Montréal à la recherche du vélo idéal
Contrairement aux vélos traditionnels comme celui illustré ci-dessus, le vélo montréalais sera entièrement inédit. Non seulement on s’attend à ce que cette super-bécane ait un style unique, les propositions des designers devront aussi respecter
Un beau vélo, unique à Montréal, qui soit à l'épreuve du vol et qui puisse résister aux chocs, aux écarts de température et aux... nids-de-poule: le vélo idéal, quoi! C'est l'appel que vient de lancer Stationnement de Montréal (SdM) à l'ensemble de la communauté des designers dans l'espoir de mettre sur les routes dès l'automne prochain un vélo en libre service proprement montréalais.
À l'instar de Paris ou de Barcelone, Montréal aura bientôt son propre réseau de vélo en libre service. Ainsi en a décidé la Ville dans son plan de transport dévoilé en octobre dernier. Mais pour passer du rêve à la bécane, elle a confié à Stationnement de Montréal la prise en charge logistique de ce réseau roulant. Avant-hier, SdM a lancé l'appel d'offres destiné à recueillir des propositions pour la conception et la fabrication d'un prototype de vélo et de sa station (support), qu'on veut d'abord multiplier à 40 exemplaires dans le cadre d'un projet-pilote.
Un appel a ainsi été lancé à l'Association des designers industriels du Québec afin que le plus grand nombre d'entre eux participent à ce projet novateur que SdM espère hautement créatif. «On veut que les designers conçoivent un système propre à Montréal. Malgré un cahier de charges précis, on a voulu laisser le plus de liberté possible aux designers pour qu'il y ait place à la créativité», a insisté hier Michel Phillibert, directeur des communications et du marketing à SdM.
Montréal a d'emblée refusé d'adopter un modèle de vélo développé ailleurs, notamment le Vélib' parisien, pour des raisons climatiques et surtout de gestion. Bien qu'il ait remporté de grands prix de design, le système de vélo parisien a été développé par J. C. Decault, une compagnie d'affichage, qui détient tous les contrats d'affichage public de la ville de Paris (bornes, bancs, poubelles, etc.). Or il était hors de question pour la Ville de Montréal d'assujettir son réseau de vélos en libre service au sort de contrats d'affichage urbain, a indiqué M. Phillibert hier.
Le vélo montréalais sera donc entièrement inédit. Non seulement on s'attend à ce que cette super-bécane ait un style unique, les propositions des designers devront aussi respecter plusieurs critères techniques précis. Destiné à un usage «industriel», ce super-vélo devra en effet résister aux chocs, au vandalisme, au climat québécois et aux routes défoncées tout en étant à l'épreuve du vol.
«Les composantes du vélo devront être non transférables aux vélos traditionnels pour éviter que les pièces soient volées pour être revendues», a indiqué le porte-parole de SdM hier.
Bref, un joyeux casse-tête en vue pour créer cette bicyclette céleste. Tout ça à un prix qu'on ignore encore puisque le cahier des charges ne fait état d'aucun cadre budgétaire pour développer ce fameux prototype à roues. Les réponses aux appels d'offres doivent être déposées d'ici le 23 novembre prochain et le meilleur soumissionnaire sera choisi avant Noël.
«Les propositions seront d'abord retenues en fonction de leur qualité», plaide M. Phillibert, qui affirme que le critère du plus bas soumissionnaire ne guidera pas SdM dans ce dossier.
Créer sans réinventer la roue
Interrogé au sujet de la faisabilité d'un tel projet, le célèbre designer Michel Dallaire, créateur du flambeau olympique de 1976 et du mobilier urbain du Quartier international, a indiqué hier que malgré ces «délais très serrés», la proposition lui semble réalisable.
«Il ne s'agit pas de réinventer la roue. La corrosion pose à mon avis un défi encore plus grand que la création de composantes uniques puisque, avec la numérisation, tout est possible aujourd'hui. Je souhaite qu'on n'examine pas seulement le prix du prototype mais aussi sa valeur, sa durabilité et la qualité de sa réalisation», a commenté cet expert, qui s'est grandement intéressé au projet parisien Vélib'.
