vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 21h53
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Mairie de Montréal - Baragouinage

Le français est la langue d'usage de 32 % de la population d'Ottawa. Mais Larry O'Brien, le maire de la capitale du Canada, un pays bilingue, ne cause pas dans la langue de Molière, ou si peu. Il s'agit là d'une carence qui pourrait en indigner plus d'un. Mais cela se passe dans la plus totale indifférence.

Pourquoi alors se scandalise-t-on du fait que la candidate à la mairie de Montréal, Louise Harel, baragouine l'anglais? Montréal est une ville francophone, métropole dans le Québec, une nation qui a choisi de protéger le français en le cuirassant d'une loi 101. Louise Harel a eu raison de s'effacer d'un débat mené en anglais plutôt que d'aller y perdre la face. Le tapage entourant et sa décision, et ses faiblesses en anglais, était exagéré. Shocking!

Dans quel autre coin du globe que le Québec aurait-on honte de dire qu'on ne maîtrise parfaitement que sa propre langue? Il est arrivé au premier ministre du Québec, Jean Charest, de prononcer des discours bilingues lors de séjours officiels à l'étranger, dans des villes francophones! Cette forme d'abdication sur la prédominance du français serait-elle devenue un mal répandu?

Dans une lettre publiée récemment dans Le Devoir, Ean Higgins, un citoyen montréalais anglophone s'évertuant à parler en français, lançait ce cri du coeur: «Que dois-je faire pour persuader les Québécois francophones de parler en français lorsque je m'adresse à eux?» On veut faire grand cas des incapacités de Mme Harel en anglais; en réalité, le véritable drame est que l'on traite Montréal comme une ville bilingue. Les francophones, trop souvent les premiers, semblent avoir abdiqué sur la primauté de leur langue.

Les électeurs anglophones pour qui les hésitations de Louise Harel constituent un inconvénient sauront bien le lui signifier le jour du vote. L'anglais occupe un large espace à Montréal; la candidate de Vision Montréal n'a pas une maîtrise assez élevée de cette langue pour débattre à la télévision, mais cela ne l'empêchera pas de communiquer — en anglais ou même en espagnol! — avec les citoyens qui la croiseront... S'entourer d'une figure bien connue du milieu anglophone pourrait assurément améliorer ses communications.

Mais qu'on ne métamorphose pas en drame linguistique ce qui a tout l'air d'un problème politique: pour certains anglophones, Mme Harel personnifie encore la ministre péquiste responsable des fusions municipales de 2002, doublée d'une partisane de la souveraineté. À côté de ce spectre maléfique, que sont quelques inhabiletés d'ordre linguistique?

Qu'on mette donc de côté cette bisbille inutile, dont Louise Harel est le centre par accident. Le vrai problème réside dans le recul du français à Montréal: il se vérifie grâce aux statistiques officielles, mais aussi par l'embarras gêné de certains francophones et les attentes incongrues du milieu anglophone.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • François Thivierge
    Inscrit
    vendredi 25 septembre 2009 07h56
    À genoux, peuple Montréalais !
    On est en train de nous faire croire que seul un candidat ou une candidate bilingue peut aspirer à devenir maire de Montréal, coeur du Québec français. Allumez, hypocrites sans coeur, triste applaventristes francophones qui ne jurent que par le retour du "grand bruit" !
    Un peu de colonne ! Respectez-vous que diable ! On en a eu un, un maire bilingue, avec ses magouilles, il a fait monter la facture des contribuables de 40% de plus ! Ou fermez vous le clapet quand on vous sert en anglais, chez-vous. Allez, à genoux, peuple Montréalais ! C'est la seule position confortable pour les soumis.
    François Thivierge (claudilius@msn.com)

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 26 septembre 2009 06h09
    M. Philippe Landry n'a certainement pas trouvé de très nombreux chefs d'entreprises ou de politiciens qui aont capables de négocier sérieusement en japonais, en chinois et en allemand.
    On peut également demander à M. Landry, dans quelles langues sont distribués les documents de négociations multilatérales à l'ONU, à l'OCDE et même au sein de l'Union européenne. Dans au plus deux ou trois langues. l'anglais, l'espagnol et quelques fois le français. Mais c'est très souvent en anglais, pour accélérer le processus de négociation. Le texte est ensuite traduit dans plusieurs langues, un fois que l'accord est intervenu sur le texte qui a servi à la négociation.

