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Quartier international de Montréal - Investissement d'un milliard

Denis Lord   30 novembre 2002  Villes et régions
Le Quartier international de Montréa est un périmètre situé entre les rues Saint-Urbain, Saint-Antoine, Saint-Jacques, University et Viger. Plus de 80 % des employés des organisations internationales ayant un siège à Montréal y travaillent déjà, mais on veut faire de ce quartier le fer de lance de l'immobilier montréalais, un pôle d'attraction pour les investisseurs étrangers et la vitrine du savoir-faire québécois. Une fois les aménagements menés à terme, en septembre 2003, le quartier pourrait, croit-on, susciter des investissements d'un milliard de dollars.

Pour Clément Demers, directeur général associé du Quartier international de Montréal (QIM), «ce qui attire aujourd'hui les investisseurs et les organisations internationales, c'est davantage une ville-région qu'un pays. Or, avec le Palais des Congrès, ses terrains vagues environnants et l'autoroute Ville-Marie, on leur montrait ce qu'il y a de pire à Montréal. Avec le fleuve, sa culture et son patrimoine architectural, Montréal a pourtant le potentiel pour devenir la plus belle ville d'Amérique du Nord».

C'est le mandat, pour un quartier du moins, que s'est fixé le QIM, un OSBL dont le conseil d'administration est formé de représentants des gouvernements provincial et fédéral, de la Ville de Montréal, de la Caisse de dépôt et placement du Québec et de l'Association des riverains du quartier (ARQIM). Le projet du QIM est né en 1997 et se dissoudra en avril 2004, quelques mois après la fin des travaux d'aménagement du quartier.

Design de pointe

Les vastes travaux entrepris dans le secteur situé entre le Centre des affaires et le Vieux-Montréal touchent notamment, dans un esprit de convivialité, la surface piétonnière et les espaces publics. On s'affaire actuellement à augmenter de 40 % la surface piétonnière. Outre le réaménagement du Square-Victoria, on créait en septembre dernier la place Jean-Paul-Riopelle où sera installée, l'an prochain, une sculpture-fontaine de l'artiste intitulée La Joute.

La rue University sera mise en valeur grâce à la plantation d'arbres, la mise en place de fûts aux couleurs des drapeaux du monde, conjuguées à un éclairage scénographique. «Ce type d'installation est modifiable, précise M. Demers, et dépasse le cadre fonctionnel. Ça signifie que si quelqu'un comme Michel Lemieux veut y créer un spectacle, la technologie nécessaire est en place.» Dans la même optique, Gilles Arpin a créé un plan d'éclairage pour l'ensemble du quartier afin de mettre en valeur de manière spécifique la verdure, les fontaines, les oeuvres d'art, etc. Le mobilier urbain — abribus, supports à vélo, poubelles et bancs — a été conçu par le designer Michel Dallaire.

Bien sûr, les urbanistes du Quartier international n'ont pas que des problématiques esthétiques à résoudre. Le tronçon de l'autoroute Ville-Marie situé entre les rues Bleury et Saint-Alexandre sera recouvert, ce qui ajoutera 3200 mètres carrés aux 48 500 disponibles au développement immobilier. Diverses modifications ont été apportées au réseau routier pour améliorer la fluidité de la circulation; on encourage les transports en commun et il est estimé que l'achalandage des trois stations de métro aura augmenté 15 fois à la fin du projet. Des stationnements souterrains sont créés pour les utilisateurs de courte durée.

Les mesures prises semblent déjà porter fruit. Clément Demers a reçu cette année le prix Méritas Excellence de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM pour son travail au QIM. Plus concrètement, le projet a commencé à attirer des investisseurs immobiliers étrangers: «Time Equities a acheté le 360 Saint-Jacques, l'ancien siège de la Banque royale; Aquilini a acquis deux sites; les compagnies Goldman Sachs et El Al (Israël) se sont aussi installées. À terme, le projet devrait susciter des investissements immobiliers de plus de un milliard de dollars.» Dans le concept américain du «Business Improvement District», les compagnies s'impliquent, sans pubs agressives, dans l'aménagement et l'entretien du quartier, pour des rues plus propres et sécuritaires. «Quatre-vingt-cinq millions de dollars investis par le privé dans un espace urbain, c'est du jamais vu au Canada», affirme Clément Demers.

Les travaux ont commencé en janvier 2000 et seront terminés à la Fête du travail en 2003. «Il faut s'assurer, dit M. Demers, que l'ensemble vieillisse bien, que tout soit en place dans la poursuite de la réalisation des cinq axes de développement: immobilier, touristique, international, développement durable et vitrine du savoir-faire québécois en gestion, créativité et technologie.» Selon des documents émis par le QIM, le projet va créer 8274 emplois par année et apporter à la Ville des retombées fiscales annuelles de près de 21 M$.
 
 
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