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Dessau et BPR ont financé le parti de Labeaume en 2008

Isabelle Porter   22 octobre 2009  Villes et régions
 Régis Labeaume
Photo : Agence Reuters
Régis Labeaume
Québec — Des dirigeants des firmes d'ingénieurs Dessau et BPR, qui sont associées au scandale des compteurs d'eau à Montréal, ont contribué de façon importante au financement de l'Équipe Labeaume l'an dernier.

Des représentants de la firme d'ingénierie BPR ont contribué à hauteur de 7500 $ au parti du maire de Québec l'an dernier, une mise qui s'élève à 4500 $ chez Dessau. Réunies, ces sommes totalisent 13 % des contributions de 100$ et plus (87 750 $) enregistrées par le parti l'an dernier.

Le Devoir a pu confirmer ces informations, qui ont d'abord été colligées lundi dans le journal L'Infobourg, un hebdomadaire du centre-ville de Québec, sous la plume de Mathieu Houle-Courcelles, un militant très actif dans les dossiers du logement, notamment.

La liste officielle des contributions de 2008 à Équipe Labeaume révèle que plusieurs dirigeants clés de BPR ont financé le parti du maire sortant, dont le p.-d.g. Pierre Lavallée, le p.-d.g. de BPR-Bâtiment, Daniel Samson, et l'un des vice-présidents, Guillaume St-Gelais. Les contributions de ces personnes ont toutes été enregistrées le 3 juillet, journée au cours de laquelle M. Labeaume était fort occupé en raison des célébrations du 400e anniversaire de la ville. Chez Dessau, Michel Verreault, le vice-président de la direction de l'entreprise, a lui aussi contribué ce même jour.

Les donateurs ont chacun contribué à hauteur de 500 $ ou 1000 $, le montant maximal autorisé par la loi. Dans certains cas, des contributions de leur conjointe permettaient de totaliser 2000 $ par couple, ce qui est par ailleurs tout à fait légal.

Et c'est ce qu'a souligné le porte-parole de l'Équipe Labeaume hier lorsque Le Devoir l'a interrogé à ce propos. «Je pense qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat avec des contributions qui totalisent deux, trois, quatre mille dollars parce que ce sont des individus qui sont liés à un bureau», a commenté le porte-parole de campagne, Michel Gagné. «Ce n'est pas de la collusion, ce n'est pas de la fraude organisée, c'est simplement la loi qui permet des contributions jusqu'à un maximum de 1000 $.»

Chez Dessau, les commentaires de la porte-parole Kim Malo allaient dans le même sens. «Oui, ce sont bien des employés de Dessau, mais ces gens-là sont avant tout des citoyens. [...] On a 4300 employés et je ne pense pas qu'on doive envoyer une note à chacun pour leur dire: "S.V.P., ne faites pas de dons à titre personnel".» Chez BPR, le porte-parole ne nous a pas rappelés après avoir pris connaissance de nos questions.

À Québec comme ailleurs, les firmes Dessau et BPR ont obtenu des contrats importants ces dernières années. La firme BPR a notamment travaillé dans les dossiers du bassin de rétention de la rivière Lorette et du nouveau stade universitaire. Par le biais de sa filiale en construction (Verreault), Dessau a quant à elle obtenu le contrat de réaménagement des sites de la baie de Beauport, de la Pointe-à-Carcy et de l'Anse-Brown dans le cadre du 400e, et elle dirige le consortium qui doit mettre à jour les études de faisabilité du projet de train à grande vitesse.

