Tremblay reprend le contrôle du centre-ville
La menace d'un affaissement d'une dalle de béton sous le boulevard de Maisonneuve a des répercussions politiques inattendues. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a décidé de prendre les rênes du centre-ville, écartant du coup Benoit Labonté dont c'était le dossier.
Le maire Tremblay en a fait l'annonce hier lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif, ce qui n'aurait soulevé aucune question ni suscité aucun commentaire autour de la table. Gérald Tremblay a expliqué à son équipe que, lorsque des événements importants se produisent au centre-ville, «ça ne marche pas» et que, par conséquent, les critiques rebondissent à son cabinet.
En conférence de presse en après-midi, le maire Tremblay a reconnu que les changements font suite aux «incidents» récents. «Ce qu'on a vécu cet été autour des grands événements et la fin de semaine [les fissures dans une dalle de béton] ont démontré, hors de tout doute, que les gestes à poser sont de ma responsabilité», a-t-il soutenu.
M. Tremblay a également dit qu'il ne fallait pas voir dans cette décision une condamnation du travail du maire de Ville-Marie. La complicité de l'arrondissement sera nécessaire pour la poursuite des dossiers, a-t-il précisé.
Tôt hier matin, Gérald Tremblay a rencontré M. Labonté pour lui exposer sa décision. Outre ses fonctions de maire de l'arrondissement Ville-Marie (les services de proximité), M. Labonté conserve la responsabilité de la culture et du patrimoine au sein du comité exécutif. Ce dernier n'a fait aucun commentaire.
«Comme dans toutes les grandes villes, c'est très clair que la responsabilité du centre-ville, des grands dossiers et des grands événements relève du maire de Montréal. Étant donné qu'on s'est fixé des objectifs très précis, la meilleure façon de les atteindre, c'est que ce soit coordonné par moi-même», a affirmé le maire Tremblay.
Les dossiers visés par Gérald Tremblay sont la Société du Havre, les technopôles de la santé — ce qui comprend l'appropriation du développement de la gare de triage d'Outremont — ainsi que le Quartier des spectacles. Mais en fait, le maire de Montréal cible tous les grands dossiers, comme le CHUM, le projet de développement immobilier de Radio-Canada, celui de la gare Viger, le dossier de la rue Notre-Dame et celui de Griffintown.
Dès aujourd'hui, il est prévu que le maire prenne en main la proposition de la Société du Havre de faire de l'autoroute Bonaventure un boulevard urbain dans sa portion la liant au centre-ville.
«Les citoyens veulent que la ville centre soit vraiment engagée dans la réalisation de ces dossiers-là», a fait valoir Gérald Tremblay.
Chose certaine, le maire Tremblay semble porté par les commentaires positifs sur son leadership et la diligence avec laquelle il a fait face à la situation de crise de la fin de semaine dernière. D'ailleurs, d'aucuns ont décodé un message politique dans cette décision, qui laisserait voir l'intérêt de M. Tremblay à solliciter un troisième mandat lors des élections prévues en 2009. À cet égard, rappelons que Benoit Labonté est pressenti comme candidat à la mairie de Montréal. Ses ambitions sont de notoriété publique et dérangent.
La décision du maire Tremblay fait suite à une véritable réflexion faite au sein de son équipe, souligne-t-on. Déjà, l'année dernière, le président du comité exécutif, Frank Zampino, avait évoqué la possibilité que l'arrondissement puisse passer sous le contrôle de l'administration centrale. En 2003, le maire Tremblay avait même proposé que Ville-Marie soit doté d'un statut particulier.
Les grands dossiers nécessitent une impulsion que seul le maire de Montréal peut donner, a expliqué son entourage. En concentrant entre les mains du maire les projets qui ont une portée dépassant les frontières de l'arrondissement de Ville-Marie, on espère y injecter plus de cohésion et aussi mettre un terme aux tensions entre M. Labonté et Frank Zampino.
Moins d'autonomie
Membre de l'opposition officielle et conseiller d'arrondissement dans Ville-Marie, Pierre Mainville a exprimé, dans un communiqué diffusé en fin de journée, sa surprise «de voir que l'administration agit de cette façon alors que ce sont ses propres élus qui gouvernent dans Ville-Marie».
Selon la chef de l'opposition, Noushig Eloyan, la décision de M. Tremblay montre que «nous sommes en train d'assister à une lutte de pouvoir parmi les membres de l'administration». Elle a surtout exprimé sa crainte que «la présence de la ville centrale dans différents projets [d'arrondissement] amène une hausse des coûts et probablement un certain retard dans la réalisation des projets», relevant au passage que, «d'un point de vue démocratique, le maire vient lui-même de renier sa volonté de rendre les arrondissements plus autonomes».
