mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 08h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Contrat des compteurs d'eau - Une maladresse, dites-vous ?

L'ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a expliqué mardi le rôle qu'il a joué dans l'attribution au consortium Génieau du contrat de 356 millions pour l'installation de compteurs d'eau à Montréal. Qu'il ait au cours du processus d'octroi du contrat fait deux séjours à bord du bateau de croisière de Tony Accurso, propriétaire de l'entreprise Simard-Beaudry associée à Dessau dans ce consortium, ne serait qu'une regrettable «maladresse».

Une simple maladresse? Le mot est faible. Erreur conviendrait mieux. Plus, M. Zampino aurait pu ajouter un adjectif, comme grave ou encore comme colossale, mot choisi par Brian Mulroney pour qualifier ses relations avec l'homme d'affaires Karlheinz Schreiber. Car son comportement dans cette affaire ternit sa réputation et celle de toute l'administration du maire Gérald Tremblay.

Il est pour le moins renversant que Frank Zampino n'ait compris qu'aujourd'hui que même la femme de César doit être au-dessus de tout soupçon. Jamais, semble-t-il, il ne s'est interrogé sur les motifs des invitations répétées que lui faisait son ami. Ont-ils discuté de ce qui allait être le plus important contrat jamais accordé par la Ville de Montréal? M. Zampino ne répond pas à cette question. Il soutient simplement ne pas être intervenu en faveur de Tony Accurso. Comme celui-ci ne parle pas, il faut donc se fier à la parole de M. Zampino.

Pour sa défense, l'ancien président du comité exécutif se garde bien de plaider la naïveté. Ce serait le comble après 22 ans de vie politique. Il affirme plutôt avoir toujours su établir les limites entre l'amitié et la prise de décision. Des limites dont évidemment il estimait être le seul juge puisqu'il n'a jamais prévenu le maire de Montréal d'un possible conflit d'intérêts. Conflit d'intérêts inexistant à ses yeux puisqu'il aurait payé ses frais de voyages. Comme si, dans une administration publique de la taille de celle de Montréal, chacun pouvait être son propre juge des règles à appliquer.

Lorsqu'est venu le temps d'attribuer ce contrat, Frank Zampino n'a eu aucun état d'âme. Il a participé à la prise de décision tant au sein du conseil exécutif qu'au conseil municipal, où il a secondé la résolution octroyant le contrat à Génieau. Il n'en a pas eu davantage lorsqu'il a accepté de se joindre à l'équipe de direction de Dessau, six mois seulement après avoir démissionné de ses fonctions de président du comité exécutif de Montréal. Et il s'étonne aujourd'hui que l'on puisse voir là un retour d'ascenseur! Le moins que l'on puisse dire est que, si ces soupçons ne sont pas fondés, M. Zampino a tout fait pour les alimenter. Il en est malheureux? Soit, mais il ne fait aucun doute qu'il a été l'artisan de son propre malheur.

***

bdescoteaux@ledevoir.com






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 01h05
    Une simple maladresse ? Mon oeil !
    Elle est bonne, celle-là ! Décrire comme une « maladresse » l'octroi d'un contrat pour des travaux publics en ne respectant même pas les règles d'éthique les plus élémentaires que doivent s'imposer des élus quand ils dépensent l'argent des contribuables !

    Franchement, cet ex-président du conseil municipal de Montréal qu'est Frank Zampino nous prend pour des valises !

    En passant, bravo aux médias d'avoir abondamment parlé de cette histoire de compteurs d'eau, car le maire lui-même (ce cher Gérald Tremblay !) ne semble pas toujours savoir ce qui se passe autour de lui !

  • Jasette
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 06h27
    Sans préjudice envers qui que ce soit, nos actions douteuses font qu'on demande parfois l'absolution pour que s'éteignent les projecteurs.
    En règle générale, partout où l'argent se terre, il y a des gens pour la trouver. Regardez comment quelqu'un vit plus ou moins dans l'opulence et dépense son argent dans son quotidien et vous aurez une bonne idée des efforts plus ou moins licite qu'il fait pour en trouver.

