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Un accès de moins au pont Jacques-Cartier

Rue Ontario, Benoit Labonté songe à interdire les virages à droite et à gauche sur Papineau

Les résidants de la rue Ontario se plaignent depuis des années de la congestion chronique sur leur artère à l’heure de pointe.
Photo : Jacques Nadeau
Les résidants de la rue Ontario se plaignent depuis des années de la congestion chronique sur leur artère à l’heure de pointe.
Les résidants et commerçants de la rue Ontario veulent moins de voitures sur leur artère, mais les banlieusards risquent d'en faire les frais. En réduisant l'accès au pont Jacques-Cartier jusqu'à la mi-octobre, le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté, a trouvé un nouveau motif de conflit avec l'administration de Gérald Tremblay.

Hier après-midi, rue Ontario à l'angle de la rue Papineau, un petit groupe de citoyens et de commerçants tentaient d'expliquer pourquoi ils tiennent tant à la nouvelle mesure mise récemment en avant par l'arrondissement de Ville-Marie. Dans le cadre d'un projet-pilote, l'équipe du maire Benoit Labonté a décidé d'interdire le virage à gauche à cette intersection pour les automobilistes roulant dans la rue Ontario, en provenance de l'est. La mesure est entrée en vigueur il y a une semaine, au moment même où la rue Sainte-Catherine devenait piétonne.

Toutefois, le bruit de la circulation est tel dans ce secteur que leurs propos sont parfois enterrés. «La rue Ontario est étroite et on se retrouve à chaque heure de pointe, surtout vers 15h, avec une circulation extrêmement dense, pare-chocs à pare-chocs, quasiment à partir de la rue Saint-Hubert jusqu'à Papineau», explique Jean Filippi, propriétaire du restaurant Le Petit Extra. La qualité de vie des résidants et l'accès commercial du secteur en pâtissent. La congestion est telle que même les taxis ne veulent plus venir chercher des clients à son établissement pendant l'heure de pointe, dit-il.

Le projet-pilote, entériné en mars dernier par l'arrondissement de Ville-Marie, vise à inciter les automobilistes à opter pour un autre trajet afin d'accéder au pont Jacques-Cartier lorsqu'ils viennent de l'Est. L'arrondissement a également évoqué l'idée d'interdire, dans un avenir plus lointain, le virage à droite dans la rue Papineau pour les automobilistes provenant du centre-ville, comme le révélait Le Journal de Montréal, plus tôt cette semaine. L'idée sourit aux résidants et commerçants du secteur.

Benoit Labonté souligne que la congestion routière dans ce quartier résidentiel est problématique et que les citoyens s'en plaignent depuis des années. Au terme du projet-pilote, l'arrondissement mesurera les effets de cette mesure sur la circulation et évaluera la possibilité de la rendre permanente. Une interdiction dans l'autre sens pourrait être adoptée, a-t-il confirmé mercredi. «On n'est pas rendus là, mais ce qui va motiver toute décision à cet égard sera la qualité de vie des résidants du secteur. C'est ce qui prime», a-t-il dit.

Quant au sort des banlieusards, M. Labonté estime que ceux-ci disposent de bien d'autres accès pour se rendre sur le pont Jacques-Cartier, qu'il s'agisse du boulevard René-Lévesque, de la rue Saint-Antoine ou de la rue Sherbrooke. «Ce n'est pas une question de "pas dans ma cour", c'est une question de respect à l'égard des citoyens du quartier», a-t-il lancé.

Plus tôt cette semaine, Gérald Tremblay s'en est pris à l'attitude de Benoit Labonté à l'égard des banlieusards. «La Ville de Montréal ne ciblera jamais les banlieusards. Ils viennent à Montréal, y travaillent et y investissent. Il faut donc les respecter», a-t-il déclaré.

Membre de son équipe et conseiller dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Sammy Forcillo s'était opposé à la décision d'interdire le virage à gauche dans la rue Papineau et s'est plaint d'avoir été tenu dans l'ignorance au sujet de l'autre mesure envisagée par le maire Labonté et à laquelle il se dit également opposé. «On a un maire qui travaille tout seul à l'arrondissement, a-t-il commenté en accusant M. Labonté de vouloir se «faire un nom» en «fermant le Centre-Sud».

