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Bonne note, Monsieur le Maire

Les habitués du centre-ville de Montréal ont évité le pire, hier matin, grâce à la reprise du métro et à la réouverture du quadrilatère fermé depuis vendredi par mesure de sécurité. Heureux hasard que les deux fissures dans la dalle de béton située sous le boulevard de Maisonneuve aient été décelées un vendredi après-midi. Cela a permis aux équipes de travailler intensivement toute la fin de semaine pour installer des piliers sous la dalle de béton. Compte tenu de l'importance des fissures, personne n'aurait pu prévoir qu'une solution temporaire satisfaisante serait imaginée et appliquée dans un délai aussi court. Il faut donc féliciter le maire pour avoir assumé un leadership aussi efficace, tout en maintenant un degré de transparence satisfaisant dans l'information transmise aux Montréalais. Il arrive si souvent que notre bon maire soit accusé d'être un fort en thème au geste mou, pour une fois qu'il «livre la marchandise» à la vitesse du lièvre, soulignons-le!

Cela dit, qu'est-ce que cette histoire de dalle fissurée? On ne parle pas ici d'un petit morceau de béton, mais d'une pièce de 1000 tonnes. Pour l'empêcher de s'effondrer, il a fallu installer 1000 piliers d'acier télescopiques et il faudra des mois pour réparer le tout de façon permanente. Heureusement, la dalle étant située sous la rue et non... sous un immeuble, cela devrait faciliter les travaux de réparation.

Comment une dalle d'une telle taille en vient-elle à se fissurer? Est-ce la qualité du béton fabriqué il y a 43 ans qui est en cause, ou celle de la surface protectrice du boulevard qui, faute d'entretien préventif constant, aurait laissé l'eau de ruissellement s'infiltrer jusqu'à transformer le béton en sucre en poudre? Est-ce le chantier de construction de la piste cyclable qui serait en cause, ou le poids des véhicules qui circulent sur cette artère, ou encore la vibration du métro qui passe tout près? En somme, a-t-on affaire à un accident exceptionnel ou toutes les dalles de ce type coulées à cette époque sont-elles aussi susceptibles de connaître le même sort?

Ces questions qui sont devenues presque coutumières chez nous depuis quelque temps, reflètent l'âge de nos infrastructures construites au moment de la Révolution tranquille. Même bien conçu, le béton exposé aux intempéries d'un climat qualifié abusivement de tempéré atteint son terme prématurément. Il est donc normal de le refaire après une quarantaine d'années, et même souvent plus vite. En revanche, le béton bien protégé comme devait l'être cette dalle souterraine, devrait pouvoir durer beaucoup plus longtemps. Encore faut-il entretenir la couche protectrice pour assurer son étanchéité permanente, ce qui n'a pas toujours été le cas à Montréal, on en conviendra!

Le maire Tremblay a ordonné l'inspection diligente des infrastructures souterraines du centre-ville, qu'elles soient de propriété publique ou privée. L'initiative s'impose, en effet. Mais avant de prendre peur, attendons de connaître les causes de l'incident qui force aujourd'hui la fermeture du boulevard de Maisonneuve pour les huit à dix prochains mois.
 
 
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  • Jean-Pierre Aubry
    Abonné
    mardi 28 août 2007 08h47
    Oui, mais ...
    Oui, le maire Tremblay a bien géré jusqu'à date cet incident. Cependant, cet autre incident est un autre son de cloche qui nous dit
    1. que nos infrastructures vieillissent,
    2. que, dans bien des cas, nous les avons mal entretenues,
    3. que nos administrations publiques doivent gérer sur un horizon plus long avec, entre autres choses, un plan d'entretien régulier sur la durée de vie de leurs infrastructures,
    4. que nos administrations municipales doivent avoir l'autonomie financière pour ériger et entretenir leurs infrastructures et
    5. qu'une partie importante des revenus futurs des nos administrations publiques devra être allouée au renouvellement de nos infrastructures

    Jean-Pierre Aubry
    Président du Comité des politiques publiques
    Association des économistes québécois

  • francis dery
    Inscrit
    mardi 28 août 2007 11h34
    Perplexe
    L'âge de la dalle correspond presque à celui du viaduc de la Concorde.

    Quels sont les compagnies en cause? Les pratiques d'affaires sont-elles pareilles?

  • François Beaulé
    Abonné
    mardi 28 août 2007 15h55
    La responsabilité de la Ville
    La construction de cette dalle et l'agrandissement du sous-sol du magazin ont été approuvés par la Ville en 1964.

    L'inspection de la dalle par le sous-sol est la responsabilité du propriétaire privé. Cependant l'inspection par dessus ne peut se faire que lors des réfections complètes de la chaussée qui sont planifiées par la Ville.
    C'est aussi à la Ville d'assurer l'étanchéité de la chaussée. Il y a probablement aussi une couche de goudron sur la dalle qui doit être restaurée lors des réfections de la chaussée.

    Le manque d'étanchéité cause problème pendant la saison froide car la Ville fait alors usage de sel pour déglacer la chaussée. Les cycles de gel et de dégel endommage la chaussée puis la dalle située juste en dessous. Les ions chlore pénètrent le béton et l'affaiblissent.

    Ce phénomène est sûrement à l'oeuvre à maints autres endroits au-dessus du Montréal sous-terrain... dans le centre-ville. Mais aussi au-dessus des passages piétonniers sous les rues d'un grand nombre de stations de métro.

    Pas très rassurant!

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