Labonté perd sa majorité
Le chef de l'opposition à l'hôtel de ville et chef de Vision Montréal, Benoit Labonté, a subi un autre coup dur hier. Moins de deux semaines après la démission de la conseillère Claire Saint-Arnaud et de l'ancien directeur général du parti, Robert Laramée, le conseiller du district Sainte-Marie-Saint-Jacques, Pierre Mainville, a claqué la porte de Vision Montréal (VM). Cette défection a fait perdre à Benoit Labonté sa majorité au conseil d'arrondissement de Ville-Marie.
«Malgré son effort, Benoit Labonté n'est pas un homme d'équipe qui est ouvert au dialogue avec les élus du parti», a indiqué Pierre Mainville hier matin, en annonçant sa décision. La liste de ses griefs à l'endroit du chef de Vision Montréal était longue. Il a reproché à Benoit Labonté de tenir les élus dans l'ignorance au sujet de l'état des finances du parti et de ne pas leur prêter une attention suffisante dans la prise de décision. M. Mainville a affirmé que lors du caucus des élus tenu vendredi dernier, il n'a pu obtenir de réponses aux nombreuses questions qu'il a adressées au chef sur les finances du parti. Il a aussi accusé M. Labonté de ne pas s'être opposé avec suffisamment de vigueur à la loi 22, qui transformera la gouvernance de l'arrondissement de Ville-Marie à partir de novembre 2009.
Il siégera donc comme indépendant même s'il n'écarte pas la possibilité de se joindre à une autre formation politique, soit Union Montréal (UM), le parti dirigé par Gérald Tremblay, ou Projet Montréal (PM), la formation de Richard Bergeron. «Je réfléchis pour l'instant», a-t-il dit, en précisant que lors des conseils d'arrondissement, il votera «dans l'intérêt des citoyens». Si Benoit Labonté quittait la direction du parti, il soutient qu'il réintégrerait les rangs de VM.
Pierre Mainville s'était fait élire sous la bannière de VM lors des élections de novembre 2005, seul de son parti au sein du conseil d'arrondissement de Ville-Marie. Lorsque Benoit Labonté et le conseiller de Peter-McGill, Karim Boulos, ont quitté l'équipe de Gérald Tremblay pour joindre les rangs de VM, en novembre 2007, le parti d'opposition est devenu majoritaire au conseil d'arrondissement, au grand dam de l'administration Tremblay.
Enquête interne
La décision de M. Mainville n'a pas étonné Benoit Labonté, qui souligne que cette série de défections survient peu après qu'il a demandé une vérification interne des finances du parti. «Il y a là une drôle de coïncidence, et je pense que la clé de l'énigme se situe beaucoup plus de ce côté-là que de toute autre chose», a-t-il dit. Cette vérification administrative, qu'il a demandée en octobre dernier, vise à passer en revue les «modes de gestion» du parti qui avaient cours avant son arrivée à sa tête, a-t-il précisé. C'est donc la période du 1er janvier 2007 au 25 mai 2008 qui sera examinée, et Robert Laramée occupait les fonctions de directeur général à cette époque. Nommé conseiller spécial de M. Labonté en juin, M. Laramée a quitté Vision Montréal le 28 novembre dernier, déçu du leadership du chef.
M. Labonté est toutefois resté vague sur les motifs de cette enquête et a refusé de dévoiler l'état des finances du parti. Interrogé sur la possibilités de malversations au sein de VM, il s'est contenté de dire qu'il avait certains doutes et qu'il voulait s'assurer que «tout était correct»: «J'ai été élu pour préparer le parti [en prévision du scrutin de novembre 2009] et de le renouveler en terme d'idées et d'effectifs. C'est ce que je suis en train de faire.» Le résultat de cette enquête devrait être connu avant la fin de l'année.
