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Montréal est en furie

Montréal est en furie. Le maire Gérald Tremblay n'accepte pas que le sort des Montréalais soit dicté par les villes reconstituées de l'île, ce que leur confère le projet de loi modifiant les instances décisionnelles de la région déposé hier à l'Assemblée nationale.

«Je suis choqué et indigné de la façon dont le gouvernement traite les Montréalais comme des citoyens de deuxième classe», a lancé Gérald Tremblay, qui estime que Jean Charest cherche, par partisanerie, à calmer la grogne de la communauté anglophone de l'ouest de l'île.

«Le gouvernement a cédé aux pressions de 200 000 personnes qui ont tourné le dos à Montréal pour laisser de côté 1 600 000 citoyens», a-t-il dit, ajoutant que «c'est une prise d'otage de 87 % des citoyens de l'île par des élus qui représentent 13 % de la population».

Tout dans le projet de loi 22 concernant l'agglomération de Montréal irrite le maire Tremblay: la transformation du conseil d'agglomération en assemblée délibérante où siégeront 80 élus, le vote à la double majorité sur certains dossiers, la création d'un secrétariat autonome coûtant trois millions par année, la révision des services collectifs et un pouvoir habilitant jugé limité. Tout cela constitue un carcan qui va à l'encontre de la parole donnée par le premier ministre, estime le maire.

L'opposition officielle et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ont également monté le ton et dénoncé les intentions du gouvernement du Québec. Selon Noushig Eloyan, chef de l'opposition officielle montréalaise, le projet de loi prend l'allure d'un boulet aux pieds pour Montréal. «Je suis insultée comme Montréalaise. Je ne peux pas comprendre qu'un gouvernement soit aussi opportuniste. Montréal se retrouve sous la tutelle des villes reconstituées», s'est indignée Mme Eloyan.

Du côté de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, on a fait valoir que le gouvernement lance deux messages contradictoires dans le même projet de loi. D'un côté, il diversifie les sources de revenus de Montréal et de l'autre, il rend la prise de décisions régionales encore plus fastidieuse. C'est un «recul» qui «fragilise, voire ankylose» encore plus Montréal, juge l'organisme.

À l'Assemblée nationale, le Parti québécois a laissé entendre que le gouvernement sacrifie une majorité de Montréalais pour payer les dettes politiques du Parti libéral dans l'ouest de l'île. La ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, a répliqué que les fusions municipales menées par le gouvernement péquiste sont à l'origine du problème actuel.

Sept ans après les fusions qui ont été précédées par des débats houleux, Montréal reste engoncé dans des structures ne soulevant que du mécontentement. Officiellement, la ministre Normandeau dit vouloir améliorer le fonctionnement de la gouvernance de l'agglomération qui correspond au territoire de l'île de Montréal.

En conférence de presse, Nathalie Normandeau a soutenu que son projet de loi ne modifiait en rien le poids politique de Montréal. Selon elle, les inquiétudes liées à la mise en place d'un secrétariat d'agglomération ne sont pas fondées.

«Ce secrétariat a pour fonction de favoriser la circulation de l'information, de procéder à des vérifications sur tout aspect intéressant l'agglomération et de formuler des avis et faire des recommandations au conseil d'agglomération», a affirmé la ministre des Affaires municipales.

Mais Gérald Tremblay n'est pas dupe. Ses conversations des derniers jours avec la ministre lui permettent d'affirmer que l'intention du gouvernement est d'accorder la majorité aux villes reconstituées à ce secrétariat. Le projet de loi est muet sur la composition du secrétariat. Mais il est clair que les villes reconstituées y voient une porte ouverte sur des changements qui pourraient leur être profitables.

«C'est un début d'idées intéressantes», a affirmé la mairesse de Westmount et porte-parole de l'association des maires des villes reconstituées, Karen Marks.