À son avis, le vélo choisi devra d'abord insuffler aux usagers une perception «sécuritaire de l'objet». D'après M. Dallaire, la plupart des designers industriels québécois seront intéressés à soumettre une proposition pour ce projet emballant.
Le projet Vélib', qui connaît depuis l'été un succès fou dans la Ville lumière — 4,5 millions d'utilisateurs depuis le 15 juillet à Paris et à Lyon —, prévoit différentes formes d'accès au vélo. Les usagers peuvent louer le vélo à la demi-heure (la première gratuitement, un euro pour la suivante) ou le louer à la semaine, au mois, voire à l'année.
Paris compte 1450 stations (20 000 vélos), distantes d'environ 300 mètres chacune. À chaque station sont ancrés environ 40 postes d'attache auxquels sont verrouillés autant de vélos grâce à un système d'attaches électromagnétiques.
Sur l'attache, des voyants lumineux indiquent si le vélo est disponible ou non. Les usagers ponctuels peuvent payer leur location à une borne au moyen d'une carte bancaire alors que les titulaires d'un abonnement n'ont qu'à passer leur carte Vélib' devant un lecteur optique installé sur le point d'attache du vélo. L'abonnement évite de faire le pied de grue devant la borne, ce qui est arrivé fréquemment à Paris depuis l'été, compte tenu de la popularité de ce nouveau mode de transport collectif.
Les stations Vélib' sont accessibles 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et les vélos, tous équipés de feux qui s'allument dès le premier coup de pédale, sont munis d'un panier à l'avant et de freins arrière et avant intégrés aux moyeux des roues.
À Montréal, on ignore combien il en coûtera pour s'atteler au guidon d'un vélo communautaire. «Il est impossible de déterminer encore quel sera le coût de la location», a assuré M. Phillibert. «Chose certaine, le prix favorisera les déplacements courts et rapides et augmentera en fonction du temps d'emprunt. Le but est d'intéresser les gens à prendre un vélo pour se rendre à un lunch ou à une réunion», dit-il.
Si tout va comme prévu, SdM espère pouvoir offrir aux vélomanes ses 40 premiers prototypes de bicyclette communautaire dès l'automne 2008.
À l'instar de Paris ou de Barcelone, Montréal aura bientôt son propre réseau de vélo en libre service. Ainsi en a décidé la Ville dans son plan de transport dévoilé en octobre dernier. Mais pour passer du rêve à la bécane, elle a confié à Stationnement de Montréal la prise en charge logistique de ce réseau roulant. Avant-hier, SdM a lancé l'appel d'offres destiné à recueillir des propositions pour la conception et la fabrication d'un prototype de vélo et de sa station (support), qu'on veut d'abord multiplier à 40 exemplaires dans le cadre d'un projet-pilote.
Un appel a ainsi été lancé à l'Association des designers industriels du Québec afin que le plus grand nombre d'entre eux participent à ce projet novateur que SdM espère hautement créatif. «On veut que les designers conçoivent un système propre à Montréal. Malgré un cahier de charges précis, on a voulu laisser le plus de liberté possible aux designers pour qu'il y ait place à la créativité», a insisté hier Michel Phillibert, directeur des communications et du marketing à SdM.
Montréal a d'emblée refusé d'adopter un modèle de vélo développé ailleurs, notamment le Vélib' parisien, pour des raisons climatiques et surtout de gestion. Bien qu'il ait remporté de grands prix de design, le système de vélo parisien a été développé par J. C. Decault, une compagnie d'affichage, qui détient tous les contrats d'affichage public de la ville de Paris (bornes, bancs, poubelles, etc.). Or il était hors de question pour la Ville de Montréal d'assujettir son réseau de vélos en libre service au sort de contrats d'affichage urbain, a indiqué M. Phillibert hier.