Quant aux dépenses qu'il a encourues pendant la course à la chefferie, Benoit Labonté reconnaît qu'il doit de l'argent au parti, mais que les montants restent encore à déterminer. «Il y a des éléments que je dois rembourser au parti, et c'est en cours de remboursement. Tout ça va être dans le rapport officiel du parti, qui va être soumis au DGE le 31 décembre. C'est tout. On voit ça dans tous les partis. Il n'y a rien d'exceptionnel. L'important, c'est que le rapport soit fait au DGE», a-t-il dit.
D'autres démissions pourraient survenir, et la machine à rumeurs s'est emballée à cet effet depuis le départ de Mme Saint-Arnaud et de M. Laramée. La tradition veut également que le rythme des démissions s'intensifie à l'approche du 31 décembre puisque les élus devenus indépendants peuvent se soustraire à l'obligation de verser leur budget de recherche au parti.
Malgré les derniers événements, Benoit Labonté affirme qu'il est bien en selle à la tête de VM et qu'il est hors de question pour lui d'abandonner la course à la mairie de Montréal.
De son côté, l'ancien directeur général Robert Laramée soutient qu'il n'a rien à se reprocher au sujet de sa gestion des finances au parti. Il affirme toutefois que la course à la chefferie a coûté cher au parti — plus de 100 000 $ — et que l'arrivée de Benoit Labonté n'a pas permis de récolter autant d'argent qu'espéré. La tenue du congrès à la Tohu, le 25 mai dernier, «a coûté une fortune», une dépense que ne pouvait se permettre le parti, selon lui. «Mais le comité exécutif du parti a accepté ça, a-t-il dit hier. Il [Benoit Labonté] aura beau fouiller, il n'y a aucun problème avec la gestion.»
La saga des parcomètres
La démission de M. Mainville a eu des répercussions immédiates puisque dans les minutes qui ont suivi sa démission, le conseil d'arrondissement de Ville-Marie a tenu une séance spéciale pour discuter de la tarification des parcomètres au centre-ville pendant le temps des Fêtes. Alors que la semaine dernière, M. Mainville appuyait le maire d'arrondissement, il a émis des doutes hier sur la proposition de Benoit Labonté de faire passer à 25 ¢ de l'heure le coût du stationnement sur les rues locales.
Cette hésitation s'est ajoutée à la confusion dans laquelle les élus se sont empêtrés au sujet des résolutions et des avis de motion à adopter. Rappelons que le dossier des parcomètres s'est complexifié au fil des jours. La semaine dernière, les trois conseillers de l'équipe Labonté avaient fait adopter une résolution visant à suspendre la tarification de tous les parcomètres du centre-ville du 20 au 28 décembre, afin d'inciter les Montréalais à y faire leurs emplettes de Noël. Un avis du contentieux de la ville-centre a toutefois décrété que l'arrondissement n'avait pas juridiction sur les parcomètres des rues du réseau artériel, comme la rue Sainte-Catherine et le boulevard René-Lévesque. M. Labonté a donc été contraint de renoncer à son projet et a suggéré de réduire à 25 ¢ de l'heure la tarification des parcomètres installés le long des rues locales qui relèvent de l'arrondissement.
Hier, les élus devaient donc abroger la résolution de la semaine dernière avant d'adopter une motion proposant la réduction de la tarification des parcomètres des rues locales, ce qui a donné lieu à de longues explications de la part de Benoit Labonté, dépité. Le conseiller d'UM Sammy Forcillo, opposé à toute baisse de tarification, a d'ailleurs déploré que la tenue de trois assemblées soient devenues nécessaires pour en finir avec une tarification réduite à 25 ¢ sur une partie des parcomètres. «C'est tout croche, ce qu'on veut faire ici», a-t-il lancé.
Pour démêler l'embrouillamini, les élus ont dû suspendre la séance quelques minutes, le temps de se concerter. À leur retour, il ont abrogé la résolution de la semaine dernière et scindé l'autre résolution. Ce n'est que lors d'une séance spéciale du conseil le 18 décembre prochain qu'il détermineront la tarification des parcomètres. Il est donc possible qu'après tous ces rebondissements et compte tenu du changement de cap de Pierre Mainville, M. Labonté soit obligé de maintenir à 3 $ de l'heure la tarification des parcomètres, ce qui constituerait un retour à la case départ.
