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Montréal compte sur le prix de l'essence pour discipliner les automobilistes

Malgré la hausse rapide du prix de l’essence, qui atteignait hier à Montréal 1,43 $ le litre, deux nouveaux sondages montrent que les citoyens sont favorables à l’implantation d’une taxe sur le carbone au niveau fédéral. Une telle initiative
Photo : Jacques Nadeau
Malgré la hausse rapide du prix de l’essence, qui atteignait hier à Montréal 1,43 $ le litre, deux nouveaux sondages montrent que les citoyens sont favorables à l’implantation d’une taxe sur le carbone au niveau fédéral. Une telle initiative
La Ville de Montréal espère hausser le taux de conformité à son règlement qui interdit la marche au ralenti à cause du prix élevé de l'essence, lequel devrait «inciter les gens à fermer leur moteur quand ce n'est pas nécessaire» ou mieux, à passer au transport en commun, estime le responsable du dossier environnemental au comité exécutif, Allan DeSousa.

Selon ce dernier, la hausse du prix de l'essence, qui atteignait hier à Montréal 1,43 $ le litre, pourrait bien «avoir un effet de discipline plus important» qu'une application coercitive des 18 règlements en vigueur dans les 19 arrondissements de la Ville, qui interdisent tous le fonctionnement inutile des moteurs dans les mêmes termes.

Jusqu'à présent, l'application de ce règlement n'impressionne pas beaucoup les automobilistes montréalais, car, en 2007, Montréal a dressé seulement 106 contraventions pour ralenti inutile sur les 1,3 million de contraventions distribuées pour stationnement illégal.

Selon la réponse adressée le 22 avril à Mme Maude de Varennes en vertu de la Loi sur l'accès aux documents publics, Me Nathalie Gravel, du greffe de la Cour municipale de la Ville de Montréal précisait qu'une seule contravention pour ralentissement inutile avait été dressée en 2007 dans l'arrondissement Ville-Marie, soit le centre-ville.

C'est dans le quartier Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension que les policiers et les préposés au stationnement ont donné le plus grand nombre de contraventions, si l'on peut dire, soit 38 pour toute l'année dernière. Le deuxième quartier de ce maigre palmarès est celui de Saint-Laurent, avec 22 contraventions, soit le quartier de M. DeSousa. Les arrondissements du Sud-Ouest et d'Outremont n'ont écopé que d'une seule contravention chacun en un an alors que c'est par dizaines que les voitures en infraction se dénombrent chaque matin dans ces quartiers — et ailleurs — alors que les automobilistes utilisent systématiquement leurs démarreurs à distance pour réchauffer leurs voitures même sur la voie publique.

Selon Allan DeSousa, aucune stratégie particulière n'a été mise au point pour l'été qui s'annonce. Même si l'on ne voit pas de fumées comme en hiver à la sortie de leurs échappements, de très nombreux automobilistes climatisent illégalement leurs voitures pendant de longues périodes avant de s'y introduire, contribuant inutilement au réchauffement du climat et de la ville en plus de la polluer.

Le porte-parole de Montréal ajoute que la police n'utiliserait probablement pas les preuves matérielles même solides, que pourraient lui fournir des citoyens même s'il s'agissait d'un enregistrement vidéo, sans interruption avec date et heure. Selon M. DeSousa, un policier doit constater lui-même l'infraction, ce qui ne s'appliquerait pas à une preuve matérielle dont il constaterait personnellement la valeur.

En environnement, les ministères publics et les tribunaux utilisent pourtant régulièrement les preuves matérielles — photos et enregistrements vidéo — que les groupes environnementaux leur remettent en preuve.

Au début de l'année, Montréal justifiait la piètre performance de son règlement par le fait que ses 18 règlements étaient nouveaux, qu'il fallait roder administrativement ce processus, former le personnel et que le décompte des contraventions dressées au début de l'hiver se faisait avec un certain retard.

M. DeSousa doit rencontrer le chef de la police de Montréal au cours des prochaines semaines pour discuter de plusieurs aspects de ce dossier, notamment du code que l'on donnera à cette infraction qui n'apparaît pas présentement sur les contraventions distribuées par les préposés qui semblent avoir un problème avec ce règlement.

