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Immeuble jugé insalubre sur le Plateau Mont-Royal - Évincés en dépit d'une promesse du maire

L'administration Tremblay adoptera une nouvelle politique à l'automne seulement

Après une semaine de préavis, les locataires ont dû quitter l'immeuble, jugé dangereux par les inspecteurs de la Ville en raison des risques d'incendie.
Photo : Jacques Nadeau
Après une semaine de préavis, les locataires ont dû quitter l'immeuble, jugé dangereux par les inspecteurs de la Ville en raison des risques d'incendie.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n'a pas respecté un de ses engagements électoraux en expulsant hier les 14 locataires d'un immeuble sis au 4417 de la rue de Bullion. Après une semaine de préavis, les locataires ont dû quitter l'immeuble, jugé dangereux par les inspecteurs de la Ville en raison des risques d'incendie.

Le Comité logement du Plateau Mont-Royal et le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ont tous deux dénoncé cette expulsion rapide en soulignant que le maire Tremblay s'était engagé, en campagne, à ne pas recourir aux évictions. En effet, le programme électoral de l'Union des citoyens de l'île de Montréal stipulait qu'«en aucun temps nous n'allons procéder à des évictions brutales de locataires à cause de l'insalubrité».


Lorsqu'un propriétaire refuse de faire les rénovations nécessaires, la Ville peut d'elle-même entreprendre les rénovations et envoyer la facture au propriétaire. «S'il refuse de payer, la Ville peut contracter une hypothèque», explique Michael Hogan, du Comité logement Plateau Mont-Royal. «Cela permet de conserver des logements dans le parc locatif», ajoute-t-il. En campagne électorale, l'équipe Tremblay s'était engagée à utiliser «toute la panoplie de mesures judiciaires à la disposition de la Ville pour éviter l'éviction».


Ce n'est pas la solution retenue par l'arrondissement Plateau-Mont-Royal: «On passerait une partie de notre temps à surveiller des travaux dont on ne devrait pas avoir la responsabilité. Il y aurait un danger que des propriétaires laissent aller en attendant que la Ville s'en occupe», fait valoir Michel Tanguay, porte-parole de l'arrondissement.


Les locataires du 4417, rue de Bullion avaient fait l'objet d'une première éviction temporaire en novembre dernier après qu'un feu se fut déclaré dans le garage. La Ville a fait placarder le sous-sol et le rez-de-chaussée avant de permettre aux locataires de réintégrer les logements des deuxième et troisième étages. Lors d'une visite, début mai, l'inspecteur municipal a constaté que les placards avaient été enlevés et que des locataires y vivaient, compromettant ainsi l'accès à la sortie de secours de l'édifice. Un avis d'éviction a donc été émis la semaine dernière pour enjoindre aux 14 locataires d'évacuer les lieux.


Cette éviction complique la vie de Pierre Courty, qui avait emménagé dans l'immeuble le 16 mars dernier. «Je déménage sur le Plateau pour me rapprocher de mes enfants, puis je me retrouve évincé. Cela m'a pris six mois avant de trouver un appartement sur le Plateau. Avoir su qu'ils fermeraient le logement, je ne l'aurais jamais loué», raconte le père de famille, qui dormira à l'Armée du Salut ce soir, en attendant que l'Office municipal d'habitation (OMH) lui trouve une place dans un HLM.


Selon l'OMH, cinq personnes ont déjà été relocalisées dans des logements à prix modique des quartiers Petite-Bourgogne et Hochelaga-Maisonneuve. L'OMH s'affaire à trouver des HLM pour quatre autres locataires, notamment une dame âgée qui souhaite demeurer dans le même quartier. «La situation devrait être réglée cette semaine ou au plus tard au début de la semaine prochaine», assure Louise Hébert, de l'OMH. Les dossiers des personnes évincées sont traités de façon prioritaire par l'OMH, qui compte quelque 12 000 noms sur sa liste d'attente. Quatre personnes ne sont cependant pas admissibles aux HLM et devront se débrouiller autrement.


Du côté de l'administration Tremblay, on affirme qu'une nouvelle politique devrait être mise en place à l'automne pour empêcher que de telles situations ne se reproduisent. L'attaché de presse du maire Tremblay, Martin Viau, a souligné que cette question avait fait l'objet de discussions au Sommet sectoriel sur l'habitation, le 5 avril dernier, et que les travaux pour l'élaboration d'une politique se poursuivront en août.
 
 
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