Gérald Tremblay entend examiner le dossier de plus près, mais comme il s'agit d'une rue locale et que la circulation relève des compétences des arrondissements, il s'avérera fort difficile pour la ville centre d'intervenir. Benoit Labonté croit pour sa part que le maire Tremblay serait mal placé pour mettre des bâtons dans les roues de l'arrondissement et qu'il aurait avantage à écouter les résidants du secteur. «On ne peut pas tenir, d'un côté, un discours sur le plan de transport, le ralentissement de la circulation et l'amélioration de la qualité de l'air et, de l'autre, défaire des mesures qui vont en ce sens-là», a-t-il indiqué.

À l'hôtel de ville de Longueuil, on demeure prudent. «Ça semble davantage au stade de discussions, mais c'est sûr que le maire de Longueuil ne sera pas content de voir la population pénalisée à son retour à la maison. On réagira en temps et lieu», a précisé Jean Rossignol, relationniste au cabinet du maire Claude Gladu.
Les résidants de la rue Ontario se plaignent depuis des années de la congestion chronique sur leur artère à l’heure de pointe.
 
 
 
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  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 03h56
    Quel con ce Labonté
    De la petite politique, ce qui va arriver est pire pour le quartier. En tant que banlieusard qui est maintenant bloqué dans un embouteillage monstre à cause de l'égoïsme de ces résidents, je dois maintenant évaluer mes options comme des milliers de montréalais de transit. Montréal a besoin de l'argent que nous les banlieusards laissons chaque jours dans la ville.
    Ce que me prépare à faire c'est de déménager comme plusieurs ma place d'affaire de Montréal à la rive sud. En attendant que cela ce fasse, j'ai encouragé tous mes clients et partenaires à montrer leur frustration en se servant tous les jours de leur Klaxon de façon généreuse quand ils seront dans ce quartier et emprisonné dans un embouteillage.
    Quel belle décision, il est interdit de laisser rouler le moteur de sa voiture plus de 5 minutes pour réduire la pollution, ici combien de pollution supplémentaire est crée dans ce quartier à cause d'un imbécile.

    Montrez votre frustration klaxonnez quand vous serez dans un bouchon. Quand les résidents en auront assez du bruit et des odeurs cette été, peut être que ce petit roi retrouvera la raison.

  • Richard Piché
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 07h18
    Bravo M. Labonté
    Il était temps qu'au niveau de la politique municipale, une décision soit prise en fonction des gens qui habitent la ville plutôt que de ceux qui la traversent!

  • PClermont
    Abonnée
    vendredi 27 juin 2008 09h12
    Suivez la voie, M. Tremblay
    Au lieu de vous mobiliser pour vous opposer à ce type de mesures qui sont légitimes pour améliorer la qualité de vie des résidants de votre ville, M. Tremblay, employez vos énergies à offrir des alternatives sérieuses de transport collectif pour effectuer le transfert modal que vous appelez dans votre Plan de Transport. Outre les irréductibles individualistes et ceux qui ont besoin de leur bagnole pour travailler, vous ne pourrez que constater que ces banlieusards qui polluent la ville avec leurs bagnoles vont le prendre, le tc.

  • Eric Leonard
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 09h22
    Des mesures sans alternative?
    Oui, on devrait limiter la congestion en ville mais encore, nous devons planifier ou nous allons accumuler ces voitures sur le réseau de la ville. L'automobiliste en direction du centre-ville peut se rabattre sur Maisonneuve et remonter Papineau vers le pont sans trop de détour.