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    samedi 26 septembre 2009 12h08
    @ Pelletier Sylvie
    Je crois avoir bien lu quand vous écrivez que "Les arrondissements, de la foutaise! de la tricherie! Plus de chances pour les mécréants de s'emparer de leur quartier et y régner en rois et maîtres, tous ne sont pas comme cela, mais le pouvoir en fait fléchir plus d'un! $$$$$$$"

    Je vous invite à continuer à pleurer, madame, et à demeurer hors de Montréal, parce que dans les faits, tout le concept des arrondissements est signé... Louise Harel.

  • Claude Trépanier
    Abonné
    samedi 26 septembre 2009 21h53
    @ monsieur Richard Dupuis (@ S. Pelletier)... de Lorraine Dubé
    Bon point soulevé par madame Marie-Andrée Chouinard.

    Monsieur Dupuis, je suis arrivée par hasard sur votre réplique à l'attention de Madame Sylvie Pelletier. Permettez-moi cet ajout.

    À lire l'intégral de son commentaire dans la tribune, cette dernière a probablement voulu signifier le résultat des "défusions municipales" plutôt qu'arrondissements.

    Vous répliquez avec raison: "... parce que dans les faits, tout le concept des arrondissements est signé... Louise Harel."

    Sauf que, dans les faits, Montréal a subi par la suite les défusions promises par Jean Charest en 2003. À l'encontre de Québec qui, sous la gouverne de Jean-Paul L'Allier, a résisté aux défusions qui s'avèrent aujourd'hui être un fiasco.

    Étrangement,lors de la retraite du maire L'Allier, la mairesse Boucher s'est présentée à la Mairie de Québec, bien qu'elle était au départ vivement opposée aux fusions municipales.

    Ce sont les défusions municipales qui sont à déplorer. Le maire Tremblay à la gouverne de Montréal, elles ont la signature du gouvernement Charest. Un autre de leurs nombreux déboires, ajouté à la dilapidation de nos institutions québécoises.

    Question d'abréger, soulignons en terminant le peu d'éthique aux trois paliers de gouvernements!
    Lorraine Dubé

  • Marie-Louise Lacroix
    Inscrite
    lundi 28 septembre 2009 00h02
    Les vertus de la servitude volontaire
    Hors anglais, point de salut !

    Tel est le mantra de l'ami Paquet qui en remet une couche, puis une autre, puis une autre.

    Afin de bien « nous » bien faire comprendre - telle une bande magnétique de propagande digne de l'imagination de George... Orwell - les hautes vertus de la servitude volontaire.

    Or qu'il y ait encore des esprits à ce point c... au sein de la collectivité québécoise, au XXIe siècle, nous renseigne bien, extrêmement bien, à quel point nous avons régressé collectivement depuis la dernière décennie, voire les deux dernières.

    Régressé. En son sens profond, lancinant. Au sens psychanalytique du terme.

    M. Georges Paquet est l'indice de notre égarement mental global - le messager de notre incurie et de notre sommeil national.

    Il y a là quelque chose de tragique.

    (Salut Pierre Falardeau ! - Homme de conviction, de liberté, de dignité. Tout le contraire des Georges Paquet de notre société qui parasitent et affaiblissent de l'intérieur - tel des virus dans un organisme jusque-là en santé - notre être collectif. Merci Pierre. Merci infiniment !)

  • Claude Trépanier
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 08h50
    Ajout: Conséquence des défusions...de Lorraine Dubé
    Lors des défusions, la structure finale des arrondissements a aussi été remodelee par les libéraux en faisant carrément des quasi villes gérées à la piece par des maires. Certains pouvoirs tel que l'urbanisme ont été décentralisés vers les arrondisements, créant des cafouillages monstrueux. Les villes défusionnées de Montréal reçoivent de Québec $30 millions de dollars à vie(par année).

    Les fusions municipales ont crée des moteurs de développement économique incroyable permettant aux villes de passer en mode action plutôt que d'être toujours à la remorque des autres paliers de gouvernements. Nous parlions de ces fusions depuis trente ans et un gouvernement, celui du Parti Quebecois, est passé à l'action en offrant les moyens rassemblés. Ce qui doit être la plus grande déception politique pour madame Harel, car sa plus grande reforme, celle des fusions municipales, a été travestie dans la Métropole par les défusions municipales des libéraux de Jean Charest... Les effets bénéfiques sont visibles partout sauf dans la plus importante ville du Québec, la metropole, Montréal.
    C'est tout dire!
    Lorraine Dubé

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
6 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012