Quant aux nouveaux pouvoirs de taxation, s'il s'agit d'une avancée jugée intéressante, ils servent surtout à marchander les changements aux règles de gouvernance, a déploré Gérald Tremblay. Les revenus que pourraient générer les taxes sur les divertissements ou celles sur les stationnements commerciaux risquent de ne servir qu'à compenser l'augmentation du fardeau fiscal, a fait valoir le maire Tremblay.

Car, selon ce dernier, l'impact réel des changements proposés par le gouvernement Charest se retrouvera sur le compte de taxes des contribuables. La révision du réseau artériel ainsi que de la liste des services et équipements collectifs signifie que Montréal fera face à des dépenses supplémentaires.

En clair, les villes reconstituées ne veulent plus contribuer pour des équipements dont se sert l'ensemble de la population de l'île. «Il y a des abus. Montréal pouvait aller chercher le financement pour beaucoup de choses qui ne sont pas vraiment régionales. Le centre-ville ne profite pas à l'ensemble de l'île, pas plus que le parc industriel de Sainte-Anne-de-Bellevue. Et pourquoi le parc Maisonneuve serait un équipement collectif alors que ce n'est pas le cas de celui de Westmount?», s'est enflammée la mairesse.

À ses yeux, le déséquilibre décrié par son homologue montréalais n'est pas là où il le croit. «On est 13 % de la population et on paie 20 % de la facture. On fait nos devoirs», a-t-elle précisé.

Le projet de loi a été déposé hier matin mais ne sera débattu que l'automne prochain en commission parlementaire.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 21 juin 2007 23h24
    BIP, BIP, BIP...UN AUTRE RECUL EN VUE
    « Notre spécialiste des reculs à répétition "sur et en bas de la montagne", notre gouvernement libéral très provincial vient de frapper un autre noeud qui s'appelle Gérald Tremblay et les Montréalais qui vont le suivre dans son indignation totale au sujet de ce dernier projet de loi 22.

    Ça donne au gouvernement 3 bons mois pour préparer un recul et trouver une autre patente à gosse pour trouver une autre structure pour compliquer un peu plus la défusion des anglos de l'ouest et de Westmount.

    Est-ce que ça serait la ville de Toronto qui est demeurée bien fusionnée...elle, qui avait suggéré à notre parti Libéral très provincial, de défusionner Montréal pour la paralyser afin de mieux lui gruger ce qui lui reste du titre de métropole ?

    Bip, bip, bip, faut se tasser, le bulldozer libéral est à la veille de reculer ou de tomber dans le fossé électoral. »

  • Wally Bellemare
    Abonné
    vendredi 22 juin 2007 00h35
    l'argent et l'oust de montreal...c'est le PLQ.
    « orientation favorise les villes défusionnées..inacceptable »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 22 juin 2007 06h52
    Francophones et anglophones
    « Jean Charest a fait le pari de reconquérir et la clientèle anglophone et la clientèle francophone. Ça s'appelle courir après l'échec.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 22 juin 2007 08h18
    Deux millions de taxés sous-représentés
    « Montréal, c'est le cadet des soucis du gouvernement provincial, qu'il soit péquiste ou libéral: pourquoi s'emmerder avec une métropole ou un vote vaut, en moyenne, tout juste un peu plus de la moité d'un vote en région? Tout le monde est au courant de ce scandale démocratique, et il va falloir attendre jusqu'en 2011 pour que la carte électorale soit révisée... dans la plus grande absence de transparence bien entendu.

    Tant que Montréal n'aura pas son poids de députés à l'assemblée nationale, elle ne doit pas s'attendre à autre chose que des coups de pieds au derrière de la part du gouvernement de Québec, et Gérald Tremblay est un punching -ball parfait pour les encaisser avec le sourire.