Les chiffres fournis par le greffe à Mme de Varennes précisent en effet que seulement 26 des 106 contraventions dressées en 2007 pour ralenti inutile l'ont été par des préposés.

En février, un préposé a refusé devant nous de dresser une contravention à un livreur qui avait abandonné son camion en marche pendant plus de 20 minutes à l'angle des rues LaGauchetière et Beaver Hall. Après avoir appelé son patron, qui ne savait que dire ou faire, la préposée a expliqué qu'il n'y avait aucune place sur ses contraventions pour cette infraction.

La Ville, plaide son porte-parole, a contribué à l'assainissement de l'air en remplaçant 167 véhicules de six cylindres entre 2005 et la fin de la dernière année par des moteurs de quatre cylindres, moins gourmands et moins polluants, notamment au profit de ses préposés au stationnement... qui les laissent souvent tourner pendant leur travail.

Les règlements sur le ralenti ne s'appliquent pas si une personne se trouve à l'intérieur du véhicule quand la température est en dessous de - 10 °C ou si un pare-brise est glacé. De plus, les policiers et les préposés au stationnement ne peuvent rien faire si la voiture ronronne, abandonnée à elle-même dans un stationnement privé, comme si les lois environnementales ne touchaient pas la pollution d'origine... privée. La seule façon de faire appliquer le règlement est de remettre la contravention au propriétaire lorsqu'il est là.

Par ailleurs, le règlement ne s'applique pas aux véhicules d'urgence, comme les ambulances et les policiers, aux taxis entre le 1er novembre et le 1er mars, aux camions réfrigérés, aux véhicules bloqués dans un embouteillage sur la voie publique, aux camions blindés et aux véhicules hybrides.

En hiver, un moteur d'aujourd'hui exige tout au plus 30 secondes de réchauffement avant d'être utilisé. Contrairement à ce que croient plusieurs automobilistes, le ralenti endommage les moteurs parce qu'à basse vitesse, ces derniers brûlent moins bien leur essence et que le stress mécanique est plus important sur certaines pièces. La consommation d'essence attribuable au ralenti peut représenter jusqu'à 15 % de la facture en conduite urbaine.
 
 
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  • Jean-Pierre Le Grand
    Inscrit
    mardi 27 mai 2008 07h47
    La véritable source des gaz à effet de serre
    Dur, dur, de voir un moteur tourner alors que les souffrances que cela cause aux mers et aux terres sont si abondamment documentées ! On se demande vraiment sur quelle planète vivent ceux et celles qui font ainsi passer leur confort avant tout.

    Drôle d'espèce, vraiment : nous sommes assez intelligents pour inventer des processus de locomotion qui font du dévastateur moteur à explosion un véritable dinosaure, mais nous n'avons pas la conscience de les adopter à toute vapeur, comme si la vie de nos enfants et de notre planète en dépendaient, ce qui est pourtant le cas !

    Personnellement, je n'ose jamais interpeller les gens qui laissent tourner leur moteur : je pense que je n'arriverais qu'à les braquer davantage. (J'ai souvent souhaité avoir sous la main un petit dépliant que j'aurais pu glisser sous un essuie-glace, leur expliquant gentiment les conséquences de leur geste.)

    Bien sûr, il faudrait que la loi soit appliquée, mais le problème est plus profond. En fait, il concerne la psychologie des contrevenants : comme ils ne peuvent tout de même pas plaider l'ignorance, on doit conclure qu'ils agissent délibérément, et au fond c'est là ce qui est effarant.

    « C'est à l'humanité de prouver que l'intelligence n'est pas un cadeau empoisonné », disait Hubert Reeves en entrevue dimanche, aux Années-lumière. Que faire, quand on a sous les yeux un(e) congénère qui se comporte de façon totalement inconsciente ?

    On rêve d'interventions musclées, mais en fin de compte une contravention ne règle pas le problème des GES à la source. La véritable source des gaz à effet de serre, c'est la conscience, ou plus précisément son absence. Il faudrait que les sciences dites humaines se montrent un peu utiles, et qu'elles se penchent sur les motivations de ceux et celles qui font ainsi passer leur confort personnel avant la survie de leur planète et de leur espèce.

    Nous y aurions grand intérêt car ce phénomène apparemment anodin fait précisément affleurer le type de comportement qui nous a menés au bord du gouffre. Après tout, si nous avions pour deux sous de conscience collective, nous ferions tout pour éviter de consommer des combustibles fossiles, même à deux sous le litre !

