Gaz Métro rit du monde!
C'est dans le mépris du bien public que Gaz Métropolitain procédera sous peu à l'excavation de tranchées dans le boulevard Saint-Laurent, entre Sherbrooke et Mont-Royal.
Pendant plus d'une année, les résidants, commerçants et tous ceux qui fréquentent ou empruntent cette artère majeure de la métropole ont subi les inconvénients des travaux de réfection indispensables entrepris par la Ville et les sociétés de services publics. Hydro-Québec, Bell, Vidéotron, les services d'aqueduc, d'égouts et la voirie avaient coordonné leurs efforts pour minimiser les coûts et pour ne pas avoir à y revenir de sitôt. D'ici l'été prochain, il ne restait plus qu'à compléter l'installation des nouveaux lampadaires et autres équipements urbains.
Or, on apprenait cette semaine de la bouche de la mairesse du Plateau-Mont-Royal, Mme Helen Fotopulos, que Gaz Métro, qui avait rejeté l'invitation de participer à l'opération à deux reprises au cours des dernières années, s'apprêtait à procéder à ses propres travaux. Pour ce faire, il faudra couper la chaussée et les trottoirs fraîchement construits en quarante endroits d'ici juin.
En réaction aux protestations de la mairesse du Plateau, qui a accusé les gens de Gaz Métro d'avoir «dormi au gaz», le représentant de la compagnie a reconnu l'erreur et accepté une partie du blâme, mais sans autres explications ni excuses. Après tout, quelques p'tits trous de plus ou de moins, y a rien là, quoi? Qui a déjà dit que l'entreprise privée était mieux gérée, plus efficace et moins bureaucratique que le secteur public?
Personne ne doute de l'importance pour la sécurité de procéder à ces travaux. Mais comment expliquer qu'ils n'aient pas été planifiés l'an dernier, au moment où Saint-Laurent n'était qu'une plaie ouverte poussiéreuse livrée aux entreprises de services publics? On s'efforcera de ne pas trop déranger, dit-on, mais le simple fait de pratiquer ces interventions constitue un dérangement abusif, compte tenu du contexte.
Gaz Métro bouchera ses trous et paiera la note, cela s'entend. Mais qui paiera pour les dommages permanents à la qualité des recouvrements qui viennent tout juste d'être posés à très grands frais? Qui paiera pour le dérangement subi par les résidants, les commerçants et les habitués? En somme, qui paiera pour la bêtise de Gaz Métropolitain?
Dans toute société, les entreprises de services publics ont le droit de procéder aux travaux d'entretien et à la réfection de leurs équipements de distribution, même si, pour cela, ils doivent intervenir sur la propriété d'autrui. Mais ce droit ne va certainement pas jusqu'sà laisser impuni un geste de négligence dont la conséquence est la détérioration du bien public. La Ville et les commerçants devraient envisager de réclamer une compensation financière de Gaz Métro.
j-rsansfacon@ledevoir.com
Pendant plus d'une année, les résidants, commerçants et tous ceux qui fréquentent ou empruntent cette artère majeure de la métropole ont subi les inconvénients des travaux de réfection indispensables entrepris par la Ville et les sociétés de services publics. Hydro-Québec, Bell, Vidéotron, les services d'aqueduc, d'égouts et la voirie avaient coordonné leurs efforts pour minimiser les coûts et pour ne pas avoir à y revenir de sitôt. D'ici l'été prochain, il ne restait plus qu'à compléter l'installation des nouveaux lampadaires et autres équipements urbains.
Or, on apprenait cette semaine de la bouche de la mairesse du Plateau-Mont-Royal, Mme Helen Fotopulos, que Gaz Métro, qui avait rejeté l'invitation de participer à l'opération à deux reprises au cours des dernières années, s'apprêtait à procéder à ses propres travaux. Pour ce faire, il faudra couper la chaussée et les trottoirs fraîchement construits en quarante endroits d'ici juin.
En réaction aux protestations de la mairesse du Plateau, qui a accusé les gens de Gaz Métro d'avoir «dormi au gaz», le représentant de la compagnie a reconnu l'erreur et accepté une partie du blâme, mais sans autres explications ni excuses. Après tout, quelques p'tits trous de plus ou de moins, y a rien là, quoi? Qui a déjà dit que l'entreprise privée était mieux gérée, plus efficace et moins bureaucratique que le secteur public?
Personne ne doute de l'importance pour la sécurité de procéder à ces travaux. Mais comment expliquer qu'ils n'aient pas été planifiés l'an dernier, au moment où Saint-Laurent n'était qu'une plaie ouverte poussiéreuse livrée aux entreprises de services publics? On s'efforcera de ne pas trop déranger, dit-on, mais le simple fait de pratiquer ces interventions constitue un dérangement abusif, compte tenu du contexte.
Gaz Métro bouchera ses trous et paiera la note, cela s'entend. Mais qui paiera pour les dommages permanents à la qualité des recouvrements qui viennent tout juste d'être posés à très grands frais? Qui paiera pour le dérangement subi par les résidants, les commerçants et les habitués? En somme, qui paiera pour la bêtise de Gaz Métropolitain?
Dans toute société, les entreprises de services publics ont le droit de procéder aux travaux d'entretien et à la réfection de leurs équipements de distribution, même si, pour cela, ils doivent intervenir sur la propriété d'autrui. Mais ce droit ne va certainement pas jusqu'sà laisser impuni un geste de négligence dont la conséquence est la détérioration du bien public. La Ville et les commerçants devraient envisager de réclamer une compensation financière de Gaz Métro.
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