Montréal métropolitain - Une mosaïque de milieux de vie
La décentralisation qui a cours profite aux banlieues
Métropole moyenne et ville nord-américaine typique, le Montréal métropolitain correspond à environ la moitié du Québec aux chapitres de la démographie, de l'emploi, de la valeur ajoutée manufacturière, du PIB réel, etc. C'est surtout une ville-région qui, après une longue période de restructuration, a réussi son passage à la nouvelle économie du savoir caractérisée par les secteurs de l'aérospatiale, de la biopharmaceutique et des technologies de l'information et des communications, sans oublier la grande vitalité de ses «industries» culturelles.
Exception faite de la Commission de développement de la métropole, qui a été créée par loi en 1997 mais n'a jamais siégé, la Communauté métropolitaine de Montréal représente la première tentative, au Canada et aux États-Unis, de traduire aux plans politique et administratif la région métropolitaine de recensement (RMR). Ce concept de RMR, utilisé par Statistique Canada depuis le recensement de 1951, est particulièrement bien connu et fort utilisé par tous ceux qui s'intéressent à l'économie urbaine, à la planification des transports et à l'aménagement du territoire. En bref, il s'agit d'un territoire qui, partant du noyau urbain principal (en l'occurrence le centre-ville de Montréal), répond à une certaine densité démographique et résidentielle et s'insère dans les réseaux de «navettage» quotidien pour le travail.
Encore que certains prétendront que, pour prendre la réelle mesure de la réalité économique et urbanistique d'une région comme Montréal, il faudrait renouveler nos concepts statistiques et qu'il serait préférable de tenir compte d'un territoire plus vaste: un rayon de 100 km à partir du centre-ville (CBD) — ce qui nous mène, en pratique, à la frontière étasunienne d'un côté et nous permet de tenir compte de Tremblant de l'autre.
Au recensement de 2001, de Mont-Saint-Hilaire à La Plaine et de Lavaltrie à Saint-Lazare, la région métropolitaine de Montréal est un territoire de 4024 km2, qui couvre l'archipel et au-delà. Elle comprend 3 426 350 personnes réparties entre 63 municipalités locales (111 avant les fusions de 2001). Les pourtours de ce territoire sont aisément repérables par qui considère la carte des MRC selon les nouvelles catégories issues de la réforme Harel. Il est, en effet, constitué d'une quinzaine de MRC urbaines et villes-MRC entourées d'un collier de MRC urbaines/rurales et rurales.
Une ville-région
L'arrivée de la CMM a conféré à la région métropolitaine de Montréal une certaine unité (à ceci près que la sous-agglomération urbaine de Saint-Jérôme n'en fait pas partie). Néanmoins, l'organisation de ce territoire demeure complexe. Ainsi, deux autres institutions de portée métropolitaine ont gardé une réelle indépendance vis-à-vis de la CMM: Montréal International, qui a notamment le mandat de la prospection économique à l'étranger, et l'Agence métropolitaine de transport (AMT), qui joue un rôle de premier plan au chapitre du transport des personnes (planification et décisions d'immobilisation).
Malgré les fusions municipales survenues en 2001, Montréal demeure (avec Québec) l'une des régions métropolitaines les plus fragmentées au Canada. Surtout qu'elle est partagée aussi entre onze municipalités régionales de comté (MRC) et quatre villes-MRC (Montréal, Longueuil, Laval et Mirabel). Et, pour ne rien simplifier, plus de la moitié des MRC ne sont pas entièrement intégrées au territoire de la CMM. Cette dernière est de surcroît partagée entre cinq régions administratives: Montréal et Laval en totalité et des portions de la Montérégie, des Laurentides et de Lanaudière. Or, c'est sur la base de ces territoires régionaux que, depuis 1987, le gouvernement du Québec a configuré l'ensemble des agences de planification et de concertation en matière de développement économique et social, de santé et de services sociaux, de formation professionnelle, d'environnement, de tourisme, de loisir et de culture.
Dans la région de Montréal, l'heure est donc encore à la concertation d'une multiplicité d'acteurs...
Grande diversité socioéconomique et urbanistique
Au-delà des divisions institutionnelles, la région montréalaise présente aussi une grande diversité socioéconomique et urbanistique. À l'instar des autres grandes villes de l'Amérique du Nord, Montréal forme une agglomération métropolitaine complexe qui s'est transformée de façon notable depuis la Seconde Guerre mondiale. Ainsi a-t-elle connu une décentralisation marquée de la population vers des banlieues de plus en plus éloignées du centre. La décentralisation des emplois et des activités économiques en général a suivi, quoique avec une intensité moindre. Mais, ce redéploiement de l'activité économique a permis l'émergence d'un réseau de noyaux, de centres et de sous-centres qui présentent à la fois une plus grande diversification et de nettes spécialisations les uns par rapport aux autres, notamment en ce qui regarde l'activité manufacturière, en même temps que se sont développés des liens d'échange et d'interaction de plus en plus complexes.
