Tremblay lance ses troupes dans la mêlée
Harel répond aux attaques du maire de Montréal en promettant «une ville propre»
Photo : Pascal Ratthé
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a présenté hier les 102 candidats d’Union Montréal à l’occasion du congrès du parti tenu ce week-end au collège de Maisonneuve, tandis que son adversaire, Louise Harel, lançait la campagne de Vision Mon
Les mots durs commencent à fuser entre Gérald Tremblay et Louise Harel qui se disputent la mairie de Montréal. Dans un discours prononcé hier devant les militants d'Union Montréal, le maire Tremblay a qualifié son adversaire de «girouette» en l'accusant de tenir des propos contradictoires.
Le maire prenait la parole dans le cadre de la clôture du congrès de son parti qui s'est déroulé en fin de semaine au collège de Maisonneuve. Devant quelque 400 militants, Gérald Tremblay a présenté hier matin les 102 candidats de sa formation qui tenteront de se faire élire le 1er novembre prochain.
Le maire a dit souhaiter que la campagne électorale qui s'amorce soit une campagne d'idées et de projets, tournée vers l'avenir de la métropole. Ses propos se sont vite transformés en attaque en règle à l'endroit de son adversaire Louise Harel, chef de Vision Montréal. Il l'a notamment accusée d'avoir des prises de position contradictoires et de changer d'idée constamment: Mme Harel veut abolir les postes de maires d'arrondissement, mais pour Ville-Marie, qui aura un statut particulier à compter de novembre, elle veut rétablir ce poste, a-t-il expliqué. Il a aussi évoqué le décret ministériel qu'avait fait adopter l'ancienne ministre des Affaires municipales à trois jours des élections de 2001 et qui modifiait les règles d'attribution de contrats.
«Moi, j'appelle ça une vire-le-vent, mais je pense que vous avez un terme plus approprié, qui est peut-être antiparlementaire, mais quel est ce terme?», a-t-il demandé aux militants. «Girouette!», a répondu l'assistance d'une seule voix. Le mot étant lâché, il a pu poursuivre: «C'est une girouette. Un matin, elle se lève avec une idée. Le matin d'après, elle se lève avec une autre idée.»
Gérald Tremblay a mis en garde ses candidats contre les manoeuvres du clan Harel pour remettre en question l'intégrité de son administration. «Quand vous allez faire du porte-à-porte [...], avant nous ou après nous, nos adversaires vont passer pour parler d'éthique et d'intégrité. Je veux que vous soyez fiers de ce que notre administration a fait. [...] Ne soyez pas sur la défensive, c'est la pire chose, a-t-il recommandé à ses troupes. Je ne veux plus qu'on m'attaque sur ce sujet-là. Au contraire, je voudrais qu'on reconnaisse les efforts.»
Si le maire a longuement parlé d'éthique et d'intégrité, il ne veut surtout pas que ces éléments deviennent les thèmes centraux de la campagne électorale de l'automne. «La dernière chose qu'on doit faire, c'est une campagne électorale basée sur le passé. Ce qu'on veut, c'est une campagne électorale sur l'avenir, les idées et les projets.» M. Tremblay a dit avoir «plein de projets». Plusieurs d'entre eux sont déjà connus, comme la navette ferroviaire vers l'aéroport ou le réaménagement de l'autoroute Bonaventure, mais le maire n'a pas voulu dévoiler les nouveautés que comportera la plate-forme électorale de son parti qui sera présentée au cours des prochaines semaines. Au cours de la fin de semaine, les militants se sont d'ailleurs prononcés sur plus d'une centaine de résolutions qui alimenteront cette plate-forme. L'une d'elles touchait l'implantation d'un péage routier régional à Montréal.
Emporté par son enthousiasme, le maire s'est éloigné de son texte et a annoncé aux militants l'intention de son équipe de «réécrire l'histoire de Montréal», un lapsus qui risque de faire sourire l'opposition qui l'accuse régulièrement de vouloir réécrire l'histoire.