Pascal-Pierre Paillé avait contribué au RMQ en 2008

La formation politique du maire sortant tenait justement un cocktail-bénéfice hier soir au patro Rocamadour pour amasser des fonds. D'après M. Gagné, les informations sur la totalité des contributions recueillies seront diffusées sur le site Web du parti «la semaine prochaine». M. Gagné s'est par ailleurs moqué de l'idée qu'on puisse penser «acheter le maire avec 2000 $ ou 3000 $». M. Labeaume, un millionnaire qui a fait fortune dans le domaine minier avant de se lancer en politique, a souvent laissé entendre que sa fortune personnelle le rendait imperméable au trafic d'influence. «Moi, ça adonne bien, je n'ai pas besoin d'eux», déclarait-il lors d'une entrevue dimanche diffusée sur les ondes de TVA. «Rien n'est impossible, on n'est pas à l'abri de ça», avait-il aussi déclaré, en précisant qu'il fallait selon lui avoir «un comportement de refus». «Si quelqu'un veut m'acheter un billet pour un cocktail d'Équipe Labeaume [...] qu'il me dit qu'il n'en a pas assez [de contrats], je vais lui dire que c'est son problème et que s'il n'est pas content, qu'il ne rachète plus de billets.»

Du côté du parti d'opposition — le Renouveau municipal de Québec —, qui a amassé l'an dernier presque autant qu'Équipe Labeaume (76 430 $), les dons de 1000 $ proviennent tous de gens qui étaient des élus du parti en 2008. Ont également contribué différentes figures souverainistes, dont la députée péquiste Agnès Maltais, la présidente de la Société nationale des Québécois de Québec, Nicole Madore, et le député bloquiste Pascal-Pierre Paillé, qui s'est d'ailleurs mis dans l'embarras cette semaine en intervenant dans la campagne municipale sans l'aval de son chef.






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  • Jasette
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 05h57
    Les contributions des donateurs et de lerus épouses.
    Venaient-elles vraiment de leurs poches ou de la caisse des firmes en question? Si c'était le cas, ils ont fait d'une pierre deux coups. Du fait que tout le monde sait que ces contributions sont déductibles d'impôts. Mais, si l'on tient compte de leur sens de l'éthique personnel et d'entreprise, j'imagine que l'on peut présumer que tout aura été fait dans la légalité. Ne pensez-vous pas?

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 09h09
    Corruption à travers le Québec
    Les ministres de Charest ne voient rien, n`entendent rien et ne disent rien comme un fameux singe chinois. Si on en croit les nouvelles de la presse écrite les maires et échevins sont beaucoup trop nombreux et la scène municipale doit être réduite de moitié. Moitié de villes et échevins réduit le risque de cancer mafieux d`autant. Du reste il faudra défaire les Libéraux du gouvernement du Québec qui encourage le patronage honteux aux affaires municipales et provincial.

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    jeudi 22 octobre 2009 10h17
    Seule une Comission d'enquête publique peut faire toute la lumière
    S'il s'avère exact que des contributions ont été versées au maire Labaume de Québec pour sa réélection, se pourrait-il également que cette même firme a versé des montants à d'autres maires où on retrouve d'autres succursales de cette forme d'ingénierie?

    La firme québécoise BPR fondée en 1961 affirme qu'ils sont plus de 2 400 «professionnels» qui sillonnent «avec vigueur et audace» non seulement le Québec mais le Canada.

    Or, la firme d'ingénierie BPR possède plusieurs succursales au Québec. Outre Montréal et Québec on retrouve des bureaux dans les villes de Rimouski, Gaspé, Alma, Baie-Comeau, Trois-Rivières, Victoriaville, Sherbrooke, St-Hyacinthe, Saguenay, Roberval, Rivière-du-Loup, Nicolet, Mirabel, Laval, Iles-de-la Madeline, Granby, Chibougamau, Boucherville.

    Il reste très peu de temps avant les élections municipales, comment savoir si les candidats à la mairie n'ont pas été achetés d'acheter par des «professionnels» sans scrupules démocratiques? Une Commission d'enquête publique est la seule façon de ne pas éclabousser tout le monde.

  • André Michaud
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 10h44
    Donner à tous les partis, une stratégie?
    Beaucoup d'entreprises en donnant à tous les partis estiment avoir une porte ouverte pour contacter les nouveaux élus. Cependant , ça n'engage pas réellement les partis politiques et je n'y vois pas de problème.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 22 octobre 2009 14h35
    @ M. André Michaud
    Vous avez LA solution, faut pas trop s'énerver, il n'y a rien là. Les entreneurs qui donnent aux partis politiques, c'est pour eux, une sorte de bénévolat dont ils n'espèrent rien retirer...RIEN.

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