«Malgré son effort, Benoit Labonté n'est pas un homme d'équipe qui est ouvert au dialogue avec les élus du parti», a indiqué Pierre Mainville hier matin, en annonçant sa décision. La liste de ses griefs à l'endroit du chef de Vision Montréal était longue. Il a reproché à Benoit Labonté de tenir les élus dans l'ignorance au sujet de l'état des finances du parti et de ne pas leur prêter une attention suffisante dans la prise de décision. M. Mainville a affirmé que lors du caucus des élus tenu vendredi dernier, il n'a pu obtenir de réponses aux nombreuses questions qu'il a adressées au chef sur les finances du parti. Il a aussi accusé M. Labonté de ne pas s'être opposé avec suffisamment de vigueur à la loi 22, qui transformera la gouvernance de l'arrondissement de Ville-Marie à partir de novembre 2009.
Il siégera donc comme indépendant même s'il n'écarte pas la possibilité de se joindre à une autre formation politique, soit Union Montréal (UM), le parti dirigé par Gérald Tremblay, ou Projet Montréal (PM), la formation de Richard Bergeron. «Je réfléchis pour l'instant», a-t-il dit, en précisant que lors des conseils d'arrondissement, il votera «dans l'intérêt des citoyens». Si Benoit Labonté quittait la direction du parti, il soutient qu'il réintégrerait les rangs de VM.
Pierre Mainville s'était fait élire sous la bannière de VM lors des élections de novembre 2005, seul de son parti au sein du conseil d'arrondissement de Ville-Marie. Lorsque Benoit Labonté et le conseiller de Peter-McGill, Karim Boulos, ont quitté l'équipe de Gérald Tremblay pour joindre les rangs de VM, en novembre 2007, le parti d'opposition est devenu majoritaire au conseil d'arrondissement, au grand dam de l'administration Tremblay.
Enquête interne
La décision de M. Mainville n'a pas étonné Benoit Labonté, qui souligne que cette série de défections survient peu après qu'il a demandé une vérification interne des finances du parti. «Il y a là une drôle de coïncidence, et je pense que la clé de l'énigme se situe beaucoup plus de ce côté-là que de toute autre chose», a-t-il dit. Cette vérification administrative, qu'il a demandée en octobre dernier, vise à passer en revue les «modes de gestion» du parti qui avaient cours avant son arrivée à sa tête, a-t-il précisé. C'est donc la période du 1er janvier 2007 au 25 mai 2008 qui sera examinée, et Robert Laramée occupait les fonctions de directeur général à cette époque. Nommé conseiller spécial de M. Labonté en juin, M. Laramée a quitté Vision Montréal le 28 novembre dernier, déçu du leadership du chef.
M. Labonté est toutefois resté vague sur les motifs de cette enquête et a refusé de dévoiler l'état des finances du parti. Interrogé sur la possibilités de malversations au sein de VM, il s'est contenté de dire qu'il avait certains doutes et qu'il voulait s'assurer que «tout était correct»: «J'ai été élu pour préparer le parti [en prévision du scrutin de novembre 2009] et de le renouveler en terme d'idées et d'effectifs. C'est ce que je suis en train de faire.» Le résultat de cette enquête devrait être connu avant la fin de l'année.
Quant aux dépenses qu'il a encourues pendant la course à la chefferie, Benoit Labonté reconnaît qu'il doit de l'argent au parti, mais que les montants restent encore à déterminer. «Il y a des éléments que je dois rembourser au parti, et c'est en cours de remboursement. Tout ça va être dans le rapport officiel du parti, qui va être soumis au DGE le 31 décembre. C'est tout. On voit ça dans tous les partis. Il n'y a rien d'exceptionnel. L'important, c'est que le rapport soit fait au DGE», a-t-il dit.
