Thérapie sociale à Montréal-Nord
Montréal-Nord s'inspirera des préceptes de Charles Rojzman pour tenter d'aplanir les conflits entre les jeunes et les autorités, notamment les policiers. Appliquée dans les banlieues de Paris, aux États-Unis et en Russie, la thérapie sociale élaborée par M. Rojzman sera mise à l'épreuve dans le quartier chaud où une émeute a éclaté en août dernier.
Invité par le Café-Jeunesse multiculturel, le sociothérapeute français a prononcé une conférence hier après-midi à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord afin d'expliquer la méthode qu'il a élaborée il y a vingt ans dans les banlieues françaises et qu'il a peaufinée au fil des années.
Le Québec qu'il connaît est une société qui tente d'éviter les conflits et les débats, en quête constante de consensus, dit-il d'entrée de jeu. «L'agressivité, la colère et le conflit sont pourtant des éléments nécessaires et indispensables à la vie collective. Malheureusement, on les confond avec la colère et on dit qu'il faut la paix. Mais cette recherche de la paix nous empêche de traiter les problèmes», explique-t-il.
L'émeute du mois d'août dans Montréal-Nord n'a pas l'ampleur de celles qui ont éclaté dans les banlieues de Paris, mais M. Rojzman lance un avertissement: la situation pourrait dégénérer si on n'y prend pas garde. À Toulouse, rappelle-t-il, on lui disait sans cesse que la situation ne pouvait être comparée à celle de Paris, mais petit à petit, la même violence s'y est installée.
La méthode Rojzman s'apparente à une psychothérapie qui s'attarderait, non pas à l'individu, mais à la collectivité afin de soigner trois maladies sociales: la dépression, la délinquance et la victimisation. L'idée consiste à réunir autour d'une même table des individus en conflit, des jeunes marginaux et des policiers, par exemple. Les jeunes sont alors invités à se vider le coeur et à laisser libre cours à leurs critiques au sujet du racisme, des bavures policières et du harcèlement. Les masques tombent et au fil des rencontres, le dialogue finit par se créer, assure M. Rojzman. Le choix des participants est fondamental afin d'éviter l'usage de la «langue de bois.» De ces échanges, qui s'échelonnent sur un an ou deux, des changements d'attitude s'opèrent et des solutions surgissent pour contrer la violence latente.
C'est la méthode qu'entend mettre en pratique le Comité consultatif de Montréal-Nord Jeunesse et Gangs de rue à compter du mois de janvier prochain. Trois groupes d'environ 25 personnes seront formés et, à raison d'une ou de deux rencontres par mois, ils discuteront des enjeux qui les préoccupent. Le premier sera composé de jeunes et de représentants d'institutions, le second d'adultes et le troisième comptera plusieurs élus. Slim Hammami, coordonnateur du service d'aide aux jeunes du Café-Jeunesse multiculturel, est convaincu que la thérapie sociale aidera Montréal-Nord. La démarche a été amorcée il y a un an, bien avant le décès du jeune Fredy Villanueva, souligne-t-il.
M. Rojzman prononcera une conférence ce soir à la Maison de la Culture de Côte-des-Neiges à compter de 19h30.
Invité par le Café-Jeunesse multiculturel, le sociothérapeute français a prononcé une conférence hier après-midi à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord afin d'expliquer la méthode qu'il a élaborée il y a vingt ans dans les banlieues françaises et qu'il a peaufinée au fil des années.
Le Québec qu'il connaît est une société qui tente d'éviter les conflits et les débats, en quête constante de consensus, dit-il d'entrée de jeu. «L'agressivité, la colère et le conflit sont pourtant des éléments nécessaires et indispensables à la vie collective. Malheureusement, on les confond avec la colère et on dit qu'il faut la paix. Mais cette recherche de la paix nous empêche de traiter les problèmes», explique-t-il.
L'émeute du mois d'août dans Montréal-Nord n'a pas l'ampleur de celles qui ont éclaté dans les banlieues de Paris, mais M. Rojzman lance un avertissement: la situation pourrait dégénérer si on n'y prend pas garde. À Toulouse, rappelle-t-il, on lui disait sans cesse que la situation ne pouvait être comparée à celle de Paris, mais petit à petit, la même violence s'y est installée.
La méthode Rojzman s'apparente à une psychothérapie qui s'attarderait, non pas à l'individu, mais à la collectivité afin de soigner trois maladies sociales: la dépression, la délinquance et la victimisation. L'idée consiste à réunir autour d'une même table des individus en conflit, des jeunes marginaux et des policiers, par exemple. Les jeunes sont alors invités à se vider le coeur et à laisser libre cours à leurs critiques au sujet du racisme, des bavures policières et du harcèlement. Les masques tombent et au fil des rencontres, le dialogue finit par se créer, assure M. Rojzman. Le choix des participants est fondamental afin d'éviter l'usage de la «langue de bois.» De ces échanges, qui s'échelonnent sur un an ou deux, des changements d'attitude s'opèrent et des solutions surgissent pour contrer la violence latente.
C'est la méthode qu'entend mettre en pratique le Comité consultatif de Montréal-Nord Jeunesse et Gangs de rue à compter du mois de janvier prochain. Trois groupes d'environ 25 personnes seront formés et, à raison d'une ou de deux rencontres par mois, ils discuteront des enjeux qui les préoccupent. Le premier sera composé de jeunes et de représentants d'institutions, le second d'adultes et le troisième comptera plusieurs élus. Slim Hammami, coordonnateur du service d'aide aux jeunes du Café-Jeunesse multiculturel, est convaincu que la thérapie sociale aidera Montréal-Nord. La démarche a été amorcée il y a un an, bien avant le décès du jeune Fredy Villanueva, souligne-t-il.
M. Rojzman prononcera une conférence ce soir à la Maison de la Culture de Côte-des-Neiges à compter de 19h30.
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