L'analyse des résultats des enquêtes origine-destination, menées avec régularité depuis le début des années 1970, montre que chacune des grandes composantes de l'agglomération est plus en mesure aujourd'hui qu'il y a 30 ans de répondre localement aux besoins de travail, de consommation de biens, de services et de loisirs de sa population résidante. Malgré tout, que ce soit pour le travail, la consommation des services ou les loisirs, le «navettage» entre ces composantes demeure à des niveaux élevés.
Plusieurs études ont aussi montré la grande diversité économique, démographique, sociale et culturelle de la banlieue montréalaise qui, du coup, apparaît comme une mosaïque de milieux de vie. Qualité que partage également la ville de Montréal, tant dans ses frontières de 2001 que dans celles héritées du grand regroupement de janvier 2002.
Dynamique intramétropolitaine
C'est donc l'hétérogénéité des milieux de vie, la complémentarité des espaces et les interactions entre ses diverses composantes qui confèrent à ce territoire sa force et son dynamisme et, partant, la capacité de s'imposer comme une agglomération de première importance. Plusieurs secteurs de la banlieue ont définitivement acquis un plus grand degré d'autonomie par rapport au coeur historique et à la ville centre en particulier. Mais cela ne fait pas de la région métropolitaine un agrégat de particularismes. Au contraire, c'est de cette dynamique intramétropolitaine, qui s'appuie autant sur le visage transformé de la banlieue que sur les atouts du centre, dont devront rendre compte en priorité les stratégies de gestion métropolitaine.
Dans le contexte nord-américain, Montréal présente aussi certaines caractéristiques distinctives: elle demeure l'une des plus compactes; son centre continue de polariser un pourcentage élevé des emplois — surtout dans le secteur tertiaire — et l'on y trouve une population résidante diversifiée; l'économie de la région est significativement plus manufacturière que dans les métropoles de taille comparable; c'est une ville cosmopolite ouverte sur le monde — Montréal multiethnique et bilinguistique avec forte cohabitation (bilinguisme fonctionnel et plurilinguisme plus répandu), etc. Ces caractéristiques spécifiques et quelques autres devront également être prises en compte au moment de mieux définir l'identité de cette région.
Exception faite de la Commission de développement de la métropole, qui a été créée par loi en 1997 mais n'a jamais siégé, la Communauté métropolitaine de Montréal représente la première tentative, au Canada et aux États-Unis, de traduire aux plans politique et administratif la région métropolitaine de recensement (RMR). Ce concept de RMR, utilisé par Statistique Canada depuis le recensement de 1951, est particulièrement bien connu et fort utilisé par tous ceux qui s'intéressent à l'économie urbaine, à la planification des transports et à l'aménagement du territoire. En bref, il s'agit d'un territoire qui, partant du noyau urbain principal (en l'occurrence le centre-ville de Montréal), répond à une certaine densité démographique et résidentielle et s'insère dans les réseaux de «navettage» quotidien pour le travail.
Encore que certains prétendront que, pour prendre la réelle mesure de la réalité économique et urbanistique d'une région comme Montréal, il faudrait renouveler nos concepts statistiques et qu'il serait préférable de tenir compte d'un territoire plus vaste: un rayon de 100 km à partir du centre-ville (CBD) — ce qui nous mène, en pratique, à la frontière étasunienne d'un côté et nous permet de tenir compte de Tremblant de l'autre.
Au recensement de 2001, de Mont-Saint-Hilaire à La Plaine et de Lavaltrie à Saint-Lazare, la région métropolitaine de Montréal est un territoire de 4024 km2, qui couvre l'archipel et au-delà. Elle comprend 3 426 350 personnes réparties entre 63 municipalités locales (111 avant les fusions de 2001). Les pourtours de ce territoire sont aisément repérables par qui considère la carte des MRC selon les nouvelles catégories issues de la réforme Harel. Il est, en effet, constitué d'une quinzaine de MRC urbaines et villes-MRC entourées d'un collier de MRC urbaines/rurales et rurales.
