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Laval stoppe sa contribution au métro

Kathleen Lévesque   5 février 2009  Villes et régions
La Ville de Laval n'entend pas verser en 2009 sa contribution financière au déficit du métro de Montréal, considérant que la tarification imposée aux usagers de la Rive-Nord est inéquitable par rapport à celle dont bénéficient les gens de la Rive-Sud.

Dans une lettre du 10 octobre dernier adressée au maire de Montréal, Gérald Tremblay, à titre de président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CCM) et dont Le Devoir a obtenu copie, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, prévient son homologue que «les Lavallois ne paieront pas deux fois la facture du métro». Du coup, c'est une somme de 1,641 million de dollars que Laval retient.

En vertu d'une entente intervenue au moment de l'ouverture des trois stations du métro de Montréal sur le territoire lavallois en avril 2007, il a été convenu que le tarif payé par la clientèle demeurerait le titre métropolitain TRAM 3, soit un montant mensuel de 103 $ (aujourd'hui à 109 $).

En comparaison, les clients qui montent dans le métro à partir de la station à Longueuil n'ont à débourser que les 68,50 $ que coûte mensuellement la CAM.

Dès novembre 2007, le maire de Laval a alerté M. Tremblay en lui soulignant que les tarifs assumés par les usagers lavallois représentaient pour la Société de transport de Montréal (STM) des revenus supplémentaires de l'ordre de 2,5 millions par année. «Les stations de Laval et de Longueuil doivent être traitées de la même façon», écrivait-il alors.

Tous les partenaires du transport en commun avaient convenu qu'il fallait le plus tôt possible procéder à une harmonisation des tarifs pour toute la clientèle à l'extérieur de l'île de Montréal. Mais le règlement du problème tarde: l'ajustement n'est venu ni en janvier 2008, ni en janvier 2009. Devant cette situation, Gilles Vaillancourt, pourtant connu pour son attitude flegmatique, s'impatiente.

«À partir de maintenant, la Ville de Laval considérera que ses citoyens, en tant qu'usagers du métro, auront pleinement et totalement rempli leur obligation envers le financement de ce mode de transport, écrit M. Vaillancourt. Je n'ai donc pas l'intention de faire payer aux contribuables fonciers le montant de 1 641 000 $ qui devrait normalement être versé par Laval à la STM, via l'AMT.»

Selon M. Vaillancourt, la tarification différenciée devrait s'appliquer tant à Laval qu'à Longueuil. Outre le fait que cela rétablirait, à ses yeux, l'équité, cela permettrait à la STM d'empocher des revenus additionnels estimés à 1,4 million pour couvrir le déficit du métro.

Les usagers du métro de Longueuil se verront-ils imposer une augmentation de plus de 40 $ par mois? À Laval, on se défend bien de proposer un tel scénario. On se borne à répéter que, tant sur la rive nord que sur la rive sud, on doit payer le même tarif.

À la Ville de Montréal, l'agacement du maire Vaillancourt ne suscite guère d'émoi. André Lavallée, vice-président du comité exécutif et responsable du plan de transport, rappelle que le débat sur l'intégration tarifaire se fait au sein du comité aviseur des élus sur le financement et la gouvernance du transport en commun. Une première réunion s'est tenue en octobre; une autre est prévue au cours du mois. «Plusieurs questions importantes sont discutées, dont les trains de banlieue, la gouvernance, c'est-à-dire est-ce que les responsabilités de l'Agence métropolitaine de transport ne devraient pas relever de la CCM ainsi que l'intégration tarifaire? [...] On cherche une entente globale et le maire de Montréal espère un règlement sous peu», a déclaré M. Lavallée.

Sur la lenteur des discussions, M. Lavallée a rappelé que les Montréalais attendent depuis 1967 un partage équitable des coûts du métro. «Pendant des années, il n'y a eu aucune contribution [des villes de banlieue]», a-t-il dit avant d'ajouter: «Est-ce qu'on arrête les trains de banlieue demain parce que c'est injuste pour les Montréalais? Le coût du déficit des trains de banlieue est partagé en fonction du kilométrage parcouru et puisque tous les trains traversent Montréal, les Montréalais paient. On peut faire la guerre ou faire une entente qui va nous permettre de développer le transport en commun», a soutenu André Lavallée.

Il y a deux ans, les élus de la CCM, qui regroupe 82 municipalités, ont reconnu que le métro de Montréal est un équipement métropolitain et que de ce fait, doit être assumé financièrement par la collectivité métropolitaine. Selon les règles de partage établies en fonction de la provenance de la clientèle pour une période de cinq ans (jusqu'en 2011), Laval doit verser 1,641 million par année puisque 4,3 % de la clientèle du métro provient de son territoire. À Longueuil, bien que les usagers totalisent près de 8 % de la clientèle, la Ville paie 1,7 million, le gouvernement lui ayant consenti une aide ponctuelle.

