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Zampino plonge Tremblay dans l'embarras

L'ancien bras droit du maire a visité son ami Accurso pendant le processus d'octroi du contrat de 355 millions pour les compteurs d'eau

L'administration Tremblay patauge dans une situation apparente de conflit d'intérêts héritée de l'ancien président du comité exécutif, Frank Zampino. En plein coeur du processus d'octroi du contrat de 355 millions pour les compteurs d'eau, en janvier 2007, l'ancien bras droit du maire visitait son ami et soumissionnaire Tony Accurso, a confirmé hier Gérald Tremblay.

Lors d'une conférence de presse convoquée à la dernière minute, le maire Tremblay a rendu publique une lettre que lui a adressée hier Frank Zampino. Ce dernier reconnaît avoir séjourné à deux reprises sur le bateau de M. Accurso, un ami de 25 ans. Il s'y est rendu une première fois en janvier 2007, soit quelques semaines après la qualification des soumissionnaires et avant que ces derniers déposent leur proposition officielle.

M. Zampino soutient également s'être rendu sur le bateau de M. Accurso en février 2008, quelques mois avant son retrait de la politique. L'ancien président du comité exécutif affirme avoir assumé les frais de transport et de séjour de ces vacances, au cours desquelles son épouse était présente.

Selon Gérald Tremblay, «M. Zampino n'a pas pris la meilleure décision en allant séjourner sur le bateau de M. Accurso». «Je n'y serais pas allé parce que ça peut donner l'impression, des perceptions [...] d'apparence de conflit d'intérêts», a déclaré le maire.

Il assure toutefois n'avoir aucun doute quant à l'intégrité du processus ayant mené à consentir le plus important contrat de l'histoire de Montréal à Génieau. Le consortium Génieau est formé de l'entreprise Simard-Beaudry appartenant à Tony Accurso, dans laquelle le Fonds de solidarité est un partenaire financier, ainsi que de Dessau, une importante firme d'ingénierie. Frank Zampino est aujourd'hui le numéro deux chez Dessau.

«Je vous assure que je ne suis intervenu en aucun temps pour lui [M. Accurso] faciliter l'accès aux marchés publics», écrit M. Zampino dans sa lettre au maire. M. Zampino reconnaît que l'enjeu qui sous-tend «les questions pressantes» à son égard est l'attribution juste et équitable des contrats publics. Selon lui, le contrat des compteurs d'eau a été octroyé «selon une procédure extrêmement rigoureuse et conforme aux règles de l'art».

Le contrat dont il est question s'inscrit dans le plan de modernisation de la gestion de l'eau amorcé en 2002 par l'administration Tremblay-Zampino. Génieau doit installer 30 000 compteurs d'eau dans les immeubles industriels, commerciaux et institutionnels de l'île de Montréal. Génieau a également hérité de l'entretien de ces équipements sur une période de 15 ans. Génieau a aussi un mandat de 25 ans pour mesurer la consommation de l'eau sur l'île.

L'octroi de ce contrat a été piloté par la firme d'ingénieurs BPR, qui a rédigé l'appel d'offres au nom de la Ville, a participé aux séances d'information avec les soumissionnaires et analysé les propositions. Une fois le contrat octroyé, BPR a embauché le haut fonctionnaire responsable du dossier de l'eau et maître d'oeuvre administratif de l'implantation des compteurs d'eau, Yves Provost.

En outre, Tony Accurso a recruté l'ancien directeur général de la Ville, Robert Abdallah, qui est le gestionnaire de Gastier, une entreprise spécialisée dans la plomberie commerciale et industrielle.

Le maire Tremblay n'a pas voulu commenter le fait que trois des principaux dirigeants de la Ville de Montréal et responsables d'octroyer le contrat des compteurs d'eau, MM. Zampino, Provost et Abdallah, travaillent aujourd'hui chacun pour une des entreprises liées à ce contrat. Selon lui, on ne peut mettre en doute l'intégrité de ces personnes parce qu'elles ont choisi de poursuivre leur carrière dans le secteur privé.

«Je n'ai pas l'intention de partager mes états d'âme avec vous. L'intégrité, pour mon administration, pour l'institution que je représente, c'est ce qu'il y a de plus important», a rappelé le maire Tremblay.

Ce dernier affirme ne pas connaître M. Accurso. À ses côtés, le successeur de M. Zampino, Claude Dauphin, a soutenu la même chose. Quant au directeur général de la Ville, Claude Léger, qui était aussi présent à cette conférence de presse, il a reconnu avoir rencontré M. Accurso il y a 20 ou 25 ans alors qu'il était ingénieur junior chez Dessau.

Du côté de l'opposition officielle, on ne trouve guère rassurant que le maire se satisfasse des explications fournies par M. Zampino. En matinée hier, Benoit Labonté avait suggéré la mise en place de trois mesures afin d'instaurer plus de transparence dans l'appareil municipal et de rétablir les liens de confiance avec la population après la série de scandales qui ont secoué l'Hôtel de ville au cours des dernières années, notamment ceux touchant la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) et la gestion de l'arrondissement d'Outremont.