    Alors, que cache cette insconscience ? De la haine ? Du mépris d'une espèce envers elle-même ? Et si, en grattant un peu, on découvrait que ces gens que nous aimons tant détester (cordialement, de préférence) souffrent d'un manque d'amour, tout simplement ?

  • Geoffrey Garver
    Abonné
    mardi 27 mai 2008 07h56
    Il faut avoir un programme
    Merci d'avoir éclairé un sujet qui mérite justement plus d'attention. Sans un programme pour assurer la conformité avec une loi ou un règlement, il ne sera jamais pris au sérieux. En plus, l'absence d'un tel programme encourage un manque de respect général de la loi. Mais selon ce rapport, il est clair que la ville de Montréal n'a aucun programme, ni l'intention d'en faire un, pour assurer la conformité des règlements qui interdisent le fonctionnement inutile des moteurs. Il est temps que Montréal devient sérieusement verte!

  • carol minville
    Abonné
    mardi 27 mai 2008 08h33
    Ha oui l'autobus!!!!
    M.DeSousa, j'en suis sur, dois mettre en pratique ce qu'il espére nous voir faire. Quoique je ne serais pas surpris de le voir ce déplacer dans une limousine déja toute chaude et de n'avoir jamais vue les SDF ni les musisiens du Métro.

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 27 mai 2008 09h22
    Et vous, M. DeSousa, êtes-vous "autobus ou métro"???
    Pour inciter les contribuables montréalais à adopter les transports en commun, il y aurait d'abord lieu d'améliorer considérablement le service actuel, d'abord en augmentant le nombre d'autobus et de rames de métro en circulation afin d'éviter ces files d'attente interminables en toutes saisons qui rendent épineux ce mode transport où les passagers sont souvent traités comme du bétail à empiler! Il y aurait également lieu que la STM implante un cours obligatoire de savoir-vivre, lors de l'embauche de ses conducteurs et guichetiers, afin d'améliorer la relation avec la clientèle!
    Il est tout simplement effarant de constater le nombre de ces employés qui ignorent totalement leur responsabilité à titre "d'ambassadeurs de première ligne" de la ville de Montréal auprès des touristes et de la population: apparence fréquemment négligée, manque de respect envers la clientèle (incluant appareils de radio à tue-tête (!), conduite imprudente et même dangereuse pour les passagers debout,etc. La vétusté, la malpropreté de plusieurs wagons de métro ainsi que les fréquentes interruptions de service n'améliorent en rien non plus "l'image" de la STM! Curieusement, on n'y aperçoit jamais, malgré leurs incitations, de "représentants municipaux" dans la horde de ces passagers souvent captifs!

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 27 mai 2008 09h52
    Les environnementeurs sont en train de tuer l'économie pour leur pensée unique
    Quand on lit l'article de Nathalie Elgrably «C'est la faute aux américains» on s'apercoit que les réserves de pétroles sont de beaucoup plus grosses que ce que l'on peux imaginer. Mais le robinet s'est rétréci à cause des exigencees démesurées des environnementeurs.

    Ici au Québec, la girouette outaouaise Gilles Duceppe, vient de déclarer qu'il préfère que l'on exploite moins de pétrole car c'est bon pour respecter Kyoto.

    Or, on tue l'économie canadienne et on appauvrit les canadiens. C'est le même Duceppe qui crache sur la péréquation pour aider le Québec à survivre et à maintenir les acquis sociaux de plus en plus lourd à supporter d'un Québec rendu à la queue de la richesse collective.

    Les groupes écolos ont commencé à donner des cours de gestion de la décroissance car leur action conduit à un appauvrissement. Quand on anticipe vivre comme dans les Arpents Verts, il est temps de demander à Zsa Zsa Gabor sa recette de galette chaude. Mais les écolos nous empêcheront de chauffer et de faire à manger avec un poêle à bois. Ca pollue trop...

    Les exigences de marginaux (5% de l'électorat) sont telles que nous seront restreint à marcher à pied et encore faudra pas péter dans l'atmosphère. Se promener en vélo, mais faire attention de ne pas trop expirer ses CO2 dans l'atmosphère...
    Il faudra s'entasser dans des autobus et les attendre même si vous êtes pressé et que vous allez arriver en retard. Ce monde idéalisé par les extrémistes de l'environnement est en train de nous être imposé comme le supplice de la goutte d'eau.