Le vélo montréalais sera donc entièrement inédit. Non seulement on s'attend à ce que cette super-bécane ait un style unique, les propositions des designers devront aussi respecter plusieurs critères techniques précis. Destiné à un usage «industriel», ce super-vélo devra en effet résister aux chocs, au vandalisme, au climat québécois et aux routes défoncées tout en étant à l'épreuve du vol.
«Les composantes du vélo devront être non transférables aux vélos traditionnels pour éviter que les pièces soient volées pour être revendues», a indiqué le porte-parole de SdM hier.
Bref, un joyeux casse-tête en vue pour créer cette bicyclette céleste. Tout ça à un prix qu'on ignore encore puisque le cahier des charges ne fait état d'aucun cadre budgétaire pour développer ce fameux prototype à roues. Les réponses aux appels d'offres doivent être déposées d'ici le 23 novembre prochain et le meilleur soumissionnaire sera choisi avant Noël.
«Les propositions seront d'abord retenues en fonction de leur qualité», plaide M. Phillibert, qui affirme que le critère du plus bas soumissionnaire ne guidera pas SdM dans ce dossier.
Créer sans réinventer la roue
Interrogé au sujet de la faisabilité d'un tel projet, le célèbre designer Michel Dallaire, créateur du flambeau olympique de 1976 et du mobilier urbain du Quartier international, a indiqué hier que malgré ces «délais très serrés», la proposition lui semble réalisable.
«Il ne s'agit pas de réinventer la roue. La corrosion pose à mon avis un défi encore plus grand que la création de composantes uniques puisque, avec la numérisation, tout est possible aujourd'hui. Je souhaite qu'on n'examine pas seulement le prix du prototype mais aussi sa valeur, sa durabilité et la qualité de sa réalisation», a commenté cet expert, qui s'est grandement intéressé au projet parisien Vélib'.
À son avis, le vélo choisi devra d'abord insuffler aux usagers une perception «sécuritaire de l'objet». D'après M. Dallaire, la plupart des designers industriels québécois seront intéressés à soumettre une proposition pour ce projet emballant.
Le projet Vélib', qui connaît depuis l'été un succès fou dans la Ville lumière — 4,5 millions d'utilisateurs depuis le 15 juillet à Paris et à Lyon —, prévoit différentes formes d'accès au vélo. Les usagers peuvent louer le vélo à la demi-heure (la première gratuitement, un euro pour la suivante) ou le louer à la semaine, au mois, voire à l'année.
Paris compte 1450 stations (20 000 vélos), distantes d'environ 300 mètres chacune. À chaque station sont ancrés environ 40 postes d'attache auxquels sont verrouillés autant de vélos grâce à un système d'attaches électromagnétiques.
Sur l'attache, des voyants lumineux indiquent si le vélo est disponible ou non. Les usagers ponctuels peuvent payer leur location à une borne au moyen d'une carte bancaire alors que les titulaires d'un abonnement n'ont qu'à passer leur carte Vélib' devant un lecteur optique installé sur le point d'attache du vélo. L'abonnement évite de faire le pied de grue devant la borne, ce qui est arrivé fréquemment à Paris depuis l'été, compte tenu de la popularité de ce nouveau mode de transport collectif.
Les stations Vélib' sont accessibles 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et les vélos, tous équipés de feux qui s'allument dès le premier coup de pédale, sont munis d'un panier à l'avant et de freins arrière et avant intégrés aux moyeux des roues.
À Montréal, on ignore combien il en coûtera pour s'atteler au guidon d'un vélo communautaire. «Il est impossible de déterminer encore quel sera le coût de la location», a assuré M. Phillibert. «Chose certaine, le prix favorisera les déplacements courts et rapides et augmentera en fonction du temps d'emprunt. Le but est d'intéresser les gens à prendre un vélo pour se rendre à un lunch ou à une réunion», dit-il.
Si tout va comme prévu, SdM espère pouvoir offrir aux vélomanes ses 40 premiers prototypes de bicyclette communautaire dès l'automne 2008.
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