Il a proposé que Montréal se dote d'un commissaire à l'éthique détenant des pouvoirs d'enquête et ayant pour mandat d'examiner et de rendre compte au conseil municipal du respect des règles d'éthique par les élus, les fonctionnaires et les employés des organismes affiliés à la Ville.

Il a également proposé de ressusciter la commission sur l'éthique des membres du conseil, créée par règlement en 1994, mais qui n'a siégé qu'une fois, soit en 1997. Finalement, il a plaidé pour la mise en place d'un code de déontologie contraignant pour les élus, qui permettrait d'imposer des sanctions à ceux qui contreviennent à ses principes.

L'attitude du maire dans le dossier de M. Zampino a fait dire à Mme Irène Marcheterre, chef de cabinet de Benoit Labonté, que ces mesures «demeuraient essentielles».

***

Avec la collaboration de Jeanne Corriveau
 
 
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  • Mi Po - Inscrit
    3 avril 2009 02 h 40
    Il faut trouver le moyen de refaire un appel d'offres sans apparence de corruption
    Il faut être extrêmement naïf ou de mauvaise foi pour ne pas voir d'apparence de conflits d'intérêts dans les faits suivants:

    '' Le consortium Génieau est formé de l'entreprise Simard-Beaudry appartenant à Tony Accurso, dans laquelle le Fonds de solidarité est un partenaire financier, ainsi que de Dessau, une importante firme d'ingénierie. Frank Zampino est aujourd'hui le numéro deux chez Dessau. ''

    '' trois des principaux dirigeants de la Ville de Montréal et responsables d'octroyer le contrat des compteurs d'eau, MM. Zampino, Provost et Abdallah, travaillent aujourd'hui chacun pour une des entreprises liées à ce contrat. ''

    Celui qui cautionne ces magouilleurs en faisant l'autruche est aussi complice... Le pire c'est que les firmes honnêtes qui auraient pu faire le travail sont pénalisées par toute cette corruption.

    C'est assez rare qu'on prouve une magouille, s.v.p., les politiciens, quand ça arrive montrez que vous êtes contre ça au lieu de leur donner l'absolution ou de les excuser.

    Monsieur le Maire Tremblay, voilà l'occasion de nous prouver que vous ne mangez pas de ce pain là... C'est un cas de conscience morale.

    Et vous monsieur Labonté, je trouve que vous êtes bien vite à dévier l'attention, vous qui êtes habituellement si prompt à dénoncer le parti du Maire.

    Sauf bien sur si vous aussi, tous les deux, avez des emplois assurés qui vous attendent chez ces magouilleurs éventuellement ou s'ils contribuent généreusement à vos caisses électorales respectives, ce qui est courant pour ce genre d'entreprises; là je comprendrais que vous vouliez
    nous faire croire qu'il n'y a pas assez de preuve ou qu'il s'agit d'une simple erreur de parcours. C'est maintenant bien ancré dans les moeurs politiques que les partis sont redevables à ces bienfaiteurs qui seraient bien fous de ne pas profiter de cette façon de s'assurer de bons contrats. Et vive la démocratie.
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  • Patrice Vaillancourt - Inscrit
    3 avril 2009 08 h 44
    Allez, c'est pas plus grave !
    Au prochaine élection municipale, les gens vont voter pour Monsieur Tremblay quand même. Alors plus rien m'étonne ! Bernier ré-élu en Beauce et les libéraux majoritaire.

    Faudrait en faire un opéra-comique un de ces jours...

    Et après, les gens s'offusquent que je ne vais plus voter... Plus ça change !
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  • Raymond Forget - Inscrit
    3 avril 2009 08 h 51
    M.F. Zampino
    MÊME LES AVEUGLES ONT VU LES CONFLITS D'INTÉRETS
    MÊME LES SOURDS ONT COMPRIS LES CONFLITS D'INTÉRETS
    SEULMENT LE PETIT MONDE COMME NOUS, QUI NE POUVONS NOUS EXPRIMEZ AUTREMENT QU'EN VOTENT, MAIS NOS ÉLUS EUX SONT DE LA MÊME SORTE QUE M.ZAMPINO... FACILE A PROUVER PERSONNE SE LÈVE POUR DÉNONCER CETTE MAGOUILLE...REGARDÉ A TOUS LES NIVAUX VOIR LE NOUVEL HOPIFAL LE SCANDALE QUI EST EN COUR.
    QUEL GROUPE VA SE LEVER POUR DÉNONCÉ ET ÊTRE APPUYER PAR DES GROUPES
    MERCI RAY.FORGET
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  • Hubert Lavigne - Inscrit
    3 avril 2009 08 h 58
    Ça pue...
    Ça pue M. Tremblay, si vous voulez que la confiance revienne, recommencez le processus d'appels d'offre....et qu'on fasse une enquête sérieuse. Ici, il y plus qu'apparence de conflit d'intérêt. Tenez-vous debout pour une fois, bon sens!!! A moins que vous ne fassiez partie de la magouille vous même ????