Le maire a également annoncé samedi qu'à l'instar de Vision Montréal et de Projet Montréal, Union Montréal publierait sur son site Internet la liste des contributeurs à sa caisse électorale. Gérald Tremblay s'est défendu d'avoir copié ses adversaires. Il a affirmé qu'il n'avait pas de leçons à recevoir de Vision Montréal dont la réputation a été ternie dans le passé par 200 condamnations pour fraude électorale.
Louise Harel promet de javelliser l'Hôtel de Ville
Alors que le congrès d'Union Montréal battait son plein au collège de Maisonneuve, le tandem Louise Harel-Benoit Labonté a lancé la campagne électorale de Vision Montréal, au parc Jarry.
La chef de Vision Montréal et candidate à la mairie, Louise Harel, a vilipendé le maire de Montréal, Gérald Tremblay, en mettant une nouvelle fois en doute son sens de l'éthique. «Les Montréalais n'en peuvent plus des enquêtes policières, des contrats gonflés, des soumissions arrangées [et] de la réputation entachée [de la Ville de Montréal]», a-t-elle déclaré à quelque 1000 supporters gonflés à bloc.
Louise Harel, qui, à l'instar de quelques partisans, brandissait un balai, a promis «une ville propre, gérée proprement». «Monsieur Tremblay, c'est fini le temps des: "Je ne le savais pas. Je ne voyais pas. Je ne m'en doutais pas"», a-t-elle dit. «Le maire Tremblay ne peut pas réécrire l'histoire. Le maire Tremblay ne peut cacher le fait que c'est la seule administration dans l'histoire de Montréal [aux prises] avec six enquêtes policières, dont cinq toujours en cours», a renchéri le candidat au poste de conseiller municipal du district de Sainte-Marie dans l'arrondissement Ville-Marie, Benoit Labonté.
Mme Harel veut doter la Ville de Montréal d'un code d'éthique sévère et contraignant. Elle déplore que le code d'éthique rédigé par la commission de la présidence du conseil, qui doit entrer en vigueur en septembre, ne prévoie pas de sanctions à l'égard de ceux qui l'enfreindront. Le commissaire à l'éthique doit être «exigeant pour les élus», a-t-elle aussi souligné.
N'en déplaise à Gérald Tremblay, Benoit Labonté estime que les Montréalais ont d'ores et déjà imposé l'«intégrité» comme thème central de la campagne électorale.
Selon le chef de l'opposition à la Ville, le rapport du Vérificateur général sur le controversé contrat des compteurs d'eau, qui sera rendu public le 21 septembre, rappellera d'ailleurs ce que l'administration Tremblay «a fait ces huit dernières années, [c'est-à-dire des] scandales, scandales et [des] scandales».
Le maire de la Ville de Montréal se défend en ressassant de «vieilles histoires» de fraude électorale, a fait remarquer M. Labonté. «Si vous voulez savoir ce qui s'est passé, demandez donc aux gens qui sont aujourd'hui dans votre caucus», a-t-il affirmé à Gérald Tremblay, faisant référence au passage de l'ancien responsable du financement de Vision Montréal, Richer Dompierre, et de l'ex-chef intérimaire du Parti, François Purcell, dans l'équipe d'Union Montréal, au cours des derniers mois.
Quant au fait qu'Union Montréal publiera la liste des contributeurs à sa caisse électorale sur son site Internet, cela fait sourire M. Labonté. «Gérald, toujours un pas en retard sur tout le monde», a-t-il lancé.
Louise Harel a par ailleurs tourné en dérision le qualificatif de «girouette» que lui avait attribué Gérald Tremblay plus tôt. «M. Tremblay veut réécrire l'histoire. C'est une manoeuvre de diversion. Il va devoir s'expliquer sur ce qu'est devenu Montréal [et] la superposition des 19 villes dans la ville.»
