Le mauvais choix
Quelle curieuse décision que celle du maire de l'arrondissement Ville-Marie, M. Benoit Labonté, de quitter l'Union des citoyens et citoyennes de Montréal (UCIM) et le comité exécutif de la Ville! M. Labonté nie que cette démission ait quelque rapport que ce soit avec la reprise récente des grands dossiers du centre-ville par le maire Tremblay. Au contraire, il la justifie par le manque de leadership du maire au cours de la première moitié de son mandat.
D'entrée de jeu, la contradiction dérange: si M. Labonté juge que le maire a manqué de leadership, pourquoi quitter le bateau au moment même où M. Tremblay prend les choses en main?
La réponse est assez simple: M. Labonté a mal pris que M. Tremblay et le puissant président du comité exécutif, M. Frank Zampino, profitent de son absence du pays, la semaine dernière, pour confier à d'autres que lui la réalisation prochaine de la Place des festivals, dans le futur Quartier des spectacles.
Cette décision du comité exécutif à laquelle aurait dû prendre part M. Labonté à titre de membre montre jusqu'à quel point les relations entre lui, le maire Tremblay et le président Zampino s'étaient détériorées. À deux ans des prochaines élections, tout indique que M. Tremblay veut mettre les bouchées doubles pour faire oublier la torpeur qui a marqué la première moitié de son mandat. Le président Zampino aussi veut mettre toutes les chances de son côté pour conserver ses fonctions, et, visiblement, il n'entend pas faire équipe avec M. Labonté dans l'éventualité où M. Tremblay choisirait de ne pas se représenter.
Ceux qui suivent la politique montréalaise connaissent depuis longtemps les ambitions de Benoit Labonté de succéder un jour à M. Tremblay. Ancien président de la Chambre de commerce, M. Labonté ne s'en cache même pas. Le hic, c'est qu'en devenant indépendant, il devra maintenant choisir entre créer son propre parti, ce qui n'est pas une mince affaire, et rejoindre les rangs de l'opposition où quelques-uns l'attendent à bras ouverts, et plusieurs avec une brique et un fanal...
Malgré son passé de personne active au sein de la communauté, M. Labonté reste un inconnu pour la majorité des électeurs. Il n'a ni le charisme ni l'organisation politique indispensables pour accéder à la fonction de maire de Montréal, pour le moment du moins.
À vrai dire, on arrive mal à comprendre comment sa démission du comité exécutif et du parti, au moment même où le maire Tremblay accapare les dossiers les plus populaires, lui permettra d'acquérir une notoriété à la hauteur de ses ambitions. Mauvais calcul politique donc, et surtout mauvaise stratégie pour l'avancement des grands dossiers du centre-ville au sein du comité exécutif.
Voilà une démonstration supplémentaire, si besoin était, du dédoublement improductif de responsabilités entre la Ville et ses arrondissements. À Montréal, la compétition a remplacé la cohésion et la collaboration au sein d'une même équipe au pouvoir, les uns à la tête de la Ville et les autres des arrondissements. Beau gâchis!
j-rsansfacon@ledevoir.com
D'entrée de jeu, la contradiction dérange: si M. Labonté juge que le maire a manqué de leadership, pourquoi quitter le bateau au moment même où M. Tremblay prend les choses en main?
La réponse est assez simple: M. Labonté a mal pris que M. Tremblay et le puissant président du comité exécutif, M. Frank Zampino, profitent de son absence du pays, la semaine dernière, pour confier à d'autres que lui la réalisation prochaine de la Place des festivals, dans le futur Quartier des spectacles.
Cette décision du comité exécutif à laquelle aurait dû prendre part M. Labonté à titre de membre montre jusqu'à quel point les relations entre lui, le maire Tremblay et le président Zampino s'étaient détériorées. À deux ans des prochaines élections, tout indique que M. Tremblay veut mettre les bouchées doubles pour faire oublier la torpeur qui a marqué la première moitié de son mandat. Le président Zampino aussi veut mettre toutes les chances de son côté pour conserver ses fonctions, et, visiblement, il n'entend pas faire équipe avec M. Labonté dans l'éventualité où M. Tremblay choisirait de ne pas se représenter.
Ceux qui suivent la politique montréalaise connaissent depuis longtemps les ambitions de Benoit Labonté de succéder un jour à M. Tremblay. Ancien président de la Chambre de commerce, M. Labonté ne s'en cache même pas. Le hic, c'est qu'en devenant indépendant, il devra maintenant choisir entre créer son propre parti, ce qui n'est pas une mince affaire, et rejoindre les rangs de l'opposition où quelques-uns l'attendent à bras ouverts, et plusieurs avec une brique et un fanal...
Malgré son passé de personne active au sein de la communauté, M. Labonté reste un inconnu pour la majorité des électeurs. Il n'a ni le charisme ni l'organisation politique indispensables pour accéder à la fonction de maire de Montréal, pour le moment du moins.
À vrai dire, on arrive mal à comprendre comment sa démission du comité exécutif et du parti, au moment même où le maire Tremblay accapare les dossiers les plus populaires, lui permettra d'acquérir une notoriété à la hauteur de ses ambitions. Mauvais calcul politique donc, et surtout mauvaise stratégie pour l'avancement des grands dossiers du centre-ville au sein du comité exécutif.
Voilà une démonstration supplémentaire, si besoin était, du dédoublement improductif de responsabilités entre la Ville et ses arrondissements. À Montréal, la compétition a remplacé la cohésion et la collaboration au sein d'une même équipe au pouvoir, les uns à la tête de la Ville et les autres des arrondissements. Beau gâchis!
j-rsansfacon@ledevoir.com
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

