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Le scotch coule à flots à la mairie d'Outremont

L'alcool coule à flots dans l'arrondissement d'Outremont depuis l'arrivée au pouvoir du maire Stéphane Harbour, en 2002. Selon les informations obtenues par Le Devoir auprès de diverses sources proches du dossier, le maire Harbour et quelques collaborateurs ont pris l'habitude de se rendre au salon aménagé au deuxième étage de la mairie pour y boire de l'alcool acheté aux frais des contribuables, et ce, plusieurs fois par semaine. L'an dernier, l'arrondissement a procédé, à même les fonds publics, à l'achat de six caisses de bouteilles de scotch destinées au bar de la mairie, officiellement appelé le «Salon des élus», a reconnu hier Pierre Beaudet, directeur intérimaire de l'arrondissement, lorsque interviewé par Le Devoir.

Officieusement baptisé le «Piano-bar», le Salon des élus n'est accessible qu'à un cercle restreint et peut servir de salle de réception pour une douzaine de personnes tout au plus. Selon nos sources, seules quelques personnes ont la clé pour y pénétrer, dont le maire Harbour.

Ce salon existe depuis plusieurs décennies. Sous le règne des ex-maires Jean Pomminville et Jérôme Unterberg, l'endroit était peu utilisé; lorsque M. Unterberg dirigeait la mairie, on y tenait environ trois activités par année. Mais depuis l'arrivée de Stéphane Harbour à la tête d'Outremont, ce salon est fréquenté plusieurs fois par semaine par le maire et ses plus proches collaborateurs.

Les dépenses élevées d'alcool figurent parmi les éléments examinés par le bureau d'avocats Fasken Martineau et la firme comptable KPMG, mandatés par la Ville de Montréal pour mener une enquête administrative sur l'arrondissement d'Outremont.

Lors de la séance du conseil d'arrondissement du 4 septembre dernier, un citoyen avait d'ailleurs reproché aux élus les dépenses inhabituelles en matière d'alcool encourues par l'arrondissement. Grâce à une demande d'accès à l'information, ce citoyen avait obtenu le registre de chèques de l'arrondissement pour les mois de janvier à juin 2007. On avait alors appris qu'entre le 18 janvier et le 13 juin 2007, l'arrondissement avait dépensé plus de 7500 $ pour de l'alcool acheté auprès de la Société des alcools du Québec (SAQ), dont une somme de 1005 $ clairement désignée comme ayant servi à acheter du scotch. Ce soir-là, M. Harbour avait affirmé ne pas être en mesure de justifier certaines de ces dépenses. Il avait par ailleurs confirmé l'existence d'un bar au-dessus de la salle du conseil mais en avait minimisé l'utilisation.

Un chèque de 1435 $ datant du 10 mai 2007 référait à une réception offerte à des écrivains. En juin, un deuxième chèque au montant de 541 $ était lié à une activité pour souligner les 25 ans de service d'un groupe d'employés. Mais plusieurs sources ont confirmé au Devoir qu'on n'avait pas servi de scotch mais bien du vin lors de ces activités.

Selon Pierre Beaudet, le scotch destiné à approvisionner le Salon des élus représente 25 % des achats d'alcool faits par l'arrondissement. Chaque dépense a été autorisée par le directeur de l'arrondissement, Yves Mailhot, aujourd'hui en congé de maladie, a-t-il précisé.

À la suite de l'assemblée du 4 septembre, le maire Harbour a toutefois exigé qu'on mette fin aux achats d'alcool destinés au Salon des élus. «On a eu instruction du maire, verbalement, de cesser tout approvisionnement», a indiqué M. Beaudet hier.

Le Salon des élus a subi une cure de jouvence il y a quelques mois: les meubles ont été remplacés et le plancher refait. Les travaux ont été exécutés par les cols bleus de l'arrondissement. Les rénovations ont coûté 4900 $, a indiqué M. Beaudet.

Outremont est sous haute surveillance depuis que la Ville de Montréal a confié au bureau d'avocats Fasken Martineau et à la firme comptable KPMG le mandat de mener une enquête administrative sur l'arrondissement.

Les dépenses de fonction, notamment celles liées aux repas dans des restaurants, font également l'objet de l'enquête. Selon nos sources, bien qu'ils ne puissent déclarer eux-mêmes ces montants, des élus auraient profité des remboursements auxquels les fonctionnaires ont droit. Il suffisait pour le maire ou un autre élu de se faire inviter pour manger aux frais des contribuables.

M. Beaudet reconnaît pour sa part qu'en matière de dépenses de fonction, «les montants étaient assez élevés». Il en a donné un exemple: «Selon les règlements de la Ville, les dépenses de fonction du directeur de l'arrondissement sont de 4000 $ par année, et il [M. Mailhot] dépassait beaucoup ce montant.» Les enquêteurs ont posé des questions à cet égard.