    Hubert Lavigne
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  • Amadeus Olivier - Inscrit
    3 avril 2009 09 h 29
    C'est Teeeeeeeellement gros...
    "Le maire Tremblay n'a pas voulu commenter le fait que trois des principaux dirigeants de la Ville de Montréal et responsables d'octroyer le contrat des compteurs d'eau, MM. Zampino, Provost et Abdallah, travaillent aujourd'hui chacun pour une des entreprises liées à ce contrat." Hallucinant. Cette histoire me pue au nez tellement les conflits d'intérêts sont flagrants. Ces trois guignoles ne se sont même pas donné la peine d'attendre quelques mois avant de concrétiser le retour d'ascenseur. Dégeulasse. Pas même une p'tite gêne...
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  • Hermil LeBel - Inscrit
    3 avril 2009 10 h 45
    Le grand ménage du printemps
    Devant un cas aussi flagrant de copinage et de collusion, il était du devoir du maire Tremblay de se responsabiliser et de lancer le "grand ménage du printemps".

    À défaut, il faut tirer les conclusions qui s'imposent en pareilles circonstances, à savoir que le maire est complice de la magouille. Et cette culture de corruption tolérée sinon encouragé par les acteurs du pouvoir finit par miner l'ensemble de la société à commencer par la politique ( Se souvenir des 75 000$/an du parti libéral versés sous la table au PM Charest ).

    Ces gens de petite vertu nous traitent vraiment avec mépris, eux qui devraient portant être un exemple de probité. Espérons que les citoyens s'en souviendront lorsque viendra le temps de leur confier un nouveau mandat...
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  • Bernard Gervais - Abonné
    3 avril 2009 10 h 49
    Pauvre maire Tremblay !
    J'écoutais à la télé, hier, le maire Gérald Tremblay commenter les révélations sur les liens entre M. Zampino et M. Accurso. En répondant un ton hésitant et presque craintif aux journalistes qui l'interrogeaient à ce sujet, je me suis demandé s'il avait vraiment l'autorité pour interdire de telles magouilles. Et ce commentaire vaut aussi pour M. Dauphin !
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  • Jacques Léger - Inscrit
    3 avril 2009 11 h 20
    DÉMISSION
    L'équipe "angélique" du maire Tremblay, avec le silence complice de celui-ci (à moins qu'il soit d'une naïvité qui le rend inapte à gouverner)donne l'exacte mesure de conflits d'intérêts continuels qui,à mon sens,remet en question très sérieusement son aptitude à diriger l'avenir de Montréal. S'ils n'ont pas le courage de démissionner, viendra le jour tout proche où les citoyens devront avoir le courage de leur dire :"Ça suffit!".

    Jacques Léger, Montréal (Petite-Patrie).
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  • Louise Saint-Pierre - Abonné
    3 avril 2009 14 h 01
    C'est hallucinant!
    C'est hallucinant de constater avec quel sans gêne nos hommes politiques magouillent avec les entreprises qui font affaire avec nos gouvernements, quel qu'en soit le niveau. On a l'impression qu'il n'y a plus de ligne de démarcation entre les fonctions publiques et les entreprises. Le bon Docteur Couillard qui se prépare un emploi dans le secteur privé en même temps qu'il fait passer une loi favorisant cette entreprise. Nos trois mousquetaires municipaux qui se retrouvent du jour au lendemain à l'emploi des entreprises qui viennent d'obtenir de juteux contrats avec la ville de Montréal.Et cela sans que les politiciens y voient le moindre conflit d'intérêts.
    Nous les contribuables sommes les dindons de la farce lorsque ces gens que nous avons élus et que nous payons pour s'occuper de nos intérêts en administrant au mieux les impôts et taxes que nous leur confions, quittent le bateau sans tambours ni trompettes pour aller mettre au service des entreprises concernées les connaissanceset les informations qu'ils ont acquises à nos frais. J'appelle cela de la trahison. Monsieur le Maire, cessez de faire l'autruche, la valise que vous voulez nous faire avaler est définitement trop grosse.
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  • Pierre Samuel - Abonné
    3 avril 2009 14 h 16
    Les courroies de la «valise» tiennent bon...
    Il y a toujours de la place dans la «valise»!!! Quoi qu'il en soit, notre candide «jovialiste en chef» n'a nullement à s'inquiéter pour son éventuelle réélection en novembre prochain! Comme à l'habitude, à peine 10 à 15% des Montréalais iront voter et il récoltera aisément la «majorité» (?!?), face à deux partis d'opposition groupusculaire bêtement favorables, d'abord et avant tout, à se «disputer» les miettes entre eux!
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  • Maco - Abonné
    3 avril 2009 17 h 11
    En dessous ....
    Après ça, ils veulent nous rendent coupable de travailler au noir!

    Ils ont du front tout le tour de la tête.
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  •  
  • Michel Caisse - Inscrit
    3 avril 2009 19 h 13
    De deux choses l'une,
    ou le maire de Montréal est dangereusement naïf,
    ou il est menteur.
    c'est triste à dire, mais c'est ainsi.
    Dans les deux cas, il n'y rien là-dedans pour redonner aux citoyens confiance dans leurs institutions. Nous allons tous payer pour cette insouciance, tôt ou tard.
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