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Le plan de décentralisation du maire Tremblay inquiète les syndicats

La perspective de voir les arrondissements devenir responsables de l'embauche et de la gestion du personnel, tel que préconisé dans le plan de décentralisation du maire Tremblay, ne sourit guère aux syndicats. Ils craignent que les arrondissements interprètent trop librement les conventions collectives et qu'ils imposent des critères d'embauche différents d'un arrondissement à l'autre.

Les syndicats savent peu de choses sur les intentions de l'administration en matière de gestion des ressources humaines. «Ce qu'on en sait, c'est ce qu'on lit dans les journaux. On n'en sait pas plus que les citoyens», admet Monique Côté, secrétaire générale du Syndicat des fonctionnaires municipaux.

Mais le peu qu'ont appris les syndicats en prenant connaissance du plan de réorganisation municipale rendu public vendredi n'a rien pour les rassurer. Alors que la ville-centre fournira l'encadrement en matière de «politiques du capital humain», les arrondissements seront responsables de l'embauche, de la rémunération et de la gestion de leur personnel.

«On ne peut pas bâtir une convention collective et des conditions de travail équitables pour les employés de la Ville si chacun, dans son arrondissement, gère ça différemment», croit Monique Côté. Ce nouveau partage des responsabilités sera lourd à gérer pour les syndicats, dit-elle, puisqu'ils devront mettre en place des mesures pour s'assurer que les conventions collectives seront respectées dans les 27 arrondissements et les 14 services municipaux.

Même son de cloche du côté du Syndicat des professionnels municipaux. «De prime abord, nous sommes très inquiets, c'est bien évident. Pour nous, c'est important que les critères d'embauche, tout comme les règles de dotation, soient uniformes et équitables d'un arrondissement à l'autre», explique Gisèle Jolin, présidente du syndicat.

L'administration Tremblay a aussi l'intention de revoir le rôle de la Commission de la fonction publique, actuellement responsable de faire passer les examens aux candidats qui convoitent un poste au sein de l'appareil municipal et aux employés qui visent une promotion. «On considère qu'il est indispensable de faire affaire avec un organisme extérieur pour s'assurer qu'il n'y ait pas de favoritisme et de népotisme dans l'embauche du personnel et qu'il y ait des critères équivalents d'un arrondissement à l'autre», soutient Mme Jolin.

Monique Côté, du Syndicat des cols blancs, indique qu'une clause du projet de convention collective conclu avec la Ville prévoit que tous les employés embauchés à la Ville devront d'abord avoir réussi un examen d'entrée. «Les parties se sont donné six mois pour s'asseoir et revoir le processus des concours. Si un autre processus que la Commission de la fonction publique est choisi, ce sera avec l'accord des deux parties», dit-elle. La nouvelle convention collective des cols blancs, qui a reçu l'aval des syndiqués, n'a toujours pas été signée, mais Mme Côté indique que les inquiétudes suscitées par le plan de décentralisation de l'administration Tremblay ne remettent pas en question la ratification du nouveau contrat de travail.
 
 
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  • Danielle Lacombe - Abonnée
    19 août 2003 11 h 59
    Bravo pour un article bien étudié
    Bonjour,

    L'article de madame Jeanne Corriveau met à jour des aspects peu connus de l'administration municipale, celle qui concerne l'embauche équitable et logique de personnel dans les divers arrodissements selon des critères uniformes.

    Madame Corriveau nous montre que tout ne peut être décidé d'en haut avec une baguette magique. J'espère que les syndicats empêcheront certains arrondissements de l'Ouest d'exclure en pratique les droits du français, langue officielle de la Ville de MOntréal (voir l'article 1 de sa Charte).

    Bravo pour un excellent article, très instructif.

    William Morris
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