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SHDM - La police, et vite !

Loin de calmer le jeu, les deux rapports rendus publics coup sur coup par le vérificateur de la Ville de Montréal et par la firme d'experts-comptables Deloite au sujet de la gestion à la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) confirment bien des révélations publiées depuis deux ans. Le maire Tremblay aura beau promettre des correctifs, la mauvaise gestion et même la magouille semblent faire partie de la vie politique montréalaise.

L'affaire des compteurs d'eau nous a fait comprendre les liens incestueux qui pouvaient exister entre des membres du comité exécutif de l'administration Tremblay et certains entrepreneurs impliqués dans d'importants contrats d'infrastructures. Des noms jusque-là peu connus du grand public sont ressortis avec force: celui de l'entrepreneur Tony Accurso, propriétaire de Simard-Beaudry, qui a obtenu le contrat des compteurs d'eau en consortium avec la firme d'ingénieurs Dessau; celui de cette même firme Dessau dont la filiale GGBB — quel hasard! — avait la responsabilité de concevoir et de superviser le projet de construction résidentielle de Contrecoeur confié à l'entrepreneur Frank Catania. Que voulez-vous, le monde est si petit!

Dans son rapport sur la gestion à la SHDM, le vérificateur s'est penché sur un échantillon de transactions immobilières impliquant la SHDM. Quelques-uns des cas analysés sont plus que troublants. D'une part parce que chaque fois, l'ex-directeur Martial Fillion, ancien chef de cabinet du maire et conjoint de Francine Sénécal, alors membre du comité exécutif, décidait seul, sans informer son conseil d'administration; d'autre part parce que certaines des transactions sont suffisamment troubles pour qu'il faille pousser l'enquête plus loin.

À titre d'exemple: en 2006, la SHDM achète un immeuble appartenant à la Ville, avenue Brewster, au coût de 3 millions de dollars. Elle crée alors une compagnie à numéro à qui elle cède l'immeuble. À son tour, cette filiale vend la moitié de la propriété à une deuxième compagnie à numéro dont elle détient la moitié du capital, l'autre moitié appartenant à une société du nom de Services intégrés Lemay. On ne sait pas combien ce Lemay a investi dans cette compagnie, ni même s'il y a investi quelque chose.

Par la suite, la compagnie emprunte 11 millions pour valoriser l'immeuble et c'est Lemay seul qui choisit l'entrepreneur. Quelques mois plus tard, Lemay rachète la moitié des parts qui appartenaient toujours à la SHDM pour la somme de 2 millions, soit le montant initial investi par la SHDM plus quelques frais. Or, selon le vérificateur, l'immeuble valait alors environ 19 millions. L'année d'après, Lemay vend une partie de ses parts à un tiers sans rien verser à la SHDM, contrairement à ce que prévoyait le contrat initial de copropriété. Est-il seulement possible que Martial Fillion se soit contenté d'un rôle d'imbécile heureux dans une telle affaire?

Quant au projet Contrecoeur, étudié par la firme d'experts-comptables Deloite, les irrégularités ont marqué la presque totalité du processus: du choix d'une filiale de Dessau pour superviser le projet à celui de Frank Catania comme entrepreneur, en passant par le non-respect d'une foule d'exigences par ce dernier sur le plan financier. Usant de son influence à la Ville, Martial Fillion aurait bousculé tout le monde pour accélérer la réalisation du projet et là encore, il a tenu son conseil dans l'ignorance d'un bout à l'autre du processus.

Est-il imaginable que personne au comité exécutif de Montréal, pas même le président, Frank Zampino, qui se fera offrir un emploi par Dessau, n'ait eu vent de ce qui se tramait à la SHDM?

Sans l'ombre d'un doute, une enquête policière s'impose. Mais au rythme où les révélations éclaboussent le maire Tremblay, cela ne suffirait pas pour rétablir la confiance.

j-rsansfacon@ledevoir.ca
 
 
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  • Yvon Roy
    Abonnée
    mercredi 29 avril 2009 06h44
    commedia dell'arte
    Tout comme dans La Cruche Cassée. Une excellente petite comédie déjà passée aux Beaux Dimanches de la SRC du temps de Pacifique Plante.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 29 avril 2009 08h51
    Tremblay nous prend pour des cons !
    Interrogé au sujet des révélations troublantes sur la gestion plus que douteuse de la SHDM, le maire Tremblay, avec son air innocent, a déclaré - c'est décidément une manie chez lui ! - qu'il ne savait pas...

    Pourtant, c'est bien son administration qui, il y a 2 ans, a transformé cet organisme en firme privée pour qu'elle échappe au contrôle des élus.

    De plus, l'ex-directeur fautif de cette même firme, Martial Fillion, a déjà été son chef de cabinet et il est le conjoint de l'ex-vice-présidente du conseil municipal, Francine Sénécal ?

