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Retour possible de Gagliano en politique

L'ex-ministre n'attend qu'un signal pour se présenter à la mairie de Saint-Léonard

Alfonso Gagliano a beau être à la retraite, il n'écarte pas la possibilité de faire un retour en politique active. Si on l'y invitait, l'ancien ministre libéral pourrait considérer la possibilité de briguer la mairie de l'arrondissement de Saint-Léonard à la suite du départ de Frank Zampino, a-t-il déclaré hier au Devoir. L'homme de 66 ans affirme toutefois qu'il lui faudrait un mouvement d'appui important pour le convaincre de se lancer dans l'aventure.

Six ans après avoir été forcé de quitter son poste de ministre fédéral, Alfonso Gagliano soutient qu'il ne s'ennuie pas de la vie politique. Mais il ne dirait pas non à un éventuel retour. Justement, l'actuel maire de Saint-Léonard et bras droit de Gérald Tremblay, Frank Zampino, vient d'annoncer qu'il quittera ses fonctions le 2 juillet prochain. Le poste de maire sera alors vacant.

M. Gagliano pourrait-il succéder à Frank Zampino, comme l'a suggéré, plus tôt cette semaine l'hebdomadaire Suburban? «Je ne pense pas à ça. Mais si les gens m'approchent et qu'il y a un mouvement sérieux pour ma candidature, à ce moment, je ferai l'analyse de la situation et je m'interrogerai sur les raisons qui m'amèneraient à me présenter, a indiqué hier l'ancien ministre des Travaux publics et ancien ambassadeur au Danemark lors d'un entretien téléphonique avec Le Devoir. Mais pour le moment, je n'ai aucune intention de me lancer.» M. Gagliano prend tout de même le soin d'ajouter qu'en «politique, il ne faut jamais dire jamais».

Éclaboussé par le scandale des commandites et blâmé par le rapport du juge John Gomery pour son rôle dans la gestion du programme des commandites, l'ex-ministre affirme n'avoir reçu aucun appui jusqu'à maintenant. Lorsque le chroniqueur Mike Cohen, du Suburban, lui a affirmé avoir entendu des commentaires suggérant qu'il fasse un retour en politique «afin de démontrer qu'il pouvait encore compter sur l'appui du public», M. Gagliano a été étonné: «Ça fait six ans que j'ai quitté la vie politique. Je pensais que j'avais été oublié, a-t-il dit. J'ai été flatté qu'on ait pensé à moi, mais je ne vois pas un "support" tangible. Mais s'il y en a un, je pourrais considérer [cette possibilité] à ce moment-là, mais pour l'instant il n'y a rien.»

Redevenu «simple citoyen» et ayant pris sa retraite, M. Gagliano a passé l'hiver en Floride. Il est revenu au Québec il y a quelques semaines, relate-t-il. «Je m'occupe de mes vignes, de mon jardin et je joue au golf presque tous les jours. Je profite de la vie, pour le temps que ça dure», dit-il. Résident de Saint-Léonard depuis les années 70, M. Gagliano croit qu'un poste en politique municipale serait moins accaparant que les fonctions de député au provincial ou au fédéral.

Si jamais il décidait de briguer la mairie de Saint-Léonard, il devrait vraisemblablement le faire comme indépendant. Chez Union Montréal, il est hors de question que l'ancien ministre puisse être candidat pour le parti de Gérald Tremblay lors de l'élection partielle qui aura lieu en septembre. Même son de cloche du côté de Vision Montréal, le parti dirigé par Benoit Labonté. «Il n'a jamais approché Vision Montréal. Vision Montréal ne l'a jamais approché et nous lui souhaitons bonne chance!», a indiqué le directeur général du parti, Robert Laramée.

Mike Cohen, du Suburban, affirme avoir entendu beaucoup de commentaires favorables à la candidature d'Alfonso Gagliano. Conseiller municipal à Côte-Saint-Luc et responsable des communications pour une commission scolaire montréalaise, M. Cohen signe une chronique dans le Suburban chaque semaine. Lors d'un entretien téléphonique hier, il n'a caché pas sa sympathique à l'endroit de l'ex-politicien, qui a déjà collaboré à l'hebdomadaire anglophone. Il croit d'ailleurs que M. Gagliano aurait de bonnes chances de l'emporter s'il décidait de se porter candidat à la mairie de Saint-Léonard.

