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Québec a-t-il 400 ou 475 ans?

Isabelle Porter   29 décembre 2007  Villes et régions
Pour certains historiens, la découverte en 2005 du site de la première tentative d’implantation d’une colonie à Québec ajoute une page de 75 ans au grand livre d’histoire de la ville.
Photo : Clément Allard
Pour certains historiens, la découverte en 2005 du site de la première tentative d’implantation d’une colonie à Québec ajoute une page de 75 ans au grand livre d’histoire de la ville.
Québec — Le hasard a voulu que deux ans avant les célébrations de la fondation de 1608, on ait découvert les vestiges de la première tentative de colonisation effectuée des décennies plus tôt par Jacques Cartier. Mais les historiens sont divisés sur l'importance à accorder à ce site mystérieux.

Dévoilé en grande pompe en août 2006, le site archéologique est en dormance pour l'hiver, mais on vient de lancer un espace Web afin de permettre au public de suivre les travaux (http://www.cartier-roberval.gouv.qc.ca), financés à hauteur de 7,7 millions de dollars par le gouvernement du Québec.

Ici, une archéologue commente dans une vidéo la découverte d'une petite clé en laiton. Là, une spécialiste de l'archéobotanique explique comment identifier des restes végétaux vieux de quatre siècles. Une centaine d'artéfacts ont été découverts à ce jour, dont certaines céramiques amérindiennes.

Situé à l'ouest de Québec, dans l'ancienne banlieue de Cap-Rouge, le site a été découvert par hasard en 2005 alors qu'on préparait les travaux d'embellissement de la ville pour le 400e. On s'apprêtait à construire la nouvelle promenade Samuel-de-Champlain aux abords du fleuve et, sublime ironie, on avait demandé à un archéologue de s'assurer que le sol ne contenait pas de trésors cachés.

Les historiens savaient que Jacques Cartier et Jean-François de La Roque de Roberval avaient tenté sans succès de s'établir à Québec après 1534. Des forts avaient été construits entre 1541 et 1543 mais on n'en avait jamais trouvé la moindre trace.

«Ce n'était pas planifié. On a ramené le livre d'histoire de 75 ans en arrière avec ce qui a été trouvé», commente Denis Angers, de la Commission de la Capitale-Nationale (CCN), qui encadre le projet. «C'est incroyable, ce qui a été découvert: des bagues, des poteries... C'est la Renaissance à Québec! On a même découvert des noyaux d'olives. On va même pouvoir reconstituer la diète de l'époque.»

Les historiens divisés

Or tous ne sont pas si enthousiastes. Pour l'historien et éditeur Denis Vaugeois, c'est surtout le site d'un mauvais souvenir. «C'est intéressant, mais il n'y a pas eu de suites à ça. Il y a eu un hivernement catastrophique et ça s'est arrêté là. Tellement catastrophique que les Français ont oublié le Canada pendant 75 ans», estime ce spécialiste de Champlain. «Serge Bouchard [l'anthropologue et communicateur] a été clair là-dessus: ç'a été un échec, mais heureusement, il y a eu par la suite un gars comme Champlain qui a su faire des accommodements raisonnables avec les Indiens.»

Cependant, pour l'historien Jean Provencher, qui nous accordait récemment une entrevue, c'est une découverte capitale. «Quel site! Ça va être patrimoine mondial de l'humanité. C'est le premier site d'établissement européen au nord du Mexique.» Invité à commenter la découverte lors de l'inauguration en présence du premier ministre Jean Charest, Provencher lui avait transmis son enthousiasme. «Je lui ai dit: "M. Charest, notre histoire du Québec jusqu'à vous, elle est faite, mais il manque une page. La première se trouve ici."»

Or beaucoup reste à faire. En près de six mois de fouilles, les archéologues ne sont pas encore parvenus à retrouver les limites du fort, qui aurait abrité entre 400 et 600 personnes. Les recherches sur le site archéologique Cartier-Roberval doivent reprendre au printemps. Le site sera partiellement ouvert au public à compter de l'été prochain.
Pour certains historiens, la découverte en 2005 du site de la première tentative d’implantation d’une colonie à Québec ajoute une page de 75 ans au grand livre d’histoire de la ville. Des forts auraient été construits à Québec entre 1541 et 1543.
 






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Vos réactions

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  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 04h40
    La sens des mots...
    « Voici encore une fois qu'en histoire et en géographie, le vocabulaire est souvent inadéquat pour décrire une réalité.

