du tout.
     
    À la différence de Gérald Tremblay qui-ne-sait-pas-mais-qui-agit-quand-il-sait, Gilles Vaillancourt est un homme « surpris » mais toujours « en paix avec lui-même ». C’est ce qu’il dit chaque fois qu’on a l’impression qu’il est pris la main dans le sac d’une quelconque manigance.
     
    En 2010, par exemple, quand deux députés, dont l’ex-ministre Serge Ménard, affirment que le maire Vaillancourt lui-même leur a offert de l’argent, celui-ci nie tout, se dit 
    « surpris », « renversé ». Quand, au fil des ans, des transactions plus que douteuses viennent à la surface — car parfois, oui, les médias arrivent à mettre en lumière certaines ventes de terrain ou de curieuses manières d’attribuer des contrats —, M. Vaillancourt ne se fâche pas, reste en contrôle : il n’a rien à se reprocher, il ne commentera pas les rumeurs, il ne quittera pas son poste et il agit au bénéfice de sa municipalité.
     
    Vendredi était donc quasiment un jour comme les autres pour lui. « Je ne démissionnerai pas », a-t-il pu affirmer quand il est enfin apparu devant les journalistes. Il a beau vivre « un choc », c’est une affaire de « devoir ».
     
    Il est vrai que voir la police fouiller son bureau et sa maison, c’est assez rare pour un maire pour qu’on puisse en conclure que « ce n’est pas une situation très plaisante », comme a dit M. Vaillancourt. Mais il a déjà souffert avant. En décembre 2010, année de bien des allégations à son endroit, il s’épanchait ainsi devant les journalistes : « Je dirai pas que c’est les meilleures [années] de ma vie, mais je fais de la politique […]. C’est une joute extrêmement rude, généralement très cruelle. »
     
    Mais, quelle chance !, la cruauté l’a toujours épargné. Par exemple, quand le ministère des Affaires municipales a enquêté ces dernières années sur l’adjudication de contrats à Laval, il a relevé des irrégularités, des pratiques douteuses…, mais de l’illégalité ? Non. Quant aux perquisitions policières de cette semaine, d’ici à ce que tout ça débouche devant les tribunaux, on aura eu le temps de retourner en élections, où M. Vaillancourt a toujours triomphé : 23 ans comme maire, presque 40 ans à siéger au conseil municipal. Bien la preuve que la démocratie a un sens ! Et cela garantit que personne, encore moins Québec, n’est très empressé d’enquiquiner un maire aussi puissant.
     
    En fait, le seul élu que M. Vaillancourt a vraiment sur le dos, c’est Peter Trent, le maire de Westmount, qui, comme déjà réclamé dans le passé, veut que M. Vaillancourt quitte son siège à l’exécutif et au conseil de l’Union des municipalités du Québec. Lui-même refuse d’y siéger tant que le maire de Laval y sera.
     
    Mais on ne voit pas le jour où M. Trent réintégrera l’organisme. Toute l’ironie des magouilles dont on entend parler au Québec tient en ces quelques mots là.
     
     
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