Laval stoppe sa contribution au métro
La Ville de Laval n'entend pas verser en 2009 sa contribution financière au déficit du métro de Montréal, considérant que la tarification imposée aux usagers de la Rive-Nord est inéquitable par rapport à celle dont bénéficient les gens de la Rive-Sud.
Dans une lettre du 10 octobre dernier adressée au maire de Montréal, Gérald Tremblay, à titre de président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CCM) et dont Le Devoir a obtenu copie, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, prévient son homologue que «les Lavallois ne paieront pas deux fois la facture du métro». Du coup, c'est une somme de 1,641 million de dollars que Laval retient.
En vertu d'une entente intervenue au moment de l'ouverture des trois stations du métro de Montréal sur le territoire lavallois en avril 2007, il a été convenu que le tarif payé par la clientèle demeurerait le titre métropolitain TRAM 3, soit un montant mensuel de 103 $ (aujourd'hui à 109 $).
En comparaison, les clients qui montent dans le métro à partir de la station à Longueuil n'ont à débourser que les 68,50 $ que coûte mensuellement la CAM.
Dès novembre 2007, le maire de Laval a alerté M. Tremblay en lui soulignant que les tarifs assumés par les usagers lavallois représentaient pour la Société de transport de Montréal (STM) des revenus supplémentaires de l'ordre de 2,5 millions par année. «Les stations de Laval et de Longueuil doivent être traitées de la même façon», écrivait-il alors.
Tous les partenaires du transport en commun avaient convenu qu'il fallait le plus tôt possible procéder à une harmonisation des tarifs pour toute la clientèle à l'extérieur de l'île de Montréal. Mais le règlement du problème tarde: l'ajustement n'est venu ni en janvier 2008, ni en janvier 2009. Devant cette situation, Gilles Vaillancourt, pourtant connu pour son attitude flegmatique, s'impatiente.
«À partir de maintenant, la Ville de Laval considérera que ses citoyens, en tant qu'usagers du métro, auront pleinement et totalement rempli leur obligation envers le financement de ce mode de transport, écrit M. Vaillancourt. Je n'ai donc pas l'intention de faire payer aux contribuables fonciers le montant de 1 641 000 $ qui devrait normalement être versé par Laval à la STM, via l'AMT.»
Selon M. Vaillancourt, la tarification différenciée devrait s'appliquer tant à Laval qu'à Longueuil. Outre le fait que cela rétablirait, à ses yeux, l'équité, cela permettrait à la STM d'empocher des revenus additionnels estimés à 1,4 million pour couvrir le déficit du métro.
Les usagers du métro de Longueuil se verront-ils imposer une augmentation de plus de 40 $ par mois? À Laval, on se défend bien de proposer un tel scénario. On se borne à répéter que, tant sur la rive nord que sur la rive sud, on doit payer le même tarif.
À la Ville de Montréal, l'agacement du maire Vaillancourt ne suscite guère d'émoi. André Lavallée, vice-président du comité exécutif et responsable du plan de transport, rappelle que le débat sur l'intégration tarifaire se fait au sein du comité aviseur des élus sur le financement et la gouvernance du transport en commun. Une première réunion s'est tenue en octobre; une autre est prévue au cours du mois. «Plusieurs questions importantes sont discutées, dont les trains de banlieue, la gouvernance, c'est-à-dire est-ce que les responsabilités de l'Agence métropolitaine de transport ne devraient pas relever de la CCM ainsi que l'intégration tarifaire? [...] On cherche une entente globale et le maire de Montréal espère un règlement sous peu», a déclaré M. Lavallée.
Sur la lenteur des discussions, M. Lavallée a rappelé que les Montréalais attendent depuis 1967 un partage équitable des coûts du métro. «Pendant des années, il n'y a eu aucune contribution [des villes de banlieue]», a-t-il dit avant d'ajouter: «Est-ce qu'on arrête les trains de banlieue demain parce que c'est injuste pour les Montréalais? Le coût du déficit des trains de banlieue est partagé en fonction du kilométrage parcouru et puisque tous les trains traversent Montréal, les Montréalais paient. On peut faire la guerre ou faire une entente qui va nous permettre de développer le transport en commun», a soutenu André Lavallée.
Il y a deux ans, les élus de la CCM, qui regroupe 82 municipalités, ont reconnu que le métro de Montréal est un équipement métropolitain et que de ce fait, doit être assumé financièrement par la collectivité métropolitaine. Selon les règles de partage établies en fonction de la provenance de la clientèle pour une période de cinq ans (jusqu'en 2011), Laval doit verser 1,641 million par année puisque 4,3 % de la clientèle du métro provient de son territoire. À Longueuil, bien que les usagers totalisent près de 8 % de la clientèle, la Ville paie 1,7 million, le gouvernement lui ayant consenti une aide ponctuelle.
