Nouveau voyage compromettant à la Ville de Montréal
Le cas Marcil vient fournir d'autres munitions au tandem Harel-Labonté
En pleine campagne électorale, le maire Gérald Tremblay est de nouveau plongé dans l'embarras. Une enquête interne menée par la Ville de Montréal a révélé qu'en octobre 2008, un haut fonctionnaire a effectué un voyage en Italie à l'invitation d'un entrepreneur. Directeur de la division de la réalisation des travaux à la Ville, Robert Marcil a démissionné en juin dernier.
La Ville a été mise sur la piste après que le maire Tremblay a reçu, le 22 avril dernier, une lettre au sujet d'allégations concernant le haut fonctionnaire. Le maire a alors demandé à ses services qu'une enquête interne soit amorcée. «Au cours de l'enquête, on a appris que M. Marcil avait participé, avec son épouse, à un voyage en Italie avec un entrepreneur en construction», a confirmé hier après-midi Jean-Yves Hinse, directeur des relations professionnelles à la Ville. Ce voyage a été effectué pendant les vacances personnelles de M. Marcil, a précisé M. Hinse.
Ingénieur de formation, M. Marcil travaillait pour la Ville depuis 1991. Selon les informations révélées hier par Radio-Canada, le voyage se serait déroulé du 15 au 24 octobre. Initiateur du voyage, Joe Borsellini, président de Construction Garnier, aurait invité Robert Marcil, Yves Lortie, vice-président infrastructures municipales chez Genivar, et Jocelyn Dupuis, ex-directeur général de la FTQ-Construction. Leurs épouses les accompagnaient. Construction Garnier, tout comme Genivar, a obtenu plusieurs contrats de la Ville au cours des dernières années lorsque M. Marcil était responsable de la division des travaux publics.
«Nous avons rencontré M. Marcil un peu avant la Saint-Jean-Baptiste pour obtenir sa version des faits. Il nous a remis une lettre de démission datée du 26 juin en disant vouloir réorienter sa carrière, a indiqué M. Hinse. Il est clair pour nous que, dès le départ, il y avait apparence de conflit d'intérêts.» M. Hinse dit ignorer si M. Marcil a payé son voyage, mais l'enquête interne de la Ville se poursuivra même si le fonctionnaire a quitté ses fonctions.
Gérald Tremblay voit dans cette affaire une marque de confiance de la part de la personne qui a soumis à son attention le cas de M. Marcil. «Les gens réalisent que j'agis. Lorsque j'ai été informé de la situation, j'ai demandé qu'une enquête interne soit faite, a-t-il déclaré à Radio-Canada. Ce n'est pas moi qui reçois les tuiles, au contraire, ce sont les gens qui me font confiance.»
Reste qu'avec la campagne électorale qui bat son plein à Montréal, ce nouvel épisode survient à un bien mauvais moment pour lui. D'autant plus que l'éthique est devenue un des thèmes favoris de la campagne.
La Ville de Montréal fait déjà l'objet de cinq enquêtes policières à la suite, notamment, des controverses entourant la Société de développement et d'habitation de Montréal (SHDM) et l'octroi du contrat des compteurs d'eau. Rappelons que le cas des compteurs d'eau avait soulevé de nombreuses questions en matière d'éthique en raison du voyage effectué par l'ex-président du comité exécutif, Frank Zampino, sur le bateau de Tony Accurso. Propriétaire de Simard-Beaudry, M. Accurso avait décroché le contrat avec Dessau, au sein du consortium Génieau.
Aux prises avec de multiples scandales, l'administration Tremblay a présenté lundi un projet de code d'éthique pour les élus. Ce code devrait être soumis pour approbation lors de la séance du conseil municipal du 21 septembre. Les employés de la Ville sont pour leur part soumis à un nouveau code de conduite depuis le 15 juin dernier.
Ce nouvel épisode donne des munitions au parti d'opposition dirigé par le tandem Louise Harel-Benoit Labonté. «Ça traduit la culture d'impunité qui est en place à l'hôtel de ville, où on se croit tout permis parce que jamais personne ne s'était jamais fait taper sur les doigts avant», a commenté hier Benoit Labonté. Le chef de l'opposition signale d'ailleurs qu'au moment du voyage de M. Marcil, la Ville était plongée dans la tourmente de la SHDM. «Je ne comprends pas qu'en plein scandale de la SHDM, un haut fonctionnaire se sente suffisamment confortable et protégé pour faire un geste comme ça.»
Selon lui, Montréal devrait se doter de mécanismes de vérification ponctuels au sein de ses services. «Ça permettrait de prévenir ce genre de gestes-là et surtout, de passer un message clair aux employés que c'est "tolérance zéro". Ce n'est pas parce qu'on découvre le mot éthique et qu'on se met à le conjuguer à tous les temps de verbe que ça rend la chose crédible pour cette administration», a ajouté M. Labonté.
