«Démission! Démission!»
Des manifestants accusent le maire de Montréal-Nord d’avoir minimisé les problèmes sociaux du quartier
Des manifestants en colère ont perturbé, hier soir, le déroulement de l’assemblée du conseil d’arrondissement de Montréal-Nord, insatisfaits de l’attitude des autorités municipales à la suite du décès du jeune Fredy Villanueva, tombé sous les balles d’un policier il y a dix jours. Faisant fi du protocole, ils ont interpellé durement le maire de l’arrondissement, Marcel Parent, afin de réclamer sa démission.
Interrompant le maire Parent, qui avait entrepris la lecture d’une déclaration sur les événements récents, Will Prosper, porte-parole du groupe Montréal-Nord Républik, s’est avancé au micro destiné au public pour demander des comptes au maire. «Quand êtes-vous descendu dans les rues pour rencontrer les gens? Les gens veulent du changement, et vous faites partie de l’antithèse du changement», a lancé M. Prosper. Il a accusé le maire de n’avoir pas su prévenir les émeutes et d’avoir minimisé les problèmes sociaux du quartier. «Démission! Démission!», scandait la foule bruyante.
D’autres citoyens, de façon plutôt anarchique, ont aussi pris la parole pour exprimer leur colère. Le maire a songé un instant à suspendre l’assemblée avant de se raviser. Le groupe Montréal-Nord Républik, qui dit représenter la voix citoyenne, a déposé une série de revendications, dont la démission immédiate de M. Parent, la tenue d’une enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva, la fin des «pratiques abusives» de la police et la création d’une oeuvre à la mémoire du jeune homme.
Après une vingtaine de minutes, les manifestants ont quitté la salle pour s’assembler devant l’édifice de la mairie.
Lors d’un point de presse, le maire s’est défendu de ne pas avoir prêté une oreille attentive aux besoins de la population, rappelant qu’un nouveau centre culturel et communautaire avait été construit avec l’accord des organismes communautaires locaux et que le parc Henri-Bourassa avait été réaménagé pour mieux desservir les jeunes. Estimant être devenu un bouc émissaire dans toute cette affaire, il a déclaré qu’il était hors de question pour lui de démissionner. Il a répété qu’il n’avait pas prévu que des émeutes pourraient survenir. «J’étais peut-être aveugle, mais je n’étais pas absent du milieu et ce n’était pas la perception que j’avais du milieu, a-t-il expliqué.
Les élus de Montréal-Nord songent sérieusement à demander la tenue d’une enquête publique comme le réclament déjà de nombreux groupes communautaires, a-t-il fait savoir. L’arrondissement entend par ailleurs mandater le regroupement d’organismes Montréal-Nord en santé afin de réévaluer les besoins du milieu.
De son côté, le groupe Montréal-Nord Républik tiendra une assemblée publique les 31 août prochain afin de permettre aux citoyens du quartier de s’exprimer.
Les policiers étaient sur le qui-vive. Ils avaient pris soin de fouiller les sacs de tous les participants à l’assemblée du conseil. Non loin de la mairie, de nombreux véhicules de police avaient été garés discrètement dans un stationnement commercial désert. Les policiers étaient visiblement prêts à intervenir en cas de grabuge.
Le Devoir
Interrompant le maire Parent, qui avait entrepris la lecture d’une déclaration sur les événements récents, Will Prosper, porte-parole du groupe Montréal-Nord Républik, s’est avancé au micro destiné au public pour demander des comptes au maire. «Quand êtes-vous descendu dans les rues pour rencontrer les gens? Les gens veulent du changement, et vous faites partie de l’antithèse du changement», a lancé M. Prosper. Il a accusé le maire de n’avoir pas su prévenir les émeutes et d’avoir minimisé les problèmes sociaux du quartier. «Démission! Démission!», scandait la foule bruyante.
D’autres citoyens, de façon plutôt anarchique, ont aussi pris la parole pour exprimer leur colère. Le maire a songé un instant à suspendre l’assemblée avant de se raviser. Le groupe Montréal-Nord Républik, qui dit représenter la voix citoyenne, a déposé une série de revendications, dont la démission immédiate de M. Parent, la tenue d’une enquête publique sur la mort de Fredy Villanueva, la fin des «pratiques abusives» de la police et la création d’une oeuvre à la mémoire du jeune homme.
Après une vingtaine de minutes, les manifestants ont quitté la salle pour s’assembler devant l’édifice de la mairie.
Lors d’un point de presse, le maire s’est défendu de ne pas avoir prêté une oreille attentive aux besoins de la population, rappelant qu’un nouveau centre culturel et communautaire avait été construit avec l’accord des organismes communautaires locaux et que le parc Henri-Bourassa avait été réaménagé pour mieux desservir les jeunes. Estimant être devenu un bouc émissaire dans toute cette affaire, il a déclaré qu’il était hors de question pour lui de démissionner. Il a répété qu’il n’avait pas prévu que des émeutes pourraient survenir. «J’étais peut-être aveugle, mais je n’étais pas absent du milieu et ce n’était pas la perception que j’avais du milieu, a-t-il expliqué.
Les élus de Montréal-Nord songent sérieusement à demander la tenue d’une enquête publique comme le réclament déjà de nombreux groupes communautaires, a-t-il fait savoir. L’arrondissement entend par ailleurs mandater le regroupement d’organismes Montréal-Nord en santé afin de réévaluer les besoins du milieu.
De son côté, le groupe Montréal-Nord Républik tiendra une assemblée publique les 31 août prochain afin de permettre aux citoyens du quartier de s’exprimer.
Les policiers étaient sur le qui-vive. Ils avaient pris soin de fouiller les sacs de tous les participants à l’assemblée du conseil. Non loin de la mairie, de nombreux véhicules de police avaient été garés discrètement dans un stationnement commercial désert. Les policiers étaient visiblement prêts à intervenir en cas de grabuge.
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