    Il faut manger végétarien car les bovidés ont des flatulences dangereuses pour l'environnement. Les porcs devraient être sortis de notre menu comme les musulmans car leur pipi est nocif même si on engraisse nos terres avec. Les céréales sont rendues inaccessibles car on s'en sert pour remplacer le pétrole polluant. L'Éthanol l'est aussi mais ca fait rien, on va diminuer la population mondiale de 2,5 milliards en les affamant.

    La solution adopter le principe de précaution pour lutter contre tout ce qu'on veux éliminer pour revenir à la vie tranquille des Arpents Verts. J'ai hâte de voir Steven Guilbault habillé en Eustace Haney qui vient nous vendre ses patentes à gosses comme dans les Arpents Verts...

    Oui, les environnementeurs sont en train de tuer notre économie. On n'a qu'à constater que déjà nos fruits et légumes proviennent de Chine, un pays qui ne se fait pas dicter ses façons de faire pas des faiseux environnementeurs.

    Entretemps Gore empoche de centaines de million$ et se crée un pouvoir de vie et de mort sur la planète.

  • Rosy Cyr
    Abonnée
    mardi 27 mai 2008 10h58
    l'essence vue d'Afrique
    En Afrique de l'Ouest, où je travaille depuis bientôt 2 ans, le gazoil a atteint 1.70$ le litre. Et le coût du pétrole continuera sa glorieuse ascension pour le plus grand bonheur des compagnies pétrolières qui amassent des fortunes et aussi pour le bonheur du porte-feuille de leurs actionnaires. Les dirigeants de tous les pays sont complices en quelque sorte de cette catastrophe puisque, nous dit-on, c'est la chronique d'une crise déjà prévue et annoncée. Depuis bientôt un an, les populations africaines, loin d'être les plus grands pollueurs de la planète, subissent les affres de cette augmentation. 50% (si pas plus)de la population vit avec moins de 2$ par jour. L'impact immédiat de ces hausses entraînent directement la hausse du coût des produits à la consommation, dont les denrées de première nécessité (riz, céréales, farine, etc.). Dans un tel contexte, les familles ne peuvent plus se permettre 3 repas par jour; à peine deux repas pour des milliers de personnes. Selon certains experts en développement, les efforts qui ont été consentis sur le continent, depuis bientôt sept ans, seront annulés. Nous reculons de sept ans en arrière...

  • JoBlow
    Inscrit
    mardi 27 mai 2008 17h42
    Réponse à Fernand Trudel
    Mon cher M. Trudel,

    Si il y a de tels règlements aujourd'hui, c'est parce-qu'il y a trop de gens comme vous qui pensent seulement à l'économie. L'économie est importante, mais la vie passe en premier, car sans vie humaine, on oublie assez vite l'économie. Je suis certain que vous êtes le genre de personne à avoir une Mercedes ou un gros SUV et que vous vous foutez royalement de payer 1,50$ le litre d'essence.

    Selon vous, vous faites roulez l'économie, mais on fond, vous la tuez. Il faudrait plutôt renouveller notre économie en développant des technologies environementallement efficaces et ainsi devenir des leaders mondial.

    Mais hélas, il y a trop de gens qui pensent comme vous parmi la classe dirigeante, et nous emmènent lentement tous vers la catastrophe écologie pour l'appât du gain.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 27 mai 2008 17h59
    si on avait des routes, autoroute et ponts
    Pensez à l'économie de temps, augmentation de la productivité, diminution de la pollution, et tous les bienfaits d'une circulation fluide en plus de ne pas laisser bruler l'essence à ne pas bouger. Car le transport en commun c'est un beau rêve mais pas la solution idéale dans tous les cas. Trop de fois le seul moyen efficace est l'auto. Et allez transporter des marchandises ne autobus, l'économie a besoin de transport de marchandise fluide pour vivre et grandir.

