Aménagement - Réaction passéiste
Dici vingt ans, 4,3 millions de personnes, soit 530 000 de plus qu'aujourd'hui, habiteront l'une ou l'autre des 82 municipalités de la grande région de Montréal. À eux seuls, ces chiffres constituent un avertissement: sans planification, la banlieue de Montréal qui s'étend déjà jusqu'à Mirabel vers le nord touchera les pentes de Saint-Sauveur. Même chose au sud, à l'ouest et à l'est...
Plus de gens travailleront à proximité de leur lieu de résidence, mais la plupart seront encore coincés dans les embouteillages, surtout si l'on continue de laisser les constructeurs immobiliers étendre les tentacules du développement résidentiel dans la zone verte que l'on s'est pourtant juré de protéger, il y a 30 ans.
D'où l'importance pour la région montréalaise de se doter d'un cadre contraignant. Ce qui est sur le point de se faire avec l'adoption, la semaine dernière, de la première version du plan d'aménagement et de développement durable, à l'unanimité des membres présents au conseil de la Communauté métropolitaine. Unanimité des membres présents seulement, en effet, puisque tous les maires de la Rive-Nord avaient quitté la salle pour protester contre le fait qu'une fois les consultations publiques terminées, ce plan interdira tout empiétement sur la zone agricole pendant cinq ans.
Personne n'a été surpris de cette réaction des maires de Blainville, de L'Assomption, de Terrebonne et de Mirabel, notamment, qui ont tout à gagner à court terme d'un empiétement résidentiel ou industriel sur la zone agricole. À eux les taxes, aux autres les dépenses pour la construction d'écoles, de routes et d'hôpitaux alors que l'on peine déjà à seulement entretenir ce qui existe.
Le Québec n'a pas les moyens d'abandonner son territoire aux lois du marché. Si jamais il le faisait, il devrait hausser toutes les taxes des habitants de la lointaine banlieue pour y inclure les coûts indirects exorbitants de cet étalement urbain.
Il n'y aurait qu'une raison pour maintenir le cap sur l'adoption du plan d'aménagement proposé, voire sur une version encore plus respectueuse de la zone verte et des milieux humides qui disparaissent à vue d'oeil autour de Montréal, ce serait précisément de contrer cette vision passéiste du développement qui a conduit à l'apparition d'une deuxième, et maintenant d'une troisième couronne résidentielle alors que l'espace inexploité à proximité des services est encore vaste.
À l'heure actuelle, il faut au moins 90 minutes pour franchir la distance entre Mirabel et le centre-ville aux heures de pointe, soit presque 50 % de plus qu'il y a vingt ans. La seule façon d'améliorer les choses, ou d'éviter qu'elles n'empirent, c'est de densifier la construction résidentielle à proximité des services et du transport collectif, tout en continuant d'investir massivement pour améliorer celui-ci. C'est précisément ce que propose le Plan d'aménagement adopté la semaine dernière par toutes les villes de l'île de Montréal et de la Rive-Sud.
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j-rsansfacon@ledevoir.ca
Plus de gens travailleront à proximité de leur lieu de résidence, mais la plupart seront encore coincés dans les embouteillages, surtout si l'on continue de laisser les constructeurs immobiliers étendre les tentacules du développement résidentiel dans la zone verte que l'on s'est pourtant juré de protéger, il y a 30 ans.
D'où l'importance pour la région montréalaise de se doter d'un cadre contraignant. Ce qui est sur le point de se faire avec l'adoption, la semaine dernière, de la première version du plan d'aménagement et de développement durable, à l'unanimité des membres présents au conseil de la Communauté métropolitaine. Unanimité des membres présents seulement, en effet, puisque tous les maires de la Rive-Nord avaient quitté la salle pour protester contre le fait qu'une fois les consultations publiques terminées, ce plan interdira tout empiétement sur la zone agricole pendant cinq ans.
Personne n'a été surpris de cette réaction des maires de Blainville, de L'Assomption, de Terrebonne et de Mirabel, notamment, qui ont tout à gagner à court terme d'un empiétement résidentiel ou industriel sur la zone agricole. À eux les taxes, aux autres les dépenses pour la construction d'écoles, de routes et d'hôpitaux alors que l'on peine déjà à seulement entretenir ce qui existe.
Le Québec n'a pas les moyens d'abandonner son territoire aux lois du marché. Si jamais il le faisait, il devrait hausser toutes les taxes des habitants de la lointaine banlieue pour y inclure les coûts indirects exorbitants de cet étalement urbain.
Il n'y aurait qu'une raison pour maintenir le cap sur l'adoption du plan d'aménagement proposé, voire sur une version encore plus respectueuse de la zone verte et des milieux humides qui disparaissent à vue d'oeil autour de Montréal, ce serait précisément de contrer cette vision passéiste du développement qui a conduit à l'apparition d'une deuxième, et maintenant d'une troisième couronne résidentielle alors que l'espace inexploité à proximité des services est encore vaste.
À l'heure actuelle, il faut au moins 90 minutes pour franchir la distance entre Mirabel et le centre-ville aux heures de pointe, soit presque 50 % de plus qu'il y a vingt ans. La seule façon d'améliorer les choses, ou d'éviter qu'elles n'empirent, c'est de densifier la construction résidentielle à proximité des services et du transport collectif, tout en continuant d'investir massivement pour améliorer celui-ci. C'est précisément ce que propose le Plan d'aménagement adopté la semaine dernière par toutes les villes de l'île de Montréal et de la Rive-Sud.
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