Commission parlementaire sur l'itinérance - Le maire Labonté essuie les critiques
Photo : Jacques Nadeau
Le maire de l’arrondissement Ville-Marie, Benoît Labonté
Le maire de l'arrondissement montréalais de Ville-Marie, Benoît Labonté, a profité de son passage hier devant la commission parlementaire sur l'itinérance pour défendre l'action de son administration, lui qui a fait l'objet de critiques de la part de groupes qui viennent en aide aux itinérants en raison de l'adoption de certains règlements.
Il a ainsi reconnu avoir mis en place «quelques moyens coercitifs, faute de mieux», avant d'ajouter que cela n'avait pas été fait dans une optique de «ciblage déterminé» des jeunes marginaux ou des itinérants en général. C'est dans ce secteur de la ville qu'on en retrouve le plus. M. Labonté a néanmoins essuyé une critique sévère de la part de la députée libérale Stéphanie Vallée, membre de la commission, qui l'a invité à «cesser la judiciarisation dans l'arrondissement Ville-Marie». Il s'est défendu en soulignant que la gestion des services policiers relève de l'agglomération et non de l'arrondissement.
Parcs interdits la nuit
Dans le mémoire qu'il a présenté, Benoît Labonté a justement pressé les autorités de «cesser la judiciarisation de l'itinérance». Ironiquement, l'arrondissement a adopté des règlements dénoncés par plusieurs groupes sociaux, qui les jugent dictés par une volonté de nettoyer le centre-ville. En 2006, le conseil d'arrondissement de Ville-Marie a par exemple modifié le règlement de la Ville interdisant aux citoyens d'être dans un parc au beau milieu de la nuit afin qu'il inclue 15 endroits publics, dont la place d'Armes, la place du Canada et la place d'Youville.
«On les envoie où, ces gens-là? On ne les envoie nulle part, avait alors déploré le coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, Pierre Gaudreau. Pour nous, le nouveau règlement ferme l'espace public. C'est un outil de judiciarisation envers les personnes itinérantes.»
Depuis juin 2007, les parcs Viger et Émilie-Gamelin sont par ailleurs, en tout temps, interdits aux chiens. Tous deux sont très fréquentés par les personnes itinérantes et plusieurs d'entre elles ont des chiens. «Nous voulons redonner aux citoyens et aux résidants leur droit de jouir en toute quiétude et sécurité des lieux publics», avait alors plaidé le maire Labonté. Hier, il a aussi soutenu que la grande concentration d'itinérants au centre-ville le rend «non attractif pour y résider, pour les commerces et pour les touristes».
M. Labonté a en outre invité les autorités à «décentraliser, hors des centres-villes, les outils d'aide, de soutien et de réinsertion aux itinérants». Il a ainsi dit vouloir sortir ces personnes d'un milieu «malsain». «Il ne s'agit pas de dire qu'on déplace les gens pour ne plus voir l'itinérance», s'est défendu le maire de Ville-Marie. Le député péquiste Martin Lemay, qui siège à la commission, a cependant critiqué cette option, arguant que «le problème est plus complexe».
M. Labonté a enfin jugé que trop de jeunes en difficulté, provenant des régions, se retrouvent à Montréal. Selon lui, cette «migration» est «encouragée par certains acteurs sociaux en régions». Cette affirmation lui a valu plusieurs critiques de la part des membres de la commission.
Il a ainsi reconnu avoir mis en place «quelques moyens coercitifs, faute de mieux», avant d'ajouter que cela n'avait pas été fait dans une optique de «ciblage déterminé» des jeunes marginaux ou des itinérants en général. C'est dans ce secteur de la ville qu'on en retrouve le plus. M. Labonté a néanmoins essuyé une critique sévère de la part de la députée libérale Stéphanie Vallée, membre de la commission, qui l'a invité à «cesser la judiciarisation dans l'arrondissement Ville-Marie». Il s'est défendu en soulignant que la gestion des services policiers relève de l'agglomération et non de l'arrondissement.
Parcs interdits la nuit
Dans le mémoire qu'il a présenté, Benoît Labonté a justement pressé les autorités de «cesser la judiciarisation de l'itinérance». Ironiquement, l'arrondissement a adopté des règlements dénoncés par plusieurs groupes sociaux, qui les jugent dictés par une volonté de nettoyer le centre-ville. En 2006, le conseil d'arrondissement de Ville-Marie a par exemple modifié le règlement de la Ville interdisant aux citoyens d'être dans un parc au beau milieu de la nuit afin qu'il inclue 15 endroits publics, dont la place d'Armes, la place du Canada et la place d'Youville.
«On les envoie où, ces gens-là? On ne les envoie nulle part, avait alors déploré le coordonnateur du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, Pierre Gaudreau. Pour nous, le nouveau règlement ferme l'espace public. C'est un outil de judiciarisation envers les personnes itinérantes.»
Depuis juin 2007, les parcs Viger et Émilie-Gamelin sont par ailleurs, en tout temps, interdits aux chiens. Tous deux sont très fréquentés par les personnes itinérantes et plusieurs d'entre elles ont des chiens. «Nous voulons redonner aux citoyens et aux résidants leur droit de jouir en toute quiétude et sécurité des lieux publics», avait alors plaidé le maire Labonté. Hier, il a aussi soutenu que la grande concentration d'itinérants au centre-ville le rend «non attractif pour y résider, pour les commerces et pour les touristes».
M. Labonté a en outre invité les autorités à «décentraliser, hors des centres-villes, les outils d'aide, de soutien et de réinsertion aux itinérants». Il a ainsi dit vouloir sortir ces personnes d'un milieu «malsain». «Il ne s'agit pas de dire qu'on déplace les gens pour ne plus voir l'itinérance», s'est défendu le maire de Ville-Marie. Le député péquiste Martin Lemay, qui siège à la commission, a cependant critiqué cette option, arguant que «le problème est plus complexe».
M. Labonté a enfin jugé que trop de jeunes en difficulté, provenant des régions, se retrouvent à Montréal. Selon lui, cette «migration» est «encouragée par certains acteurs sociaux en régions». Cette affirmation lui a valu plusieurs critiques de la part des membres de la commission.
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