Vision Montréal a présenté, hier, les trois quarts de ses candidats aux élections municipales du 1er novembre prochain. Les autres le seront dans les jours à venir, a promis Louise Harel hier. Elle a expliqué la cadence à laquelle l'identité des candidats est dévoilée par le grand nombre de nouveaux visages dans les rangs de Vision Montréal. Le taux de renouvellement s'élève à 80 % à Vision Montréal, alors qu'à Union Montréal, il se situe à 20 %.
Le maire prenait la parole dans le cadre de la clôture du congrès de son parti qui s'est déroulé en fin de semaine au collège de Maisonneuve. Devant quelque 400 militants, Gérald Tremblay a présenté hier matin les 102 candidats de sa formation qui tenteront de se faire élire le 1er novembre prochain.
Le maire a dit souhaiter que la campagne électorale qui s'amorce soit une campagne d'idées et de projets, tournée vers l'avenir de la métropole. Ses propos se sont vite transformés en attaque en règle à l'endroit de son adversaire Louise Harel, chef de Vision Montréal. Il l'a notamment accusée d'avoir des prises de position contradictoires et de changer d'idée constamment: Mme Harel veut abolir les postes de maires d'arrondissement, mais pour Ville-Marie, qui aura un statut particulier à compter de novembre, elle veut rétablir ce poste, a-t-il expliqué. Il a aussi évoqué le décret ministériel qu'avait fait adopter l'ancienne ministre des Affaires municipales à trois jours des élections de 2001 et qui modifiait les règles d'attribution de contrats.
«Moi, j'appelle ça une vire-le-vent, mais je pense que vous avez un terme plus approprié, qui est peut-être antiparlementaire, mais quel est ce terme?», a-t-il demandé aux militants. «Girouette!», a répondu l'assistance d'une seule voix. Le mot étant lâché, il a pu poursuivre: «C'est une girouette. Un matin, elle se lève avec une idée. Le matin d'après, elle se lève avec une autre idée.»
Gérald Tremblay a mis en garde ses candidats contre les manoeuvres du clan Harel pour remettre en question l'intégrité de son administration. «Quand vous allez faire du porte-à-porte [...], avant nous ou après nous, nos adversaires vont passer pour parler d'éthique et d'intégrité. Je veux que vous soyez fiers de ce que notre administration a fait. [...] Ne soyez pas sur la défensive, c'est la pire chose, a-t-il recommandé à ses troupes. Je ne veux plus qu'on m'attaque sur ce sujet-là. Au contraire, je voudrais qu'on reconnaisse les efforts.»
Si le maire a longuement parlé d'éthique et d'intégrité, il ne veut surtout pas que ces éléments deviennent les thèmes centraux de la campagne électorale de l'automne. «La dernière chose qu'on doit faire, c'est une campagne électorale basée sur le passé. Ce qu'on veut, c'est une campagne électorale sur l'avenir, les idées et les projets.» M. Tremblay a dit avoir «plein de projets». Plusieurs d'entre eux sont déjà connus, comme la navette ferroviaire vers l'aéroport ou le réaménagement de l'autoroute Bonaventure, mais le maire n'a pas voulu dévoiler les nouveautés que comportera la plate-forme électorale de son parti qui sera présentée au cours des prochaines semaines. Au cours de la fin de semaine, les militants se sont d'ailleurs prononcés sur plus d'une centaine de résolutions qui alimenteront cette plate-forme. L'une d'elles touchait l'implantation d'un péage routier régional à Montréal.
Emporté par son enthousiasme, le maire s'est éloigné de son texte et a annoncé aux militants l'intention de son équipe de «réécrire l'histoire de Montréal», un lapsus qui risque de faire sourire l'opposition qui l'accuse régulièrement de vouloir réécrire l'histoire.
Le maire a également annoncé samedi qu'à l'instar de Vision Montréal et de Projet Montréal, Union Montréal publierait sur son site Internet la liste des contributeurs à sa caisse électorale. Gérald Tremblay s'est défendu d'avoir copié ses adversaires. Il a affirmé qu'il n'avait pas de leçons à recevoir de Vision Montréal dont la réputation a été ternie dans le passé par 200 condamnations pour fraude électorale.