    Jusqu'à tout récemment, j'avais encore un certain respect pour le maire Tremblay. Cependant, c'est fini. Je ne crois plus en sa sincérité de ce politicien et j'ai de plus en plus l'impression qu'il prend les Montréalais pour une bande de cons !

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mercredi 29 avril 2009 09h21
    Naïveté ou bêtise ???
    si un jour on attribue un prix au politicien s'étant le plus «distingué» (?!?) par sa «naïveté candide», Gérald Tremblay en sera sûrement le récipiendaire incontestable!

    Comment un magistrat ayant, en plus, été jadis ministre de l'Industrie et du Commerce peut-il être aussi «simple» à défaut de carrément nous prendre pour des valises?

    Malheureusement, poser la question c'est y répondre et cet individu devrait enfin, pour une fois, prendre ses responsabilités et démissionner d'un poste qui, définitivement, dépasse largement ses compétences!

  • Maco
    Abonné
    mercredi 29 avril 2009 09h30
    Ignorants
    Nous n'avons qu'une bande d'ignorants. Ils ne savent jamais rien. Comme si cela n'est pas suffisant. Le maire veut mettre en place une ligne téléphonique pour dénoncer les conflits d'intérêts.

    Nos insignifiants (gouvernement provincial) veulent changer les règles pour les «exceptions » de conflits d'intérêts. Plus cruches que ça on meurt. CR!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! que l'on nous prend pour des CR!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! de cornichons.

  • Alex Gautier
    Inscrit
    mercredi 29 avril 2009 09h43
    un film sur montréal
    Il semble que Francis Ford Coppola sera en tournage à Montréal cet été pour le Parrain 4. Il trouve la ville très inspirante...

  • Yves Archambault
    Abonné
    mercredi 29 avril 2009 10h01
    imposteur
    pour des raisons politiques j'ai toujour dit que tremblay était un menteur et un imposteur... il parlait en anglais dans l'ouest de montréal et en français dans l'est... mais ne disait pas la même chose. on dit qu'il parlait des deux côtés de la bouche en même temps. aujourd'hui j'ajoutes qu'il est incompétent et entouré de "commendites". ENQUETE

  • Henry Chaudry
    Abonné
    mercredi 29 avril 2009 11h50
    hmmmmmmmmmm-Chaudry Henry
    Oh mon dieu que les citoyens de la ville de Montréal et le québécois sont naïf.....Moi le premier.Je pensais que le Québec était une terre d'accueil et un endroit et ou la magouille était un aspect intéressant de la société mais pas au pont de prendre toute la place publique.
    Je suis déçu que nous soyons apolitiques et très mal informés.
    En terminant avec je cite une phrase de l'ancien maire de Québec et je le cite:" il y a une odeur de fumier qui entoure la ville"
    Cependant, moi je dis qu'il qu'il y a une odeur de fumier qui endorme l'ensemble des québécois.

  • Eric Allard
    Abonné
    mercredi 29 avril 2009 12h17
    Victime d'une situation généralisée
    Le maire Tremblay est plus une victime politique d'une situation qui est généralisée au Québec (pas seulement à Montréal).

    Depuis que les PPP sont dans le décor, les gouvernements successifs ont attiré une classe de gens d'affaires qui se croient immunisés et se permettent tout. Et ils ont raison de se croire immunisés, qui est-ce qui va payer au bout du compte?

    Est-ce qu'un juge aura le pouvoir de revenir en arrière, et tout en prouvant qu'il y a eu magouille dans les dossiers, imposer aux acheteurs d'avancer en espèces comptantes la différence entre le prix qu'ils ont payé pour les immeubles et leur véritable valeur commerciale? J'en doute. Ils ne seront même pas égratignés par l'enquête criminelle qui va s'ouvrir.

    Volez deux cent dollars au dépanneur du coin, et on vous arrête. Volez deux-cent millions au gouvernement (peu importe le pallier), et vous recevrez une petite tape dans le dos pour dire «recommence plus».

    Eric Allard

  • real@realo.ca
    Abonné
    mercredi 29 avril 2009 14h54
    la naïveté
    La naïveté qu'elle soit réelle ou feinte c'est souvent la forme la plus achevée du cynisme. Si le maire n'était pas au courant c'est qu'il est incompétent, s'il l'était c'est qu'il est menteur.

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    mercredi 29 avril 2009 16h56
    À la porte l'administration Tremblay !!!
    Avec toutes ces révélations des dernières semaines, je considère que la preuve n'est plus à faire quand au niveau de corruption qui sévit dans l'administration Tremblay. Aussi sympatique - et possiblement honnête - soit-il, ce maire mérite de perdre les prochaines élections et tous ces bandits méritent de perdre leur boulot.

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