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Le Québec sous le blizzard

Fabien Deglise   17 décembre 2007  Villes et régions
À Montréal, il était plus facile de se déplacer à pied qu’en voiture, hier, au milieu d’un blizzard qui aura laissé jusqu’à 40 centimètres de neige.
Photo : Pascal Ratthé
À Montréal, il était plus facile de se déplacer à pied qu’en voiture, hier, au milieu d’un blizzard qui aura laissé jusqu’à 40 centimètres de neige.
Prévue depuis vendredi dernier, la valse des déneigeuses, des sorties de route, des retards dans les aéroports et des tours de rein post-activité de pelletage a finalement eu lieu hier alors que le Québec a été touché par une importante tempête de neige, la deuxième depuis le début du mois et avant le début de l'hiver, fixé, comme chaque année ou presque, le 22 décembre. Au total, entre 25 et 40 cm de neige se sont abattus sur l'ensemble du territoire. Les précipitations, qui ont débuté dans la nuit de samedi à dimanche, doivent d'ailleurs se poursuivre jusque dans le courant de la matinée aujourd'hui «et faire place, par la suite, à de la poudrerie», a indiqué au Devoir, René Héroux, d'Environnement Canada.

De manière prévisible à cette époque de l'année à notre latitude nord, cette tempête a entraîné un ralentissement normal des activités humaines sur l'ensemble du Québec ainsi qu'en Ontario et au Nouveau-Brunswick où, là aussi, les conditions climatiques se sont largement détériorées dans les 30 dernières heures.

Accompagnée de vents allant de 80 à 90 km/h par endroit, cette importante chute de neige a engendré le retard et forcé l'annulation de plusieurs centaines de vols aériens dans les principaux aéroports de l'est du pays. Signe d'un temps difficile, en après-midi hier, le site Internet d'Aéroport de Montréal s'est d'ailleurs temporairement avoué vaincu devant les assauts répétés de milliers de voyageurs anxieux qui cherchaient à mesurer l'ampleur des changements dans leur plan de vol ou dans ceux de leur parenté. En vain, le serveur informatique de l'entreprise fonctionnant de manière sporadique.

Même scénario du côté du transport routier où les liaisons par autobus entre Montréal et Boston ou Montréal et New York ont dû être annulées. Les lignes de transports interurbains à l'intérieur du Québec n'ont également pas été épargnées par les fortes accumulations de neige qui ont été à l'origine, par exemple, de la fermeture, en journée hier, de l'autoroute 20 et de la route 132 entre Levis et Montmagny.

Comme le veut d'ailleurs la formule consacrée, le ministère du Transport a invité les automobilistes à «limiter leurs déplacements et, dans la mesure du possible, à remettre leurs rendez-vous à un autre jour». Sur l'ensemble du réseau routier, la visibilité était encore, en fin de journée dimanche, de réduite à nulle avec à la clef des centaines de sorties de route déplorées un peu partout au Québec au cours de la journée d'hier.

Seul mode de transport, avec la marche à pied et le métro, épargné par la nature hivernale en action, les trains ont fonctionné presque normalement toute la journée dans le corridor Québec-Windsor, a indiqué Via Rail Canada tout en soulignant que la neige avait «occasionné de légers retards mais aucune annulation».

Coup de foudre dans le blizzard

Au coeur de la tempête, Montréal a vécu hier un coup de foudre dans le blizzard avec la présence d'éclairs et de tonnerre qui ont déchiré le ciel blanc de la métropole. Le phénomène a été qualifié d'«inusité» par René Héroux qui voit là le témoignage «de la complexité du système dépressionnaire» qui s'est abattu sur le Québec. «Ça arrive, mais c'est rare», a-t-il indiqué. «Cela n'a toutefois rien à voir avec le dérèglement du climat [qui fait la manchette depuis quelques années] puisque ce genre de phénomène existait bien avant que l'on parle de ce dérèglement. Il est simplement associé à l'instabilité importante de l'air.»

Les mathématiciens de la météorologie risquent d'ailleurs de s'en réjouir. Cette instabilité, liée aux 45 centimètres de neige enregistrés depuis le début du mois, pourrait bien permettre d'établir un nouveau record de précipitation de neige pour un mois de décembre au Québec. Ce record a été établi en 1972 avec 118 centimètres de neige mesurés cette année-là.






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Vos réactions

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  • Guy Lafond
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 23h08
    Empreinte environnementale
    « Mère Nature a bien le droit de laisser son empreinte environnementale, elle aussi. Ne pensez-vous pas? Au diable les liaisons entre Montréal à New York.

    Détendez-vous un peu. Ce matin, restez au lit. Pour une fois, admirez le givre dans votre fenêtre et rappelez-vous ces merveilleux hivers d'autrefois. Voilà qui est mieux.

    Votre enfant n'a pas d'école aujourd'hui? Dans ce cas, ne manquez pas l'occasion. Allez jouer dehors avec lui. Allez faire votre empreinte dans la neige.

    À toute l'équipe du Devoir : Joyeux Temps des Fêtes! »

  • Olivier Sourd
    Inscrit
    lundi 17 décembre 2007 09h55
    Temps bizarre
    « Blizzard, vous avez dit blizzard ... Comme c'est blizzard. »

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