    Par-contre, si on veut éliminer le virage a droite vers le pont en direction Est depuis la rue Ontario, il faut des solutions viables. Le virage en double depuis la rue Sherbrooke serait possible s'il n'y avait pas de traverse piétonne pour acheminer les piétons à l'hopital. Il serait facile de penser à une voie de virage double depuis le boul. René-Lévesque mais cependant, malgré la courte priorité en fin de cycle pour le virage à gauche, l'avenue Papineau est congestionné de manière constante! Alors, serions-nous a repenser les voies de circulation de l'av. Papineau pour la mettre sens unique vers le Nord entre René-Lévesques et Maisonneuve? De cette façon il pourrait y avoir 2 voies plein nord en accès au Pont Jacques-Cartier et 2 voies depuis la rue Sherbrooke enlevant ainsi la nécessité d'avoir 2 voies d'approches par les rues Ontario et Sainte-Catherine ce qui donnerait un léger répis au résident pendant l'heure de pointe.

    C'est certain que l'approche du Pont Jacques-Cartier mérite d'être étudier étant donner que son accès est dans une zone urbaine à forte densité contrairement au Pont Victoria et Champlain ainsi qu'au Tunnel Louis-Hypolite-Lafontaine.

    En attendant, les automobilistes trouveront que pour se rendre a Longueuil, il y a très peu de congestion sur la piste cyclable du Pont Jacques-Cartier...

  • Gabriel Deschambault
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 11h04
    C'est juste un essai! Ne paniquez pas les transiteurs.
    Comme citoyen montréalais je suis d'accord à ce qu'au moins cette expérience soit tentée.

    Je comprends bien le désarroi des automobilistes qui sont obligés d'utiliser leur voiture pour venir à Montréal; mais moins celui des transiteurs-solos qui pourraient utiliser d'autres moyens de transport : co-voiturage, métro, etc.

    Le nombre d'autos qui entrent et sortent de Montréal à chaque jour ne cesse d'augmenter. Cette situation doit absolument trouver sa solution. Tentons l'expérience!

    Et ceux qui ne veulent rien comprendre... eh bien klaxonnez! mais vous risquez de vous faire lancer des tomates.

  • Stéphane Blais
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 11h20
    Improvisation
    Je salue l'idée de vouloir réduire le trafic de transit dans la ville de Montréal.

    Cependant ça sent l'improvisation... de tels mesures se simulent et se planifient.

    Le caractère urbain et local du pont Jacques-Cartier provoque des refoulements sur les axes de circulation locals, il ne faut pas s'en étonner. Cependant, plusieurs mesures efficaces existent afin de canaliser ces refoulement sur les axes importants du réseau. Pour connaitre les bonnes mesures à prendre il faut étudier et planifier et, surtout, ne pas y aller à tâtons. Ce genre de comportement apporte de la frustration chez les usagers de la route et les riverains et ceux-ci verront d'un mauvais oeil les prochains projets d'atténuation de trafic de transit.

  • Agnes Connat
    Inscrite
    vendredi 27 juin 2008 13h18
    IIl est grand temps de changer
    Il est assez simpliste de limiter la décision de monsieur Labonté à un guerre de clocher avec monsieur Treamblay.
    Cette décision, ainsi que celle de rendre piétonne la rue Sainte-Catherine fait suite aux nombreuses demandes des résidants du quartier. Savez vous que l'espérance de vie dans le centre-sud est de 10 ans de moins qu'ailleurs à Montréal et les maladies respiratoires sont assez fréquentes ?
    Le SMOG et la pollution ne se limitent pas seulement aux gens qui habitent le centre-sud. Les alertes au SMOG sont de plus en plus fréquentes. Savez-vous que dans des villes comme Santiago au Chili les enfants des écoles sont parfois interdits de sport à cause de la pollution.
    Voulez vous vraiment que cela arrive à vos enfants ou vos petits enfants ? Non ! Il est donc grand temps de changer nos habitudes. Le prix de l'essence grimpe, et ce n'est pas fini. Mesdames et messieurs qui traversent les ponts seuls dans leur auto, tous les jours de l'année, il est grand temps de changer. Faites du co voiturage pour diminuer le nombre d'autos, prenez votre vélo pour venir en ville, il existe une piste sur le pont Jacques Cartier, venez vivre en ville avec nous, la vie ici est agréable, il n'y a pas de bruit de tondeuse le dimanche !! Prenez le métro ou le train. Il est grand temps de changer.
    Remercions les décideurs qui prennent des décisions pour notre avenir. Je lance un appel à nos politiciens, du bord de Labonté ou de Tremblay, de Montréal ou de la banlieue. Il est grand temps de changer, de prendre des décisions porteuses d'avenir pour Montréal et sa région, de sauver l'air que nous respirons. Je vous encourage tous à appliquer le plan de transport de Monréal au plus vite, notamment de mettre en place des mesures d'apaisement de la circulation. Les résidants du centre-sud ne méritent pas moins que les autres d'avoir une bonne qualité de vie. Une bonne qualité de vie ne doit pas être réservée au Plateau Mont-Royal ou à Outremont et certainement pas réservée aux seuls banlieusards, nous aussi nous y avons droit. Il existe des solutions, appliquons les.
    Vive les péages sur les ponts et bienvenue à ceux et celles qui veulent abandonner leur auto et venir vivre en ville pour rejoindre les piétons et les cyclistes.
    Il est grand temps de changer ...