    Bien souvent, des mots comme "fondation" et "découverte" n'ont de sens que si on oublie leur sens premier. Ainsi, les explorateurs ont toujours "découvert" des lieux qui existaient déjà. Et les fondateurs d'une ville ou d'un pays n'ont jasmais su ce qu'ils fondaient exactement, et ne se sont appelés "fondateurs" qu'après leur mort.

    Or on pourrait soutenir que les vrais découvreurs et fondateurs de Québec sont les Québécois de tous les temps.

    Georges Paquet »

  • Doris Veillet
    Inscrite
    samedi 29 décembre 2007 09h05
    Soyons optimistes!
    « Bonjour!
    Je crois que, s'il est possible d'établir une correspondance avec les recherches en cours actuellement et une page manquante de notre intéressante Histoire, nous nous devons de demeurer optimistes pour la suite des découvertes, non?
    Merci de nous informer!

    Doris Veillette-Hamel
    Trois-Rivières »

  • Juste Bon Sens
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 10h30
    Le sens du être
    « Le vocabulaire est souvent inadéquat, pour sur, sommes-nous Québécois ou Canadien?

    Nous éviterions beacoup de merdes de sens du mots être si les leaders discerneraient l'importance d'être. L'importance du vouloir être.

    Mais le petit peuple est du sens être ignorant le sans être, l'ignares que nous sommes, anticipons les retraitres pour enfin vivre une vie d'être.

    Ainsi le manque de discernement des leaders se répercutent sur cette mémoire collective pour en devenir culturalisme.

    Pour la suite des choses, ainsi va la vie.
    Nous sommes des Canadiens de souchent, depuis 475 ans.
    Descendances Charentaise. »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    samedi 29 décembre 2007 14h21
    Plus vieux qu'on ne croit
    « Les marins basques, normands et bretons avaient un siècle d'avance sur Jacques Cartier. Les voyages de Cartier sont les premiers qui furent officiels. Celui de Roberval fut une catastrophe à cause de l'arrogance, la cupidité et la méchanceté de Roberval. Deux des trois passagers laissés par lui sur l'île de la Demoiselle sont morts. Sont équipage fut décimé par le scorbut. Ces morts ne valent-ils donc rien ?
    Même si 75 ans sont passés avant la venue de Champlain, il y eut encore plusieurs visites françaises entre temps. Et en France, on songeait comment reprendre ces expéditions. Les voyages de Roberval et Cartier doivent être considérés.

    Jean-Marie Francoeur »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 17h04
    Hé oui !
    « Hé oui, ces Cartier et Roberval si bien accueillis par les Amérindiens, appelés alors « sauvages », lesquels, grâce à leurs conconctions savantes, ont sauvé d'une mort certaine nombre de Français visiteurs d'une mort certaine. Quelle place occuperont les descendants de ces hôtes bienveillants lors du 400e ou, dans 75 ans, du 475e?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 29 décembre 2007 20h37
    À "Juste Bon Sens"...
    « Celui qui lit votre intervention a nettement l'impression que vous n'avez pas pris le temps de bien formuler votre pensée. À moins que ce ne soit une manifestation de l'absence d'icelle. »

  • Paul Verreault
    Inscrit
    dimanche 30 décembre 2007 11h13
    Bel et bien le 400è
    « Je suis de l'avis de MM Vaugeois et Bouchard. C'est le 400è de notre installation permanente en excellent voisinage avec les 1ères nations- quand on compare aux assassinats massifs commis par les Anglais dans l'Ouest Canadien et aux É.U., et à ceux des Espagnols en Amérique du Sud. J'ajouterais que le site de Cartier découvert en 2005 équivaut historiquement à peu près à ceux des Vikings découverts dans les Maritimes Canadians (sic). »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    dimanche 30 décembre 2007 18h41
    Déclarons-y notre indépendance historique!
    « «C'est le premier site d'établissement européen au nord du Mexique.»

    Je le répète, je persiste et je le signe de mon sang d'encre : voilà le site le plus symbolique de tous, du point de vue de nos origines, où il y aura lieu de déclarer unilatéralement, s'il le fallait, l'indépendance historique du Québec, au vu et au su de toute la planète, à titre de Peuple fondateur ! Car tous les peuples fondateurs sur Terre ont droit à un toit sur la tête comme une famille une maison! Et cela n'a rien à voir avec une idéologie telle que le nationalisme. Il s'agit de tout autre chose, de bien plus fondamental encore : il s'agit de justice naturelle ! »

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