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Louise Harel n'est pas la candidate qu'il faut

Paul Cliche - Ex-conseiller municipal RCM à Montréal  2 juin 2009  Villes et régions
Malgré ses qualités et son expérience, Louise Harel n'est pas la candidate idéale pour sortir Montréal de la mauvaise passe qu'elle traverse actuellement. Il ne faut pas oublier en effet qu'elle a été, en 2000 avec l'ex-premier ministre Lucien Bouchard et contre l'avis des principaux conseillers gouvernementaux, la principale architecte de la fusion forcée des 29 municipalités de l'île de Montréal en une mégaville qui a été en partie démembrée quatre ans plus tard.

Ce geste a déclenché la saga des chambardements qui a déboussolé et affaibli Montréal depuis. La principale erreur commise par le tandem Bouchard-Harel a été d'appliquer à la région de Montréal la politique de fusions de municipalités destinée à renforcer la plupart des capitales régionales du Québec. Au lieu d'instaurer un système de gouvernance métropolitaine qui aurait permis de pallier la fragmentation institutionnelle de la région, il a découpé cette dernière en trois blocs qui s'opposent depuis au lieu de se concerter (Montréal, Laval et la couronne nord, Longueuil et la couronne sud). Il a aussi créé un organisme de planification, la Communauté métropolitaine de Montréal regroupant 82 municipalités, une sorte de «club sélect pour maires» qui prend ses décisions à huis clos.

Fusions contre-productives

Dans les années 90, un large consensus s'était pourtant dégagé pour que la réorganisation de la vie de la cité et le management des grands réseaux publics soient pensés et réalisés à l'échelon de la région métropolitaine tout en maintenant les municipalités pour la gestion de proximité. [...]

Des études ont aussi démontré, comme ça se produit à Montréal, que les politiques de fusions forcées étaient contre-productives puisque, loin de diminuer, les coûts des services augmentent et que ces derniers sont de moins bonne qualité, contrairement aux arguments de la ministre Harel en 2000.

On aurait pu alors faire l'économie de plusieurs fusions forcées et de leurs séquelles douloureuses. On aurait aussi pu mettre beaucoup plus l'accent sur les modalités de la participation démocratique des citoyens. Sur le plan des structures, cette solution aurait pu signifier l'extension de la Communauté urbaine de Montréal à Laval, à la Rive-Sud ainsi qu'aux municipalités des couronnes nord et sud comprises dans la zone de recensement du Grand Montréal.

Certes, Louise Harel a raison quand elle critique la décentralisation qui a été effectuée à Montréal sous le gouvernement Jean Charest. Mais il ne faudrait pas aller jusqu'à jeter le bébé avec l'eau du bain: cette opération n'a pas été effectuée pour rapprocher les citoyens des centres de décisions, comme cela aurait normalement dû se produire. Mais si des pouvoirs trop étendus ont été octroyés aux élus des arrondissements potentiels, c'était afin que ces derniers se servent de leur notoriété pour infléchir le choix de leurs concitoyens en faveur de la mégaville lors des référendums de 2004; stratagème qui n'a d'ailleurs pas eu de succès puisque 15 ex-villes de banlieue ont quand même défusionné!

Les électeurs ne veulent pas, avec raison, appuyer M. Tremblay ou M. Labonté, mais plusieurs oublient qu'il existe une solution valable: il s'agit de Projet Montréal.
 
 
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