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Chef d'orchestre des compteurs d'eau à Montréal - BPR a envahi le monde municipal

Le maire de Verchères est aussi un cadre de la compagnie; l'ex-maire de Rivière-du-Loup et député libéral Jean D'Amour représentait également BPR; l'ex-directeur des travaux publics de Granby a été recruté; l'ex-responsable de l'eau à Montréal y travaille à temps plein

La promiscuité entre la firme d'ingénierie BPR et le monde municipal se confirme une fois de plus. Le maire de Verchères, Claude Fradet, dirige un conseil municipal qui a octroyé un contrat à BPR au printemps dernier tout en étant un employé-cadre de ladite firme, a appris Le Devoir.

Claude Fradet est directeur responsable de chantier en Montérégie pour Enviraqua, une filiale de BPR. Lorsqu'il a été élu maire en 2005, M. Fradet faisait déjà du développement des affaires pour BPR.

En avril dernier, Verchères et deux autres municipalités, Saint-Antoine-sur-Richelieu et Calixa-Lavallée, ont conjointement accordé un mandat à BPR concernant la gestion des fosses septiques et les champs d'épuration. Il s'agit d'un projet-pilote de 426 000 $, dont 80 % de la facture est assumée par le ministère des Affaires municipales, et dont l'approbation du contrat est attendue.

Au moment où Le Devoir a tenté hier de joindre M. Fradet, il était absent de la municipalité et se trouvait à ses bureaux chez BPR. Il a été impossible de lui parler. Mais à Verchères, le directeur général, Luc Forcier, a défendu le sens éthique de Claude Fradet. « Le maire s'est retiré de l'ensemble des discussions concernant ce projet », a-t-il dit.

Chez BPR, cette firme qui pilote au nom de la Ville de Montréal le controversé dossier des compteurs d'eau, on a refusé de faire quelque commentaire que ce soit. Les derniers mois ont été turbulents pour BPR dont le modèle d'affaires, comme n'importe quelle autre entreprise privée, est rarement exposé sur la place publique.

Une personne bien au fait du dossier mais qui a réclamé l'anonymat, a souligné qu'il est normal que BPR, comme bien d'autres firmes d'ingénierie, profite du réseau de connaissances et des compétences du milieu municipal. Les municipalités sont des partenaires et des donneurs d'ouvrage de première importance. « Ce n'est pas de la corruption, c'est une façon d'aller chercher l'expertise là où elle se trouve », a précisé cette personne.

Chose certaine, le nom M. Fradet s'ajoute à d'autres qui entretiennent des liens étroits avec BPR. À Montréal, la firme d'ingénierie a embauché le haut fonctionnaire responsable du projet des compteurs d'eau, Yves Provost. Avant, pendant et après le processus d'appel d'offres, BPR et M. Provost ont travaillé en collaboration dans une vision « partenariale ». M. Provost profite aujourd'hui de sa retraite de Montréal et poursuit sa carrière chez BPR dans les dossiers de transport.

Le printemps dernier, on apprenait que l'ex-maire de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, aujourd'hui député libéral, avait quitté ses fonctions de premier magistrat pour devenir immédiatement directeur du développement des affaires pour le Bas-Saint-Laurent chez BPR, tout en présidant le Parti libéral du Québec. Le commissaire au lobbyisme enquête sur le cas de M. D'Amour en se questionnant sur l'équation à faire entre lobbying et représentation commerciale.

À la même période, au printemps, BPR recrutait le directeur des travaux publics de la Ville de Granby, Serge Robert, pour sa filiale Enviraqua. Cette embauche a eu lieu alors que M. Robert était impliqué dans la construction d'une usine de tricompostage par une autre division de BPR, TerrEau, un contrat de 42 millions. Ni le principal intéressé ni BPR n'y ont vu de conflit d'intérêts.

BPR a des antennes partout au Québec. Elle a des bureaux à Alma, Chibougamau, Rimouski, Lévis, Laval, Trois-Rivières, Sherbrooke, entre autres. Les contrats obtenus font aussi le tour de la province. Dans le seul dossier de l'eau, BPR a réalisé des projets dans le petit village de Price, à la frontière de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, à Chicoutimi, Charlesbourg et Châteauguay. Il en va de même pour les autres domaines d'expertise de BPR.

Ce n'est pas la première fois que le monde municipal constitue un bassin de recrutement de premier choix pour les entreprises (ingénieurs et entrepreneurs confondus). La firme Dessau — qui forme avec l'entrepreneur Tony Accurso le consortium Génieau, celui qui a obtenu le contrat des compteurs d'eau à Montréal — avait recruté l'ancien président du comité exécutif montréalais, Frank Zampino. Lorsque la tempête éthique a éclaté à l'hôtel de ville, Dessau et M. Zampino ont mis fin à leur alliance. Mais d'autres sont restés en poste, notamment l'ancien directeur général de la Ville de Laval, Claude Asselin, qui dirige la division d'urbanisme de Dessau, Plania. Cette filiale de Dessau est aux premières loges pour le développement de la plupart des projets d'envergure.

De son côté, l'homme d'affaires Tony Accuro a embauché l'ancien directeur général de Montréal, Robert Abdallah. Les firmes de M. Accurso, dont Simard-Beaudry et Constructions Louisbourg, croisent très régulièrement le chemin de Dessau dans des projets concernant l'eau, à l'extérieur de Montréal.

L'automne dernier, la Ville de Deux-Montagnes lançait des travaux à son usine de purification d'eau potable. Le projet a été conçu et planifié par Dessau, et exécuté par Constructions Louisbourg, sous la surveillance de Dessau.
 