    Je n'affirme rien de particulier. Je ne vise pas plus ce monsieur qu'un autre. Je parle plutôt en règle générale. Il y a des coups du destin qui ne sont pas permis, à tout le moins quand les autres l'apprennent.

    jacques morissette (Montréal)

  • Robert Henri
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 07h01
    Ben oui, une maladresse.
    Qu'est-ce que ça peut être d'autre qu'une maladresse? Il s'est fait pogner le crétin et en plus, il espère qu'on va gober son histoire. C'est maladresses par dessus maladresses. On devrait peut-être modifier la loi pour reconnaître le concept de bêtise criminelle et les peines qui vont avec... Il y en bien d'autres en politiques qui tomberaient aussi sous une telle loi.

  • Gilles Champagne
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 08h55
    Une simple maladresse et une gestion en désuétude
    Non, ce n`était pas une simple maladresse. Il s`agit probablement de la petite pointe d`un gros iceberg de gestion irresponsable de petite municipalité de canton. Le gouvernement du Québec, s`il est un gestionnaire responsable, devrait décréter immédiatement une grande commission d`enquête sur la gestion des affaires municipales à Montréal. Quant au maire Tremblay, s`il vous plait cessez de nous parler de votre intégrité avec les larmes aux yeux, de grâce pour le bien de Montréal, partez, partez et vite, vite.
    G Champagne

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 09h12
    «Coming out» incomplet...
    Pauvre Zampino! son «coming out» ne ferme toutefois pas le dossier... Qu'en est-il de ses deux ex-confrères toujours «aphones»: Robert Abdallah, ex-directeur de la Ville, chez Gastier (filiale de Simard-Beaudry, propriété de Tony Accurso) et de Yves Provost, ex-directeur adjoint, chez BPR depuis 2007, firme «responsable» (!?!) de l'appel d'offres de ce plantureux contrat et présumément «surveillant» (!?!) de travaux devenus de plus en plus évanescents...

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonnée
    jeudi 16 avril 2009 09h30
    Pauvre homme!
    Que les journalistes sont donc méchants. Lui mettre le nez dans son caca pour une maladresse ou une erreur ou un faux-pas?
    Si la politique est devenue puante, à tout le moins les journalistes portent encore la démocratie sur leurs épaules.

  • François M. Taisne
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 09h32
    erreur, maladresse et variable stochastique
    Gérer une entreprise ou une organisation, c'est gérer des erreurs, des bêtises, des maladresses, des fonds, ce que l'on appelle en général la variable stochastique.

    Il n'y a que ceux qui ne font rien, qui passe leur temps à lire, à parler, à écrire et bref à ne rien faire qui ne font pas d'erreur ni de maladresse.

    Et après avoir fait un petit tour à la SAQ, ils savent TOUT.

  • François M. Taisne
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 09h32
    erreur, maladresse et variable stochastique
    Gérer une entreprise ou une organisation, c'est gérer des erreurs, des bêtises, des maladresses, des fonds, ce que l'on appelle en général la variable stochastique.

    Il n'y a que ceux qui ne font rien, qui passe leur temps à lire, à parler, à écrire et bref à ne rien faire qui ne font pas d'erreur ni de maladresse.

    Et après avoir fait un petit tour à la SAQ, ils savent TOUT.

  • Marc M. Davignon
    Abonné
    jeudi 16 avril 2009 10h02
    Quoi!
    Des criminels sont tenus coupables d'un crime par associations. C'est bon! Maintenant, nos dirigeants (d'entreprises et gouvernementales) ne sont redevables de rien. Même par association! Ils ne savent jamais rien et ne sont imputables de rien. Il faudrait une loi d'imputabilité par association là aussi. Ces crimes d'ignorance sont-ils moins graves quand des milliers de travailleurs sont obligés d'aller dans des banques alimentaires ou que d'autres seront obligés de couper leurs salaires de moitié? Pliés en deux, ils sont.

  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 16 avril 2009 11h03
    Fuites de 40% de l'aqueduc
    Et l'administration veut imposer des compteurs d'eau?

    C'est de l'effronterie pure!

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010