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Une négociation à courte vue

Quelle contradiction que cette orientation qui semble animer les négociations en cours à la Société des transports de Montréal! Alors que le syndicat des employés d'entretien (CSN) demande à la fois des augmentations de salaire et des améliorations au régime de retraite, la STM paraît prête à faire des concessions dont les conséquences pourraient être bien plus graves qu'elles n'y paraissent pour l'avenir du service public.

En décidant de déclencher la grève aussi rapidement, les syndiqués CSN de la STM savaient qu'ils auraient à affronter l'obstacle majeur que représente le cadre financier de la Ville. C'est connu, l'administration Tremblay ne peut pas céder devant ce syndicat puisqu'il lui faudrait alors offrir au moins la même chose, sinon plus, aux autres.

Cela dit, la tactique syndicale a peut-être un autre objectif inavoué qui serait celui d'obtenir par derrière des avantages qui seraient refusés lors d'un conflit regroupant des syndicats beaucoup plus importants, comme celui des cols bleus. Ainsi, faute de gagner gros sur le plan salarial (de toute façon, il est toujours possible d'attacher une clause remorque assurant autant que les autres à terme), le syndicat semble déjà en voie de l'emporter dans le dossier des retraites, du moins si l'on se fie aux déclarations de la STM.

En effet, la Ville semble prête à rendre permanentes certaines mesures exceptionnelles qui avaient été accordées loin du regard public lors des négociations précédentes. Officiellement, le syndicat s'était plié aux offres salariales de la Ville; en réalité, il avait obtenu le gros lot, c'est-à-dire le retrait jusqu'en 2020 de l'exigence d'un âge minimal pour partir à la retraite.

Ainsi, alors que les employés de la fonction publique du Québec prennent leur retraite après

35 ans de service s'ils ont atteint l'âge minimum de 55 ans (ce qu'on appelle «le facteur 90»), ceux de la STM profitent, jusqu'en 2020, du facteur 80 (55 ans d'âge et 25 ans de service), voire de l'abolition pure et simple de toute condition d'âge minimum s'ils ont accumulé aussi peu que 30 ans de service.

C'est ce qui explique qu'un balayeur ou un mécanicien puisse aujourd'hui quitter la STM, sans aucune réduction actuarielle, à un âge aussi bas que 46 ou

47 ans s'il a été embauché à 16 ou 17 ans. Cela est rare, bien sûr, mais moins rare pour ceux qui ont entre 48 et 55 ans étant donné le peu d'exigences scolaires à l'embauche. Voilà des gens qui profiteront d'un revenu net équivalent à celui gagné au travail pendant plus d'années qu'ils n'ont cotisé.

Or une telle mesure, que le syndicat présente comme une correction en faveur des plus jeunes qui prendront leur retraite plus tard qu'en 2020, va à l'encontre des politiques des pays occidentaux, y compris le Québec, qui font face aux effets négatifs du vieillissement de la main-d'oeuvre et du prolongement de l'espérance de vie. Plus la population vieillit, plus nos sociétés ont besoin de garder la main-d'oeuvre au travail plus longtemps. Pour cela, partout dans le monde les gouvernements adoptent des mesures pour repousser l'âge légal de la retraite (comme en France, en Allemagne et aux États-Unis) ou pour favoriser la retraite progressive à partir de 60 ans. À la Ville de Montréal, on ne parle plus de 60 ans comme âge minimum, ni même de 55 ans... mais de 50 ans et moins. Une folie!

En n'intervenant pas dans ce dossier, le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal et les centrales syndicales se font, une fois de plus, complices d'une politique dont toute la société fera les frais d'ici quelques années.

A-t-on la mémoire aussi courte? Ça fait dix ans qu'on dénonce le geste de Lucien Bouchard et de ses «partenaires syndicaux», qui ont envoyé 35 000 fonctionnaires à la retraite. La mesure à l'origine de ces départs, soit l'abandon temporaire de toute pénalité pour les employés n'ayant pas atteint l'âge minimum et le nombre d'années de service requis, était pourtant bien moins généreuse que le régime qu'on s'apprête à rendre permanent à la STM. La retraite à

55 ans ou moins sans réduction actuarielle coûtera très cher à long terme, tant aux contribuables qui assument tous les risques d'une éventuelle sous-performance de la caisse qu'à la société dans son ensemble qui fera face à la pénurie de main-d'oeuvre et à l'explosion des coûts salariaux.

En somme, si les négociations en cours aboutissent à ce résultat, on pourra dire, dans dix ans, que le maire de Montréal avait choisi, en 2007, de couler dans le ciment des mesures jusque-là temporaires en échange d'un gel salarial d'une année destinée à boucler son budget. Cela s'appelle un marché de dupes.

Hier, le maire de Montréal a affirmé: «Cette fois-ci, la Ville ne cédera pas!» Bien. Mais à quoi au juste?






