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    CLD et Fonds de solidarité

    « Et pourquoi pas moi, entrepreneur ? »

    Des partenariats développent l'économie locale

    24 septembre 2011 |Claude Lafleur | Villes et régions
    «Chaque CLD est la porte d'entrée du développement économique et de l'entrepreneuriat de sa région, relate Suzie Loubier, directrice générale de l'Association des Centres locaux de développement du Québec. Nous réunissons tous les partenaires et les ressources liés au développement économique d'une région afin de coordonner le tout.»

    Au début des années 1990, le Fonds de solidarité FTQ a décidé de participer au développement économique régional en établissant des partenariats avec chacun des CLD. Cette idée provient en fait des élus de la Fédération québécoise des municipalités, indique Jean-René Laforest, directeur général des Fonds locaux de solidarité FTQ. «Les élus rencontraient souvent des entrepreneurs à la recherche d'un capital de base

    — souvent seulement de 10 000 $ à 20 000 $ — pour financer leur petite entreprise. Ces entrepreneurs se rendaient à la caisse ou à la banque, et même au Fonds de solidarité à Montréal, sans toutefois pouvoir se procurer le financement en capital de risque... C'est ainsi qu'un jour la Fédération a rencontré le Fonds afin de mettre en place le réseau des Fonds locaux de solidarité.»

    On a de la sorte créé un réseau de 85 Fonds de solidarité qui couvre l'ensemble du Québec et procure de petits investissements de départ. «Nous offrons du capital de risque, relate le directeur général du réseau. Il s'agit souvent du financement qui sert d'étincelle, qui fait qu'un projet peut démarrer et qui amène les institutions financières à embarquer dans le projet. Il ne s'agit toutefois pas de subventions, puisque la somme investie doit revenir un jour ou l'autre...»

    Entrepreneur bienvenu !

    Un Centre local de développement est un organisme à but non lucratif qui a pour mandat d'élaborer et de réaliser un plan d'action local pour l'économie et l'emploi. Il offre l'ensemble des services de première ligne aux entreprises, notamment les services de consultation, d'orientation et de référence. Il aide aussi à la réalisation d'un plan d'affaires, dont les études de préfaisabilité, la recherche d'un financement, l'aide financière aux entreprises, etc.

    «C'est dire que toute personne qui veut se lancer en affaires devrait d'abord venir nous voir, résume Suzie Loubier. Elle sera bien accueillie.» Dans un premier temps, cette personne se fera poser un certain nombre de questions afin de voir si elle a la «fibre entrepreneuriale». «La première chose que nous cherchons à établir avec elle, poursuit Mme Loubier, c'est de déterminer si elle a le profil entrepreneurial. Nous allons donc l'amener à se questionner: "Est-ce que j'ai l'expertise? Et si je l'ai, me manque-t-il certaines compétences?" Le CLD peut d'ailleurs l'aider à parfaire ses connaissances et sa formation.»

    «On étudiera ensuite avec elle si son projet a des chances d'être viable, indique Mme Loubier. Si, par exemple, il y a déjà dix entreprises du genre sur notre territoire, il faudra que la nouvelle fasse preuve d'innovation ou d'une expertise particulière.» Bien sûr, les CLD connaissent leur territoire ainsi que les besoins du milieu. «Il y a aussi la possibilité que l'entrepreneur prenne la relève en procédant à l'acquisition d'une entreprise déjà existante... Bref, il y a tout un questionnement que les professionnels du CLD amèneront le nouvel entrepreneur à se poser. Et, par la suite, bien sûr, nous serons là pour l'aider et l'accompagner.»

    Partenariat CLD-Fonds

    «Aux Fonds locaux de solidarité, enchaîne Jean-René Laforest, nous ne sommes qu'une petite équipe de huit personnes qui s'occupe de 85 Fonds locaux. C'est dire que, si nous ne bénéficions pas de la participation du milieu, on ne peut faire tout le travail. Nous travaillons donc en partenariat avec les CLD et les CÉDEC de Montréal. Ce sont eux qui gèrent les Fonds et prennent les décisions d'investissement, puisque nous, nous n'intervenons pas dans le processus. Nous faisons confiance aux gens du milieu puisque, après tout, ils sont les mieux placés pour décider des investissements à faire dans leur milieu.»

    C'est ainsi que, l'an dernier, le réseau des Fonds locaux de Solidarité a permis la réalisation de «129 dossiers», indique M. Laforest. «Ils ont autorisé pour 4 400 000 $ de financement, ce qui peut paraître modeste. Toutefois, ces montants de départ — souvent des sommes de 50 000 $ ou moins — ont généré 71 millions en valeur totale qui ont été injectés dans les milieux locaux. Et cela a permis de maintenir ou de créer 1577 emplois.»

    Une politique de l'entrepreneuriat

    Le rôle de l'Association des Centres locaux de développement du Québec est, rapporte Suzie Loubier, «d'échanger les bons coups entre CLD». De plus, de concert avec la Fédération québécoise des municipalités, elle presse le gouvernement pour qu'il adopte une politique de l'entrepreneuriat. «Pourquoi une telle politique?, poursuit-elle. Parce que, lorsqu'on parle de relève, nous voulons qu'il y ait un discours national, que le gouvernement valorise le statut d'entrepreneur.»

    Or, en région, le maintien des entreprises passe souvent par la reprise en main des entreprises existantes, soit par des employés qui y travaillent, soit par des repreneurs. «Si nous voulons développer et stimuler une culture entrepreneuriale, il faut alors sensibiliser les gens à se dire: "Et pourquoi pas moi, entrepreneur?", pose Mme Loubier. Et l'entrepreneuriat, ce n'est pas l'affaire d'un ou deux ministères — puisqu'il s'en fait en agriculture, dans la production manufacturière, en affaires comme en culture... Il faut donc avoir une vision et un discours cohérents, que le gouvernement donne une orientation globale afin que tout le monde travaille dans la même direction.»

    ***

    Collaborateur du Devoir












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