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    vendredi 27 juin 2008 18h59
    Le simple bon sens
    Ça fait au moins 15 ans que je dis à mon entourage que la rue Ontario devrait être interdite aux virages, mais ça répercute le problème sur Maisonneuve Est, Fullum et Parthenais, entre autres.

    Mais comme l'imagination ne sera pas au pouvoir de sitôt à MTL, je ne m'évertuerai pas à expliciter des solutions de traffic calming et de traffic channelling dans les environs du pont Jacques-Cartier, mais il y a assez d'artères à 3 ou 6 voies pour faire quelque chose (renverser le trafic sur Delorimier p.ex. l'après-midi, et séparer celui-çi pâr des bandes New-Jersey amovibles, ca existe).

    Mais un ingénieur tabletté a dû y avoir déjà pensé...

  • guillaume coulombe
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 19h43
    Vous avez raison tous les 2, MM. Piché et Archambault
    En ce moment, chacun vit la pire des situations: le trafic nuisible pour les uns et l'enfer de conduire à Montréal pour les autres. Pourrions-nous aussi trouver comment on pourrait satisfaire toutes les parties prenantes (les banlieusard(e)s puis les gens dans LEUR quartier!)?

    Me semble qu'il en a qui savent très bien utiliser les statistiques pour la problématique : calculer et prévoir les durées des files d'attente! Faites penser aux gens des gouvernements (Arrondissement, Mtrl Et Québec) qu'on pourrait faire se rendre au pont plus vite les banlieusards en synchronisant les lumières sur Sherbrooke pendant l'heure de pointe, tout en choisissant l'attente jusqu'à 5-6 minutes pour les autos qui circulent localement, ou bien qui veulent emprunter Sherbrooke. Ceci viserait à désengorger Sherbrooke, jusqu'à capacité d'absorption de la rive Sub.
    Ainsi, par un contrat social de bonne entente entre des parties prenantes, on pourrait tout de même obtenir un niveau de satisfaction à mon avis réjouissant et mieux que ce qu'il y a pour tout le monde maintenant.

    Qui dessinera le premier panneau routier signalant l'obligation d'éteindre le moteur pendant les XXX secondes restantes?

    Guillaume Coulombe

  • Marc Lavallée
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 22h10
    Dévelloper la paix sociale et l'économie?
    Monsieur Archambault avance que Montréal aurait besoin de l'argent de banlieusards comme lui, et ne propose rien de mieux que de klaxonner tant que leurs privilèges de généreux aumoniers roulants seraient contraints. Dans certaines villes où la pauvreté sévit, mais où l'on sait vivre, de tels banlieusards parvenus et indécents sont plus ou moins cordialement invité d'agir autrement. J'espère que les résidents de Centre-Sud sauront se faire respecter, parce que leur qualité de vie vaut 1000 fois les miettes que laissent au passage les accrocs au pétrole de la rive sud, qui, pour une raison inconnue, semblent avoir plus besoin de Montréal que Montréal d'eux... Développer l'économie locale de la rive sud, mais quelle bonne idée!

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