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Compteurs d'eau - La firme-conseil de Montréal est encore associée à l'entrepreneur

La controverse des compteurs d'eau qui éclabousse l'administration de Gérald Tremblay atteint également la firme d'ingénierie BPR. Comme l'a constaté Le Devoir, la firme BPR, maître d'oeuvre avec la Ville de Montréal du vaste chantier de modernisation de la gestion de l'eau, a continué malgré tout de développer ses relations d'affaires avec Dessau, qui a obtenu le contrat des compteurs d'eau avec l'entrepreneur Tony Accurso.

Or, BPR est une firme concurrente de Dessau, mais également son partenaire commercial dans différents projets depuis près de 15 ans. Au beau milieu du processus de qualification des candidats pour les compteurs d'eau, en octobre 2006, BPR formait un autre consortium avec Dessau pour la réalisation d'un projet différent. Un an plus tard, soit au moment de franchir la dernière étape de sélection, les deux firmes d'ingénieurs récidivaient ailleurs. Comme le révèle le Registre des entreprises du Québec, la même situation s'est répétée récemment, en mars 2008, quelques jours avant que le contrat de 355 millions soit signé.

Dès décembre 2007, Le Devoir révélait que BPR a été aux premières loges pour l'octroi du contrat des compteurs d'eau au consortium Génieau formé de Dessau et de l'entreprise Simard-Beaudry. BPR a un mandat de 10 ans pour accompagner Montréal, ce qui suppose que la firme d'ingénierie siège au bureau de projets qui pilote le chantier de l'eau, une structure administrative indépendante des opérations quotidiennes de la municipalité mais située dans ses locaux.

Ainsi, BPR a rédigé l'appel d'offres, a participé aux séances d'information avec les soumissionnaires et au comité technique à l'origine de la recommandation d'octroyer le contrat à Génieau. Sur le conseil de BPR, la conformité légale du contrat à Génieau a été confiée, non pas au Service du contentieux de Montréal, mais au cabinet d'avocats Dunton-Rainville. Dessau et Dunton-Rainville partagent par ailleurs une loge au Centre Bell, un lieu privilégié pour le développement des affaires.

De plus, BPR a recommandé l'embauche de la firme comptable Raymond Chabot Grant Thornton pour effectuer l'analyse financière du dossier, en lieu et place du Service des finances de la Ville. C'est cette analyse qui a été présentée au comité de sélection.

Comme la Direction des affaires corporatives de la Ville le soulignait en 2007, BPR a agi comme partenaire dans ce projet en offrant «l'ensemble des expertises» dont avait besoin Montréal.

Dans les mois suivants, BPR a embauché Yves Provost, le haut fonctionnaire montréalais responsable du dossier de l'eau, qui faisait partie de l'équipe de réflexion sur l'implantation des compteurs d'eau à Montréal.

En février 2008, la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, qui avait reçu une plainte de la part de l'opposition officielle de Montréal concernant un possible conflit d'intérêts, avait conclu qu'aucun élément concret ne permettait d'affirmer que «Génieau ait pu bénéficier d'un traitement de faveur».

Quinze mois plus tard, le dossier refait surface alors que l'ancien président du comité exécutif, Frank Zampino, reconnaît avoir séjourné sur le yacht de Tony Accurso en janvier 2007, alors que le processus de sélection était en cours. M. Zampino est aujourd'hui vice-président chez Dessau.

Le Devoir a vérifié auprès de cette firme d'ingénierie s'il est vrai que Jean-Pierre Sauriol, le p.-d.g. de Dessau, était du voyage avec M. Zampino. «Cela relève du domaine privé», a déclaré Kim Malo de Dessau. Cette dernière a également refusé de faire quelque commentaire que ce soit sur le dossier des compteurs d'eau.

Mercredi soir, le maire Tremblay a décidé de suspendre le contrat jusqu'à ce que l'enquête que sera appelé à faire le vérificateur général de Montréal soit complétée. Comme le révélait Le Devoir le jour même, l'installation de 30 000 compteurs d'eau à Montréal risque de coûter trois fois plus cher qu'à Toronto, qui procède au remplacement et à l'installation de 465 000 compteurs d'eau pour la somme de 219 millions.

La suspension du contrat a entraîné par ailleurs un nouveau mot d'ordre en matière de communication au sein de l'administration Tremblay. Aucune information ne sera transmise concernant le dossier de l'eau au cours de l'enquête du vérificateur.

Il a été impossible de recueillir hier les commentaires de la firme BPR.
 
