Vision Montréal: un congrès sur fond de crise de leadership
Photo : Pascal Ratthé
L’ancienne ministre péquiste Louise Harel en conversation avec Benoit Labonté lors du congrès de Vision Montréal tenu hier.
Le congrès de Vision Montréal tenu hier visait à jeter les bases de la plate-forme électorale du parti de Benoit Labonté en prévision du scrutin de novembre prochain. Mais l'événement s'est déroulé sans éclat, si ce n'est la présence remarquée de l'ex-ministre péquiste Louise Harel, venue y prononcer une allocution, et des allégations concernant une tentative de putsch pour déloger Benoit Labonté de la tête du parti.
La controverse des compteurs d'eau, qui écorche depuis trois semaines l'administration du maire Gérald Tremblay, n'a pas semblé profiter au parti d'opposition. Le congrès de Vision Montréal tenu hier à l'Université Concordia a attiré à peine plus de 150 militants.
Près d'un an après son arrivée à la tête de Vision Montréal, Benoit Labonté a de la difficulté à imposer son leadership. La situation financière du parti est plutôt précaire, et la dernière année a été marquée par de nombreuses défections. De plus, un sondage désastreux publié en février dernier par Léger Marketing plaçait M. Labonté troisième dans les intentions de vote, avec 4 % des appuis, contre 32 % pour Gérald Tremblay et 5 % pour le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.
Putsch avorté?
Le 17 avril dernier, les conseillers François Purcell et Noushig Eloyan auraient rencontré l'ex-conseiller et ancien directeur général du parti, Robert Laramée, pour parler de la performance de Benoit Labonté à la tête du parti. Plusieurs hypothèses auraient alors été discutées, soit celle de soumettre la candidature de Robert Laramée ou celle de Noushig Eloyan à la direction de Vision Montréal. Robert Laramée a confirmé hier au Devoir la tenue de cette rencontre en ajoutant que des discussions à ce sujet se déroulaient depuis des semaines. Selon lui toutefois, la tourmente des dernières semaines entourant les compteurs d'eau a étouffé le mouvement de contestation.
Hier, François Purcell et Noushig Eloyan n'ont pas nié avoir rencontré M. Laramée, mais, selon eux, il n'a jamais été question de déloger M. Labonté. Mme Eloyan a indiqué qu'elle parlait «continuellement» avec Robert Laramée tout comme avec Pierre Mainville et Claire St-Arnaud, deux élus qui ont démissionné de Vision Montréal l'hiver dernier. «Il y a une multitude de rumeurs qui courent ces temps-ci sur les ambitions de certains de vouloir remplacer M. Labonté ou même de fonder un nouveau parti politique en réunissant, peut-être, toutes les forces de l'opposition, a-t-elle fait valoir. Si j'avais voulu écarter M. Labonté, j'aurais pu me présenter à la chefferie à sa place il y a un an.»
M. Purcell et Mme Eloyan ont réitéré leur appui à Benoit Labonté, vantant ses qualités de «gars d'équipe» même s'ils reconnaissent qu'il a du travail à faire en matière de charisme. «Est-ce que Gérald Tremblay a du charisme?», a demandé François Purcell.
De son côté, Benoit Labonté a rejeté du revers de la main les allégations concernant une quelconque tentative de putsch. «Il y a 400 personnes qui étaient ici aujourd'hui, qui m'ont choisi comme candidat à la mairie et qui sont prêtes pour l'élection. C'est tout ce qui compte. Le reste, ce sont des fantasmes de gens qui ont quitté [le parti], c'est tout. Ce n'est pas grave», a-t-il tranché.
Louise Harel
L'une des vedettes du congrès tenu hier s'est avérée être Louise Harel, l'ancienne ministre des Affaires municipales, qui s'est adressée aux militants pour discuter de gouvernance et de la «grande désorganisation» qui règne à Montréal depuis les défusions. «J'ai mal à ma ville et je revendique le droit d'en témoigner comme citoyenne», a-t-elle lancé à son auditoire avant de dénoncer la décentralisation décrétée par l'administration Tremblay en 2003 avec l'accord de Québec.
Cette décentralisation a transformé les arrondissements en «quasi-villes» dirigées par des maires élus au suffrage universel et dotées de pouvoirs démesurés, a-t-elle déploré. Pour la énième fois, Mme Harel a affirmé qu'elle n'avait aucune intention de se porter candidate aux élections de novembre. «Ma seule ambition est de secouer la résignation des esprits et l'enlisement des structures qui menacent la seule grande ville de taille mondiale sur laquelle le Québec et la nation québécoise peuvent compter», a-t-elle expliqué.
De son côté, le chef Benoit Labonté s'est adressé aux militants en fin de journée, ponctuant son allocution de références au hockey. «C'est fini le temps où Montréal se fait sortir quatre matchs par Toronto, Québec et Vancouver!», a-t-il lancé à ses troupes.
Il a pris l'engagement, dans la première semaine de son arrivée au pouvoir, de réaliser une série de réformes. Il a promis d'instaurer une équité budgétaire entre les arrondissements et d'abolir les surtaxes qu'imposent certains d'entre eux pour les services de proximité. Il compte aussi rapatrier à la ville-centre des pouvoirs tels que le développement économique, l'urbanisme et le déneigement. Selon lui, ces mesures ne nécessitent pas d'amendement à la Charte de la Ville et peuvent être adoptées par simple vote majoritaire du conseil.
