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Une entrevue avec André Boisclair - Une vitrine internationale

Le gouvernement du Québec a investi 240 millions de dollars dans la rénovation du Palais des congrès. Cet édifice prend place au coeur du quartier international de Montréal, dont il est le point de convergence, et il symbolise le caractère universel de la métropole en accueillant des visiteurs venus des quatre coins du monde. Le ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole, André Boisclair, s'est entretenu avec Le Devoir au sujet de ce nouvel édifice.

Comment s'inscrit la rénovation du Palais des congrès dans la vocation internationale de Montréal? Quelle est la vision du ministre à propos de cette réalisation?

Je suis d'abord très fier par rapport à celle-ci, qui est bien québécoise. Le gouvernement du Québec a consenti 240 millions de dollars dans la construction et la rénovation de ce palais des congrès. On poursuivait des objectifs qui demeurent toujours les mêmes, à savoir posséder un centre qui demeure concurrentiel sur le marché des congrès internationaux et appuyer avec un souffle nouveau l'industrie touristique montréalaise. C'est clair pour nous que le Palais, c'est une vitrine internationale. À titre de Montréalais, on a aussi longtemps parlé de l'importance de créer un lien entre le Vieux-Montréal et le centre-ville.

Est-ce que la présence du Palais contribue réellement à réussir cette fusion?

En partie seulement, parce qu'il y a encore tout un segment situé à l'est du Palais sur lequel il nous faut encore travailler davantage pour en arriver là. Mais cet édifice contribue certainement à revitaliser un quartier qui était sans structure. Il y a maintenant une convergence d'activités internationales qui est produite par la présence du Quartier international, du Palais des congrès et du siège social de la Caisse de dépôt. Dans les faits, le bâtiment se situe au coeur du Quartier international.

Selon vos propos de tout à l'heure, les investissements du gouvernement ont été de l'ordre de 240 millions de dollars. Ceux-ci ont été remis en question à quelques reprises dans un contexte politique et économique où la santé, l'éducation et autres exigent des investissements majeurs. Avec le recul nécessaire, croyez-vous que c'était une bonne décision d'aller de l'avant avec ce projet?

C'est un investissement et une excellente décision pour des raisons fondamentales. Montréal se classe au quatrième rang des réunions internationales sur le plan mondial. On est en troisième position en Amérique du Nord après Washington et San Francisco. Le fait de mettre en lumière notre réputation conviviale et de consolider notre réseau hôtelier fait aussi partie des éléments qui nous ont conduits à favoriser la construction de ce palais. Le projet a été un déclencheur remarquable, auquel celui de la Caisse de dépôt vient ajouter du lustre.

Croyez-vous que la position de Montréal s'en trouvera renforcée?

C'est clair dans mon esprit que ce nouvel aménagement va susciter encore davantage l'intérêt des organisateurs de congrès. Ils pourront choisir une infrastructure moderne et une ville aux avantages — voire même aux charmes — connus. Relativement au budget, tout m'indique en ce moment que les coûts de construction vont respecter les prévisions approuvées par le gouvernement.

Est-ce l'objet d'une grande fierté pour vous? D'autant plus qu'il arrive souvent que surviennent des dépassements budgétaires lors de la réalisation de projets aussi gigantesques...

À ce sujet, je lève mon chapeau devant Paul Saint-Jacques, le président-directeur général du Palais, dont j'apprécie particulièrement le talent. Il en va de même pour tous les membres de son conseil d'administration et pour toute l'équipe du Palais des congrès. Je voudrais également souligner des impacts qui sont immédiats concernant cet agrandissement, comme la tenue en 2005 du congrès de l'Organisation mondiale de gastro-entérologie.

Donc, il y a déjà eu la conclusion d'ententes avec certains organismes?

En 2005, tous les espaces du Palais seront comblés alors qu'on attend 15 000 délégués et 400 exposants. Si vous faites une règle de trois, 15 000 personnes, c'est 60 000 nuitées. Déjà, en termes de retombées économiques, c'est 34 millions de dollars qui sont attendus de l'unique événement sur la gastro-entérologie. D'autre part, je pense qu'il y a encore du chemin à faire, mais je crois que le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie et le lien créé entre le centre-ville et le Vieux-Montréal sont structurants pour la ville de Montréal. Sous l'angle des retombées économiques, il faut de plus mentionner les 1000 nouveaux emplois qui verront le jour. On parle d'un impact de 55 millions sur l'économie. On signe la réputation de Montréal avec le Palais.

Quelles auraient été les conséquences de ne pas aller de l'avant avec ce projet? Plutôt que de rehausser la position de Montréal, aurait-on couru le risque d'être en perte de vitesse dans ce domaine?

On n'aurait pas eu accès au même marché auquel on a droit aujourd'hui. Ce qui a justifié notre empressement, c'était entre autres la volonté d'accueillir en janvier 2002 l'exposition Rexfor lors de la réunion de l'Association canadienne des pâtes et papiers. Ce type de contrat nous a motivés pour passer à l'action comme on l'a fait. Cette expo représentait des retombées de 20 millions de dollars. En d'autres mots, on dote Montréal d'un infrastructure moderne en plein centre-ville; on contribue à revitaliser et à remembrer cette partie de la ville.

Au sujet du site, plusieurs hypothèses avaient-elles été déposées sur la table au départ?

Je dirais que je suis content du site retenu. Comme vous le savez, il existait différents scénarios sur la localisation et cela a coûté plus cher de placer le Palais au-dessus de l'autoroute Ville-Marie à cause du défi technique que ça posait. Je suis maintenant convaincu que nous avions raison quand je regarde la desserte du site en cause, où l'on retrouve deux autoroutes, trois stations de métro, un réseau souterrain protégé et une gare intermodale. Voilà autant d'éléments qui me confortent dans le choix que nous avons posé.

Propos recueillis par Guylaine Boucher. Texte de Réginald Harvey.






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