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Tarification du transport en commun à Longueuil et Laval - L'AMT propose un compromis, Montréal refuse

L'Agence métropolitaine de transport suggère un tarif intermédiaire pour les banlieues

L’AMT suggère que les Lavallois et les Longueuillois qui prennent le métro mais n’utilisent pas le service d’autobus de leur ville respective paient le même prix, soit entre 85 $ et 94,50 $ par mois.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
L’AMT suggère que les Lavallois et les Longueuillois qui prennent le métro mais n’utilisent pas le service d’autobus de leur ville respective paient le même prix, soit entre 85 $ et 94,50 $ par mois.
Dans une ultime tentative pour dénouer le litige entre Montréal, Laval et Longueuil, l'Agence métropolitaine de transport (AMT) propose de créer une tarification intermédiaire pour les usagers du métro de Laval et de Longueuil. Cette solution aurait pour effet de réduire le coût de la carte mensuelle à Laval tout en imposant une augmentation de tarifs moins brutale à Longueuil. Susceptible de satisfaire les deux villes de banlieue, ce compromis a aussitôt été rejeté par la Ville de Montréal.

Dans un rapport remis aux trois villes jeudi dernier et dont Le Devoir a obtenu copie, l'AMT suggère que les Lavallois et les Longueuillois qui prennent le métro mais n'utilisent pas le service d'autobus de leur ville respective paient le même prix, soit entre 85 $ et 94,50 $ (tarif TRAM 2) par mois. Environ 4900 Longueuillois et de 3000 à 6000 Lavallois seraient touchés par cette nouvelle tarification si elle était appliquée.

À l'heure actuelle, les usagers qui accèdent aux trois stations de métro de Laval paient 111 $ par mois. De leur côté, les Longueuillois peuvent prendre le métro à la seule station de la Rive-Sud avec la carte autobus-métro de la Société de transport de Montréal (STM) à 70 $, mais ils sont menacés de payer 111 $ à compter du 1er juillet prochain.

Cette solution de compromis proposée par l'AMT réglerait l'iniquité entre la Rive-Sud et la Rive-Nord qui existe depuis l'ouverture du métro de Laval, tout en évitant aux Longueuillois des hausses trop importantes. L'AMT estime toutefois qu'avant de mettre en place cette grille tarifaire, Laval devra régler dans sa totalité le paiement de sa contribution au déficit du métro.

Montréal dit non


Pour la Ville de Montréal, la solution soumise par l'AMT est inacceptable. «Le rapport de l'AMT ne répond pas aux attentes des Montréalais. Ceux-ci ne doivent pas faire les frais d'une intégration tarifaire. Ça signifie une perte de revenus de deux à quatre millions de dollars pour Montréal», a indiqué hier Bernard Larin, attaché de presse au cabinet du maire Gérald Tremblay.

Opter pour une réduction des tarifs à Laval serait non seulement injuste envers les Montréalais, mais pourrait même inciter les Lavallois à délaisser leur réseau d'autobus, estime pour sa part la STM.

Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, ont préféré s'abstenir de tout commentaire hier. Mme St-Hilaire a toutefois demandé au maire Tremblay de convoquer une réunion extraordinaire du comité exécutif de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) afin de discuter des propositions de l'AMT, a précisé son attachée de presse, Catherine Bérubé.

Rappelons que dans sa volonté d'harmoniser les tarifs entre Laval et Longueuil, le maire Gérald Tremblay s'était entendu en février dernier avec le maire de Laval pour imposer aux Longueuillois une augmentation de 60 % sans consulter la mairesse de Longueuil. M. Vaillancourt avait menacé de quitter une importante réunion de la CMM sur le cadre financier des transports si M. Tremblay ne réglait pas le litige.

Outrée, la mairesse de Longueuil avait menacé de suspendre à son tour le paiement de la quote-part de sa ville pour le déficit du métro, menaçant même de contester la décision unilatérale de Montréal devant les tribunaux.

Les trois villes ont demandé en avril dernier à l'AMT de leur suggérer un compromis plus acceptable pour Longueuil. Reste que l'augmentation des tarifs de 60 % à Longueuil a déjà été entérinée par la CMM et par le conseil d'administration de la STM et son entrée en vigueur est prévue pour le 1er juillet.
 
 
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  • Pierre Samuel - Abonné
    2 juin 2010 07 h 50
    Le sirupeux et inéluctable Gérald...
    Réaction tout à fait typique de Gérald Tremblay: spécialiste de «l'agir en catimini» qui refuse encore et toujours d'affronter les problèmes «en face» de manière claire et franche! Comment peut-il vouloir «harmoniser« (!) les tarifs entre Laval et Longueuil en «complotant» avec une seule des parties concernées?
    Craindrait-il plus, par hasard, le «ratoureux» maire de Laval, Gilles Vaillancourt, que la toute nouvelle mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire?
    Comme à l'habitude, il trouvera bien le moyen de «perdre la face» encore une fois...
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  • j_detilly@hotmail.com - Abonné
    2 juin 2010 09 h 44
    L'Agence métropolitaine de transport
    Avec les développements actuels et prévus des réseaux de transport en commun dans le Grand Montréal, de même qu'avec l'expansion des villes et banlieues, je crois que nous approchons d'un seuil critique où dorénavant, le transport en commun ne pourra plus être penser en terme municipal, mais bien inter-municipal ou régional. La création de l'AMT fut déjà un pas en ce sens. Cependant, à voir l'attitude du maire de Montréal et des maires des banlieues environnantes, je crois qu'il est temps que la totalité des pouvoirs, en ce qui concerne le transport en commun dans la grande région métropolitaine, soit transférer à l'AMT et qu'ainsi on puisse instaurer une harmonisation des tarifs et aider à un développement plus équitable des réseaux de transport afin que toutes les personnes qui désirent converger vers Montréal puisse le faire avec facilité et sans discrimination. N'est-il pas curieux en effet, pour une administration qui cherche à promouvoir le transport vert, qu'en plus du dissuasif « distance et temps », les résidents des régions éloignées des grands centres doivent aussi accepter des tarifs moins préférentiels s'ils veulent profiter du transport en commun ? Les autorités ne peuvent guère influer sur le lieu de résidence des bénéficiaires, cependant, pour inciter les gens des régions éloignées (et donc les plus gros pollueurs) à prendre le transport en commun, une politique harmonisé des tarifs s'impose sur l'ensemble d'un territoire et, idéalement, une gratuité.
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