Vieux-Montréal - Les partenaires financiers du projet de la gare-hôtel Viger s'impatientent
Les promoteurs attendent le feu vert d'ici l'automne, sinon...
Le Regroupement pour un projet Viger harmonieux a préparé une interprétation 3D des plans de la gare-hôtel Viger soumis par le promoteur lors des audiences de l’Office de consultation publique de Montréal. Cette maquette permet de se faire une id
Les partenaires financiers du projet de la gare-hôtel Viger s'impatientent et menacent de se retirer si les obstacles réglementaires ne sont pas levés d'ici l'automne, a appris Le Devoir.
Le message a été transmis de vive voix le mois dernier au maire de Montréal, Gérald Tremblay, par Richard Homburg, président et chef de la direction de Homburg Invest, l'un des trois partenaires du consortium Viger DMC International. M. Homburg a profité de son passage dans la métropole, au moment où se déroulait le sommet immobilier de Montréal, présidé par Phil O'Brien qui dirige par ailleurs Viger DMC International, pour rencontrer le maire et lui faire part de son désir de voir aboutir le projet dans les meilleurs délais.
Des occasions internationales autres que le développement de la gare-hôtel Viger se présenteraient aux financiers, qui voulaient donc savoir combien de temps ils doivent encore attendre avant que le projet ne démarre concrètement à Montréal. «Pour Homburg et ses partenaires, s'il n'y a pas de réponse claire à l'automne, ils vont devoir prendre une décision», a-t-on expliqué au Devoir.
Le conseiller municipal André Lavallée, responsable de l'aménagement urbain au comité exécutif, a participé à cette rencontre. «Quelqu'un qui veut investir 450 millions à Montréal veut certainement être assuré que les choses progressent. Tout comme la Ville et le maire veulent être assurés que les choses progressent. C'est le ton des discussions que j'ai entendues», a affirmé M. Lavallée.
De son côté, le promoteur refuse de parler d'une date-butoir, mais il reconnaît que des problèmes quant au processus référendaire se posent. Quant à la visite au maire Tremblay, ce n'était qu'une «rencontre de courtoisie».
La réponse de Québec
En fait, l'avenir du projet de la gare-hôtel Viger semble être davantage entre les mains du gouvernement du Québec que de l'administration Tremblay. C'est à Québec que le promoteur peut obtenir certaines assurances, mais le statut minoritaire du gouvernement libéral brouille les cartes.
Le projet Viger touche en grande partie l'arrondissement historique du Vieux-Montréal. Pour cette raison, deux problèmes se posent pour le promoteur. D'abord, il doit traverser le processus démocratique du registre et d'un éventuel référendum, après avoir vu son projet analysé et critiqué par l'Office de consultation publique de Montréal. Puis, le ministère de la Culture doit donner un avis sur l'érection des hautes tours projetées à l'entrée du Vieux-Montréal. En clair, les résidants du pourtour de la gare Viger ainsi que les responsables des questions patrimoniales au ministère de la Culture ont un pouvoir de vie ou de mort sur le projet.
Pour contrer cette situation, le promoteur a cherché au cours des derniers mois à se soustraire à la mécanique du registre et du référendum. Les lobbyistes embauchés par Viger DMC International ont sensibilisé avec succès tant les membres du gouvernement que le maire Tremblay à cet aspect.
Un exercice de marketing
Mais si l'objectif premier était d'obtenir une modification de la Charte de Montréal, il semble maintenant que les discussions visent plutôt à élargir les zones où les résidants pourront se prononcer, ce qui dilue ainsi le poids des voisins immédiats.
La ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, a déposé plus tôt cette semaine un projet de loi omnibus dans lequel on ne retrouve rien concernant cette question. Mais on précise au cabinet de Mme Normandeau que, d'ici la fin de la session parlementaire, un amendement pourrait être apporté.
