jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 09h55
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Port du masque: Montréal recule, mais promet un autre règlement

Le règlement prohibant le port de masques et de cagoules lors de manifestations à Montréal ne sera pas soumis au vote des élus lundi soir, mais l'administration Tremblay ne renonce pas pour autant à son projet.

Le président du comité exécutif et responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, Claude Dauphin, a fait retirer hier de l'ordre du jour de la séance du conseil municipal de lundi soir prochain l'étude du projet de modification du Règlement sur la prévention des troubles de la paix, de la sécurité et de l'ordre public et sur l'utilisation du domaine public (P-6) afin d'y ajouter une disposition interdisant aux manifestants de se masquer le visage.

«Comme notre objectif est de fournir de bons outils à nos policiers qui auront à appliquer ce règlement et aux tribunaux qui devront le sanctionner, il nous apparaît important de réexaminer notre projet d'amendement et de le soumettre à nouveau à la Commission de la sécurité publique pour une nouvelle évaluation», a indiqué Claude Dauphin, hier, par voie de communiqué. Ce dernier refuse de fixer un échéancier pour la révision de la modification.

Un front commun de groupes de défense des droits et de syndicats enjoint l'administration Tremblay de retirer «purement et simplement» non seulement le projet d'amendement au règlement P-6 proposé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mais bien tout le «règlement antimanif» adopté dans les années 1970 par l'administration Drapeau-Saulnier.

«Des gens peuvent, sans avoir aucune intention criminelle, vouloir se masquer pour protéger leur anonymat sans que cela soit répréhensible, a dit hier le représentant de la Ligue des droits et libertés, Denis Barrette. Ce n'est pas vers une escalade des pouvoirs d'intervention des policiers qu'il faut se diriger, mais vers une meilleure compréhension de ce qu'est la liberté d'expression. Visiblement les forces de l'ordre n'ont rien compris.»

Le directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, somme pour sa part l'administration Tremblay de ne plus «adopter des politiques ou des règlements en catimini». Fo Niemi demande notamment à la Ville d'ouvrir grandes les portes de la Commission de la sécurité publique aux citoyens.

Le chef de l'opposition officielle de la Ville de Montréal, Benoit Labonté, a applaudi la décision du comité exécutif de commander un nouvel examen du projet de modification du règlement P-6 à la Commission de la sécurité publique, mais lui demande de «donner la parole aux citoyens sur [ce] projet de règlement qui déjà suscite la grogne». «Par respect envers les citoyens et dans l'intérêt de la démocratie montréalaise, force est d'admettre que la tenue d'une séance publique est nécessaire», a affirmé Benoit Labonté.

La Fraternité des policiers et des policières insiste pour que le conseil municipal adopte l'amendement le plus rapidement possible. Le président de la Fraternité, Yves Francoeur, insiste sur le fait que «ce sont clairement les casseurs, les gens qui s'insèrent dans les manifestations pacifiques dans le but de casser, défoncer et brûler du matériel, ou carrément s'en prendre aux policiers et aux citoyens, qui sont visés par cet amendement. La moindre des choses, en démocratie, c'est de s'exprimer à visage découvert».
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Theriault
    Abonné
    samedi 21 février 2009 08h23
    Il ne faut pas renoncer
    L'administration Tremblay ne doit pas renoncer à son projet. Une disposition interdisant aux manifestants de se masquer le visage me paraît justifiée. Cette fois je suis d'accord avec la Fraternité : «...La moindre des choses, en démocratie, c'est de s'exprimer à visage découvert.» À mon sens, les forces de l'ordre ont bien compris.«Des gens peuvent, sans avoir aucune intention criminelle, vouloir se masquer pour protéger leur anonymat sans que cela soit répréhensible», a dit hier le représentant de la Ligue des droits et libertés. Ça c'est du "ni-ni".

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    samedi 21 février 2009 08h29
    Pourquoi pas nu?
    La sécurité doit primer
    Se promoner nu non? Pas plus que le visage caché. Félécitation à l'équipe Tremblay pour cette initiative qui j'espère que le gros bon sens l'emportera.

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 08h58
    Il est urgent d'agir en ce domaine
    La fraternité des policier a raison.

    En démocratie on agit à visage découvert; seul le froid peut justifier le port de cagoules. Les masque et foulars sont des signes de banditisme et de dénie de nos valeurs démocratiques et sociales.

