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Propos controversés - Des représentants des communautés culturelles somment Louise Harel de se rétracter

Ses déclarations récentes sur le risque d'apparition d'enclaves ethniques à Montréal sèmeraient la division et le sectarisme

Louise Harel, photographiée lors de ses adieux à la politique provinciale, en octobre 2008, après 27 ans passés à l’Assemblée nationale.
Photo : Jacques Nadeau
Louise Harel, photographiée lors de ses adieux à la politique provinciale, en octobre 2008, après 27 ans passés à l’Assemblée nationale.
Des représentants montréalais de diverses communautés culturelles ont demandé hier à l'ex-ministre péquiste Louise Harel de se rétracter à la suite des propos qu'elle a tenus la semaine dernière au sujet des arrondissements montréalais.
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  • Albert Descôteaux
    Abonné
    lundi 16 mars 2009 09h15
    Madame Harel a raison!
    Il faut cesser de jouer à l'autruche et de se comporter en vierge offensée. Faut vraiment être aveugle pour ne pas voir la réalité de des divers quartiers de Montréal. Oui, il y a une grande concentration de juifs hassidiques à Outremont, d'haitiens à St-Michel, de musulmans et de libanais à St-Laurent, etc. Je ne vois pas en quoi dire la vérité puisse blesser, et surtout, pourquoi madame Harel devrait se rétracter. Y a des limites à la stupidité de certains.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    lundi 16 mars 2009 11h47
    Le communautarisme
    L'insistance de groupes communautaristes qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l'inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C'est aussi la situation dans plusieurs pays, où l'on sent une inquiétude face à la dilution de l'identité nationale suite à l'afflux d'immigrants plus ou moins intégrés. Ainsi, au Canada anglais on commence à insister plus sur l'identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau). Au Québec en particulier, îlot francophone dans une mer anglophone, il faudrait mettre plus d'accent sur l'identité québécoise et sur l'intégration des immigrants que sur les communautés culturelles. Il est grand temps de revoir l'à-propos des politiques de multiculturalisme et de communautés culturelles.

    Il faudrait d'abord cesser d'utiliser l'expression boiteuse de « Communautés culturelles » pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (et ça existe des gens qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans, on peut difficilement être plus de souche que cela, que cela plaise ou non à certains), ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des « Communautés culturelles »! Quel non-sens! Alors, parlons-donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n'y a rien de repréhensible dans le terme néo-Québécois, au contraire, il montre la volonté d'accueil du peuple québécois vis-à-vis des nouveaux arrivants, les invitant à devenir à court terme des Québécois à part entière une fois leur citoyenneté québécoise acquise.

    Le terme de « Communautés culturelles » va dans le sens de la ghettoisation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être référés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? Dans un de ses ouvrages, l'écrivain Neil Bissoondath, lui-même immigrant au Québec, s'est insurgé contre le multiculturalisme à la canadienne qui fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays. Il a bien montré que les politiques canadiennes en matière de multiculturalisme, bien que naivement conçues au départ dans un but bien intentionné, n'ont fait qu'accentuer l'isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.

    Tous les résidents du Québec, y compris les néo-Québécois qui viennent s'y installer, sont des Québécois, de plein droit ou en devenir.

  • Frédéric Chiasson
    Abonné
    lundi 16 mars 2009 12h52
    Mais qu'est-ce qu'il y a de raciste chez Mme Harel ?!
    Je ne comprends vraiment pas la réaction de ces pseudo-porte-paroles des communautés culturelles. Qu'y a-t-il de mal et de raciste dans ce qu'a dit Mme Harel ? Encore là, nous avons qu'une phrase qui nous empêche de voir le contexte et d'en comprendre le sens réel...

    En même temps, si Mme Harel craint vraiment la guettoïsation des communautés culturelles, je lui donnerais peut-être raison. Ayant vécu moi-même plusieurs années dans Côte-des-Neiges, puis Ville Saint-Laurent, je suis personnellement un peu écoeuré des commerces sans aucun service en français, des casse-croûtes où l'on se fait regarder de travers car on n'est pas hassidique et qu'on a les cheveux longs, les propos racistes des «immigrés» sur les Québécois «de souche», etc.

    Je suis surtout écoeuré de ces donneurs de leçon sur la «tolérance», des gens qui vraisemblablement n'ont jamais vécu avec les immigrants, qu'ils «angélisent» surtout avoir une belle image à la télé. Ils devraient vraiment vivre avec eux pour voir que ce sont des gens comme tout le monde, qui sont un peu racistes (voir beaucoup) comme tout le monde. Et que, oui, les disparités culturelles peuvent être dérangeantes, surtout quand il s'agit de vos voisins. On ressent vite la limite de ce relativisme culturel «cheapette» lorsqu'on a des voisins africains qui s'exclament d'enthousiasme à une heure du matin. Gageons que ces donneurs de leçon ne ferait pas preuve de «tolérance» pendant plus d'une semaine !

    Suis-je raciste ? Sûrement un peu comme tout le monde ! Pourtant, j'ai plein d'amis d'ailleurs, étant universitaire. Mais je les aime pas pour leur exotisme, mais bien pour ce que moi et eux, on a en commun.

    Alors si vous voulez une meilleure entente entre les «communautés culturelles» - comme si quelqu'un n'existe que par sa communauté d'origine, quel racisme primaire ! - peut-être il serait temps de travailler à avoir une culture et des valeurs communes. Si le fait d'éviter de guettoïser Montréal comme le propose Louise Harel nous permet d'avoir cela, je suis parfaitement d'accord !

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    lundi 16 mars 2009 14h04
    Elle a vu juste
    Je suis d'accord qu'il y a trop d'arrondissements et qu'ils ont trop de pouvoirs. Cela dit, comme les communautés culturelles ont fortement réagi aux propos de Mme Harel, cela doit vouloir dire qu'elle a vu juste.
    Henri-B. Boivin

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 16 mars 2009 16h17
    Une ville arabe musulmane
    Il est sans doute utile de rappeler que des arabes musulmans de Toronto ont fondé et développé une ville de banlieue où ils n'ont aucun contact d'autres ethnies et religions. Et ils se vantent de la quiétude qu'ils trouvent à vivre entre eux.
    Vive madame Harel ! Elle a vu juste.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

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