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    Déneigement: la facture sera salée

    Avec déjà 150 des 200 centimètres prévus, Montréal a presque atteint son quota hivernal

    20 décembre 2007 |Jeanne Corriveau | Villes et régions
    De la neige, rien que de la neige cette semaine dans les rues de Montréal qui se transformera en gadoue ce week-end si la pluie se met de la partie, comme l’annonce la météo.
    Photo: Jacques Nadeau De la neige, rien que de la neige cette semaine dans les rues de Montréal qui se transformera en gadoue ce week-end si la pluie se met de la partie, comme l’annonce la météo.
    Si la tendance se maintient, le déneigement coûtera cher à la Ville de Montréal. Depuis le 15 novembre, il est tombé plus de 150 centimètres de neige sur la métropole alors que les maximums de précipitations prévus dans les contrats conclus avec les entrepreneurs en déneigement sont de 200 centimètres. Montréal devra vraisemblablement puiser dans ses réserves pour assumer les coûts supplémentaires liés au déneigement. L'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve a déjà épuisé ses fonds pour l'année en cours et a dû se résoudre à utiliser ses surplus pour être capable de poursuivre ses opérations de déneigement jusqu'au 31 décembre, a appris le Devoir.

    Des centimètres en trop

    Alors qu'Environnement Canada estime à 113,8 centimètres la quantité de neige tombée jusqu'à maintenant, selon les données enregistrées à Dorval, les trois stations de niveaumétrie de la Ville de Montréal ont plutôt mesuré des précipitations de 151,3 centimètres depuis le 15 novembre. Cette mesure comprend toute la neige tombée, même celle qui aurait fondu par la suite ou qui n'aurait pas nécessité d'être ramassée par les équipes de déneigement. Et c'est cette mesure qui est utilisée comme référence dans les contrats de déneigement.

    S'il fallait que les précipitations se poursuivent au même rythme au cours des prochaines semaines, la Ville pourrait devoir payer des frais supplémentaires aux entrepreneurs pour chaque centimètre de neige tombé sur la métropole au-delà des 200 centimètres prévus dans les contrats. Le directeur des Services des infrastructures, du transport et de l'environnement, Yves Girard, ne s'en émeut pas. «On verra ce qui va tomber. L'an dernier, on n'en a pas eu au début, mais il y a eu beaucoup de précipitations au mois d'avril. Ça ne tombe jamais de la même façon.» Et d'une année à l'autre, les quantités de précipitations varient. «Il y a des années où on a eu jusqu'à 250 ou 300 centimètres de neige et d'autres années où il y en a eu 86», ajoute M. Girard.

    La Ville a prévu un budget de 128 millions de dollars pour le déneigement en 2007, et environ 40 % de cette somme serait toujours disponible d'ici la fin de l'année dans les 19 arrondissements qui sont responsables du déneigement sur leurs territoires respectifs.

    Puiser dans les surplus

    Yves Girard soutient que tous les arrondissements disposent de suffisamment de fonds, mais les élus de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ont été pris de court. Hier, à l'occasion d'une séance extraordinaire du conseil d'arrondissement, ils ont été contraints de puiser 1,173 million de dollars dans les surplus de l'arrondissement pour être en mesure d'assumer les dépenses de déneigement qui seront nécessaires jusqu'au 31 décembre. Dans la préparation de son budget, l'arrondissement avait prévu des sommes pour des précipitations de 66 centimètres entre le 15 novembre et le 31 décembre et il en est tombé 85 de plus jusqu'à maintenant. Yves Girard dit ignorer si d'autres arrondissements se retrouvent dans la même situation.

    Les Montréalais s'impatientent

    La deuxième bordée de neige, qui a laissé quelque 45 centimètres de neige cette semaine, cause bien des maux de tête aux Montréalais, qui n'ont pas eu beaucoup de répit en décembre. Lors d'un point de presse hier, Marcel Tremblay, responsable des services aux citoyens au comité exécutif, a reconnu que le déneigement était difficile et que le recours fréquent au remorquage des voitures ne facilitait pas la tâche des employés. Il a pressé les automobilistes à utiliser les transports en commun et à respecter les panneaux d'interdiction de stationnement.

    La Ville estimait hier qu'entre 25 et 30 % de la neige avait été ramassée sur l'ensemble de son territoire. Il reste donc beaucoup de travail à faire et la situation devrait se corser au cours de la fin de semaine puisque Environnement Canada prévoit de la pluie pour dimanche et une chute des températures pour les jours suivants. On peut donc s'attendre à ce que la ville se transforme en patinoire. Les employés délaisseront donc les opérations de déneigement pour se consacrer à l'épandage d'abrasifs.

    À ces contraintes s'ajoute celle liée à l'application de la loi 430, qui prévoit une période de repos de 24 heures pour les conducteurs de véhicules lourds ayant travaillé sept jours d'affilée. Ce sont les arrondissements qui détermineront le moment de cette pause, mais celle-ci devrait être décrétée aujourd'hui ou demain, a indiqué Yves Girard.

    Il y a quelques jours, Marcel Tremblay avait promis que le déneigement serait complété d'ici Noël, mais hier il n'était plus sûr que la Ville y parviendrait. «J'ai maintenant de la difficulté à évaluer le changement d'orientation qu'on devra prendre durant la période de pluie. J'ai encore comme objectif que Montréal soit en parfaite condition avant Noël, mais on est pris avec les problèmes de la nature et, des fois, c'est hors de notre contrôle», a-t-il dit.

    Michel Viau, assistant-directeur du Service de sécurité incendie de Montréal, assure que, même si les conditions de conduite sont difficiles pour les véhicules des pompiers, son service respecte les délais de réponse exigés par le ministère de la Sécurité publique. «Pour un service de l'ampleur de Montréal, on nous demande d'avoir dix pompiers en dix minutes. Hier [mardi], lors de l'incendie de la rue de Courtrai, on a eu 15 pompiers sur les lieux en moins de sept minutes. D'emblée, c'est plus difficile, mais ça ne nous empêche pas de faire notre travail convenablement», a-t-il expliqué.
     
     
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