Reste que la réputation de M. Gagliano a été sérieusement écorchée par les blâmes du rapport Gomery. Tout comme Jean Chrétien et Jean Pelletier, l'ancien chef de cabinet du premier ministre, Alfonso Gagliano a intenté une procédure de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale dans le but de rétablir sa réputation. Il a également intenté une poursuite contre l'ancien premier ministre Paul Martin et contre le gouvernement du Canada, alléguant avoir été congédié illégalement alors qu'il occupait les fonctions d'ambassadeur du Canada au Royaume du Danemark.

Né en Italie, Alfonso Gagliano est devenu président de la Commission scolaire Jérôme-le-Royer en 1983. Il avait été élu pour la première fois député de Saint-Léonard-Anjou pour le Parti libéral du Canada en 1984, pour ensuite occuper les fonctions de ministre du Travail, puis de ministre des Travaux publics au sein du gouvernement de Jean Chrétien. Accusé de favoritisme et d'ingérence dans la gestion de la Société immobilière du Canada, une société d'État, il avait quitté la politique en 2002 pour être nommé ambassadeur au Danemark. En 2004, l'ex-premier ministre Paul Martin l'avait démis de ses fonctions dans la tourmente du scandale des commandites.
 
 
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  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 30 mai 2008 09h02
    Quelle insulte et quelle arrogance!!!
    Comment peut-il impunément tourner la page comme si rien ne s'était passé. Je ne peux croire que le scandale des commandites ( origine politique fédérale) n'éclabousse pas davantage ces politiciens corrompus(Chrétien et les autres). Rire des contribuables à leurs frais! Paul Martin alors ministre des finances n'ignorait pas non plus malgré ses dires le plan organisé par le parti libéral du Canada. Il est facile de se boucher les oreilles et les yeux pour feindre l'ignorance. Les électeurs qui voteront pour ce genre d'individus peu scrupuleux auront les retombées nauséabondes méritées. Quelle farce!

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 30 mai 2008 11h37
    Ne soyez pas trop flatté Alfonso!
    Alfonso Gagliano dit:
    Ça fait six ans que j'ai quitté la vie politique. Je pensais que j'avais été oublié. J'ai été flatté qu'on ait pensé à moi, mais je ne vois pas un "support" tangible. NON, on ne vous a pas oublié...mais pas pour les raisons que vous croyez. *Je me souviens* n'est pas qu'une inscription sur nos plaques d'immatriculation. Nous avons encore le goût amer de votre méprisant scandale et l'amertume de vos commandites libérales. Des politiciens amnésiques, on en a notre voyage! Que dire de l'arrogance qui caractérisait votre clan Chrétien!!! Ne soyez pas trop prétentieux, vous n'avez aucune raison d'être flatté. Un support pour retour en politique...n'y pensez même pas! Ce sont des hommes peu scrupuleux et peu intègres tels que vous qui entâchent la classe politique. Vous avez coûté trop cher aux contribuables pour le peu de valeur que vous avez!

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 11h46
    J'espère que...
    ... les habitants de Saint-Léonard ne l'éliront pas, au moins.
    Mais quand on voit combien la plupart d'entre eux sont canadianistes (je n'ose pas dire fédéralistes, car la plupart se moque bien de la structure fédérale du Canada), ils seront sans doute prêt à pardonner ces égarements fais pour une cause supérieure...

  • Francis Déry
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 12h01
    Il reste Projet Montréal
    Si l'UCIM et Vison Montreal ont refusé Gagaliano,
    il lui resterait à demander à Projet Montréal de Richard Bergeron.

    Ce parti fondé en 2004 a écrasé Vision Montréal dans la partielle de Rosemont, l'ancien fief de Bourque, mais l'UCIM l'a remporté par une faible marge grâce à sa grosse machine politique.

    Projet Montréal serait-il intéressé par la venue de ce poids lourd de la communauté italienne ?

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 12h15
    Une culture qui refait surface
    Libéraux avec continuité génétique ne cessent de refaire surface. Comme le chat ils ont 9 vies!

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 16h23
    Le retour de Gagliano
    M.Gagliano aurait intérêt à se faire oublier.Il n'hésite pas à forcer le gouvernement fédéral à dépenser des sommes faramineuses pour se défendre des actions qu'il a intentées suite à son congédiement. Il n'a aucun respect pour les contribuables qui paient des taxes et impôts.
    Paul Lafrance
    Québec

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