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Franc-parler et intégrité

L'annonce du décès aussi subit qu'inattendu de la mairesse de Québec, Andrée Boucher, hier, a suscité un torrent d'éloges de la part de toute la classe politique québécoise. Tous ont insisté sur le franc-parler exceptionnel dont faisait preuve cette politicienne hors normes, parfois controversée mais toujours intègre.

«Les gens de la région de Québec pleurent une femme d'envergure qui a consacré la majeure partie de sa vie au service de ses citoyens, a d'abord souligné Jean Charest. Mme Boucher restera toujours pour les citoyens du Québec une femme de tête et de coeur, dont l'importante carrière politique aura été guidée par son profond respect de la démocratie et de ses électeurs. Son leadership, son humanité, sa sagesse et sa persévérance auront fait d'Andrée P. Boucher une grande politicienne, une grande femme», a ajouté le premier ministre.

«La mairesse Boucher a apporté une contribution exceptionnelle au milieu municipal, et c'est avec tristesse que nous apprenons son décès. Mme Boucher aura été un modèle pour tous les élus québécois», a poursuivi la ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau.

«S'il y a une chose qu'on devra retenir d'elle, c'est qu'elle a véritablement incarné la vie municipale, a souligné pour sa part le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont. Dans la rue, les gens l'interpellaient spontanément comme la mairesse Boucher, parce qu'elle avait son engagement, sa passion pour l'action municipale, sa connaissance des dossiers de la vie municipale.»

Selon M. Dumont, on retiendra surtout d'Andrée Boucher qu'elle était une politicienne «entière dans tous ses combats», «une personne qui ne faisait pas les choses en fonction de ce que l'un ou l'autre pourrait penser, mais une personne qui fait les choses telle qu'elle les voit».

Pour Pauline Marois, chef du Parti québécois, Mme Boucher va certainement laisser l'image d'une «femme de tête [...] modèle pour les femmes qui veulent s'impliquer en politique», a-t-elle dit depuis le quartier général de la formation politique à Montréal. «C'était une figure marquante du monde municipal, une femme entière et engagée qui a mis tous ses talents au service de ces concitoyens.»

Le décès de Mme Boucher, a-t-elle ajouté, risque de créer un vide remarqué dans les célébrations du 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec, qui doivent battre leur plein l'an prochain dans la Vieille Capitale provinciale. «J'espère que la relève va s'inspirer de sa détermination», a dit Mme Marois.

Sa collègue, Louise Harel, a connu la mairesse de Québec alors qu'elle était ministre péquiste des Affaires municipales et responsable du dossier des fusions municipales. En tant que mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher avait dénoncé le processus de toutes ses forces. Malgré la mésentente évidente entre les deux femmes, «nous avions du respect l'une pour l'autre».

Elle ne ratait jamais une occasion d'user de son franc-parler. «Je me souviens d'une rencontre que j'avais tenue à titre de ministre des Affaires municipales, où elle participait avec tous les autres maires, tous des hommes, de la région de Québec. Je ne me rappelle pas que personne ait pu placer un mot sauf elle», a dit Mme Harel. Selon la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, «elle était d'une génération où on retrouve peu de femmes qui aient pris la parole avec autant de force».

Aussi, a rappelé Mme Harel, «à la dernière campagne, elle n'avait ni pancarte, ni brochure, ni parti politique. Elle a invité les citoyens de la nouvelle ville à venir chez elle la rencontrer un dimanche après-midi. Je ne pense pas que ça se soit jamais produit». Même constat pour l'ancien premier ministre, Bernard Landry, qui a noté que Mme Boucher était «une innovatrice sans pareil, puisqu'elle s'est fait élire sans budget, sans organisation électorale particulière, simplement par sa convivialité avec les citoyens et les citoyennes».

Monde municipal sous le choc

Lors d'un point de presse tenu à l'hôtel de ville de Montréal, le maire Gérald Tremblay s'est dit consterné et attristé par le décès de Mme Boucher, «une personne de caractère, de défi et de coeur», a-t-il indiqué sur un ton qui dissimulait difficilement son affliction.

Selon lui, le monde municipal va sortir largement affaibli par ce départ en raison de la place importante que tenait cette «femme passionnée et au franc-parler» dans les discussions en cours avec le gouvernement pour améliorer le fonctionnement des municipalités. «Je perd aussi une alliée, a-t-il poursuivi. Nous étions d'accord sur les besoins des agglomérations et les solutions pour revoir les modalités de gouvernance afin d'accélérer la croissance de nos villes.»

L'ancien maire de Montréal, Pierre Bourque, l'a décrite comme une politicienne «toujours sur le terrain» doublée d'une bonne gestionnaire «très méthodique». Tant le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, que celui de Longueuil, Claude Gladu, ont aussi rendu hommage à leur homologue disparue subitement, à l'âge de 70 ans.

«La fougue, la rigueur et l'indépendance d'esprit que ses citoyens lui connaissaient étaient aussi vives au sein de l'Union des municipalités du Québec, où elle bénéficiait d'une grande considération et d'une profonde estime auprès de ses collègues. Son engagement, sa détermination et ses connaissances inestimables ont fortement contribué à l'épanouissement de la vie municipale», a déclaré le président de l'Union et maire de Sherbrooke, Jean Perrault. Première femme à avoir été désignée chef d'un parti politique municipal au Québec, Mme Boucher a grandement contribué à l'avancement de la cause municipale, selon lui.

«Il me faut saluer son enthousiasme et sa ferme volonté de représenter ses citoyens, qui n'ont jamais fait défaut au cours de toutes ces années. Cette détermination est une véritable source d'inspiration pour tous ceux qui souhaitent s'engager en politique pour le compte de leur communauté, et ce, peu importe la taille de la municipalité», a déclaré Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités.

Sur la scène fédérale, les témoignages ont abondé dans ce sens. Josée Verner, ministre du Patrimoine canadien, de la Condition féminine et des Langues officielles, a insisté pour dire que «Mme Boucher était [...] une figure importante de l'histoire politique de la ville de Québec».

Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a quant à lui expliqué qu'elle avait «dédié sa vie au service public. Elle a travaillé sans relâche afin d'améliorer la vie des habitants de la région de Québec. [...] Depuis 1968, année où elle a fait le saut en politique, jusqu'à sa victoire personnelle comme mairesse de Québec, en passant par ses 16 années à la tête de la Ville de Sainte-Foy, elle a tout donné sans jamais rien demander en retour».

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est lui aussi dit attristé par la nouvelle du décès de cette «femme de tête, une politicienne au tempérament volontaire».






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  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    samedi 25 août 2007 10h12
    Nous voilà archives !
    « Quand une personne meure, nous devenons ses archives orales.

    Nous portons en chacun de nous , dans nos tiroirs, sur nos cd, et parmi nos souvenirs d'humains la vibration de cet être qui est passé dans notre présent.



    Ça aura été le plaisir d'être présent dans sa vie, là,au meilleur de sa personne.


    Nous sommes de Grands Chercheurs exécutant avec nos vibrations une VIE qui nous est totalement inconnue. Qui se laisse découvrir. Cette dimension de la VIE est belle.

    Valdor Lagacé-Gallant »

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