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Viaduc de la Concorde - Excédé par un témoin, Johnson perd patience

18 mai 2007  Villes et régions
Le président de la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, Pierre Marc Johnson, a perdu patience, hier, devant la désinvolture de l'entrepreneur d'Aciers d'armature de Montréal, qui a fabriqué et fait poser l'armature du viaduc de la Concorde.

L'entreprise Aciers d'armature de Montréal détenait le contrat de fabrication et de pose de l'armature d'acier du viaduc, en 1970, mais en a fait effectuer la pose en sous-traitance. Or, il a déjà été mis en preuve devant la commission que l'armature du viaduc avait été mal posée.

L'ancien président de l'entreprise, Claude Robert, semblait dire dans son témoignage que ce n'était pas à lui, l'entrepreneur responsable de l'armature, de s'assurer de la qualité de la pose de l'armature ou du travail effectué par son sous-traitant responsable de la pose. C'était à l'ingénieur qui le surveillait de lui dire si quelque chose n'allait pas, a-t-il soutenu.

«À la limite, ce que vous me dites, c'est que l'entrepreneur général, le sous-traitant en armature, puis le sous-traitant du sous-traitant en pose, peuvent faire une job qui n'a aucun sens sur le plan de la qualité? Eh bien, on espère que l'ingénieur va s'en apercevoir! Y a pas d'obligation de qualité de [la part de] personne dans ce que vous me dites!», s'est exclamé le président de la commission.

«Y a-t-il quelqu'un dans ce système-là qui regarde si le travail est bien fait?», s'est exclamé M. Johnson, excédé, devant le témoin qui s'en lavait les mains.

«Ce que vous me dites, c'est qu'il n'y en a pas, de chaîne de surveillance, chez les "contracteurs" dans la construction. C'est ça que vous me dites et je pense qu'il faut que les gens comprennent ça. Et que c'était pas grave!», a lancé encore M. Johnson en signe de dérision.

M. Johnson était si exaspéré que, lorsque le procureur en chef de la commission, Michel Décary, a voulu poursuivre l'interrogatoire du témoin, il lui a demandé si c'était vraiment nécessaire.

M. Robert a indiqué à la commission que des barres d'armature avaient dû être ajoutées, après que le poseur d'acier se soit rendu compte que la pose des barres d'acier n'arrivait plus comme elle le devait et que certaines barres lui paraissaient trop courtes. Il aurait soudé aussi certaines barres. Et ce n'était pas prévu aux plans.

M. Robert a supposé que le poseur d'acier a dû s'en plaindre au surintendant du chantier, qui a dû en parler à l'ingénieur, car un ingénieur a dû autoriser une telle modification de l'armature, selon lui.

Qui?

La commission tente toujours de déterminer qui a posé cette armature incorrectement. Il restait trois personnes possibles, dont l'une qui est décédée, une autre qui a témoigné devant la commission hier et qui nie avoir travaillé sur ce viaduc, et une troisième dont la commission semble avoir appris l'existence hier.

L'un de ces trois hommes, Raymond Bernard, a dit à la commission qu'il se rappelait avoir travaillé sur les viaducs jumelés du boulevard Saint-Martin — qui faisaient partie du même projet de l'autoroute 19 et des quatre viaducs lavallois — mais pas sur celui de la Concorde.

C'est lui qui a signalé à la commission un autre poseur possible, qui serait encore vivant et aurait une terre en Beauce. La commission le recherchera. Quant au troisième, un dénommé Desrochers, il est décédé et son fils se dit persuadé que ce n'est pas son père qui a travaillé sur ce viaduc.

Un poseur d'acier d'armature, Jean-Claude Lessard, a toutefois affirmé à la commission qu'il se rappelait bel et bien avoir travaillé pour M. Bernard, qui cherchait à l'époque des ferrailleurs, et sur le viaduc de la Concorde. Il n'a toutefois travaillé que sur la dalle du tablier du viaduc.
 
 
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