  • Santiago Tiago
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 13h30
    filméEs, fichéEs
    suite à ces trois commentaires fort éclairants... une précision.
    se faire filmer et ficher lorsqu'on manifeste est ce qu'on appelle un déni de nos droits et libertés démocratiques. protéger son anonymat ou ses poumons contre des gaz lacrymogènes n'est pas un acte criminel. sans ces pratiques policières, les masques ne seraient pas nécessaires.

  • Hugo Vaillancourt
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 16h55
    Parlant de casseurs...
    Parlant de casseurs, la Fraternité des policiers pourrait peut-être nous faire le plaisir de prouver qu'il n'y a plus de policiers agents provocateurs qui commettent du vandalisme dans les manifestations. Un bon exemple est quand ils se sont fait prendre la main dans le sac au Sommet du G8 à Montebello. On peut aussi parler du procès des manifestants accusés d'émeute lors du Commando-Bouffe à l'hôtel Reine-Élizabeth, dans lequel la défense a réussi à prouver en Cour que ce sont des agents de police masqués qui lançaient des pierres en se faisant passer pour des manifestants...

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 21 février 2009 22h34
    Respectez les services publiques
    Lors de la manifestation du G8, ce sont des casseurs qui on fait du grabuge.

    À la maniestation bouffe du Reine Elisabeth, le fait d'entrer à l'intérieur d'un hôtel sans vouloir payer son dû,
    n'est pas une manifestation pacifique. C'est une intrusion et un vol planifié du bien d'autrui.

    Toutes les personnes cagoulées sont des casseurs potentiels.

    Si vous voulez vous exprimer, c'est que vous voulez passer aux nouvelles et que vous voulez être filmés et photographiés. Si un règlement interdit de se masquer à une manifestation, ceux qui s'expriment en respectant la loi seront ainsi protégés contre ceux qui veulent empêcher de manifester ou vandaliser et voler.

    Quand aux gaz lacrymogènes, ils ne sont utilisées qu'en dernier recours, si une manifestation dégénère et crée des risques pour la population, les pompiers et les ambulanciers.

    Dans les régimes totalitaires l'armé tire dans le tas. C'est comme ça que ça se fait dans les pays communistes, sous les dictateurs et où la contestation n'est pas admise.

    Nous sommes en démocratie. Si vous vous brisez une cheville en faisant un faux pas en manifestant, vous serez bien contant de recevoir les secours d'un ambulacier. Les services publiques doivent être respectés en démocratie; que ce soient les pompiers les ambulanciers et les forces policières aussi. C'est nous qui payons leur travail de protection du public tout comme leurs véhicules de service.

    Soyons logiques.

  • Michel Duchaine
    Abonné
    dimanche 22 février 2009 14h31
    Il faut connaître ses limites...tout est relatif!
    Cit: «...La moindre des choses, en démocratie, c'est de s'exprimer à visage découvert.»
    Cette affirmation est tout ce qu'il y a de plus relatif:qu'est-ce qu'un visage découvert...et qu'est-ce qu'une face cachée?
    Içi on parle de masques,de cagoules,de foulards,etc,mais dans la vrai vie,comme exemple :quelqu'un qui se fait mettre à la rue par défaut de paiements à son loyer (suite à une perte d'emploi)...prend-il la porte à visage couvert ou découvert?Les raisons de sa condamnation aux pavés de la rue,sont-elles claires...ou dissimulées?...Symtômes de sociétés ou actes isolés?
    Il faut aussi décréter que lorsque l'on fraude à la Caisse de dépôts et de Placements du Québec,on doit le faire à visage découvert ,aussi!
    Il faut aussi décréter que lorsque des politiciens trempent dans une fraude comme "le scandale des Commandites" que se soient les coupables (lire:les politiciens responsables) qui soient condamnés et ...payent les frais de l'enquête...non pas les travailleurs et travailleuses de ce pays (lire:les victimes).
    Nus vivons dans un systême politique complètement corrompu,à tel point que nos "administrateurs politiques" portent des masques eux-mêmes...de très belles cagoules!
    Ils ne tiennent pas d'armes à feu,ni d'explosifs,mais se servent de leurs "contacts,de leurs savoir-faire,de leurs expériences et de leurs passés"!
    Leurs véritables armes sont liées à la manipulation des masses ,aux mensonges qu'ils ont appris à réciter et à l'intimidation qu'ils générent grâce "aux bras du systême"(lire:les policiers,les soldats,les services de renseignements,etc).
    Il est normal dans ce cas que "les gouvernants invisibles" du systême aient peur que la masse des travailleurs deviennent "intelligents" et commencent à réagir contre le pillage des biens publics.
    Donc rien de pire pour eux,à ce que les gens qui manifestent haut et fort soient méconnaissables et discrets.Il est plus facile de les intimider en pouvant facilement les reconnaître.Ceçi ouvre des perspectives faciles à comprendre:les manifestants pourront facilement recevoir des menaces,perdre leur emploi,être harceler à leur propre domicile et j'en passe!
    Toutes ces méthodes ont été et resteront le propre des régimes totalitaires ou...en voie de le devenir!
    Le Canada ressemble de plus en plus à une ...démocratie sale...ou à une dictature propre!