Il s'est également engagé à dissoudre la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM), au coeur d'un scandale l'automne dernier, pour ramener ses activités au sein des services de la Ville. S'il est élu, son administration entamera des démarches pour attirer à Montréal une franchise de la Major League Soccer et amorcera le processus de mise en candidature de Montréal pour la tenue de l'Exposition universelle de 2020.
La controverse des compteurs d'eau, qui écorche depuis trois semaines l'administration du maire Gérald Tremblay, n'a pas semblé profiter au parti d'opposition. Le congrès de Vision Montréal tenu hier à l'Université Concordia a attiré à peine plus de 150 militants.
Près d'un an après son arrivée à la tête de Vision Montréal, Benoit Labonté a de la difficulté à imposer son leadership. La situation financière du parti est plutôt précaire, et la dernière année a été marquée par de nombreuses défections. De plus, un sondage désastreux publié en février dernier par Léger Marketing plaçait M. Labonté troisième dans les intentions de vote, avec 4 % des appuis, contre 32 % pour Gérald Tremblay et 5 % pour le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.
Putsch avorté?
Le 17 avril dernier, les conseillers François Purcell et Noushig Eloyan auraient rencontré l'ex-conseiller et ancien directeur général du parti, Robert Laramée, pour parler de la performance de Benoit Labonté à la tête du parti. Plusieurs hypothèses auraient alors été discutées, soit celle de soumettre la candidature de Robert Laramée ou celle de Noushig Eloyan à la direction de Vision Montréal. Robert Laramée a confirmé hier au Devoir la tenue de cette rencontre en ajoutant que des discussions à ce sujet se déroulaient depuis des semaines. Selon lui toutefois, la tourmente des dernières semaines entourant les compteurs d'eau a étouffé le mouvement de contestation.
Hier, François Purcell et Noushig Eloyan n'ont pas nié avoir rencontré M. Laramée, mais, selon eux, il n'a jamais été question de déloger M. Labonté. Mme Eloyan a indiqué qu'elle parlait «continuellement» avec Robert Laramée tout comme avec Pierre Mainville et Claire St-Arnaud, deux élus qui ont démissionné de Vision Montréal l'hiver dernier. «Il y a une multitude de rumeurs qui courent ces temps-ci sur les ambitions de certains de vouloir remplacer M. Labonté ou même de fonder un nouveau parti politique en réunissant, peut-être, toutes les forces de l'opposition, a-t-elle fait valoir. Si j'avais voulu écarter M. Labonté, j'aurais pu me présenter à la chefferie à sa place il y a un an.»
M. Purcell et Mme Eloyan ont réitéré leur appui à Benoit Labonté, vantant ses qualités de «gars d'équipe» même s'ils reconnaissent qu'il a du travail à faire en matière de charisme. «Est-ce que Gérald Tremblay a du charisme?», a demandé François Purcell.
De son côté, Benoit Labonté a rejeté du revers de la main les allégations concernant une quelconque tentative de putsch. «Il y a 400 personnes qui étaient ici aujourd'hui, qui m'ont choisi comme candidat à la mairie et qui sont prêtes pour l'élection. C'est tout ce qui compte. Le reste, ce sont des fantasmes de gens qui ont quitté [le parti], c'est tout. Ce n'est pas grave», a-t-il tranché.
Louise Harel
L'une des vedettes du congrès tenu hier s'est avérée être Louise Harel, l'ancienne ministre des Affaires municipales, qui s'est adressée aux militants pour discuter de gouvernance et de la «grande désorganisation» qui règne à Montréal depuis les défusions. «J'ai mal à ma ville et je revendique le droit d'en témoigner comme citoyenne», a-t-elle lancé à son auditoire avant de dénoncer la décentralisation décrétée par l'administration Tremblay en 2003 avec l'accord de Québec.
Cette décentralisation a transformé les arrondissements en «quasi-villes» dirigées par des maires élus au suffrage universel et dotées de pouvoirs démesurés, a-t-elle déploré. Pour la énième fois, Mme Harel a affirmé qu'elle n'avait aucune intention de se porter candidate aux élections de novembre. «Ma seule ambition est de secouer la résignation des esprits et l'enlisement des structures qui menacent la seule grande ville de taille mondiale sur laquelle le Québec et la nation québécoise peuvent compter», a-t-elle expliqué.
De son côté, le chef Benoit Labonté s'est adressé aux militants en fin de journée, ponctuant son allocution de références au hockey. «C'est fini le temps où Montréal se fait sortir quatre matchs par Toronto, Québec et Vancouver!», a-t-il lancé à ses troupes.
Il a pris l'engagement, dans la première semaine de son arrivée au pouvoir, de réaliser une série de réformes. Il a promis d'instaurer une équité budgétaire entre les arrondissements et d'abolir les surtaxes qu'imposent certains d'entre eux pour les services de proximité. Il compte aussi rapatrier à la ville-centre des pouvoirs tels que le développement économique, l'urbanisme et le déneigement. Selon lui, ces mesures ne nécessitent pas d'amendement à la Charte de la Ville et peuvent être adoptées par simple vote majoritaire du conseil.
Il s'est également engagé à dissoudre la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM), au coeur d'un scandale l'automne dernier, pour ramener ses activités au sein des services de la Ville. S'il est élu, son administration entamera des démarches pour attirer à Montréal une franchise de la Major League Soccer et amorcera le processus de mise en candidature de Montréal pour la tenue de l'Exposition universelle de 2020.
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