«C'est un projet d'une complexité extraordinaire, encadré d'un très grand nombre de règles. Est-ce que ces règles-là sont bien adaptées quand la moitié du terrain est dans un arrondissement historique?», a soulevé André Lavallée.
Chose certaine, le promoteur n'a ménagé aucun effort pour s'assurer l'appui des résidants du secteur. Il a embauché des spécialistes de la consultation publique pour entendre les citoyens, mais aussi les convaincre du bien-fondé de son projet.
Cet exercice de marketing indispose de plus en plus les résidants qui y voient surtout «un outil de manipulation». La plupart d'entre eux refusent d'être identifiés par crainte de représailles. «Le promoteur fait du pointage, explique un résidant. Il a nos noms, numéros de téléphone et courriels qu'on a laissés lors des portes ouvertes qu'il avait organisées.» Un autre résidant raconte que le promoteur fait des consultations larges, des réunions privées de quelques personnes et «nous offre même des soupers».
La plupart de ces rencontres ont eu lieu dans un condo acheté par Viger DMC International dans Faubourg Québec (évalué à 404 000 $). Ce n'est pas officiellement un bureau de chantier, a précisé la porte-parole du promoteur, Isabelle Thellen.
Lors de ces rencontres, le promoteur a proposé quelques aménagements à son projet, mais rien pour éliminer les inquiétudes des citoyens. «Nous ne sommes pas contre le projet. Le problème, c'est la densité et la volumétrie excessives des édifices», a fait valoir un résidant.
Opposition des résidants
Des résidants ont décidé de faire front commun. Le Regroupement pour un projet Viger harmonieux a préparé un dépliant distribué à 250 exemplaires il y a quelques semaines. Plus récemment, ce même groupe a préparé une interprétation 3D des plans soumis par le promoteur lors des audiences de l'Office de consultation publique de Montréal. Les illustrations ne laissent aucun doute sur l'impact visuel des édifices proposés sur le site de la gare-hôtel Viger: les résidants du pourtour vivront dans l'ombre de hautes tours. «Ce n'est pas à l'échelle du quartier», a tranché un membre du groupe.
Décidé à ne rien laisser au hasard, le regroupement a rencontré le directeur général adjoint de la Ville, Guy Hébert, et surtout des représentants du ministère de la Culture afin de plaider en faveur du patrimoine montréalais.
Le message a été transmis de vive voix le mois dernier au maire de Montréal, Gérald Tremblay, par Richard Homburg, président et chef de la direction de Homburg Invest, l'un des trois partenaires du consortium Viger DMC International. M. Homburg a profité de son passage dans la métropole, au moment où se déroulait le sommet immobilier de Montréal, présidé par Phil O'Brien qui dirige par ailleurs Viger DMC International, pour rencontrer le maire et lui faire part de son désir de voir aboutir le projet dans les meilleurs délais.
Des occasions internationales autres que le développement de la gare-hôtel Viger se présenteraient aux financiers, qui voulaient donc savoir combien de temps ils doivent encore attendre avant que le projet ne démarre concrètement à Montréal. «Pour Homburg et ses partenaires, s'il n'y a pas de réponse claire à l'automne, ils vont devoir prendre une décision», a-t-on expliqué au Devoir.
Le conseiller municipal André Lavallée, responsable de l'aménagement urbain au comité exécutif, a participé à cette rencontre. «Quelqu'un qui veut investir 450 millions à Montréal veut certainement être assuré que les choses progressent. Tout comme la Ville et le maire veulent être assurés que les choses progressent. C'est le ton des discussions que j'ai entendues», a affirmé M. Lavallée.
De son côté, le promoteur refuse de parler d'une date-butoir, mais il reconnaît que des problèmes quant au processus référendaire se posent. Quant à la visite au maire Tremblay, ce n'était qu'une «rencontre de courtoisie».
La réponse de Québec
En fait, l'avenir du projet de la gare-hôtel Viger semble être davantage entre les mains du gouvernement du Québec que de l'administration Tremblay. C'est à Québec que le promoteur peut obtenir certaines assurances, mais le statut minoritaire du gouvernement libéral brouille les cartes.