 
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  • Farkouk Bryan - Inscrit
    10 avril 2009 06 h 11
    Recherche du scoop...
    Il n'existe pas des milliers de grandes agences d'ingénierie au Québec, et il n'existe pas des milliers de grands projets au Québec. Donc c'est normal que ces premières se retrouvent à certain moment à être partenaire, à d'autres moments comme adversaire.
    Que ca soit, BPR , Dessau, SNC, Tecsult, Genivar ou autre...
    Les remarques que vous mettez sur votre article, ne démontre que votre incompréhension profonde du domaine de la construction.A cela s'ajoute la recherche coute que coute du scoop... honte à vous...
    Journalisme de pacotille...
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  • Farkouk Bryan - Inscrit
    10 avril 2009 06 h 32
    Journalisme de pacotille.
    Ici vous insinuez qu'il existe une autre interaction entre Dessau (Ing.), et Dunton-Rainville (Avocats), deux firmes qui partageraient des locaux...
    Ah quel sacrilège!!!
    Si Ils sot aussi liés que vous le dites, comment se fait il que les avocats aient inséré dans le contrat une close de suspension sans compensation???Cette close très dommageable pour l'entrepreneur est utilisée maintenant (Le contrat est suspendu depuis mercredi).
    Journalisme de pacotille.
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  • Raynald Blais - Abonné
    10 avril 2009 08 h 29
    Fornication généralisée
    Chez nous, au ministère, depuis quelques années déjà, plusieurs membres de Direction, partent sans hésitation à leur retraite se sachant déjà sur la liste de paie d'une des quatre plus grandes firmes d'ingénierie au Québec. Quelques-uns profitent de leur retraite pendant un an ou deux avant de faire le grand saut, tandis que d'autres ne retireront que leur prestation sans jamais arrêter de travailler et qui plus est sur les mêmes projets qu'ils préparaient au ministère. Comme ils le disent, la province n'est pas grande, les firmes sont solidaires et les autoroutes 73 ne font pas légion.
    La fornication débute bien avant la retraite lorsque l'avenue est clairement tracée. La sortie publique de Philippe Couillard du placard en a tranquillisé plus d'un alors qu'un léger malaise persistait malgré la bonne volonté des transfuges. Maintenant la porte est grande ouverte et les classes terminées, ces gestionnaires sans foi ni loi, éplucheront tous les stratagèmes pour soutirer le maximum de profit pour leur firme nourricière à même les fonds gouvernementaux. Et pour leur faciliter la tâche, la surveillance des chantiers n'est plus réservé aux méchants fonctionnaires, mais allouer à des firmes compatissantes à qui ils retourneront l'ascenseur la prochaine fois.
    Un monde payant en temps de crise lorsque la seule grande solution avancée pour l'apaiser tourne autour des infrastructures.
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  • Jeanne du Lys - Inscrite
    10 avril 2009 10 h 13
    Bravo !
    Voilà du vrai journalisme d'enquête.

    Bon travail.
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  • Charles-O Roy - Abonné
    10 avril 2009 10 h 38
    M Farkouk @ 42 000 millions de fois tort
    Certainnement, M Farkouk, manque-t'on de grandes agences d'ingénieries, mais est-ce en confiant toute l'assiète à beurre aux existantes que l'on favorisera l'émergence de nouvelles?

    Par ailleurs, 42 000 millions d'argent publique directement dans l'industrie de la construction, il ne faut pas être expert du domaine pour réaliser qu'une telle somme allèche les rats comme les notables.

    Peut-être devrait-on proposer l'agrandissement des marinas du Québec pour y acceuillir les yatchs de plus de 100'?
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  • Fernand Trudel - Abonné
    10 avril 2009 11 h 06
    À Montréal, ça coûte toujours plus cher qu'ailleurs
    À Montréal, ça coûte toujours plus cher qu'ailleurs. Voici une de ces raisons: la corruption...
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    10 avril 2009 11 h 34
    Pour avoir des contrats, est-ce dans la nature de certains entrepreneurs de nager en eau trouble?
    Comme vous dites: « BPR est une firme concurrente de Dessau, mais également son partenaire commercial dans différents projets depuis près de 15 ans. » Si on peut être à la fois concurrent et partenaire, je pense que le premier n'est qu'apparent, alors que le second est stratégique, un peu comme un atout qu'un joueur aurait dans ses cartes.

    Je peux bien comprendre le joueur, mais qu'il joue sa partie au détriment des citoyens que nous sommes. Merci au journal Le Devoir de chercher à éclairer honnêtement le coeur de ce paysage de transaction un peu sombre. Naïveté oblige, devrait-on croire que parfois les entreprises n'ont pas le coeur branché sur des artifices organisationnels et cela, à notre détriment de citoyens?

    jacques morissette (Montréal)
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  • Michel Bérubé - Inscrit
    10 avril 2009 11 h 55
    La saine gestion du privée
    En quoi avoir un "réseau d'affaire" est-il un problème? Qui ose douter d'une meilleure efficacité entre une firme privée (avocat, comptable) vs une gagne de fonctionnaires municipaux improductifs et grassement payés?
    Comment ne pas saluer le sain principe de la mobilité des travailleurs qui vont vers le havre de la liberté d'entreprendre.