    Pendant ce temps, l'ile part à la dérive. Mais apparemment c'est une problématique que les médias québécois ont pour mandat de balayer sous le tapis avec célérité. »

  • francis dery
    Inscrit
    vendredi 22 juin 2007 09h11
    Westmount, a gated city
    « Lorsque Westmount n'était qu'un arrondissement de Montreal, elle faisait tout pour restreindre ses services à ses résidents.

    Elle n'annoncait seulement que dans le journal local en anglais.

    Westmount n'' était qu'au service de la haute bourgeoisie rhodésienne. Et maintenant, elle prétend que ses installations sont aussi collectives que celles de Montréal.

    Mangez des croûtes, mme Karen Marks. »

  • william morris
    Abonné
    vendredi 22 juin 2007 09h20
    Une monstruosité !
    « Bonjour !

    Le gouvernement libéral est hostile à l'idée d'une métropole québécoise vraiment forte et concurrentielle avec Toronto. Il préfère servir les intérêts et les préjugés des gens du West Island dont beaucoup des fils et filles ont quitté Montréal pour aller travailler et vivre à Toronto. Pour les gens du West Island, leur patrie n'est pas le Québec, ce n'est pas Montréal, c'est New York, où ils vont souvent par affaires et où ils ont des coreligionnaires
    et c'est Toronto, dont ils souhaitent la domination sur Montréal . Ce sont des apatrides émotionnels qui n'ont pas d'empathie pour le Québec ou pour Motréal. Dans cette optique, ils veulent se faire un petit home dans le West island et aller visiter le plus souvent possible leurs grands homes de new York et Toronto. Ils chantent les louanges de Toronto ''a world-class city'' mais ne pensent rien de bon de l'île où ils vivent qui compte trop de 'Frenchies''. Ils n'aiment pas l'hôtel de ville de Montréal car l'administration s'y fait en français. Sans l'appui et l'encouragement du gouvernement à Québec, Montréal sera toujours lié et empêtré dans son développement.

    Au contraire, des villes comme Toronto et Chicago peuvent foncer de l'avant, de prospérité en prospérité sans avoir à compter avec une petite minorité qui veut toujours la ralentir.

    Il faut que la population mette dehors le gouvernement libéral à la première occasion.

    Respectueusement soumis.

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

  • william morris
    Abonné
    vendredi 22 juin 2007 09h21
    Une monstruosité !
    « Bonjour !

    Le gouvernement libéral est hostile à l'idée d'une métropole québécoise vraiment forte et concurrentielle avec Toronto. Il préfère servir les intérêts et les préjugés des gens du West Island dont beaucoup des fils et filles ont quitté Montréal pour aller travailler et vivre à Toronto. Pour les gens du West Island, leur patrie n'est pas le Québec, ce n'est pas Montréal, c'est New York, où ils vont souvent par affaires et où ils ont des coreligionnaires
    et c'est Toronto, dont ils souhaitent la domination sur Montréal . Ce sont des apatrides émotionnels qui n'ont pas d'empathie pour le Québec ou pour Motréal. Dans cette optique, ils veulent se faire un petit home dans le West island et aller visiter le plus souvent possible leurs grands homes de new York et Toronto. Ils chantent les louanges de Toronto ''a world-class city'' mais ne pensent rien de bon de l'île où ils vivent qui compte trop de 'Frenchies''. Ils n'aiment pas l'hôtel de ville de Montréal car l'administration s'y fait en français. Sans l'appui et l'encouragement du gouvernement à Québec, Montréal sera toujours lié et empêtré dans son développement.

    Au contraire, des villes comme Toronto et Chicago peuvent foncer de l'avant, de prospérité en prospérité sans avoir à compter avec une petite minorité qui veut toujours la ralentir.

    Il faut que la population mette dehors le gouvernement libéral à la première occasion.

    Respectueusement soumis.