Le projet Viger touche en grande partie l'arrondissement historique du Vieux-Montréal. Pour cette raison, deux problèmes se posent pour le promoteur. D'abord, il doit traverser le processus démocratique du registre et d'un éventuel référendum, après avoir vu son projet analysé et critiqué par l'Office de consultation publique de Montréal. Puis, le ministère de la Culture doit donner un avis sur l'érection des hautes tours projetées à l'entrée du Vieux-Montréal. En clair, les résidants du pourtour de la gare Viger ainsi que les responsables des questions patrimoniales au ministère de la Culture ont un pouvoir de vie ou de mort sur le projet.
Pour contrer cette situation, le promoteur a cherché au cours des derniers mois à se soustraire à la mécanique du registre et du référendum. Les lobbyistes embauchés par Viger DMC International ont sensibilisé avec succès tant les membres du gouvernement que le maire Tremblay à cet aspect.
Un exercice de marketing
Mais si l'objectif premier était d'obtenir une modification de la Charte de Montréal, il semble maintenant que les discussions visent plutôt à élargir les zones où les résidants pourront se prononcer, ce qui dilue ainsi le poids des voisins immédiats.
La ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, a déposé plus tôt cette semaine un projet de loi omnibus dans lequel on ne retrouve rien concernant cette question. Mais on précise au cabinet de Mme Normandeau que, d'ici la fin de la session parlementaire, un amendement pourrait être apporté.
«C'est un projet d'une complexité extraordinaire, encadré d'un très grand nombre de règles. Est-ce que ces règles-là sont bien adaptées quand la moitié du terrain est dans un arrondissement historique?», a soulevé André Lavallée.
Chose certaine, le promoteur n'a ménagé aucun effort pour s'assurer l'appui des résidants du secteur. Il a embauché des spécialistes de la consultation publique pour entendre les citoyens, mais aussi les convaincre du bien-fondé de son projet.
Cet exercice de marketing indispose de plus en plus les résidants qui y voient surtout «un outil de manipulation». La plupart d'entre eux refusent d'être identifiés par crainte de représailles. «Le promoteur fait du pointage, explique un résidant. Il a nos noms, numéros de téléphone et courriels qu'on a laissés lors des portes ouvertes qu'il avait organisées.» Un autre résidant raconte que le promoteur fait des consultations larges, des réunions privées de quelques personnes et «nous offre même des soupers».
La plupart de ces rencontres ont eu lieu dans un condo acheté par Viger DMC International dans Faubourg Québec (évalué à 404 000 $). Ce n'est pas officiellement un bureau de chantier, a précisé la porte-parole du promoteur, Isabelle Thellen.
Lors de ces rencontres, le promoteur a proposé quelques aménagements à son projet, mais rien pour éliminer les inquiétudes des citoyens. «Nous ne sommes pas contre le projet. Le problème, c'est la densité et la volumétrie excessives des édifices», a fait valoir un résidant.
Opposition des résidants
Des résidants ont décidé de faire front commun. Le Regroupement pour un projet Viger harmonieux a préparé un dépliant distribué à 250 exemplaires il y a quelques semaines. Plus récemment, ce même groupe a préparé une interprétation 3D des plans soumis par le promoteur lors des audiences de l'Office de consultation publique de Montréal. Les illustrations ne laissent aucun doute sur l'impact visuel des édifices proposés sur le site de la gare-hôtel Viger: les résidants du pourtour vivront dans l'ombre de hautes tours. «Ce n'est pas à l'échelle du quartier», a tranché un membre du groupe.
Décidé à ne rien laisser au hasard, le regroupement a rencontré le directeur général adjoint de la Ville, Guy Hébert, et surtout des représentants du ministère de la Culture afin de plaider en faveur du patrimoine montréalais.
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