Les résultats de cette enquête ne sont pas connus et le rapport n'a toujours pas été remis à l'administration de Gérald Tremblay.






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  • Michel Chayer
    Inscrit
    jeudi 27 septembre 2007 07h39
    Les méfaits de la goutte...
    « En buvant du scotch plutôt qu'un distillat du vin, Monsieur le Maire et ses acolytes se prémunissent de la goutte... »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 27 septembre 2007 07h56
    Faut tu que les journaleux ayent rien à dire!
    « Big deal! On a dépensé 5,000 piasse pour rénover une salle à l'hotel-de-ville d'Outremont, à peu près ce que ça va me coûter pour ma modeste cuisine. Ma parole, c'est une nouvelle d'importance planétaire, cosmique même. Un symbole quoi, comme le bol de toilette en or massif de la Castafiore.

    Pendant ce temps La Presse titre plus sobrement sur les dizaines de milliards foutus en l'air dans les chantiers incontrôlables du Ministère des Transports du Québec, ou bientôt flambés sur les 3,000 km de canalisations (on parie que c'est plutôt 6,000?) que la métropole va avoir à changer fissa dans les prochaines années.

    Alors, le bar de l'Outre-maire, ça c'est du scoop mon homme! Le Devoir cible vraiment une niche très étroite du lectorat... c'est pourtant pas les "vrais" sujets qui manquent à Outremont, on pourrait s'intéresser au projet de campus de l'UdM par exemple:

    http://blog.citoyensgaredetriage.org/

    Je crois que je vais reprendre un verre tiens. »

  • william morris
    Abonné
    jeudi 27 septembre 2007 10h18
    La belle vie...
    « Bonjour,

    On croyait naïvement que seuls les cavaliers d'industrie se permettaient de copieuses libations et des dépenses somptuaires. L'arrondissement d'Outremont nous apprend que la vie publique n'est pas entièrement dénuée d'attraits de ce genre. On est bien loin de Jean Calvin et de ses puristes, qui dirigeaient dans le dénuement les affaires à Genève en contraste avec le vie fastueuse du Vatican.

    Lorsque les élus se permettent un tel style de vie, que reste-t-il de sacré dans la vie contemporaine ?

    Humblement soumis.

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

  • Richard Turcotte
    Abonné
    jeudi 27 septembre 2007 13h14
    Et les compagnies?
    « Mais..je me croirais sur le site du Hournal de Mourial moi là.

    Ça me fait pleurer cette espèce d'épidémie de cas d'utilisation de fonds publics. Pourquoi ne parle t'on jamais des compagnies privés qui déduisent de leur revenu des dépenses comme des billets de sport, des déplacement à travers le monde plus ou moins personnel, des somptueux hotêls et restaurant, etc???? C'est l'ensemble des contribuable qui paie pour ces frais. Sans aucun service en retour par dessus le marché.

    D'ailleurs, ça me fait penser à ce que ma mère nous disait: «les enfants, la liqueur pis les chips, c'est pour la visitte...pas pour vous.» »

  • Cyr Isabelle
    Inscrite
    jeudi 27 septembre 2007 13h30
    Le respect des contribuables est dans l'équilibre
    « Je trouve que la situation a manqué d'équilibre. Il faut respecter les contribuables. Les relations publique nécessitent des dépenses sans toutefois tomber dans l'exagération. »

  • Christine Hernandez
    Inscrite
    jeudi 27 septembre 2007 23h14
    La goutte qui fait déborder
    « Aujourd'hui, en conférence de presse le maire Harbour a reconnu que sa responsabilité est engagée dans la surconsommation de scotch par les élus, son personnel politique et certains fonctionnaires, dans le bar des élus situé à la salle du conseil. Alors qu'il invoque une tradition, nous considérons plutôt qu'il s'agit d'un système de valeurs.
    La facture d'alcool de 7500$ sur six mois est une goutte dans un verre bien rempli. Ce n'est que la partie visible du glaçon, qui révèle tout le système de valeurs sur lequel se fonde l'administration Harbour : clientélisme, fermeture et opacité.
    Les résultats de l'enquête juri-comptable menée, depuis cet été, par les cabinets Fasken Martineau et KPMG pour vérifier les comptes de l'arrondissement d'Outremont se font désespérément attendre d'un jour à l'autre. Cette étude est commandée par le maire de Montréal, Gérald Tremblay, alors que le maire Harbour est membre de son équipe. Quelle objectivité peut on attendre dans un tel cas de compromission ? Cette enquête sera t'elle rendue publique un jour ?
    Il est regrettable que cette affaire détourne l'attention et l'énergie des citoyens des vrais enjeux pour l'arrondissement, et notamment du projet d'aménagement de la cour de triage. »

  • Gérard Lépine
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 06h50
    dura lex sed lex
    « Rappele-vous qu'il faut être nu pour bronzer dans les parcs d'Outremont, puisque les maillots y sont interdits... »

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