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  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 23 mai 2007 09h53
    De l'eau dans le carburateur
    « Après avoir fait rêver les montréalais avec son plan de développement du transport en commun ramenant les tramways au centre-ville, voilà que les montréalais affrontent la dure réalité. C'est le quinzième arrêt de travail en quarante ans, les victoires syndicales sont nombreuses et la masse salariale augmente rapidement. Les sources de financement se font de plus en plus rares et se sont essoufflés au point d'être obligé de refiler la facture aux usagers qui n'en a pas les moyens.

    Le chantage systématique des employés de garage est symptomatique d'un monopole syndical étatique instauré dans les années 60. Malgré que les services dits essentiels sont respectés, les employés les mieux traités au Québec réclament encore plus. N'est-il pas temps de revoir, cette façon de faire archaïque.

    Il ne faut pas être devin pour s'apercevoir que le leader syndical n'a pas un cours classique et qu'il a tout juste fini son primaire. Pourtant tel un chef, peu respectueux des usagers, n'hésite pas à prendre en otage les résidents insulaires et périphériques de Montréal.

    Voilà qui met de l'eau dans le carburateur de l'annonce ronflante du maire Tremblay. N'oublions pas que le RTC de Québec s'en vient après et c'est la même centrale syndicale qui est au front. Il est temps que les maires de Québec, Sherbrooke, Gatineau, Saguenay et Montréal arrêtent leur esprit de clocher et s'unissent devant un monopole syndical. Tôt ou tard leur sort sera le même que celui que vit présentement le maire Tremblay. L'UMQ a déjà voulu instaurer une équipe de spécialistes de la négociation pour faire face aux nombreuses conventions collectives municipales qui n'ont du coté syndical qu'une seule centrale : le SCFP. Les villes n'ont pas voulu mettre en commun leurs forces et investir dans une table unique comme le syndicat. Ils ont préféré négocier chacun de leur bord. Résultat, il s'agit qu'un maire soit en élection pour que le syndicat puisse le faire plier et ainsi imposer un pattern dans toutes les autres négociations prétextant qu'une ville n'est pas pire que l'autre. Vous savez le principe du chaînon le plus faible...

    Les treize villes de Québec ont déjà fait front commun et réussi à imposer leur pattern de 2%, Mme Boucher qui a été la seule affectée par une grève doit s'en souvenir. Céder à toutes les demandes syndicales est remettre à plus tard tout développement du transport en commun et faire augmenter la facture éventuelle de cette planification. Montréal nous a habitué à d'énormes dépassements de coûts, il est temps que ca cesse. La seule façon est un front commun des municipalités avec une équipe de négociateurs chevronnés qui pourraient négocier à armes égales face à une force syndicale coordonnée selon un pattern qui de toute façon, sera recopié à chaque négociation. Il est temps de donner le ton dans la masse salariale des municipalités et de leurs organismes satellites car ce n'est que le début d'une ronde infernale qui va encore faire grimper les budgets municipaux de façon exponentielle. »

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    mercredi 23 mai 2007 09h58
    Toujours la même ritournelle.....
    « Voilà un autre dossier qui mine la confiance du public. Nous connaissons seulement les faits que les deux parties veulent bien nous faire connaître. Je trouve le maire de Montréal indécent de crier qu'il ne cèdera pas au moment même de la négociation. Ce qui est inacceptable, c'est le manque de services aux citoyens, eux ils paient. »

  • Francine St-Pierre
    Inscrite
    mercredi 23 mai 2007 10h54
    Retraite
    « Petite correction.

    Le régime de retraite de la fonction publique (RREGOP) permet un départ à la retraite après 35 ans de service OU 60 ans d'âge.

    On peut partir à 55 ans même si on n'a pas complété 35 ans de service. Toutefois, une réduction actuarielle s'applique pour chaque année manquante soit en âge, soit en service. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 23 mai 2007 11h59
    Les grèvistes égoïstes et un maire qui ne dit pas tout
    « Plus personne, à part quelques illuminés, ne croit désormais les employés municipaux quand ils invoquent le bien commun ou leurs supposées mauvaises conditions de travail pour justifier leurs grèves. Tous savent très bien qu'ils sont déjà des travailleurs gras durs qui ne s'intéressent qu'à leurs intérêts personnels et, par conséquent, se foutent complètement de pénaliser, par leurs agissements, surtout les moins nantis.

    Par contre, ce qui est troublant, c'est quand on découvre que le maire Tremblay, même s'il répète aux journalistes qu'il ne cédera pas aux demandes des employés d'entretien de la STM, aurait déjà accepté, lors de négociations précédentes, l'idée d'abolir l'âge minimal de la retraite à tous les employés de la Ville et ce jusqu'en 2020. Donc, M. Tremblay aurait déjà plié comme ses prédecesseurs ! Mais ça, bien entendu, il ne le dit pas trop fort et les syndicats non plus. Et qui devra payer encore ? Comme toujours l'ensemble des citoyens.