Dans ce contexte, le maire Vaillancourt n'en démord pas et a prié Gérald Tremblay «d'aviser la STM de ne plus compter sur une double contribution de Laval au déficit du métro».






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  • Gilles Delisle
    Abonné
    jeudi 5 février 2009 06h58
    Inéquitable depuis le début!
    « Il est temps que la grille tarifaire des usagers du métro de Montréal soit uniformisée. Depuis l'ouverture du métro à Laval, les citoyens de cette municipalité subissent une injustice par rapport aux usagers de Longueuil quant aux tarifs du métro. Plus encore, le transport en commun, métro et autobus devraient être régie par une seule société de transport sur tout le territoire métropolitain, ce qui éviterait l'inéquité actuellement des tarifs d'autobus et de métro, causés par des chicanes de clocher ridicules entre politiciens des municipalités, et petits roîtelets des Sociétés de transport urbain. »

  • Pierre Villeneuve
    Abonné
    jeudi 5 février 2009 08h50
    Le beurre et l'argent ...
    « Le maire Vaillancourt était heureux de voir l'arrivée du métro à Laval. Il voudrait même de nouvelles stations. Par contre, les factures, le maire n'en veut pas. Il est vrai que l'utilisateur du métro à Laval paie un tarif supérieur. Toutefois, l'automobiliste de Laval qui peut se déplacer plus facilement vers Montréal grâce à la réduction de l'achalandage sur les routes ne contriburait pas aux coûts du métro. Selon cette logique du maire Vaillancourt, l'utilisateur du métro ne devrait pas contribuer aux coûts d'entretien du réseau routier puisqu'il ne l'utilise pas. Le maire a raison de demander une révision du mode tarifaire. De là à se faire justice, c'est autre chose. »

  • Pierre Villeneuve
    Abonné
    jeudi 5 février 2009 08h51
    Le beurre et l'argent ...
    « Le maire Vaillancourt était heureux de voir l'arrivée du métro à Laval. Il voudrait même de nouvelles stations. Par contre, les factures, le maire n'en veut pas. Il est vrai que l'utilisateur du métro à Laval paie un tarif supérieur. Toutefois, l'automobiliste de Laval qui peut se déplacer plus facilement vers Montréal grâce à la réduction de l'achalandage sur les routes ne contriburait pas aux coûts du métro. Selon cette logique du maire Vaillancourt, l'utilisateur du métro ne devrait pas contribuer aux coûts d'entretien du réseau routier puisqu'il ne l'utilise pas. Le maire a raison de demander une révision du mode tarifaire. De là à se faire justice, c'est autre chose. »

  • Nicolas Thibodeau
    Abonné
    jeudi 5 février 2009 08h57
    Alors Stoppons le métro vers Laval...
    « Utilisateurs payeurs? Ce n'est pas seulement aux usagers de payer, mais aussi aux villes qui en reçoivent les bénéfices. Laval ne veut plus partager les responsabilités du métro, stoppons ses droits. Sa population remplacera alors peut-être un jour son maire. »

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 5 février 2009 09h34
    La bêtise «made in Quebec» dans toute sa splendeur! Bravo M. Vaillancourt!
    « Je ne sais pas où ça nous mènera, mais il était temps. J'ai téléphoné à maintes reprises pour me plaindre de cet illogisme. À la ville de Laval on m'a dit, «c'est pas nous et d'appeler l'AMT, c'est leur faute à eux»!
    L'AMT m'a dit, «c'est pas nous, nous on fait rien (???) c'est la faute à Laval et Montréal car les tarifs ne sont pas harmonisés, vu qu'il y a 2 territoires». Bingo!
    Entretemps M. Charest met l'économie en priorité (sur les affiches seulement), il se fait demander des nouvelles de sa plotte, elle est bien bonne celle là, ce qui prouve qu'il est considéré au mieux, comme un sympathique bouffon, par les Français.
    Bachand et autres se la pogne et les grossièretés administratives bloquent tout.
    On se bat verbalement (pas dans les faits) pour l'environnement et le transport en commun, mais on ne fait rien pour que ça se règle.
    D'un côté, laissez la voiture chez vous et prenez le train ou le transport en commun (désolé mais le terme collectif me pue au nez, il n'est pas collectif du tout selon moi)
    Et de l'autre côté, pas de stationnement, des tickets aux gens qui se garent «où ils peuvent pour prendre le transport en commun collectif et surtout, le transport est en panne où en retard sans arrêt. Le tiers monde! C'est ça!
    À quoi sert l'AMT? À rien sinon à pomper de l'argent dont on a besoin pour le transport des passagers! Tout gouvernement lucide les abolirait, mais ici, c'est différent c'est le Quebec! On parie qu'il va se créer une AQTC (Association québécoise du transport collectif) pour parrainer tout ça, sous prétexte de régler les imbroglios entre les différentes sociétés de transports (ici il n'y a pas de problèmes, il y a des imbroglios).
    Si on fusionnait les 4 sociétés en une seule, on ne perdrait pas de bus, pas de personnel actif (chauffeurs et le personnel roulant) mais on pourrait couper pas mal plus de millions que ceux qui nous font défaut avec tous ces conseils et structures bureaucratiques de la rive Sud, Nord, Montréal et AMT réunis sauf que...c'est évident alors on y tourne le dos. »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 10h05
    Effronté
    « Je propose que la participation financière des villes qui composent le grand Montréal soit basé sur leurs revenus, ce qui correspondrait davantage à notre sociale-démocratie. Laval paiera donc davantage que Longueuil. Ce qui est équitable.