    Il nous faut des ponts et des autoroute au plus sacrant.... et dehors ceux qui s'y opposent, ils ne sont que des parasites à l'avancement de l'économie et de la prospérité.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 27 mai 2008 18h01
    M. Rosy
    Le problème de l'Afrique est bien plus complexe, il y a toutes ces guerres ethniques, les difficultés d'approvisionnement et la corruption, pas seulement les compagnies.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 27 mai 2008 18h24
    Les profits
    1, le % sur investissement et si on regarde de cette façon, les compagnies n'on pas augmenté leur profit, c'est juste que 10% de 100 est $10 mais 10% de $1000 est $100 dix fois plus de profit, même %. Donc si le prix du brut a doublé en un an, il en sera de même pour les profits. Et si durant la même période, les couts de production on baissés alors les profits auront augmenté encore plus. Mais resteront toujours à 10% sur l'investissement à cause des méthodes comptables et de ce que les compagnies font en se divisant en "profit center' ou chaque unité dans la chaine doit rencontrer son 10% de profit.

    2. On peut aussi juste regarder la valeur en $ des profits et sont augmentation en % et alors cela devient faramineux.


    Mais en bout de compte, même si l'on paye tous, on en profite tous, le gouvernement a plus de revenue, donc possibilité de moins d'impôt ou plus de service ou ce qui serait mieux ne baisse de la dette. Et aussi la majorité des fonds de pension on beaucoup d'action dans les pétrolière ce qui fait de nous tous des actionnaires.

  • Tim Yeatman
    Abonné
    mardi 27 mai 2008 21h59
    Les environnementeurs sont en train de tuer l'économie-Ou le monde selon Maxime Bernier
    "Les environnementeurs sont en train de tuer l'économie."
    Comme l'illustre ex-ministre a aussi clamé quand il était
    VP de L'Institut Économique de Montréal!

    C'est toujours la faute à tout le monde sauf les vrais responsables!

    Tim Yeatman
    Richelieu, Qc

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    mercredi 28 mai 2008 10h20
    "Ne s'applique pas aux Véhicules Hybrides?"
    Ridicule d'autant plus lorsque c'est une voiture hybride diesel qui nous polluent encore plus. Que le véhicule soit hybride ou non il n'est pas acceptable de faire rouler pour rien. A ma connaissance le pire comportement est celui des véhicules adaptés stationner à l'entrée des centres commeciaux. Personne ne peut franchir le portail sans se faire litéralement empoisonné par ce véhicule diesel c'est l'enfer.Il demeure excessivement longtemps 30 minutes même plus. Même chose à l'entrée des hopitaux. Des fois le chauffeur est dedans des fois non. l'on voit l'accumulation d'un smog écoeurant qui lève le coeur....

  • Chryst
    Abonné
    mercredi 28 mai 2008 13h19
    Mesures timides
    Si Montréal voulait vraiment améliorer la qualité de son air en réduisant la fréquence de ses smogs par exemple, elle paierait un voyage en Allemagne à certains de ses élus, histoire de voir ce qui se fait dans certaines de ses villes.

    Le Devoir rapportait le cas des villes de Stuttgart, Berlin, Hanovre et Cologne dans son quotidien du 14 janvier 2008.

    Un système de vignette de couleur couplée à certaines heures et quartiers de la ville a été instauré pour améliorer la qualité de l'air.

  • Bernard Terreault
    Inscrit
    dimanche 1 juin 2008 17h04
    Une stratégie énergétique coordonnée et à long terme
    A moins d'une récession économique mondiale profonde, le prix du pétrole ne redescendra pas substantiellement ─ et de toute façon il remontera à un rythme accéléré si et quand nous ressortirons de la récession. Cette éventuelle hausse avait été annoncée dès les années 1970 : l'avertissement avait alors été écouté et les états industrialisés avaient mis en place diverses mesures comme des programmes sérieux de réduction de la consommation et le lancement d'audacieux programmes de recherche sur les énergies alternatives. Puis, sous la pression de divers lobbys, on en était venu à oublier ou à minimiser le fait que la ressource s'épuisait inexorablement : nous sommes maintenant arrivés au point (ce qui n'était pas encore le cas dans les années 1970), où les réserves sont en déclin, c'est-à-dire nous que ne remplaçons plus par de nouveaux gisements ce que nous consommons en un an.

