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    Labeaume prône le retour aux «cités-États»

    Le maire de Québec croit que les villes «ne peuvent plus compter» sur les gouvernements

    17 décembre 2009 |Isabelle Porter | Villes et régions
    «Je ne me fie pas sur le gouvernement pour faire le développement économique de cette ville-là, pour développer la culture de cette ville-là. Je me fie de moins en moins au gouvernement pour combattre la pauvreté. Je ne me fie plus au gouvernement pour l’avenir de la ville», a déclaré hier Régis Labeaume.
    Photo: Agence Reuters «Je ne me fie pas sur le gouvernement pour faire le développement économique de cette ville-là, pour développer la culture de cette ville-là. Je me fie de moins en moins au gouvernement pour combattre la pauvreté. Je ne me fie plus au gouvernement pour l’avenir de la ville», a déclaré hier Régis Labeaume.
    Québec — Citant en exemple les «cités-États» de la Renaissance, le maire de Québec, Régis Labeaume, estime qu'il faudra un jour envisager de transférer des pouvoirs importants des gouvernements vers les municipalités pour permettre à ces dernières d'assurer leur avenir.

    «Dans le monde, ce ne sont plus des États qui sont en compétition, ce sont les villes. La vieille notion de "cité-État", je pense qu'on revient à ça. Moi, je compte de moins en moins sur les gouvernements supérieurs pour gérer cette ville-là», a déclaré Régis Labeaume lors de la présentation de son budget hier, en soulignant que les villes avaient de plus en plus de responsabilités en matière de développement économique et d'environnement notamment.

    «Je ne me fie pas sur le gouvernement pour faire le développement économique de cette ville-là, pour développer la culture de cette ville-là. Je me fie de moins en moins au gouvernement pour combattre la pauvreté. Je ne me fie plus au gouvernement pour l'avenir de la ville.»

    Régis Labeaume cite notamment en exemple les villes américaines, qui ont davantage de pouvoirs que les municipalités canadiennes. «Il y a de moins en moins de maires qui pensent que l'avenir passe par le soutien gouvernemental», dit-il.

    Quant à savoir à quel type de transfert de pouvoirs il songe, M. Labeaume relève qu'on a souvent suggéré dans le passé de «passer des taxes additionnelles». Or, soutient-il, «c'est toujours le même qui paye, mais ce n'est pas très créatif». «Moi, je pense qu'il va falloir repenser la distribution des pouvoirs et la distribution des montants à gérer. C'est plate, parce qu'on connaît une mauvaise année pour tenir ce discours-là avec tout ce qui se passe et les fripouilles qui font affaire avec les villes. Ça nous fait mal. [...] Il y en a qui vont reprendre un peu de respectabilité et à ce moment-là, il faudra faire un grand débat.»

    Lorsque le Devoir lui a demandé ensuite s'il entendait bientôt «proclamer l'indépendance de la ville de Québec», le politicien a répondu en boutade qu'il en parlerait à Jean Tremblay, le maire de la ville de Saguenay, région où à une époque pas si lointaine, on aspirait à devenir un «royaume».

    Des coupes «chirurgicales» sont à venir

    Le budget présenté hier aux médias montre pourtant que la ville s'en tire plutôt bien en dépit de la crise financière des derniers mois. Ainsi, la hausse de la valeur des maisons (de 30 % en moyenne) et le dynamisme du marché immobilier permettent à la capitale d'avoir des revenus supplémentaires cette année de 21,8 millions.

    L'administration Labeaume a ainsi décidé de contenir la hausse de taxes à 2,25 %, légèrement au-dessus du taux d'inflation. La Ville voit en outre ses dépenses augmenter de 6,8 %, le budget passant de 1,05 milliard à 1,12 milliard.

    La crise financière se fait toutefois ressentir dans les coûts liés aux régimes de retraite, la chute des cours de la Bourse forçant la Ville à augmenter de 10 millions sa part de contribution au régime. Au total, la Ville a perdu 300 millions dans les dédales de la crise boursière, une facture qu'elle prévoit répartir sur 18 ans.

    Son administration a malgré le contexte fait le choix d'investir massivement dans les infrastructures, le service de la dette atteignant en 257,9 millions, une hausse de 8,2 millions par rapport à 2009. Le réseau de transport en commun (RTC) a aussi eu droit à une augmentation parce qu'il «réalise ses objectifs».

    Le maire Labeaume a souligné par ailleurs qu'une grosse part des hausses de dépenses étaient impossibles à empêcher: le service de la dette, le paiement comptant des immobilisations, les régimes de retraite, certains contrats et les nouveaux octrois au RTC.

    La masse salariale, a-t-on ajouté, compte pour environ 40,2 % du budget de la Ville, une mesure qui aurait pu baisser à 38 % n'eut été du contexte économique.

    Histoire de mettre en évidence ce qu'il considère comme des abus, le maire a relevé qu'une soixantaine d'employés de la Ville de Québec voyaient par le passé leurs salaires être comptabilisés dans les emprunts, ce qui, promet-il, ne se produira plus. «On amortissait des personnes!»

    Le maire Labeaume, dont c'est déjà le troisième budget, prétend par ailleurs qu'«il ne reste pas grand-chose à couper». Dans ce contexte, il annonce que les coupes à venir vont «faire mal» et être «davantage chirurgicales». Inspiré par la réforme entreprise à la ville de Baltimore aux États-Unis, le maire maintient d'ailleurs sa décision d'ordonner une vérification pour passer au crible l'ensemble des services municipaux.

    Le budget de la Ville de Québec doit être adopté lors de la séance du conseil municipal de lundi prochain, ce qui devrait se faire sans difficulté puisque l'Équipe Labeaume détient 25 des 27 sièges.

    L'un des deux membres de l'opposition, Yvon Bussières, a par ailleurs fait savoir hier qu'il avait été déçu par le budget parce que le maire, contrairement à ce qu'il avait promis, n'avait pas contenu l'augmentation des taxes sous le taux d'inflation qui, selon la Banque de Montréal, s'élève à 1,4 %.












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