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Foire d'empoigne autour des FrancoFolies

Le nouveau calendrier est irrévocable, dit Montréal, Québec pourrait sévir

Le président de Spectra et des FrancoFolies, Alain Simard, a déclaré hier que le déplacement des FrancoFolies en juin ne nuira en rien au festival d’été de Québec.
Photo : Jacques Nadeau
Le président de Spectra et des FrancoFolies, Alain Simard, a déclaré hier que le déplacement des FrancoFolies en juin ne nuira en rien au festival d’été de Québec.
Le projet d'avancer la tenue des FrancoFolies de Montréal a donné lieu hier à un véritable festival verbal impliquant Régis Labeaume, Gérald Tremblay, Alain Simard et le gouvernement. Mais la décision est irrévocable, a affirmé le clan montréalais. La décision de l'Équipe Spectra de déplacer la présentation des FrancoFolies du mois d'août au mois de juin a ainsi créé une controverse entre Québec et Montréal digne d'un vieil affrontement Canadiens-Nordiques.

Hier, le maire Labeaume a lancé les hostilités en convoquant un point de presse au cours duquel il s'est livré à une charge à fond de train contre Alain Simard (président de Spectra et des FrancoFolies). Ce dernier a plus tard défendu son intégrité. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s'est aussi joint à la partie en confirmant la finalité de la décision.

Pris entre deux feux, le gouvernement — par la voix de la ministre du Tourisme, Nicole Ménard — a demandé aux deux clans de s'asseoir pour discuter, et ce, le plus rapidement possible.

Si l'établissement du calendrier des festivals relève des municipalités, le gouvernement n'en a pas moins lancé un message à Spectra: l'aide accordée par Québec aux FrancoFolies devra être revue si l'événement se tient dorénavant en juin.

«Notre contribution tient compte du fait que l'événement se tient en août [une subvention spéciale est ainsi accordée]. Ce ne seront plus les mêmes données en juin», a-t-elle mentionné.

Couper les vivres

En matinée, le maire de Québec avait demandé que le gouvernement coupe les vivres aux FrancoFolies si Spectra (qui organise et gère l'événement) persiste dans son projet de présenter les Francos avant le Festival d'été de Québec (FEQ).

Selon M. Labeaume, le nouveau calendrier briserait l'équilibre établi entre les différents festivals subventionnés par des fonds publics. Québec devrait donc «considérer» le fait qu'une «organisation sans but lucratif qui appartient au public depuis 42 ans [le FEQ]» ne peut être «affectée» pour «faire en sorte qu'une entreprise privée fasse plus d'argent».

Il s'attaquait ainsi de front aux méthodes opérationnelles de Spectra. «Il y a un problème de confiance. [...] Ce n'est pas une guerre Québec-Montréal, c'est un différend entre un organisme sans but lucratif qui s'appelle le FEQ, dont la population de Québec est fiduciaire, et une entreprise privée qui s'appelle Spectra, qui gère les FrancoFolies et qui reçoit des FrancoFolies des droits de gérance.»

Selon le maire de Québec, l'intérêt de Spectra d'avancer les FrancoFolies est surtout pécuniaire. «Alain Simard a raison de dire qu'il va économiser 250 000 $ sur le montage des scènes. Mais c'est pour ça [payer le montage-démontage] qu'il est subventionné. C'est sûr que, s'il n'a pas besoin de démonter et de remonter des scènes, ça lui fait dans ses poches un quart de million de plus. On sait tous ça. [...] C'est l'argent qu'il veut et on le comprend.»

Affirmant ne pas croire aux déficits récurrents des FrancoFolies (près d'un demi-million accumulé depuis 2007), Régis Labeaume a indiqué qu'«à partir du moment où [Spectra] accepte les subventions du gouvernement, elle doit jouer avec les autres» événements subventionnés.

Le maire craint que la présentation hâtive des FrancoFolies «écrème» le marché des artistes français, ce qui aurait des conséquences financières liées à la visibilité et à la commandite pour le FEQ.

Montréal

À Montréal, la réplique a été vive. «Étonné» et «très surpris» des propos de M. Labeaume, le maire Gérald Tremblay a indiqué n'avoir aucune intention de rediscuter de cette question avec son homologue.

«La décision est prise. Ça fait 12 ans que le débat est sur la place publique, on a pris une décision [...] dans l'objectif de favoriser davantage nos festivals.»

Selon M. Tremblay, les investissements publics (120 millions) consentis pour la création de la place des Festivals et l'aménagement de ses abords font en sorte que la métropole ne peut pas «ralentir».

«Les gouvernements ont confiance dans Montréal et sa capacité d'attirer des touristes, c'est notre responsabilité» de traduire cela concrètement, a-t-il dit.

Gérald Tremblay estime que le déplacement des Francos sera bénéfique pour l'ensemble du Québec, l'événement permettant d'attirer des touristes au cours d'un mois creux. «C'est une situation gagnant-gagnant.»

Quant à lui, Alain Simard a défendu bec et ongles sa réputation et celle de Spectra. «M. Labeaume est mal informé», a-t-il affirmé lors d'un point de presse où il a expliqué que Spectra ne «touche pas un sou» des subventions accordées aux FrancoFolies.

Qualifiant d'«attaques personnelles» les propos de Régis Labeaume — les deux hommes ont eu des différends en 2003, quand l'actuel maire de Québec était président du FEQ —, M. Simard a réaffirmé que le déplacement des FrancoFolies permettra des économies financières substantielles qui seront réinvesties dans le festival. «Ce n'est pas une formule où on se met de l'argent dans les poches.»

Selon le président de Spectra, le déplacement des Francos ne nuira en rien au FEQ, dont le mandat est désormais plus orienté vers l'international que la stricte francophonie.

Alain Simard a finalement affirmé que la décision était finale... «à moins de dire que les FrancoFolies n'existeront plus ou qu'on va donner un million de plus pour que ça reste en août».

Le FEQ réagira officiellement ce matin. Le comité organisateur de la Fête nationale — qui dénonçait hier le fait de ne pas avoir été consulté — tiendra aussi un point de presse aujourd'hui.

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Avec la collaboration d'Isabelle Porter et de Marco Bélair-Cirino
 
 
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