La nouvelle Inquisition
Marie-Claude Lamarche - Conseillère municipale, Ville de Terrebonne
23 novembre 2010
Villes et régions
Tous les soirs, à la une, on se scandalise (et à raison) des horreurs vécues un peu partout sur la planète: des Casques bleus agressés, des raids dans la bande de Gaza, une mine qui s'effondre au Pérou, des épidémies, des pandémies...
Pendant ce temps, une maladie dangereuse ronge le peuple québécois: plutôt que de chercher des remèdes, pourquoi ne pas crucifier les victimes! Exécutons-les, toutes! De toute façon, elles doivent être contaminées... La nouvelle Inquisition made in Quebec!
Je suis moi-même affligée de cette pathologie. Je me suis lancée en politique il y a plus de 20 ans avec la certitude que je pourrais changer des choses — pas les choses, mais bien des choses... Je suis donc atteinte de cette maladie honteuse nommée la passion de la politique.
J'ai la conviction profonde que le destin m'a menée là pour les bonnes raisons et j'y suis encore pour les bonnes raisons. Mon seul problème: la démotivation! Je suis de moins en moins convaincue que le jeu en vaut la chandelle. J'ai négligé les gens qui m'entourent pour faire avancer certains dossiers importants pour la collectivité. J'ai tout donné pour que cheminent des projets, parfois même jusqu'à en oublier ma propre santé.
Avec la publicité négative faite sur le dos des élus, les allégations non fondées et les vicieuses allusions, je me demande de plus en plus ce que je fais là... Suis-je vraiment masochiste? Dois-je abandonner pour protéger mon intégrité et celle des gens qui me sont chers? Est-ce que les projets et les valeurs que je défends en valent la peine?
Un carnage
Il est facile de salir, voire détruire, ce que des hommes et des femmes ont mis des décennies à construire, au détriment de leur famille, de leur propre vie, le bien collectif prédominant leur choix. Des horaires de fous, des mains à serrer en quantité industrielle, des activités sociales à ne plus finir: autant de choses à faire qui ne nous plaisent pas toujours nécessairement, mais c'est le prix à payer pour se faire élire. Un bon candidat aux élections doit être connu, mais il ne doit connaître personne! Mieux encore, il doit oublier qu'il connaît des gens une fois qu'il est élu...
Quand on se lance en politique, on donne le droit à la population de nous juger tous les quatre ans. On laisse notre destin dans les mains de gens qui, parfois, ne le méritent pas. Tous les quatre ans, on sollicite leur appui, et à peine 30 % d'entre eux daignent se déplacer pour voter. Mais quand un journaliste mal intentionné révèle des «faits» sur les agissements d'un élu, tous s'indignent et montent aux barricades! Vous étiez où? Vous faisiez quoi? Qu'advient-il des 200 bons coups faits avant cette supposée allégation de mauvaise fréquentation? Connaissez-vous seulement la signification du mot «allégation», synonyme d'insinuation...
Pour ma part, je suis en politique par choix, et non pas par défaut. Mais mon choix est de plus en plus lourd. J'ai l'impression d'assister à un génocide sans pouvoir intervenir. On est en train d'anéantir une race d'hommes et de femmes dévoués sans être conscients du carnage... Qui sera assez suicidaire pour se lancer en politique?
Il ne faut pas se surprendre si, bientôt, avec tout le cynisme dont fait preuve la population, les élus expérimentés choisissent d'aller faire leur bonheur ailleurs. À ce moment-là, les cyniques auront les élus qu'ils méritent. À force de se moquer de leurs représentants, ils auront des clowns pour les diriger et ils l'auront bien mérité! Ce n'est qu'à ce moment que la politique municipale sera bel et bien devenue une farce monumentale...
Pendant ce temps, une maladie dangereuse ronge le peuple québécois: plutôt que de chercher des remèdes, pourquoi ne pas crucifier les victimes! Exécutons-les, toutes! De toute façon, elles doivent être contaminées... La nouvelle Inquisition made in Quebec!
Je suis moi-même affligée de cette pathologie. Je me suis lancée en politique il y a plus de 20 ans avec la certitude que je pourrais changer des choses — pas les choses, mais bien des choses... Je suis donc atteinte de cette maladie honteuse nommée la passion de la politique.
J'ai la conviction profonde que le destin m'a menée là pour les bonnes raisons et j'y suis encore pour les bonnes raisons. Mon seul problème: la démotivation! Je suis de moins en moins convaincue que le jeu en vaut la chandelle. J'ai négligé les gens qui m'entourent pour faire avancer certains dossiers importants pour la collectivité. J'ai tout donné pour que cheminent des projets, parfois même jusqu'à en oublier ma propre santé.
Avec la publicité négative faite sur le dos des élus, les allégations non fondées et les vicieuses allusions, je me demande de plus en plus ce que je fais là... Suis-je vraiment masochiste? Dois-je abandonner pour protéger mon intégrité et celle des gens qui me sont chers? Est-ce que les projets et les valeurs que je défends en valent la peine?
Un carnage
Il est facile de salir, voire détruire, ce que des hommes et des femmes ont mis des décennies à construire, au détriment de leur famille, de leur propre vie, le bien collectif prédominant leur choix. Des horaires de fous, des mains à serrer en quantité industrielle, des activités sociales à ne plus finir: autant de choses à faire qui ne nous plaisent pas toujours nécessairement, mais c'est le prix à payer pour se faire élire. Un bon candidat aux élections doit être connu, mais il ne doit connaître personne! Mieux encore, il doit oublier qu'il connaît des gens une fois qu'il est élu...
Quand on se lance en politique, on donne le droit à la population de nous juger tous les quatre ans. On laisse notre destin dans les mains de gens qui, parfois, ne le méritent pas. Tous les quatre ans, on sollicite leur appui, et à peine 30 % d'entre eux daignent se déplacer pour voter. Mais quand un journaliste mal intentionné révèle des «faits» sur les agissements d'un élu, tous s'indignent et montent aux barricades! Vous étiez où? Vous faisiez quoi? Qu'advient-il des 200 bons coups faits avant cette supposée allégation de mauvaise fréquentation? Connaissez-vous seulement la signification du mot «allégation», synonyme d'insinuation...
Pour ma part, je suis en politique par choix, et non pas par défaut. Mais mon choix est de plus en plus lourd. J'ai l'impression d'assister à un génocide sans pouvoir intervenir. On est en train d'anéantir une race d'hommes et de femmes dévoués sans être conscients du carnage... Qui sera assez suicidaire pour se lancer en politique?
Il ne faut pas se surprendre si, bientôt, avec tout le cynisme dont fait preuve la population, les élus expérimentés choisissent d'aller faire leur bonheur ailleurs. À ce moment-là, les cyniques auront les élus qu'ils méritent. À force de se moquer de leurs représentants, ils auront des clowns pour les diriger et ils l'auront bien mérité! Ce n'est qu'à ce moment que la politique municipale sera bel et bien devenue une farce monumentale...
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