Dans ce contexte, le maire Vaillancourt n'en démord pas et a prié Gérald Tremblay «d'aviser la STM de ne plus compter sur une double contribution de Laval au déficit du métro».
Dans une lettre du 10 octobre dernier adressée au maire de Montréal, Gérald Tremblay, à titre de président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CCM) et dont Le Devoir a obtenu copie, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, prévient son homologue que «les Lavallois ne paieront pas deux fois la facture du métro». Du coup, c'est une somme de 1,641 million de dollars que Laval retient.
En vertu d'une entente intervenue au moment de l'ouverture des trois stations du métro de Montréal sur le territoire lavallois en avril 2007, il a été convenu que le tarif payé par la clientèle demeurerait le titre métropolitain TRAM 3, soit un montant mensuel de 103 $ (aujourd'hui à 109 $).
En comparaison, les clients qui montent dans le métro à partir de la station à Longueuil n'ont à débourser que les 68,50 $ que coûte mensuellement la CAM.
Dès novembre 2007, le maire de Laval a alerté M. Tremblay en lui soulignant que les tarifs assumés par les usagers lavallois représentaient pour la Société de transport de Montréal (STM) des revenus supplémentaires de l'ordre de 2,5 millions par année. «Les stations de Laval et de Longueuil doivent être traitées de la même façon», écrivait-il alors.
Tous les partenaires du transport en commun avaient convenu qu'il fallait le plus tôt possible procéder à une harmonisation des tarifs pour toute la clientèle à l'extérieur de l'île de Montréal. Mais le règlement du problème tarde: l'ajustement n'est venu ni en janvier 2008, ni en janvier 2009. Devant cette situation, Gilles Vaillancourt, pourtant connu pour son attitude flegmatique, s'impatiente.
«À partir de maintenant, la Ville de Laval considérera que ses citoyens, en tant qu'usagers du métro, auront pleinement et totalement rempli leur obligation envers le financement de ce mode de transport, écrit M. Vaillancourt. Je n'ai donc pas l'intention de faire payer aux contribuables fonciers le montant de 1 641 000 $ qui devrait normalement être versé par Laval à la STM, via l'AMT.»
Selon M. Vaillancourt, la tarification différenciée devrait s'appliquer tant à Laval qu'à Longueuil. Outre le fait que cela rétablirait, à ses yeux, l'équité, cela permettrait à la STM d'empocher des revenus additionnels estimés à 1,4 million pour couvrir le déficit du métro.
Les usagers du métro de Longueuil se verront-ils imposer une augmentation de plus de 40 $ par mois? À Laval, on se défend bien de proposer un tel scénario. On se borne à répéter que, tant sur la rive nord que sur la rive sud, on doit payer le même tarif.
À la Ville de Montréal, l'agacement du maire Vaillancourt ne suscite guère d'émoi. André Lavallée, vice-président du comité exécutif et responsable du plan de transport, rappelle que le débat sur l'intégration tarifaire se fait au sein du comité aviseur des élus sur le financement et la gouvernance du transport en commun. Une première réunion s'est tenue en octobre; une autre est prévue au cours du mois. «Plusieurs questions importantes sont discutées, dont les trains de banlieue, la gouvernance, c'est-à-dire est-ce que les responsabilités de l'Agence métropolitaine de transport ne devraient pas relever de la CCM ainsi que l'intégration tarifaire? [...] On cherche une entente globale et le maire de Montréal espère un règlement sous peu», a déclaré M. Lavallée.
Sur la lenteur des discussions, M. Lavallée a rappelé que les Montréalais attendent depuis 1967 un partage équitable des coûts du métro. «Pendant des années, il n'y a eu aucune contribution [des villes de banlieue]», a-t-il dit avant d'ajouter: «Est-ce qu'on arrête les trains de banlieue demain parce que c'est injuste pour les Montréalais? Le coût du déficit des trains de banlieue est partagé en fonction du kilométrage parcouru et puisque tous les trains traversent Montréal, les Montréalais paient. On peut faire la guerre ou faire une entente qui va nous permettre de développer le transport en commun», a soutenu André Lavallée.
Il y a deux ans, les élus de la CCM, qui regroupe 82 municipalités, ont reconnu que le métro de Montréal est un équipement métropolitain et que de ce fait, doit être assumé financièrement par la collectivité métropolitaine. Selon les règles de partage établies en fonction de la provenance de la clientèle pour une période de cinq ans (jusqu'en 2011), Laval doit verser 1,641 million par année puisque 4,3 % de la clientèle du métro provient de son territoire. À Longueuil, bien que les usagers totalisent près de 8 % de la clientèle, la Ville paie 1,7 million, le gouvernement lui ayant consenti une aide ponctuelle.
Dans ce contexte, le maire Vaillancourt n'en démord pas et a prié Gérald Tremblay «d'aviser la STM de ne plus compter sur une double contribution de Laval au déficit du métro».
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