    Les pays qui s'en tireront le mieux dans une génération seront ceux qui auront prévu le coup. Il faudra réduire notre consommation de pétrole, soit brusquement et dans le chaos économique, soit de manière progressive et ordonnée, sans perte de qualité de vie. Et pour cela, il importe que toutes les politiques soient repensées, que tous les aspects de notre vie quotidienne soient réexaminés. Sinon, on défait d'une main ce qu'on fait de l'autre. Aucune mesure ne doit être dramatique et viser un seul aspect. Par exemple, à quoi sert une taxe sur l'essence, dans le but de décourager sa consommation, si en même temps on construit un centre communautaire, un aréna ou un hôpital dans un endroit inaccessible sauf en auto ? (C'est aussi une question de justice car les jeunes, les personnes âgées, les handicapés et les plus pauvres ne peuvent conduire). Ou si on dézone le territoire agricole pour y construire un autre mégacentre commercial ? A quoi sert un péage à l'entrée de Montréal si les infrastructures de transport en commun sont insuffisantes ?

    Je dois admettre d'emblée que les solutions sont plus simples, je dirais même tout à fait réalisables, pour la fraction urbaine et suburbaine du Québec (incluant les villes moyennes), ce qui englobe en gros les deux tiers de la population. Les agriculteurs constituent aussi un cas spécial et en principe pas trop problématique puisqu'ils travaillent normalement à proximité de leur résidence. Le cas le plus difficile est celui des régions à l'habitat dispersé où la population vit des ressources naturelles, du tourisme ou de PME disséminées dans les petites villes et villages. Des personnes qui connaissent bien ces milieux pourront mieux que moi réfléchir à des mesures pour atténuer les conséquences de l'inévitable hausse du prix du pétrole. On peut tout de même dire que si l'on réduit la consommation dans les villes et les banlieues, cela atténuera la pression à la hausse sur les prix.

    Pour être juste mais aussi « vendable », toute politique doit éviter de viser un seul groupe, et d'être punitive ou moralisatrice ; je ne veux même pas évoquer l'aspect environnemental, malgré son extrême importance : cette politique doit être vue comme une stratégie purement économique pour le bien commun à long terme. Pour être efficace, la stratégie doit être globale. Ses effets doivent être vus comme peu pénibles dans l'immédiat mais structurants à long terme ─ tout comme l'ont été dans le passé les concessions de terres, les subventions aux chemins de fer, l'éducation gratuite et obligatoire, l'électrification rurale, les politiques de la SCHL, l'assurance-maladie, les autoroutes gratuites, les CPE et les congés parentaux.

    Venons-en aux mesures spécifiques.

    Choix énergétiques

    Étant donné que le prix du gaz naturel, malgré ce que prétendent ses promoteurs, va suivre inexorablement celui du pétrole, ne pas encourager son expansion. (Nous l'avons échappé belle avec le Suroît : nous serions pris avec un coût d'opération futur incontrôlable).

    Ne pas subventionner l'éthanol-grain, un remède qui soulage un peu à court terme mais ne fait que cacher la gravité de la maladie.

    Dans dix ou vingt ans, l'énergie éolienne, en particulier dans les régions nordiques peu peuplées, deviendra rentable (ce qu'elle n'est pas encore). Pour que ces profits futurs reviennent à la collectivité et non à des multinationales, et dans le but de former nos propres experts, Hydro-Québec doit être le maître d'oeuvre des prochains développements, comme c'est le cas pour l'hydroélectricité depuis 45 ans. N'oublions pas que c'est la nationalisation de l'Hydro qui nous vaut maintenant, à la fois, et de bas tarifs d'électricité et des profits pour le gouvernement de plusieurs milliards par an (de quoi nous payer un CHUM ou une ligne de métro à chaque année !).

    A encore plus long terme, l'énergie nucléaire, de fission ou peut-être de fusion, devra faire un retour au Québec (et à court terme dans la plupart des autres pays). Il est donc important de conserver une expertise dans ce domaine.

    Isolation et chauffage

    Revoir en hausse les normes d'isolation dans tous les bâtiments neufs, résidentiels, commerciaux et industriels. Remettre en oeuvre les programmes d'aide à la conversion des systèmes de chauffage.