Une ville-région
L'arrivée de la CMM a conféré à la région métropolitaine de Montréal une certaine unité (à ceci près que la sous-agglomération urbaine de Saint-Jérôme n'en fait pas partie). Néanmoins, l'organisation de ce territoire demeure complexe. Ainsi, deux autres institutions de portée métropolitaine ont gardé une réelle indépendance vis-à-vis de la CMM: Montréal International, qui a notamment le mandat de la prospection économique à l'étranger, et l'Agence métropolitaine de transport (AMT), qui joue un rôle de premier plan au chapitre du transport des personnes (planification et décisions d'immobilisation).
Malgré les fusions municipales survenues en 2001, Montréal demeure (avec Québec) l'une des régions métropolitaines les plus fragmentées au Canada. Surtout qu'elle est partagée aussi entre onze municipalités régionales de comté (MRC) et quatre villes-MRC (Montréal, Longueuil, Laval et Mirabel). Et, pour ne rien simplifier, plus de la moitié des MRC ne sont pas entièrement intégrées au territoire de la CMM. Cette dernière est de surcroît partagée entre cinq régions administratives: Montréal et Laval en totalité et des portions de la Montérégie, des Laurentides et de Lanaudière. Or, c'est sur la base de ces territoires régionaux que, depuis 1987, le gouvernement du Québec a configuré l'ensemble des agences de planification et de concertation en matière de développement économique et social, de santé et de services sociaux, de formation professionnelle, d'environnement, de tourisme, de loisir et de culture.
Dans la région de Montréal, l'heure est donc encore à la concertation d'une multiplicité d'acteurs...
Grande diversité socioéconomique et urbanistique
Au-delà des divisions institutionnelles, la région montréalaise présente aussi une grande diversité socioéconomique et urbanistique. À l'instar des autres grandes villes de l'Amérique du Nord, Montréal forme une agglomération métropolitaine complexe qui s'est transformée de façon notable depuis la Seconde Guerre mondiale. Ainsi a-t-elle connu une décentralisation marquée de la population vers des banlieues de plus en plus éloignées du centre. La décentralisation des emplois et des activités économiques en général a suivi, quoique avec une intensité moindre. Mais, ce redéploiement de l'activité économique a permis l'émergence d'un réseau de noyaux, de centres et de sous-centres qui présentent à la fois une plus grande diversification et de nettes spécialisations les uns par rapport aux autres, notamment en ce qui regarde l'activité manufacturière, en même temps que se sont développés des liens d'échange et d'interaction de plus en plus complexes.
L'analyse des résultats des enquêtes origine-destination, menées avec régularité depuis le début des années 1970, montre que chacune des grandes composantes de l'agglomération est plus en mesure aujourd'hui qu'il y a 30 ans de répondre localement aux besoins de travail, de consommation de biens, de services et de loisirs de sa population résidante. Malgré tout, que ce soit pour le travail, la consommation des services ou les loisirs, le «navettage» entre ces composantes demeure à des niveaux élevés.
Plusieurs études ont aussi montré la grande diversité économique, démographique, sociale et culturelle de la banlieue montréalaise qui, du coup, apparaît comme une mosaïque de milieux de vie. Qualité que partage également la ville de Montréal, tant dans ses frontières de 2001 que dans celles héritées du grand regroupement de janvier 2002.
Dynamique intramétropolitaine
C'est donc l'hétérogénéité des milieux de vie, la complémentarité des espaces et les interactions entre ses diverses composantes qui confèrent à ce territoire sa force et son dynamisme et, partant, la capacité de s'imposer comme une agglomération de première importance. Plusieurs secteurs de la banlieue ont définitivement acquis un plus grand degré d'autonomie par rapport au coeur historique et à la ville centre en particulier. Mais cela ne fait pas de la région métropolitaine un agrégat de particularismes. Au contraire, c'est de cette dynamique intramétropolitaine, qui s'appuie autant sur le visage transformé de la banlieue que sur les atouts du centre, dont devront rendre compte en priorité les stratégies de gestion métropolitaine.
Dans le contexte nord-américain, Montréal présente aussi certaines caractéristiques distinctives: elle demeure l'une des plus compactes; son centre continue de polariser un pourcentage élevé des emplois — surtout dans le secteur tertiaire — et l'on y trouve une population résidante diversifiée; l'économie de la région est significativement plus manufacturière que dans les métropoles de taille comparable; c'est une ville cosmopolite ouverte sur le monde — Montréal multiethnique et bilinguistique avec forte cohabitation (bilinguisme fonctionnel et plurilinguisme plus répandu), etc. Ces caractéristiques spécifiques et quelques autres devront également être prises en compte au moment de mieux définir l'identité de cette région.
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