    Si Vaillancourt veut faire de la dissidence sociale, qu'on ferme les stations de Laval. Point à la ligne. L'intelligence ne tardera pas à lui revenir.

    Jean-Marie Francoeur »

  • Charlie Marois
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 10h37
    Savoir lire
    « Nicolas Thibodeau et Pierre Villeneuve ne semble pas avoir compris que si le maire de Laval décide d'arrêter de donner la contribution de Laval au déficit du métro, c'est qu'il demande une répartition équitable de la contribution entre Laval et Longueuil. Que Laval est seule à payer en ce moment. Et non pas parce qu'ils veulent le beurre et l'argent du beurre. Il s'agit d'un moyen de pression, alors ne stoppons pas le métro vers Laval comme le suggère M. Thibodeau. »

  • Pierre-E. Paradis
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 11h19
    Deux options...
    « Option 1: À Montréal, les résidents du 514 contribuent déjà, par leurs impôts, à soutenir l'étalement urbain, la construction de nouvelles routes et de nouvelles écoles dans la Couronne nord, etc. Dans ce contexte, une tarification différenciée pour le transport en commun est un juste retour des choses. Que vous soyez à Londres ou Paris, les tarifs varient en fonction de la distance, c'est bien connu. Plus vous habitez loin, plus vous payez! Je ne vois pas pourquoi ça devrait etre différent ici.

    Option 2: on égalise les tarifs (ce qui est bon pour la fréquentation du métro) et on impose le péage sur les ponts! »

  • Simon Doucet
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 11h37
    Tout pour décourager l'utilisation du tansport en commun
    « Depuis l'ouverture du métro à Laval ce système de double tarification est absurde. Il n'y a aucun tarif raisonnable pour ceux qui ne prennent que le métro. La CAM à 109$ donne aussi accès aux réseau d'autobus de Laval, bien pratique si on le prend, mais si on ne prend que le métro à Laval pour aller travailler à Montréal, ce qui est le cas de tout les usagers des stationnements incitatifs, la seule solution est d'acheter les billets à l'unité.

    Bref ce système est mal pensé, absurde et n'incite aucunement à prendre le transport en commun. Il est grand temps de mettre fin à ces chicanes de clocher et d'intégrer ces deux compagnies de transport. Si les élus locaux ne sont pas capables de le faire, le gouvernement du Québec devrait l'imposer. Si l'on veut inciter les gens à prendre les transports en commun, ce qui est urgent, il faut une tarification adéquate et logique. »

  • Phil Ippe
    Inscrit
    jeudi 5 février 2009 12h08
    Paieage...
    « ca sent les postes de paieage qui reviennent sur les ponts de Laval/Mtl...double avantage: incitatif a ne pas prendre sa voiture et financement du transport en commun.
    Le metro de Laval ne sert qu'aux Lavallois, les gens de Montreal ne vont pas à Laval et n'y travaillent pas. C'est Laval qui voulait son métro à tout prix. Il n'y a qu'une station à Longueuil, et 3 à Laval...ces chicanes de clochers demontrent tres bien pourquoi les societes occidentales modernes sont sclérosées et avancent a petit pas et leurs infrastructures s'effondrent, et pas juste au Québec. »

  • Sébastien Lambert
    Abonné
    jeudi 5 février 2009 12h54
    Répartition équitable
    « J'aimerais ici faire remarquer à C. Marois que les habitants de Longeuil contribuent à 37,3% des dépenses pour les transports en commun, alors que ceux de Laval ne contribuent que 32%. Donc, les lavalois paient plus cher leur carte mensuel parce que leur Maire ne désire pas investir dans les transports en commun. »

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