    Transport

    Étant donné que le secteur du transport est, de loin, le plus gros utilisateur de pétrole, c'est là que l'effort devra être le plus important. Il faut aussi dissiper un malentendu. En dehors du Québec et de la Norvège, presque toute l'électricité au monde est produite en brûlant du pétrole, du gaz ou du charbon (ce dernier étant le plus polluant de tous) ou, dans une moindre mesure, grâce à des réacteurs nucléaires. L'auto électrique ne peut pas contribuer à la solution : il n'y a pas un seul manufacturier qui fabriquera une auto pour les seuls marchés du Québec et de la Norvège. Le groupe moteur hybride peut faire une petite différence, car il est plus efficace, mais au prix d'un poids et d'un encombrement plus grands ; il est particulièrement approprié pour les autobus.

    PRINCIPE : Si l'on veut faire une différence, pour chaque dollar investi dans le transport individuel, le Québec doit investir un montant égal dans le transport collectif. Ce serait un bon départ. On peut voir à quel point on est loin du compte en jetant un coup d'oeil au site web de Transport Québec. On y annonce avec fierté pour 5 milliards de projets de nouveaux bouts d'autoroutes. Et c'est sans compter, suite à la Commission Johnson, ce que juste l'entretien correct des routes existantes va nous coûter (et aussi la 30 qui n'est bizarrement pas mentionnée). Et à la rubrique transport collectif : zéro projet ! Rien que des vagues énoncés de principe. On a, par exemple et non sans raison, critiqué le coût, soit 800 millions, des trois stations de métro à Laval (alors que une seule aurait suffi, assortie d'un terminus d'autobus). Mais on vient d'annoncer que la reconstruction de l'échangeur Turcot (carrefour des autoroutes 20 et 15) coûtera à lui seul le double de cela, soit autour de 1 milliard et demi ─ le coût du CHUM. Et personne ne rechigne.

    PRINCIPE : Les coûts de construction ou de réfection majeure des infrastructures : routes, autoroutes, ponts, lignes de métro, wagons et autobus, gares et terminus, doit être assumé par le Québec ; les coûts d'entretien et de fonctionnement, incluant les salaires, par les usagers et les collectivités locales, sous forme de tickets, cartes mensuelles, péages, ou taxes. Le coût des bretelles d'entrée/sortie des autoroutes et de nouveaux viaducs doit être payé par les collectivités locales desservies.

    Rétablir une juste concurrence entre le camion et le chemin de fer, qui est environ 5 fois moins énergivore. Bien sûr, le camion restera toujours indispensable sur les courtes distances, mais il n'est pas normal que le chemin de fer doive payer entièrement ses infrastrucures, alors que le camionnage est effectivement subventionné parce qu'il ne paye pas sa part des coûts d'entretien des routes. On doit cesser d'enlever les rails un peu partout, nous en aurons besoin d'ici dix ou vingt ans.

    De même, le transport par bateau, encore moins énergivore, va reprendre des parts de marché. N'oublions pas que le Québec est favorisé puisque pratiquement toute sa population, à l'exception de l'extrême Ouest (Outaouais, Témiscamingue, Abitibi), vit à moins de 100 km de deux grandes voies navigables, le Saint-Laurent et le Saguenay. Nous devons donc nous assurer de ne pas compromettre le développement futur de nos ports, par exemple prévoir des espaces pour l'expansion des quais et des voies terrestres (route et rail) qui y mènent.

    Il n'y a aucune raison de construire de nouvelles autoroutes au Québec, qui a déjà des centaines de km d'autoroutes en trop, à peine utilisées, le fruit de promesses électorales irresponsables. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à comparer le réseau des autoroutes qui sillonnent le Québec à celui de l'Ontario, qui a 12 millions d'habitants en comparaison de nos 7½ millions.

    Pour le transport collectif, un effort majeur doit être consenti pour rechercher des solutions ingénieuses, relativement peu coûteuses, et pas seulement les développements spectaculaires.

    Aménagement du territoire et planification

    Le territoire agricole doit être protégé pour deux raisons. La première est d'arrêter l'étalement urbain galopant et son effet évident sur la consommation de pétrole. La seconde raison est de favoriser notre autonomie alimentaire en faisant baisser les prix des terres. Il est aberrant de transporter sur de longues distances viandes, fruits et légumes si nous pouvons les produire ici. (Je reconnais que cela ne sera pas suffisant, vu les règles actuelles du commerce international, mais je crois que les évènements vont faire voir aux divers gouvernements les avantages d'une autonomie alimentaire minimale).