D'autres démissions pourraient survenir, et la machine à rumeurs s'est emballée à cet effet depuis le départ de Mme Saint-Arnaud et de M. Laramée. La tradition veut également que le rythme des démissions s'intensifie à l'approche du 31 décembre puisque les élus devenus indépendants peuvent se soustraire à l'obligation de verser leur budget de recherche au parti.
Malgré les derniers événements, Benoit Labonté affirme qu'il est bien en selle à la tête de VM et qu'il est hors de question pour lui d'abandonner la course à la mairie de Montréal.
De son côté, l'ancien directeur général Robert Laramée soutient qu'il n'a rien à se reprocher au sujet de sa gestion des finances au parti. Il affirme toutefois que la course à la chefferie a coûté cher au parti — plus de 100 000 $ — et que l'arrivée de Benoit Labonté n'a pas permis de récolter autant d'argent qu'espéré. La tenue du congrès à la Tohu, le 25 mai dernier, «a coûté une fortune», une dépense que ne pouvait se permettre le parti, selon lui. «Mais le comité exécutif du parti a accepté ça, a-t-il dit hier. Il [Benoit Labonté] aura beau fouiller, il n'y a aucun problème avec la gestion.»
La saga des parcomètres
La démission de M. Mainville a eu des répercussions immédiates puisque dans les minutes qui ont suivi sa démission, le conseil d'arrondissement de Ville-Marie a tenu une séance spéciale pour discuter de la tarification des parcomètres au centre-ville pendant le temps des Fêtes. Alors que la semaine dernière, M. Mainville appuyait le maire d'arrondissement, il a émis des doutes hier sur la proposition de Benoit Labonté de faire passer à 25 ¢ de l'heure le coût du stationnement sur les rues locales.
Cette hésitation s'est ajoutée à la confusion dans laquelle les élus se sont empêtrés au sujet des résolutions et des avis de motion à adopter. Rappelons que le dossier des parcomètres s'est complexifié au fil des jours. La semaine dernière, les trois conseillers de l'équipe Labonté avaient fait adopter une résolution visant à suspendre la tarification de tous les parcomètres du centre-ville du 20 au 28 décembre, afin d'inciter les Montréalais à y faire leurs emplettes de Noël. Un avis du contentieux de la ville-centre a toutefois décrété que l'arrondissement n'avait pas juridiction sur les parcomètres des rues du réseau artériel, comme la rue Sainte-Catherine et le boulevard René-Lévesque. M. Labonté a donc été contraint de renoncer à son projet et a suggéré de réduire à 25 ¢ de l'heure la tarification des parcomètres installés le long des rues locales qui relèvent de l'arrondissement.
Hier, les élus devaient donc abroger la résolution de la semaine dernière avant d'adopter une motion proposant la réduction de la tarification des parcomètres des rues locales, ce qui a donné lieu à de longues explications de la part de Benoit Labonté, dépité. Le conseiller d'UM Sammy Forcillo, opposé à toute baisse de tarification, a d'ailleurs déploré que la tenue de trois assemblées soient devenues nécessaires pour en finir avec une tarification réduite à 25 ¢ sur une partie des parcomètres. «C'est tout croche, ce qu'on veut faire ici», a-t-il lancé.
Pour démêler l'embrouillamini, les élus ont dû suspendre la séance quelques minutes, le temps de se concerter. À leur retour, il ont abrogé la résolution de la semaine dernière et scindé l'autre résolution. Ce n'est que lors d'une séance spéciale du conseil le 18 décembre prochain qu'il détermineront la tarification des parcomètres. Il est donc possible qu'après tous ces rebondissements et compte tenu du changement de cap de Pierre Mainville, M. Labonté soit obligé de maintenir à 3 $ de l'heure la tarification des parcomètres, ce qui constituerait un retour à la case départ.
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