 
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  • Claude Kamps
    Inscrit
    vendredi 2 octobre 2009 00h28
    Merci au PLQ
    Pour laisser l'argent des contribuables enrichir vos amis...

    Merci aux électeurs d'avoir mit Charest au pouvoir.

    Cela fait vraiment plaisir de voir mes taxes se gaspiller à au moins 30% des travaux de relance!

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    vendredi 2 octobre 2009 08h26
    La crasse...
    Il devient de plus en plus évident que le Québec croule sous la crasse.

    Marie Mance Vallée

  • Lison Miro
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 08h31
    Je crois même que BPR a des tentacules jusqu'à Trois-Pistoles!
    Si je ne m'abuse, je crois qu'il y a aussi eu de gros contrats octroyés à cette firme à Trois-Pistoles, QC.
    C'est dans la circonscription de M. Jean D'amours il faut dire.
    L.C.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 10h26
    Tout ça sent vraiment mauvais...
    Ce n'est pas éthique de considérer une personne qui joue un rôle dans le domaine public et qui joue apparemment en même temps un rôle de vase communiquant avec une firme privée. C'est par ailleurs la même chose avec la mondialisation. Le privé se réunit dans le but de faire changer certaine lois afin d'avoir le plus de contrôle possible sur le domaine public. Et surtout que l'on constate que les médias se font un peu les complices de tout ceci, c'est encore pire.

    Grosso modo, l'argent des gouvernements est l'argent des contribuables. Les entreprises privées cherchent à se l'accaparer de mille et une façons. Ce que je constate ici, c'est que BPR (PR: peut-être pour Public Relation?) semble être dans le ring du capitalisme à vouloir faire tomber les adversaires de leur manière individualiste de penser. Tout ceci est anti social et est aussi une question d'intérêt public. Elle ne repose absolument pas sur quelque chose de moral.

    Quand à la personne anonyme qui dit que c'est normal d'agir et même de penser ainsi, je me demande très sincèrement où elle a bien pu faire ses classes? Pour faire un jeu de mots, on ne parle plus de démocratie mais plutôt de démonCratie.

    Ça sent vraiment mauvais...

  • Réal Ouellet
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 12h49
    Le libéralisme
    C'est ça le libéralisme économique: au plus fort la poche. Le parti de Libéral constitue dans les fait une agence de distribution de contrat.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 2 octobre 2009 14h21
    :e réseau de financement des Libéraux du Québec prend une forme territoriale
    Aucun Libéral de Charest vous donnera un indice sur le financement du parti. Par contre Le Devoir propose qu`une trame se profile sur tout le Québec. Le retour d`ascenseur provenant des maires et BPR se concrétise de façon renversante. Députés, Président du parti et autre aparachiks s`émissent dans le processus d`attribution des contrats municipaux d`infrastructure. Il faut bien se demander qui ne s`est pas encore fait attrapé. Les grands frères d`Ottawa ne leurs auraient pas montré le chemin!

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 2 octobre 2009 15h05
    La morale libérale
    Certains élus profitent de leur « acquaintance » pour mieux servir leur municipalité. C'est la nouvelle morale libérale. Pourquoi ne pas faire passer quelqu'un qu'on connaît bien et perdre du temps à aller en soumission ?
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • yvesdeau
    Inscrit
    vendredi 2 octobre 2009 16h45
    Espionnage industriel déguisé!
    Je travaille pour la Ville de Montréal à l'usine de production d'eau potable Atwater. Venez donc enquêter sur l'historique des derniers responsables de l'usine depuis le départ de Michel Gagné. Quand le vérificateur de la Ville a blâmé la Ville de laisser aller l'expertise sur l'eau potable vers l'entreprise privée, je comprend très bien pourquoi. À la lumière de votre article sur le recrutement de BPR dans le secteur municipal, l'inverse est aussi véridique. C'est à dire qu'il y a, depuis le départ de Michel Gagné vers 2002, plusieurs postes de hauts dirigeant furent créés pour gérér les usines de production d'eau potable de la Ville de Montréal. Noter que Michel Gagné à lui seul occupait le poste de gérant des usines de production d'eau potable, incluant respectivement l'usine Atwater et l'usine Charles J. DesBaillets. Or depuis son départ les postes de deux Chefs de Division furent créé. Aussi deux poste de Directeur d'usine, sans compter la multitude d'assistants et d'agent de personnel. Bref, le nombre de postes de dirigeant a tripplé! Ces postes sont très bien rémunérés, probablement près de $100 000 et plus! D'où proviennent tous ces gens? Daniel Dufort, Dessau Soprin,a d'abord occupé le poste de Chef de Division à l'usine Atwater. Ensuite, Chantal Morasse, de Tecsult, à occuppée le poste de Directrice des Usines.Je continu, Côme DesMeules, André Marsan, Michel Merette et tout dernièrement Yves Saint-Laurent (d'un nom prédestiné!). Pluseurs de ces gens occupant ces nouveaux postes furent interchangeables, tantôt Directeur des Usines, plus tard directeur des Opérations. Aussi plusieurs sont retournés à leur ancien employeur... Cela sent très mauvais. Je soupçonne que ces gens fonctionnaient avec un agenda précis et calculé afin de séjourné à l'emploi de la Ville de Montréal le temps de collecter l'expertise et toute l'information disponible sur le fonctionnement des usines de production d'eau potable et de ses infrastructures. Et çà, c'est de l'espionnage industriel financé par les contribuables et cautionné par les élus municipaux...

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