    L'Administration du maire et les syndicats des employés municipaux s'imaginent encore que Montréal est riche. Un jour, si notre ville est en faillite ce sera en grande partie à cause d'eux. »

  • François Beaulé
    Abonné
    mercredi 23 mai 2007 13h31
    Iniquité salariale
    « De nombreux citoyens montréalais voient les cols bleus de la Ville se traîner les pieds ou faire des pauses interminables. Les cols blancs, dans leurs bureaux, sont moins visibles. Y aurait-il moyen de mesurer objectivement la productivité des employés municipaux -et de la STM- et de la comparer à celles des employés de l'État québécois et des employés des entreprises privées?

    Comment se fait-il que le gouvernement du Québec consente à transférer de l'argent vers certaines municipalités, comme Montréal, qui accordent à leurs employés des rémunérations globales très supérieures à celles des employés de la fonction publique? (salaires, avantages sociaux, régimes de retraite très coûteux pour des tâches de travail réduites)

    Le gouvernement devrait établir une «équité salariale» entre ces deux catégories d'employés plutôt que de transférer de l'argent qui permet aux villes d'accorder des privilèges à leurs employés.

    Dans le cas plus immédiat du présent conflit à la STM, l'augmentation des privilèges déjà consentis relativement au régime de retraite augmenterait encore davantage le fardeau à long terme des rémunérations. »

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    mercredi 23 mai 2007 13h52
    Ce n'est pas grave, on refilera la facture aux automobilistes
    « Que le maire Tremblay se tienne debout devant les revendications salariales du syndicat des employés d'entretien de la STM, c'est une chose. Le coût total de la convention collective qu'auront à assumer tous ceux qui pigent dans leurs poches pour payer ce service, c'est une autre paire de manches.

    Évidemment, une fois la convention signée, on dira devant les caméras qu'il s'agit d'une entente négociée, et qu'elle durera plusieurs années. Une fois cette couleuvre avalée, ce sera au tour des dirigeants de la STM de venir déchirer leur chemise sur la place publique pour cause de sous-financement de l'organisme. Les différents intervenants à réagir dans les médias viendront dire que ce n'est pas si grave, et que l'on refilera un bon pourcentage de la facture aux automobilistes. Encore une fois, ceux-ci gueuleront fort dans les lignes ouvertes en traitant les pétrolières de bandits, et la STM s'en lavera les mains.

    Tout le monde semble oublier que peu importe de quel niveau de gouvernement provienne le financement du transport en commun, chacun de ceux-ci pige dans les mêmes poches, soit celles des contribuables, et particulièrement des automobilistes. En France, les choses se sont passées de façon à peu près semblables, depuis les dernières années, ce qui a amené comme résultat que le litre de diesel se vend autour de 1,80$ là-bas! Est-ce cela que l'on vise ici?

    À mes yeux, tout cela ressemble de plus en plus au réseau d'aqueduc de la ville de Montréal; on pompe énormément d'eau dans une plomberie qui n'a rien à envier à une passoire. Il en est de même avec la STM; on pompe énormément d'argent des poches des contribuables pour les engloutir dans un système où l'argent est follement dilapidé, que ce soit dans des véhicules fragiles qui coûtent les yeux de la tête à entretenir, ou dans les conventions collectives des divers travailleurs du système, dont les syndicats sont dirigés par des types qui n'ont rien à envier aux mafiosi les plus crapuleux.

    La solution, dans ce dossier comme dans tant d'autres, passe par la privatisation, rien de moins. »

  • Louison Ross
    Abonné
    mercredi 23 mai 2007 15h10
    les biens nantis
    « Encore les salariés les mieux payés au Québec qui en veulent toujours plus.
    Ayant déjà eu l'occasion de l'écrire ( Pour Louis BERNARD) les salariés de la ville de Montréal ont des salaires et des avantages sociaux qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. À ce titre le gouvernement devrait mettre Montréal en tutelle et:
    1. Geler les fonds de pension actuels et en créer un nouveau pour les nouveaux employés comme le gouvernemt du Québec a fait en 1973.
    2.S'assurer que les salaires des employés s'alignent sur ceux du privé.

    Il n'appartient pas à la ville d'être un leader inataignable en ces domaines. Ça prend du courage pour agir ainsi ... mais c'est ça gouverner

    Louison Ross, philosophe et économiste
    ex DG de la CARRA et ex-secrétaire adjoint au Trésor
    http//www.louison-ross.qc.ca »

  • Francois M. Taisne
    Inscrit
    mercredi 23 mai 2007 18h32
    Débarrassez-nous de la CSN
    « La CSN a été impliquée dans le conflit à la SAQ, dans les hôtels et elle remet cela à la STM.
    Juste à voir la folle de Charbonneau, et ses prédecesseurs dont Larose - entre parenthèses, combien la CSN a du payer Malenfant pour régler le conflit au Manoir Richelieu à Charlevoix - pour constater que la CSN est une bande d'illuminés comme les talibans.
    Débarrassez nous de ces types!
    Francois M. Taisne »

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