  • Frederick Yao
    Inscrit
    dimanche 22 février 2009 15h00
    Droit de manifester.
    "Chacun a les libertés fondamentales suivantes:
    c) liberté de réunion pacifique;
    d) liberté d'association."

    Article 2 de la Charte Canadienne.
    Certains diront que cet article ne s'applique pas aux manifestants masqués, qu'ils n'ont pas un dessein pacifique, étant donné qu'ils sont tous "des casseurs potentiels" ( 2 commentaires plus bas)...

    D'autres répondront que si on souhaite montrer sa foi en une cause, par exemple par le billet d'une manifestation publique, il faut être prêt à s'affirmer et à se montrer à découvert. Selon moi, le problème est que dans ces manifestations où une grande majorité sont masqués, cagoulés, etc., l'enjeu est tellement important et les personnes contestées tellement influentes, qu'il devient dangereux de s'y exposer.

    Personne n'est masqué si un groupe se mobilise contre la fermeture d'une école, d'une usine, etc. car, selon moi, il n'y a aucun danger à s'affirmer en tant que citoyen à de tels évènements. Cependant, à des manifestations anti-guerre, anticapitalisme, antimondialisation, etc. c'est une toute autre paire de manches. Pourquoi ? Parce qu'il y a un danger à s'affirmer en tant que citoyen et il est là le problème. Le port du masque, ce n'est pas la cause du grabuge. C'est la conséquence du non-respect des droits fondamentaux.

    De plus, je ne comprends pas le responsable de la Fraternité des Policiers de parler de démocratie. Étymologiquement, ce mot signifie "pouvoir au peuple", si ma mémoire est exacte. Contraindre, le peuple dans sa liberté de penser d'un côté et dans son droit de se mobiliser de l'autre revient à admettre que la démocratie n'est qu'un mot et non plus un concept.

    Je tiens à rappeler que c'était la SQ qui faisait le grabuge au sommet de Montebello. C'est si facile de partir un mouvement de masse. 2-3 agents CAGOULÉS lançant des roches et insultant leurs confrères et boom, les alter-mondialistes ne sont que de la racaille, comme dirait M. Sarko-nazy...

    Je ne comprends pourquoi on s'entête à donner de plus en plus de pouvoir aux forces de l'ordre ( quel ordre ?) alors qu'ils en ont déjà suffisamment, sinon trop. En ce sens où, déjà au départ, on donne le droit de tuer à des hommes, à des agents de la "paix"... Qu'est-ce qu'on attend avant d'agir ? Qu'un policier abattent un enfant et soit acquitté ?...

    Pour conclure, je tiens à dire que selon moi, la requête des policiers et de la municipalité est dénuée de sens. On utilise la démocratie à outrance comme prétexte afin d'empêcher les gens de protéger leur anonymat. "En démocratie, on s'affirme". On dit aussi qu'en démocratie, nous sommes tous égaux. Pourtant, l'escouade anti-émeute est casquée, non ?...

  • Diane Cadieux
    Inscrite
    lundi 23 février 2009 10h40
    il ne faut pas lâcher
    après avoir lu l'article et les "RÉACTIONS", la tendance se porte vraiment vers le "GROS BON SENS".
    manifester cagoulé existe à peu près depuis l'arrivée des casseurs.
    il peut y avoir eu des dérapages de la part des policiers, (je n'y étais pas, donc incapable ni d'affirmer, ni d'infirmer), mais honnêtement parlant, il faut bien admettre que ce sont les casseurs qui se masquent et qui ne se contentent pas de manifester pacifiquement leur mécontentement. Ils cherchent à briser et vandaliser, plus souvent qu'autrement, les biens privés des citoyens.
    alors, SVP, adoptez ce fichu amendement au plus vite
    Diane Cadieux

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
9 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012