En septembre 2008, la Ville avait congédié le chef de projets à la direction des systèmes d'information, Gilles Parent, à la suite d'une enquête interne sur une présumée fraude de huit millions de dollars à ses services informatiques. Responsable de la gestion des contrats octroyés à des firmes externes, M. Parent aurait orchestré un système de surfacturation sophistiqué, avait alors révélé l'enquête interne. L'affaire est maintenant entre les mains de la Sûreté du Québec.
La Ville a été mise sur la piste après que le maire Tremblay a reçu, le 22 avril dernier, une lettre au sujet d'allégations concernant le haut fonctionnaire. Le maire a alors demandé à ses services qu'une enquête interne soit amorcée. «Au cours de l'enquête, on a appris que M. Marcil avait participé, avec son épouse, à un voyage en Italie avec un entrepreneur en construction», a confirmé hier après-midi Jean-Yves Hinse, directeur des relations professionnelles à la Ville. Ce voyage a été effectué pendant les vacances personnelles de M. Marcil, a précisé M. Hinse.
Ingénieur de formation, M. Marcil travaillait pour la Ville depuis 1991. Selon les informations révélées hier par Radio-Canada, le voyage se serait déroulé du 15 au 24 octobre. Initiateur du voyage, Joe Borsellini, président de Construction Garnier, aurait invité Robert Marcil, Yves Lortie, vice-président infrastructures municipales chez Genivar, et Jocelyn Dupuis, ex-directeur général de la FTQ-Construction. Leurs épouses les accompagnaient. Construction Garnier, tout comme Genivar, a obtenu plusieurs contrats de la Ville au cours des dernières années lorsque M. Marcil était responsable de la division des travaux publics.
«Nous avons rencontré M. Marcil un peu avant la Saint-Jean-Baptiste pour obtenir sa version des faits. Il nous a remis une lettre de démission datée du 26 juin en disant vouloir réorienter sa carrière, a indiqué M. Hinse. Il est clair pour nous que, dès le départ, il y avait apparence de conflit d'intérêts.» M. Hinse dit ignorer si M. Marcil a payé son voyage, mais l'enquête interne de la Ville se poursuivra même si le fonctionnaire a quitté ses fonctions.
Gérald Tremblay voit dans cette affaire une marque de confiance de la part de la personne qui a soumis à son attention le cas de M. Marcil. «Les gens réalisent que j'agis. Lorsque j'ai été informé de la situation, j'ai demandé qu'une enquête interne soit faite, a-t-il déclaré à Radio-Canada. Ce n'est pas moi qui reçois les tuiles, au contraire, ce sont les gens qui me font confiance.»
Reste qu'avec la campagne électorale qui bat son plein à Montréal, ce nouvel épisode survient à un bien mauvais moment pour lui. D'autant plus que l'éthique est devenue un des thèmes favoris de la campagne.
La Ville de Montréal fait déjà l'objet de cinq enquêtes policières à la suite, notamment, des controverses entourant la Société de développement et d'habitation de Montréal (SHDM) et l'octroi du contrat des compteurs d'eau. Rappelons que le cas des compteurs d'eau avait soulevé de nombreuses questions en matière d'éthique en raison du voyage effectué par l'ex-président du comité exécutif, Frank Zampino, sur le bateau de Tony Accurso. Propriétaire de Simard-Beaudry, M. Accurso avait décroché le contrat avec Dessau, au sein du consortium Génieau.
Aux prises avec de multiples scandales, l'administration Tremblay a présenté lundi un projet de code d'éthique pour les élus. Ce code devrait être soumis pour approbation lors de la séance du conseil municipal du 21 septembre. Les employés de la Ville sont pour leur part soumis à un nouveau code de conduite depuis le 15 juin dernier.
Ce nouvel épisode donne des munitions au parti d'opposition dirigé par le tandem Louise Harel-Benoit Labonté. «Ça traduit la culture d'impunité qui est en place à l'hôtel de ville, où on se croit tout permis parce que jamais personne ne s'était jamais fait taper sur les doigts avant», a commenté hier Benoit Labonté. Le chef de l'opposition signale d'ailleurs qu'au moment du voyage de M. Marcil, la Ville était plongée dans la tourmente de la SHDM. «Je ne comprends pas qu'en plein scandale de la SHDM, un haut fonctionnaire se sente suffisamment confortable et protégé pour faire un geste comme ça.»
Selon lui, Montréal devrait se doter de mécanismes de vérification ponctuels au sein de ses services. «Ça permettrait de prévenir ce genre de gestes-là et surtout, de passer un message clair aux employés que c'est "tolérance zéro". Ce n'est pas parce qu'on découvre le mot éthique et qu'on se met à le conjuguer à tous les temps de verbe que ça rend la chose crédible pour cette administration», a ajouté M. Labonté.
En septembre 2008, la Ville avait congédié le chef de projets à la direction des systèmes d'information, Gilles Parent, à la suite d'une enquête interne sur une présumée fraude de huit millions de dollars à ses services informatiques. Responsable de la gestion des contrats octroyés à des firmes externes, M. Parent aurait orchestré un système de surfacturation sophistiqué, avait alors révélé l'enquête interne. L'affaire est maintenant entre les mains de la Sûreté du Québec.
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