Louise Harel promet de javelliser l'Hôtel de Ville
Alors que le congrès d'Union Montréal battait son plein au collège de Maisonneuve, le tandem Louise Harel-Benoit Labonté a lancé la campagne électorale de Vision Montréal, au parc Jarry.
La chef de Vision Montréal et candidate à la mairie, Louise Harel, a vilipendé le maire de Montréal, Gérald Tremblay, en mettant une nouvelle fois en doute son sens de l'éthique. «Les Montréalais n'en peuvent plus des enquêtes policières, des contrats gonflés, des soumissions arrangées [et] de la réputation entachée [de la Ville de Montréal]», a-t-elle déclaré à quelque 1000 supporters gonflés à bloc.
Louise Harel, qui, à l'instar de quelques partisans, brandissait un balai, a promis «une ville propre, gérée proprement». «Monsieur Tremblay, c'est fini le temps des: "Je ne le savais pas. Je ne voyais pas. Je ne m'en doutais pas"», a-t-elle dit. «Le maire Tremblay ne peut pas réécrire l'histoire. Le maire Tremblay ne peut cacher le fait que c'est la seule administration dans l'histoire de Montréal [aux prises] avec six enquêtes policières, dont cinq toujours en cours», a renchéri le candidat au poste de conseiller municipal du district de Sainte-Marie dans l'arrondissement Ville-Marie, Benoit Labonté.
Mme Harel veut doter la Ville de Montréal d'un code d'éthique sévère et contraignant. Elle déplore que le code d'éthique rédigé par la commission de la présidence du conseil, qui doit entrer en vigueur en septembre, ne prévoie pas de sanctions à l'égard de ceux qui l'enfreindront. Le commissaire à l'éthique doit être «exigeant pour les élus», a-t-elle aussi souligné.
N'en déplaise à Gérald Tremblay, Benoit Labonté estime que les Montréalais ont d'ores et déjà imposé l'«intégrité» comme thème central de la campagne électorale.
Selon le chef de l'opposition à la Ville, le rapport du Vérificateur général sur le controversé contrat des compteurs d'eau, qui sera rendu public le 21 septembre, rappellera d'ailleurs ce que l'administration Tremblay «a fait ces huit dernières années, [c'est-à-dire des] scandales, scandales et [des] scandales».
Le maire de la Ville de Montréal se défend en ressassant de «vieilles histoires» de fraude électorale, a fait remarquer M. Labonté. «Si vous voulez savoir ce qui s'est passé, demandez donc aux gens qui sont aujourd'hui dans votre caucus», a-t-il affirmé à Gérald Tremblay, faisant référence au passage de l'ancien responsable du financement de Vision Montréal, Richer Dompierre, et de l'ex-chef intérimaire du Parti, François Purcell, dans l'équipe d'Union Montréal, au cours des derniers mois.
Quant au fait qu'Union Montréal publiera la liste des contributeurs à sa caisse électorale sur son site Internet, cela fait sourire M. Labonté. «Gérald, toujours un pas en retard sur tout le monde», a-t-il lancé.
Louise Harel a par ailleurs tourné en dérision le qualificatif de «girouette» que lui avait attribué Gérald Tremblay plus tôt. «M. Tremblay veut réécrire l'histoire. C'est une manoeuvre de diversion. Il va devoir s'expliquer sur ce qu'est devenu Montréal [et] la superposition des 19 villes dans la ville.»
Vision Montréal a présenté, hier, les trois quarts de ses candidats aux élections municipales du 1er novembre prochain. Les autres le seront dans les jours à venir, a promis Louise Harel hier. Elle a expliqué la cadence à laquelle l'identité des candidats est dévoilée par le grand nombre de nouveaux visages dans les rangs de Vision Montréal. Le taux de renouvellement s'élève à 80 % à Vision Montréal, alors qu'à Union Montréal, il se situe à 20 %.
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