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

  • Jean-Marie Bergman
    Inscrit
    vendredi 22 juin 2007 09h34
    Un peu de sérieux
    « Les 200 000 personnes qui paient déjà plus d'impots sur le revenu, plus d'impots locaux, et qui en général gràce à leur travail acharné font vivre les innombrables structures improductives de Montréal ont raison de se méfier comme de la peste d'un administration qui a manifestement perdu le contôle sur ses trop nombreux salriés syndiqués. Le gouvernement du Québec essaie de réparar l'injustice flagrante que le PQ avait commise en faisant taxer l'ouest au profit de l'est et il a raison. »

  • Marcel André
    Inscrit
    vendredi 22 juin 2007 10h04
    Charest a trouvé comment dire merci...
    « Notre bon gouvernement est entrain de rendre les défisions majoritaire. Les anglophones ont choisis de se séparer en toute connaissances de cause. La table était mise et tout était clair. Si Charest réussis à faire passer ça je démissionne. Là, vraiment, c'est le bout du bout. »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    vendredi 22 juin 2007 10h56
    Il y aura élections
    « Ce sont ces bavures qui enveniment la saine gestion. Pour obtenir des votes vive la prostitution électorale. Monsieur Charest est le Roi des Marais plus il en ajoute plus il s'enfonce. Alors qu'on devrait se servir de Montréal comme un moteur économique on applique la mesquinerie bourgeoise. Pendant ce temps on prend le meilleur de Montréal et on l'applique à Toronto. »

  • normand laporte
    Inscrit
    vendredi 22 juin 2007 12h18
    Charest et sa loi
    « Charest c'est mis dans la m.... avec c'est défusion et ces petits amis anglophone ne sont pas contents.
    Qu'est ce que l'on attend pour débarquer ce gouvernement des anglais. On vas-tu arrêter un jour de ce mettre à genoux devant ce 20 o/o de population à travers notre Québec.
    Comme on dit: " VOUS N'ÊTES PAS TANNÉS DE MOURIR GAGNE DE CAVES "

    normand.marcelle@videotron,ca »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    vendredi 22 juin 2007 14h53
    L'effet "boomerang" du Maire Tremblay!
    « Lors de sa candidature initiale à la mairie de Montréal contre Pierre Bourque, le maire Tremblay était effectivement le représentant des "défusionnistes". Après son élection, il a "viré son capot de bord" lorsqu'il a soudainement réalisé qu'il avait été élu à titre de maire de tous les Montréalais, y compris ceux de "souche" qui avaient majoritairement voté contre lui! A compter de ce moment, il s'est "montréalisé" peu à peu. Maintenant, il ne fait que subir la réaction "boomerang" de ses ex-supporteurs! Ainsi va la vie... »

  • Gabriel Deschambault
    Inscrit
    vendredi 22 juin 2007 14h59
    gouvernement minoritaire
    « Peut-être Machiavel a-t'il suggéré à Jean Charest de proposer ce projet de Loi pour faire bonne figure auprès des villes défusionnées; en sachant fort bien que la Loi ne serait jamais adoptée. Nous avons là un gouvernement minoritaire et pour que passe ce projet de Loi, il faudra que «l'opposition» l'approuve.

    Alors la balle est dans le camp de l'ADQ et du PQ. Ce n'est pas le temps de patenter des affaires avec de la broche à foin. C'est le temps d'être sérieux; de reconnaître que les défusions ont été une erreur et de cesser de compliquer encore plus les choses. Un jour il faudra tout défaire cela!

    Cessez de prendre les québecois pour des imbéciles! Ils ne vous ont pas élus (tous les partis) sur la base d'un référendum sur les défusions; ils s'attendent (en tout cas les 83% de montréalais qui seraient subordonnés)à ce que vous gériez la chose publique intelligement. »

  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 22 juin 2007 17h48
    le 21 juin
    « Ils ont beau faire des promesses, des campagnes de publicite, ce sont les projets de loi presentes a la derniere minute qui montrent le vrai visage d un gouvernement. Ce devrait etre interdit. Il n y a rien qui presse alors pourquoi le presenter maintenant? »

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