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Affaires municipales - Émergence d'une nouvelle culture urbaine

Toute défusion «affaiblirait la communauté»

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) regroupe 63 municipalités et représente près de 50 % de la population québécoise et 73 % de l'économie de la province. Contestée par certains maires au moment de sa création, lors de l'application de la Loi 170 sur les fusions municipales, elle est aujourd'hui une structure avec laquelle ces derniers doivent composer.

«Quand on s'assoit à la CMM, il faut avoir une perspective métropolitaine. Les décisions qu'on pourrait prendre là ne sont pas juste des décisions qui pourraient aider ou empêcher des choses d'arriver à nos villes. Il faut avoir une perspective d'avenir», souligne le maire de Longueuil, Jacques Olivier, également vice-président du comité exécutif de la CMM. Un défi de taille lorsqu'on observe et qu'on prend en considération les différentes réalités des municipalités siégeant à la communauté.

À elle seule, la ville de Montréal, avec ses 1 800 000 habitants, détient un poids démographique notable qui, par le fait même, lui octroie un pouvoir décisionnel considérable au sein de la CMM. Une situation qui pourrait en faire râler certains, mais qui, au dire d'Olivier, ne s'est pas encore produite: «Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, comprend très bien son rôle. Il ne se sert pas de la puissance du poids démographique qu'il a. On a présentement développé une chimie qui va bien.»

Cette instance supramunicipale, qui a pour principal mandat de voir à la planification du développement économique et du transport dans la région métropolitaine, n'en reste pas moins un facteur de changement et d'adaptation pour les maires des différentes municipalités. Ils doivent se plier aux nouvelles réglementations. «Il faut dire que tout est arrivé en même temps. Avec la Loi 170, une loi sur la sécurité publique est arrivée», souligne le maire de Longueuil.

Changement d'attitude

La réussite de la CMM passe inévitablement par le développement d'une nouvelle attitude de la part des maires qui en font partie. «Il faut avoir à l'esprit que les décisions qui sont prises le sont pour la grande métropole» et non plus pour chacune des municipalités. Penser et prendre des décisions en fonction d'une région et non en fonction des villes. «Des fois, je dis à la blague que le gouvernement n'a même pas besoin de faire de fusion, parce que la CMM est une fusion en tant que telle. C'est une fusion qui donne un droit de regard sur la plupart des pouvoirs des municipalités.»

Le bon fonctionnement de la communauté dépend, en grande partie, de la compréhension que développeront certains maires à l'égard de leurs homologues des deuxièmes couronne; principalement ceux de Montréal, Laval et Longueuil. Car, comme le note M. Olivier, «plus la CMM va vieillir, plus elle va prendre sa place. Elle pourrait possiblement faire de l'ombre à certaines organisations comme les municipalités rurales de comté». Jusqu'à maintenant, «il y a eu des discussions dures et difficiles, mais on est toujours arrivé à un consensus», soutient Olivier en précisant qu'il ne s'est «jamais pris un vote au comité exécutif».

Comme Gérald Tremblay, Jacques Olivier n'est pas issu de la politique municipale. Il a d'abord été adjoint aux relations de travail dans le cabinet de Pierre Elliot Trudeau avant de devenir député de la circonscription de Longueuil pour le Parti libéral du Canada. Pour cette raison, il perçoit la CMM comme une occasion de profiter de l'expérience municipale de certains: «Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, est un homme de ressources pour nous. Il a beaucoup d'expérience au niveau municipal. Il a la connaissance des faits antérieurs, de l'historique et du développement urbain.»

Promesse de défusions

Toutefois, le plus grand défi de la CMM reste à venir: les référendums sur les défusions promis par le Parti libéral du Québec. La nouvelle ville de Longueuil, doit-on le rappeler, est issue des fusions de huit municipalités de la Rive-Sud. En 2003, même si une baisse de taxes est prévue dans certains arrondissements, quatre d'entre eux connaîtront une hausse de 5 %: Boucherville, Brossard, Saint-Bruno et Saint-Lambert. Ce qui risque de raviver l'ardeur d'anciennes municipalités qui s'étaient vigoureusement opposées à la fusion municipale, comme Saint-Lambert, principal bastion des antifusionnistes.

À ce sujet, le maire de Longueuil est clair. Une défusion «affaiblirait la communauté. Mais pour ma part, je m'en vais en regardant l'avenir et non pas en ayant la nostalgie du passé. Je souhaite convaincre ceux qui pensent que la fusion est une mauvaise chose et leur donner des raisons pour ne pas vouloir défusionner.»
 
 
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