Le maire Tremblay en a fait l'annonce hier lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif, ce qui n'aurait soulevé aucune question ni suscité aucun commentaire autour de la table. Gérald Tremblay a expliqué à son équipe que, lorsque des événements importants se produisent au centre-ville, «ça ne marche pas» et que, par conséquent, les critiques rebondissent à son cabinet.
En conférence de presse en après-midi, le maire Tremblay a reconnu que les changements font suite aux «incidents» récents. «Ce qu'on a vécu cet été autour des grands événements et la fin de semaine [les fissures dans une dalle de béton] ont démontré, hors de tout doute, que les gestes à poser sont de ma responsabilité», a-t-il soutenu.
M. Tremblay a également dit qu'il ne fallait pas voir dans cette décision une condamnation du travail du maire de Ville-Marie. La complicité de l'arrondissement sera nécessaire pour la poursuite des dossiers, a-t-il précisé.
Tôt hier matin, Gérald Tremblay a rencontré M. Labonté pour lui exposer sa décision. Outre ses fonctions de maire de l'arrondissement Ville-Marie (les services de proximité), M. Labonté conserve la responsabilité de la culture et du patrimoine au sein du comité exécutif. Ce dernier n'a fait aucun commentaire.
«Comme dans toutes les grandes villes, c'est très clair que la responsabilité du centre-ville, des grands dossiers et des grands événements relève du maire de Montréal. Étant donné qu'on s'est fixé des objectifs très précis, la meilleure façon de les atteindre, c'est que ce soit coordonné par moi-même», a affirmé le maire Tremblay.
Les dossiers visés par Gérald Tremblay sont la Société du Havre, les technopôles de la santé — ce qui comprend l'appropriation du développement de la gare de triage d'Outremont — ainsi que le Quartier des spectacles. Mais en fait, le maire de Montréal cible tous les grands dossiers, comme le CHUM, le projet de développement immobilier de Radio-Canada, celui de la gare Viger, le dossier de la rue Notre-Dame et celui de Griffintown.
Dès aujourd'hui, il est prévu que le maire prenne en main la proposition de la Société du Havre de faire de l'autoroute Bonaventure un boulevard urbain dans sa portion la liant au centre-ville.
«Les citoyens veulent que la ville centre soit vraiment engagée dans la réalisation de ces dossiers-là», a fait valoir Gérald Tremblay.
Chose certaine, le maire Tremblay semble porté par les commentaires positifs sur son leadership et la diligence avec laquelle il a fait face à la situation de crise de la fin de semaine dernière. D'ailleurs, d'aucuns ont décodé un message politique dans cette décision, qui laisserait voir l'intérêt de M. Tremblay à solliciter un troisième mandat lors des élections prévues en 2009. À cet égard, rappelons que Benoit Labonté est pressenti comme candidat à la mairie de Montréal. Ses ambitions sont de notoriété publique et dérangent.
La décision du maire Tremblay fait suite à une véritable réflexion faite au sein de son équipe, souligne-t-on. Déjà, l'année dernière, le président du comité exécutif, Frank Zampino, avait évoqué la possibilité que l'arrondissement puisse passer sous le contrôle de l'administration centrale. En 2003, le maire Tremblay avait même proposé que Ville-Marie soit doté d'un statut particulier.
Les grands dossiers nécessitent une impulsion que seul le maire de Montréal peut donner, a expliqué son entourage. En concentrant entre les mains du maire les projets qui ont une portée dépassant les frontières de l'arrondissement de Ville-Marie, on espère y injecter plus de cohésion et aussi mettre un terme aux tensions entre M. Labonté et Frank Zampino.
Moins d'autonomie
Membre de l'opposition officielle et conseiller d'arrondissement dans Ville-Marie, Pierre Mainville a exprimé, dans un communiqué diffusé en fin de journée, sa surprise «de voir que l'administration agit de cette façon alors que ce sont ses propres élus qui gouvernent dans Ville-Marie».
Selon la chef de l'opposition, Noushig Eloyan, la décision de M. Tremblay montre que «nous sommes en train d'assister à une lutte de pouvoir parmi les membres de l'administration». Elle a surtout exprimé sa crainte que «la présence de la ville centrale dans différents projets [d'arrondissement] amène une hausse des coûts et probablement un certain retard dans la réalisation des projets», relevant au passage que, «d'un point de vue démocratique, le maire vient lui-même de renier sa volonté de rendre les arrondissements plus autonomes».
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