    Tous les nouveaux édifices publics, municipaux, scolaires, gouvernementaux et para-gouvernementaux, doivent être construits près des centres de population, et à proximité du transport en commun quand il existe.

    Les coûts des bâtiments scolaires doivent à l'avenir être assumés par les municipalités. Donc, le coût des nouvelles écoles fera partie, comme les rues et les égoûts, des infrastuctures à payer au départ. Cela évitera l'aberration actuelle où la jeune classe moyenne déménage en banlieue très éloignée parce que « ça coûte moins cher », mais fait payer à l'ensemble des Québécois la construction de ses écoles ─ alors qu'on doit fermer des écoles dans des quartiers pas si anciens (30-40 ans), même en banlieue !

    Une autre façon de faire illogique à abolir : celle de dessiner le réseau de rues des nouveaux quartiers comme des labyrinthes, ce qui allonge indûment les parcours.

    Quelques exemples pour la région de Montréal

    Depuis l'ouverture du métro de Laval, l'axe Nord-Sud (ligne orange) est débordé. Pourtant nous avons à Montréal depuis 80 ans un tunnel sous la Montagne utilisé par quelques trains par jour seulement ! Cela coûterait peu de l'utiliser à pleine capacité, mais il faut que cette ligne soit reliée au réseau de métro au niveau de la station Édouard-Montpetit ou de la station L'Acadie (à travers la cour de triage Outremont). Cette connexion permettrait non seulement de relier le centre-ville aux quartiers densément peuplés qui vont de Côte-des-Neiges à Saint-Michel, mais de relier directement l'Est (sur la ligne bleue) et le parc industriel de Saint-Laurent (sur la ligne de chemin de fer), où se trouve la plus grosse concentration d'emplois au Québec. Évidemment, métro et chemins de fer doivent être coordonnés sous une seule autorité avec une tarification égale pour tous.

    De même, la branche Ouest de la ligne orange doit être prolongée au moins jusqu'à l'usine Bombardier, et la ligne bleue vers l'Est (Anjou ou Montréal-Nord ?).

    Tout usager s'est rendu compte que la ligne verte entre Berri-UQAM et le coeur du centre-ville est débordée aux heures de pointe. Par contre la ligne jaune venant de Longueuil est sous-utilisée. Prolonger la ligne jaune vers l'Ouest jusqu'à ce coeur donnerait une alternative à la masse de passagers qui doivent actuellement transférer de la ligne orange venant du Nord à la ligne verte vers l'Ouest. S'il était en plus possible de relier ce prolongement au tunnel de la Montagne, on aurait alors une ligne continue de la Rive-Sud jusqu'à Saint-Laurent et au-delà vers la banlieue Ouest.

    La ligne jaune à Longueuil est relativement sous-utilisée parce que (1) la station Longueuil est fréquemment difficile d'accès à cause de la congestion locale due au Pont Jacques-Cartier juste à côté, et (2) parce que le stationnement y est cher. Dans ce cas un prolongement de une station avec terminus d'autobus serait justifié. Ou encore, en profitant de l'emprise excessivement large du Boulevard Taschereau, il serait assez facile d'y aménager une ligne de surface ou un autobus express avec voie réservée en tout temps et feux de circulation prioritaires. Sûrement mois coûteux (mais moins spectaculaire) qu'un SLR. Le chemin de fer du Pont Victoria, qui est par ailleurs idéalement situé, est utilisé pour le transport de marchandises (ce qu'on ne veut pas empêcher), il n'est donc malheureusement pas disponible pour accroître de beaucoup le trafic de passagers.

    Aussi bien pour les Montréalais que pour les visiteurs (et notre « image »), l'amélioration des liens ferroviaires et routiers avec l'Aéroport doit obtenir une haute priorité.

    On parle de gros sous mais pas plus que lorsqu'on parle de refaire l'échangeur Turcot, de construire le nouveau pont vers Laval, de terminer la 30 (en échange d'un gros cadeau aux Mohawks), et de refaire tôt ou tard des sections de l'Autoroute Métropolitaine en piteux état.

    Bernard Terreault
    Professeur honoraire à l'Institut National de la Recherche Scientifique

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