    De toute manière si ceux-là perdent le contrat, heureusement, les forces saines du privées viendront "naturellement" les remplacer.
    Il ne serait d'ailleurs pas surprenant que ces preux chevaliers de l'industrie soient annoncés par la Presse et Radio-Canada . À noter l'amélioration de Radio-Canada depuis son association avec le Privée. Le must serait que Gesca devienne ouvertement le propriétaire de ce monstre étatique.
    Il faut vivre d'espoir.
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  • Jean-Paul Lalonde - Inscrit
    10 avril 2009 12 h 59
    Conflit d'intérêt et/ou tolérance éhontée de nos gouvernants?
    La consultation externe est une vrai plaie dans l'administration publique. Celle-ci comprend tous les spécialistes requis pour évaluer un projet. Il n'est pas besoin de faire appel à des profiteurs externes.
    Faudrait faire un recherche pour voir si ces professionnels sont les mêmes qui fournissent la caisse électorale des partis politiques qui exercent le pouvoir.
    Comment se fait-il que, avec 3 fois moins de subscripteurs, le Parti libéral perçoit 3 fois plus de fonds électoraux que le Parti québécois? Il doit bien y avoir une explication.
    C'est de notoriété publique que le monde des affaires est beaucoup favorale au PLQ qu'au PQ. Entre autres, les compagnies qui opérent dans la construction ne sont pas reconnues comme des partisanes de la souveraineté du Québec.
    C'est peut-être une piste suivre pour comprendre la collusion entre les fournisseurs de services et les décideurs gouvernementaux. Cette collusion se manifeste par le recours aux experts externes plutôt qu'a ceux de la fonction publique qui, elle, n'a rien à gagner à tricher ou à faire telle ou telle recommendation.

    Jean-Paul Lalonde
    Valleyfield (Québec)
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  • Jean-Paul Lalonde - Inscrit
    10 avril 2009 13 h 06
    allo! Michel Bérubé!
    Un avocat du privé qui se fait payer 150$, 200$, 300$ l'heure n'est pas grâcement payés en comparaison d'un avocat fonctionnaire, qui a le même qualification, et qui est payé environ 45$ l'heure. Aie, oh! oh! Michou! arrive en ville.

    Jean-Paul Lalonde
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  • roger montreal - Abonné
    10 avril 2009 15 h 35
    Si il n y avait pas certains journalistres consciencieux pour rapporter ses choses ou serions nous
    IL faut vraiment etre tordu ou partisant extreme, ou encore profité du régime pour, traiter la journalistre de/jounalisme de pacotille ou recherche du scoop/avec tous les preuves qui sortes de jours en jours.
    Non il ne faudrait pas parler de ca, comme certain journalistres FONT DANS LA PRESSE A DESMARAIS
    ROGER MONTREAL
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  • Farkouk Bryan - Inscrit
    10 avril 2009 18 h 47
    Allo mon Jean-Paul Lalonde!!!
    Un avocat à la Ville à 45$/h!!!
    Ma foi tu confonds entre le salaire d'une réceptionniste, et celui d'un avocat!!!
    Pour le juste calcul d'un salaire, il faut compter l'ensemble des cotisations que l'employeur verse aux différentes caisses (assurance médicale, vacances, avantages divers), et c'est guère loin de 120$/h pour un avocat, donc le prix d'un consultant externe (pour un Ing. Sénior par exemple)...

    La discussion prends une tournure intéressante, mais s'éloigne de notre sujet d'origine, et qui porte sur des accusations déguisées à 2 fleurons de l'ingénierie québécoise de ...copinage, et de ...fraude...
    Pour ces grandes agences pluridisciplinaires (3600 et 2500 employés pour Dessau et BPR, 10500 pour SNC), l'organisation de l'entreprise se fais par projet... des groupes de projets sont constitués selon les projets décrochés (sinon la structure organisationnel de l'entreprise seraient trop lourde à assumer par la société mère)... ces groupes sont indépendants entre eux , et assument des fonction diverses selon la nature des contrat (gestion de projet, assistance technique, conception, suivi et contrôle de travaux, réalisation).
    Il est toute à fait légitime de se poser des questions quant à la viabilité du système, mais pas de se réveiller un matin et d'accuser tt le monde de vol et de je ne sais quoi...
    Bon réveil mon Jean Paul...
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  • Farkouk Bryan - Inscrit
    10 avril 2009 19 h 21
    Mon Charles-O Roy, juste une fois tort
    Toujours la méconnaissance du domaine qui se manifeste...
    Technica-Hba, Cima+, BBA, AXOR, Hatch, Bouthillette Parizeau, Pageau Morel, etc. des centaines d'agences existent sur le territoire québécois, elles sont active sur le marché provinciale,national, et même international...les règles du marché actuelles ne les gênent guère (ni les existantes ni les émergentes), je dirais même le contraire, le Québec est le paradis des ingénieurs, étant de cette formation, et ayant travaillé aux 4 coins du globe, je peux vous le confirmer...
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  • Guy Fafard - Inscrit
    10 avril 2009 23 h 40
    Les deux mains sur le volant
    Après ceci, monsieur Tremblay va sans doute demander d'avoir les deux mainss sur le volent lui aussi...c'est commun de nos jours pour tout politicien qui se respecte...
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