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Thérapie sociale à Montréal-Nord

Jeanne Corriveau   25 novembre 2008  Villes et régions
Montréal-Nord s'inspirera des préceptes de Charles Rojzman pour tenter d'aplanir les conflits entre les jeunes et les autorités, notamment les policiers. Appliquée dans les banlieues de Paris, aux États-Unis et en Russie, la thérapie sociale élaborée par M. Rojzman sera mise à l'épreuve dans le quartier chaud où une émeute a éclaté en août dernier.

Invité par le Café-Jeunesse multiculturel, le sociothérapeute français a prononcé une conférence hier après-midi à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord afin d'expliquer la méthode qu'il a élaborée il y a vingt ans dans les banlieues françaises et qu'il a peaufinée au fil des années.

Le Québec qu'il connaît est une société qui tente d'éviter les conflits et les débats, en quête constante de consensus, dit-il d'entrée de jeu. «L'agressivité, la colère et le conflit sont pourtant des éléments nécessaires et indispensables à la vie collective. Malheureusement, on les confond avec la colère et on dit qu'il faut la paix. Mais cette recherche de la paix nous empêche de traiter les problèmes», explique-t-il.

L'émeute du mois d'août dans Montréal-Nord n'a pas l'ampleur de celles qui ont éclaté dans les banlieues de Paris, mais M. Rojzman lance un avertissement: la situation pourrait dégénérer si on n'y prend pas garde. À Toulouse, rappelle-t-il, on lui disait sans cesse que la situation ne pouvait être comparée à celle de Paris, mais petit à petit, la même violence s'y est installée.

La méthode Rojzman s'apparente à une psychothérapie qui s'attarderait, non pas à l'individu, mais à la collectivité afin de soigner trois maladies sociales: la dépression, la délinquance et la victimisation. L'idée consiste à réunir autour d'une même table des individus en conflit, des jeunes marginaux et des policiers, par exemple. Les jeunes sont alors invités à se vider le coeur et à laisser libre cours à leurs critiques au sujet du racisme, des bavures policières et du harcèlement. Les masques tombent et au fil des rencontres, le dialogue finit par se créer, assure M. Rojzman. Le choix des participants est fondamental afin d'éviter l'usage de la «langue de bois.» De ces échanges, qui s'échelonnent sur un an ou deux, des changements d'attitude s'opèrent et des solutions surgissent pour contrer la violence latente.

C'est la méthode qu'entend mettre en pratique le Comité consultatif de Montréal-Nord Jeunesse et Gangs de rue à compter du mois de janvier prochain. Trois groupes d'environ 25 personnes seront formés et, à raison d'une ou de deux rencontres par mois, ils discuteront des enjeux qui les préoccupent. Le premier sera composé de jeunes et de représentants d'institutions, le second d'adultes et le troisième comptera plusieurs élus. Slim Hammami, coordonnateur du service d'aide aux jeunes du Café-Jeunesse multiculturel, est convaincu que la thérapie sociale aidera Montréal-Nord. La démarche a été amorcée il y a un an, bien avant le décès du jeune Fredy Villanueva, souligne-t-il.

M. Rojzman prononcera une conférence ce soir à la Maison de la Culture de Côte-des-Neiges à compter de 19h30.
 
 
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  • william morris - Abonné
    25 novembre 2008 10 h 11
    La méthode de psychologie communautaire devrait s'appliquer un peu partout à Montréal
    Bonjour,
    À Outremont, il existe depuis plusieurs années des conflits larvés permanents entre la minorité hassidique et la majorité non hassidique.
    Parmi les causes du ressentiment des non hassidiques on retrouve le favoritisme érigé en système qui autorise les hassidim à ne pas se soumettre aux règlements sur le zonage des synagogues, qui les exempte des règlements sur la circulation et le stationnement et qui leur permet d'obtenir l'annulation des contraventions en matière de circulation quand il y en a.
    Des psychologues communautaires pourraient aider le comité des relations intercommunautaires mais rien ne se fait.
    Outremont devrait inviter M. Rojzman à faire des conférences à Outremont, mais le système est bouclé par le régime Tremblay.

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    William Morris
    www.lemont.canalblog.com
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  • Michel Bérubé - Inscrit
    25 novembre 2008 11 h 12
    Confusion et solution économique
    La dépression, la délinquance et la victimisation sont des symptômes de problèmes qui me semble plus d'ordre politique que thérapeutique. Mais, si la "méthode Rojzman" n'exclut pas le discours, peut-être aurons-nous bientôt des citoyens posant un regard critique, actif et responsable sur ce qui les entoure. Mais voyons le bon côté des choses. Depuis l'émeute il n'y aura jamais eu autant d'offre d'emplois et de projet pour aider cette communauté. L'émeute est peut-être même un levier économique qu'il ne faudrait pas mettre de côté et qui pourrait nous sortir plusieurs communautés du marasme dans lequel ils baignent.
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    25 novembre 2008 21 h 30
    Méthode élaborée il y a vingt ans : où est l'amélioration?
    Je doute fortement que le fait que l'on permette aux gens d'exprimer «l'agressivité, la colère et le conflit» change quoique ce soit la situation des gens de Montréal-Nord. Ça ressemble plus à une imposition de moeurs françaises qu'à une véritable thérapie. J'ai vécu trois ans en France pour voir que le droit de gueuler, valeur intouchable de la société française, est loin de régler les problèmes sociaux. On permet aux gens de gueuler, la société française se sent contente de laisser s'exprimer les moins nantis, puis elle ne fait rien.

    Si la société québécoise est moins violente que la française, c'est bien parce qu'elle n'accepte pas la violence et le conflit. Elle s'arrange normalement pour régler les problèmes AVANT que ces conflits arrivent. Vu l'état actuel des banlieues françaises, cette thérapie élaborée il y a vingt ans n'a probablement pas amélioré les choses. On devrait se concentrer plutôt à régler concrètement les problèmes de criminalité et de chômage plutôt que d'inviter des thérapeutes aux méthodes douteuses.
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